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samedi 25 mars 2017 à 05:53

Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire (Blanzy)

Plus forts ensemble, la devise des agriculteurs qui aiment leur métier



 

 

La salle de l’Eva à Blanzy a accueilli ce vendredi matin, l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire. Cette dernière s’étant déroulée à huis-clos, avec seulement les adhérents, nous savons seulement que, comme dans une assemblée générale ordinaire, il a été présenté le bilan des activités 2016, ainsi que le bilan comptable, le vote etc.

 

Nous notions sur place, la présence de M.M Danjean, député européen, Emorine et Durain, sénateurs de Saône-et-Loire, Brochot, conseiller départemental du canton d’Autun et Platret, maire de Chalon-sur-Saône.

 

Quant au maire de Blanzy, Hervé Mazurek, c’est à lui qu’est revenu l’honneur de souhaiter la bienvenue à tous. En se réjouissant que Blanzy soit « une ville à la campagne et une campagne à la ville ». Et surtout que le monde agricole soit bien implanté sur la commune, ne serait-ce que pour sa participation au bien-manger des enfants du restaurant scolaire Lucie Aubrac.

 

« En effet, contrairement à beaucoup d’autres, ce restaurant scolaire propose aux jeunes blanzynois des repas élaborés sur place, avec des produits locaux (fruits, légumes, viande, pain etc) » dira le premier magistrat de la ville. Ajoutant : « Je suis ravi d’accueillir à Blanzy la délégation des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire ».
A partir de 12h30, la salle a été ouverte aux invités-partenaires et une table ronde sur le thème de « Plus forts, ensemble » a été animée par Rosanne Aries, journaliste de la France Agricole.

 

Les intervenants étaient Joël Maltaverne, président du GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental ) de l’Autunois Morvan, qui a justement présenté ces groupements, qui permettent une reconnaissance officielle par l’Etat de l’engagement collectif d’agriculteurs, dans la modification ou la consolidation de leurs pratiques. Et ce, en visant une performance économique, environnementale et sociale. Ils constituent l’un des outils structurants du projet agro-écologique pour la France.

 

Pour sa part, Gérard Robert, président de la Cuma de Sommant, a évoqué la fenaison et l’alimentation en commun. Et notamment les chantiers de fenaison en Cuma qui permettent une économie de mécanisation et une meilleure efficacité. Organisation et esprit d’équipe sont les maîtres-mots de la réussite de ces groupes.

 

Gilbert Mazaud (Ferme de Saint-Martial le Vieux, ex-ferme des mille veaux) lui, a présenté les avantages de l’engraissement en commun. Malgré les nombreux détracteurs de cette méthode, qui proviennent de personnes ignorantes de la réalité de ces engraissements en commun.

 

Enfin, Baptiste Gatouillat, vice-président JA National, céréalier a évoqué l’entraide CUMA et l’assolement en commun. Ce mode de fonctionnement en commun permet de rationaliser la gestion des équipements, du temps de travail, mais également celle des fertilisants et des pesticides.

 

De plus, gérer les parcelles collectivement optimise l’occupation du territoire, pour des exploitations économiquement durables, afin de rendre le métier d’agriculteur vivable (surtout dans la gestion du temps de travail). L’objectif étant de favoriser l’installation des jeunes et la transmission des exploitations.

 

Et justement, Joffray Beaudot, 25 ans, président des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire (300 adhérents de moins de 35 ans sur le département) s’exprime sur le fait de travailler ensemble.

 

« Nous échangeons à longueur d’année avec nos partenaires, car rester chez soi, chacun de son côté n’est pas la meilleure solution dans notre métier. « Plus forts ensemble » est vraiment le slogan adapté à la situation. Il faut savoir faire évoluer le métier, communiquer, trouver ensemble les solutions pour une meilleure qualité de vie. Nous devons montrer l’exemple avec des initiatives collectives, avec les avantages et les difficultés de notre travail. Nous, jeunes agriculteurs avons les mêmes problématiques et les mêmes envies. Certes, il existe déjà les coopératives agricoles, les Cuma, mais nous devons continuer à mutualiser nos efforts ».

 

 

 

Ajoutant que le côté positif de ces initiatives sont les bénéfices économiques entre les conditions de travail optimisées et surtout avec les outils performants dont ils disposent. Pourtant, M. Beaudot tempère : « On ne peut pas toujours être dans le projet collectif et bénéficier de tous les avantages. Mais tout le monde joue le jeu, de façon à ce que ce soit le plus équitable possible…».

 

Un débat a suivi ces diverses interventions. D’accord ou pas d’accord, chacun a témoigné de son expérience et échangé avec ces professionnels.

 

Les jeunes agriculteurs parlent de leur travail comme d’une passion. Ainsi, Elie Grassot, 24 ans, est en cours d’installation. Il compte exploiter le GAEC « La ferme du Roussillon » en Morvan avec son père, sa tante et son oncle. Ils élèvent des vaches et des chèvres.

 

« Le plus gros problème, dit-il, c’est le cours de la viande et du lait. Ce dernier se vend presque à perte et un jeune qui s’installe sait qu’il va s’endetter sur des années, mais il y va quand même. Ce métier, c’est une vraie passion… Mais on ne compte pas nos heures et on arrive à vivre décemment. Il faut s’adapter et gérer la ferme comme une entreprise. Nous vendons au plus offrant. Car si, au niveau de la conduite de l’élevage, nous sommes les décideurs, nous sommes obligés de nous ranger au prix que l’on va nous proposer ».

 

Complétant son propos ainsi : « Des sociétés comme Bigard nous proposent des tarifs que nous sommes obligés d’accepter. Car si nous ne vendons pas nos animaux, il faut continuer à les nourrir et cela a un coût ».

 

D’ailleurs, nous avons mis en place un « Cœur de gamme »  lié au respect de différents critères. Les animaux doivent être issus d’élevages respectant la charte des bonnes pratiques d’élevage, ainsi qu’un cahier des charges spécifiques défini par la Fédération Nationale Bovine (FNB).

 

Le temps de maturation doit être de dix jours au minimum. Outre ces critères assurant une certaine qualité de viande, les grandes surfaces s’engagent à rémunérer les éleveurs de façon juste, en respect des coûts de production.

 

Par exemple, les hypermarchés veulent bien payer un euro de plus sur une carcasse de vache de 400 à 500 kg. Ce qui fait que l’éleveur récupère un bénéfice de 400 à 500 euros supplémentaires par bête.

 

Pour le lait en revanche, les consommateurs ne sont pas tous prêts à acheter le litre de lait 0,99 euro dans leur supermarché.

 

Et pourtant, Élie Grassot espère un avenir ensoleillé pour lui et ses camarades agriculteurs. « Juste pour pouvoir vivre de notre travail » conclut-il en souriant.

 

Alexandre Saunier exploite la ferme familiale à Ciry-le-Noble, avec son cousin. Lorsqu’on lui demande comment il vit de son métier, la réponse est claire : « Nous avons des marges restreintes et des charges élevées et il faudrait être un gestionnaire à la pointe du progrès pour s’en sortir. Je considère mon métier comme passionnant, mais nous subissons des remarques assassines sur les réseaux sociaux où certains se font un malin plaisir en nous agressant verbalement, et en critiquant les méthodes d’abattage, par exemple. Ce sont certes des minorités mais cela nous fait du mal. Et surtout, leurs propos ne représentent pas la réalité ».

 

Et comme Elie Grassot, Alexandre Saunier considère qu’à ce jour, les équipements des agriculteurs sont modernes et qu’eux ont une meilleure qualité de vie. « Nous prenons un peu de vacances, de week-ends, en faisant appel à des aides extérieures, ou en nous mettant en société » livre le jeune homme. Précisant qu’aujourd’hui, ils ont des leviers pour améliorer leurs conditions de vie. Mais, comme il le dit aussi : « N’oublions pas que sans les agriculteurs, les gens n’auraient pas de quoi se nourrir. Et si nous disparaissons, comment feront-ils ? »…

 

Cette matinée studieuse a été suivie d’un vin d’honneur et d’un repas pris en commun.

 

 

 

 

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