Autres journaux :



mardi 6 octobre 2015 à 07:36

Du côté de la librairie…

Envie de lire… des grandes histoires



 

Des recherches, des pertes, des attentes… Des livres qui font et défont la vie !

 

Sans raison apparente, Amélia, 15 ans, s’est suicidée en se jetant du toit de son lycée. Terrible épreuve pour sa mère, Kate, qui élève depuis toujours seule sa fille dans les rues de New-York. Très prise par son travail, elle était pourtant parvenue à être très proche de sa fille avec qui elle pensait partager tous les secrets.

 

 

 

 

Son décès est incompréhensible, le suicide encore plus, en particulier suite à la réception d’un SMS anonyme indiquant qu’ « Amélia na pas sauté ». Contre tous, Kate va tenter de découvrir la vérité sur les derniers jours de sa fille, qu’elle ne connaissait en fin de compte pas si bien.

 

 

Même si la lecture peut être dure, je recommande à toutes les ados (et à leurs parents) de lire ce livre de toute urgence. Sans vouloir en dévoiler la fin (et la finesse d’écriture de l’auteur est vraiment à souligner), il permet de mieux comprendre l’importance que le regard des autres peut avoir pour des jeunes, le malaise qui peut les habituer et les comportements extrêmes qu’ils peuvent adopter afin de rentrer dans un moule ou de satisfaire aux exigences d’un groupe. Sans faux-semblants et sans langue de bois, Kimberly McCreight dresse un portrait lucide et glacial sur la déconstruction des jeunes et leurs besoins d’exister. A lire. Vite.

 

 

livre 0610152

 

Kimberly McCreight. Amélia. Paris : Cherche-midi, 2015. 527 p. 21.50 €

 

 

 

Petite histoire dans la Grande, Séverine Werba livre, avec « Appartenir » une confidence de vie assez bouleversante. Petite-fille d’un rescapé de la Shoa, elle n’a jamais pris le temps de parler avec son grand-père, Boris, de ce que lui et sa famille ont subi pendant la Seconde Guerre. Bien des années après son décès, remplie d’un vide immense qu’elle comprend mal, elle va partir à la recherche de cette famille décimée, et en particulier de sa grand-tante Rosa, sœur de Boris, et de sa fille Rosa, disparue dans un camp. Petit à petit, elle va tenter de remonter les traces effacées de cette famille. Tenter, car personne ne se souvient de ces gens, aucune photo n’apparait, aucun miracle ne se produit au cœur de cette quête. C’est tout le paradoxe et l’horreur de la situation qui transparait : la disparition physique des êtres et l’absence de souvenir, l’inexistence de personnes les ayant connus. A force de recherche, elle retrouvera des souvenirs de Rosa, mais au prix d’une interrogation constante : n’aurait-elle pas dû passer par-dessus les non-dits quand son grand-père était encore en vie afin de redonner une existence à ces êtres et qu’au moins une personne sur Terre puisse les faire revivre en esprit. Poignant.

 

 

livre 0610153

 

 

 

Séverine Werba. Appartenir. Paris : Fayard, 2015. 260 p. 18 €

 

 

Après le célèbre « Beignets de tomates vertes », Fannie Flagg nous livre ici un roman de la même encre, avec cependant quelques longueurs qui, si elles peuvent être intéressantes à l’écran (et on se souviendra ici de la très belle adaptation du précédent roman au cinéma), ont un peu encombré ma lecture. Vont s’y entrecroiser, sur deux périodes distinctes, les histoires de Sookie Poole, femme à la retraite qui aspire à passer une vie tranquille auprès de son mari et de sa mère farfelue et castratrice, et Fritzi, qui en 1940 tenait avec ses sœurs une station-service au fin fond du Wisconsin tout en pilotant des avions. Aucune lien ne semble les unir jusqu’à la réception par Sookie d’un courrier qui va bouleverser son existence.

La mise en scène de Fannie Flagg, en intercalant les deux récits, nous conduit à découvrir les deux histoires en parallèle, celles de l’aventurière et de la mère de famille rangée. Attendrissant, le roman comblera celles et ceux qui apprécient la patte de l’auteure et sa capacité à mêler les époques.

 

 

livre 0610154

 

 

Fannie Flagg. La dernière réunion des filles de la station-service. Paris : Cherche-midi, 2015. 451 p. 19.80 €

 

 

Plus léger, Les lumières d’Assan combleront les adeptes de grandes sagas. Au décès de leur père, Clarrie et sa sœur Olivia se voient obligées de vendre la plantation de thé indienne et d’aller trouver refuge, totalement ruinées, auprès d’un cousin propriétaire de bar en Angleterre. Exploitées, elles vont réussir à s’échapper en devenant gouvernante et domestique chez un riche avocat, sans pour autant parvenir à retrouver leur vie d’avant. Tenaillée par le désir de s’adapte et celui de repartir en Inde, Clarrie va rapidement devoir faire face à un homme, ressurgi de son passé, qui risque de chambouler l’existence qu’elle tente de remettre en place. Très « saga », le roman nous plonge dans les affres de la destinée des deux jeunes filles et le romantisme mâtiné d’une héroïne courageuse. Un peu convenu, mais agréable à lire.

 

 

livre 0610155

 

Janet MacLeod Trotter. Les lumières d’Assam. Paris : Presses de la Cité, 2015. 440 p. 19.90 €

 

 

Histoire de rêvée avant de refermer cette chronique, partons dans l’ïle aux mille couleurs. Une belle histoire aux fins fonds d’un territoire peu connu : La Tasmanie. Loulou Pearson, jeune artiste vivant à Londres, va repartir sur ses terres natales suite au legs d’un cheval de course. Sur place, elle va essayer de trouver qui lui a offert ce poulain et surtout quelles sont ses origines. Au fil des pages, et malgré des transitions un peu improbables, nous suivons la quête de cette jeune fille qui va vivre trahison, amour, déception… Un peu convenu tout de même et avec des rebondissements attendus, mais divertissant à lire pour les grands espaces, les descriptions et l’histoire d’amour.

 

 

livre 0610156

 

Tamara McKinley. L’île aux mille couleurs. Paris : L’Archipel, 2015. 428 p. 22 €

 

 

 

 



Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.


» Se connecter / S'enregistrer