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dimanche 24 janvier 2016 à 06:43

Lieu de repos, lieu actif : le cimetière du bois Roulot….

... pas le Père Lachaise mais pourtant !



 

 

La ville le voit et il voit la ville. Ouvert sur la ville, avec une vue magistrale, un peu comme le panorama d’un Manhattan Montcellien, avec la vision directe sur le complexe sportif Jean Bouveri et le vélodrome, le cimetière du Bois Roulot est un lieu, vraiment bien entretenu, si paisible qu’il inspirerait plus de poésie que de mélancolie.

 

C’est un lieu de repos, de souvenir, d’histoire, mais aussi un lieu des vivants qui y viennent rendre des visites ou des hommages, qui s’affairent à l’entretien des sépultures familiales, mais aussi au bien-être et à la beauté des lieux. En effet les employés municipaux sont très attachés à ce quartier particulier de la ville et ont l’empathie qu’il faut pour partager avec les familles tout en accomplissant leurs missions.

 

 

Et si l’intemporel dispose sans doute de droits sur ces allées, le temporel fait respecter le droit au travers des rondes et patrouilles régulières des policiers municipaux qui prennent très à cœur cette mission délicate, mais à leurs yeux essentielle. Personne n’a oublié les incidents récents. Gérard Gronfier et l’équipe de Stéphane Fel sont très impliqués dans ce dossier, et la ville va faire les efforts nécessaires pour mettre fin à ces incivilités et exactions.

 

 

Un cimetière c’est un espace très normalisé qui obéit à des règles très strictes et à des modes de fonctionnement fixés par un règlement municipal. Par exemple la circulation de tout véhicule (même vélo, trottinette, skate) est interdite dans les allées… sauf autorisation accordée par la Ville aux personnes à mobilité réduite. Il a été constaté que 75% des véhicules qui circulent dans le cimetière n’ont pas d’autorisation. Cela va faire l’objet de l’attention des élus pour qui le vivre ensemble passe à la fois par le respect du règlement mais aussi par le respect des autres. Le pass est en fait un carton que l’on doit exhiber avant d’entrer avec sa voiture et laisser visible pendant toute la visite. Attention il est spécifique à une personne et un véhicule particulier. Il est fortement question de remplacer ce système relativement empirique par un autre plus technique avec barrières automatiques, badges individuels. Ce serait une modernisation et une amélioration à la hauteur d’une ville comme Montceau et une des réponses aux exactions dont les élus sont conscients de l’impact négatif. En même temps une grande partie des villes ayant mis en place un service de gestion des cimetières sont passés par là.

 

 

Les responsables des deux cimetières, les élus en charge des équipements, insistent aussi sur le respect de l’environnement. Et dans un endroit si clean, si bien tenu, si chargé en émotions et sentiments humains c’est la moindre des choses

 

 

Nous avons été aidés par les responsables de ces équipements et des services gestionnaires. Gérard Gronfier nous a consacré du temps et a facilité nos démarches, Dominique Jouanne, le Directeur du pôle, lui aussi a pris sur son temps pour nous éclairer sur quelque chose que les archives municipales ont du mal à proposer directement.

 

Il a amélioré le service, sa gestion, mais il lui reste encore à mettre en place un SIG sur les cimetières et surtout, surtout, à rationaliser des archives trop longtemps laissées à l’abandon et dont la nouvelle municipalité entend faire un outil moderne.

 

Il y a du boulot pour ce que nous avons pu constater sur place en fouillant avec lui les vieux registres, les feuillets éparses, sans aucun classement ni index. Nous le remercions pour l’aide efficace qu’il nous a apportée.

 

Du travail a déjà effectué par les services comme la rénovation du règlement des cimetières qui datait des années 30.

 

 

Un cimetière décrit au travers de ses transformations, de ses monuments, de ses modes d’inhumation les évolutions d’une ville et plus largement d’une société. Celui du Bois Roulot n’échappe pas à la règle. Il faut se rendre compte que les mœurs ont évolué et que l’incinération gagne du terrain. De 1980 avec 0,9% d’incinérations ce mode d’obsèques passe à plus de 32% en 2015. Et cela a poussé à l’évolution des nécropoles avec des jardins du souvenir, des columbariums, etc. Le Bois Roulot n’y échappe pas et ce sont des endroits agréables, verts et paisibles.

 

 

D’abord il faut faire l’historique. Au début, depuis la naissance officielle le 24 juin 1856 sans doute, était le cimetière de Bel Air qui se situait à l’emplacement actuel du quadrilatère délimité par les rues Jean Bouveri, 8 mai, de Cluny et bien sur sa voie d’accès, comme pour beaucoup de cimetières, la rue du Repos.

 

Entre le 12 février 1937 et le 19 mars 1944 ce cimetière a été transféré dans celui du Bois Roulot.

 

Ensuite fut le cimetière du bois Garnier dont la première concession (perpétuelle) fut vendue le 7 septembre 1910. Actuellement son espace utilisable comporte 4000 emplacements dont 3248 utilisés.

 

En dernier fut érigé celui du bois Roulot dont la première concession (perpétuelle aussi) fut vendue le 22 septembre 1924.
Nous ne connaissons pas réellement la superficie du cimetière de Bel air, mais un rien de mathématique nous fait penser qu’il devait contenir environ 4 000 emplacements. Nous nous basons sur le fait que celui du bois Garnier est de 4 000 emplacements et le bois Roulot de 8 000. Il peut être pensé que les unités foncières cinéraires avaient toute à la base une potentialité de 4 000 concessions. Ce qui explique qu’après transfert au bois Roulot celui-ci en soit à 8 000 potentielles concessions. Pour le moment 7 500 sont vendues ou en cours de reprise. Cela est parallèle au développement du Bois Garnier.

 

 

Pourquoi avoir transféré le cimetière de Bel Air ? C’est l’histoire même de l’évolution du territoire français : l’urbanisation. Les cimetières sont souvent établis hors des enceintes des urbanisations. Et il faut les déplacer lorsque les constructions, les voiries et les réseaux en viennent à les encercler et à poser un réel problème de salubrité et de tranquillité. Visiblement c’est ce qui est arrivé à Bel air, c’est aussi ce qui aurait pu arriver au Bois Roulot que est maintenant partie prenante de l’urbanisation. Mais lui a le bénéfice du bassin versant sur les installations sportives et son ouverture sur des espaces non habités directement. Il n’en reste pas moins vrai qu’il se trouve actuellement dans les mêmes dispositions que Bel Air à son époque. Et il reste encore de la place. En plus il y a un volant annuel de reprises de concessions qui assure le renouvellement nécessaire sans avoir à augmenter l’emprise.

 

 

L’histoire de la ville se lit au fil des allées, en dehors du carré des soldats morts pour la France se lisent sur les plaques et monuments les noms d’anciens Maires et élus nationaux, de dynasties familiales, de personnalités.

 

La liste n’est pas exhaustive mais on trouve les sépultures suivantes :

 

 

Les anciens Maires : Docteur Thomas, Jean Drillien, ancien Conseiller Général et Maire par intérim, de mars à mai 1936, Jean Bouveri, Député et Sénateur, Docteur Mazuez, Jean Didier, le Docteur Trocmé, ancien membre du Conseil Municipal, André Lotte, ancien Député.

 

 

Il y a aussi, Jocelyne Geitstlich, des employés municipaux, Irène Dumas et Jean Marc Chopin. Puis Pascal Jeandet, Paul Gerbe, Le Général d’armée Paul Lardry, Lucien Voiron, Les familles Machuron, Cotenay et… la première tombe en entrant dans le cimetière : Etienne Merzet, qui possède sa rue à Montceau, sa salle au Syndicat des mineurs et qui est un des fondateurs du mouvement syndical montcellien et départemental.

 

 

Claude Chevalier, Eric Fras et Alain Ulmann sont les 3 agents qui veillent sur ces lieux de recueillement. Le chef de service c’est Claude Chevalier, un horticulteur, donc un homme calme, diplomate et très impliqué. Le travail que cette équipe fournit porte sur des missions diverses. Ils ont en charge l’entretien des espaces verts et de la voirie (bon les tailles de haies sont laissées au service espace vert qui est équipé. mais ils ont en charge les plantations et le fleurissement. Claude Chevalier a pour rêve de « verdir » le cimetière, il a la nostalgie des cimetières du midi avec leurs Cyprès.

 

Dans ce domaine se pose le problème du désherbage, bientôt il sera interdit d’employer des produits Phytosanitaires. Le désherbage thermique ne donne pas de résultats probants, en plus cela emploie du gaz. Et dans les étroites inter-tombes ce n’est pas la panacée. Le désherbage manuel n’est pas forcément possible avec les effectifs actuels vu la conformation des lieux. Une réflexion est menée dans bien des villes pour, comme à Lyon, amener les riverains à s’impliquer dans l’entretien et l’embellissement des espaces verts. De plus cela apporte des résultats concernant la responsabilisation et la surveillance. Pour Montceau rien n’a encore été étudié, mais le problème se posera bien un jour. Et puis tout est question d’échange et de pédagogie.

 

Une autre mission concerne le contact avec le public, le renseignement, la pré-commercialisation des concessions. Là il faut savoir être à l’écoute tout en restant neutre, diplomate tout en sachant être ferme, innovant et adaptable.

 

La troisième mission concerne le travail et les relations avec les entreprises et le suivi de leurs travaux. Il faut beaucoup de professionnalisme et de sens du service public pour mener à bien cette dernière mission.

 

Tout ceci se fait en liaison et synergie avec les autres services de la ville, mais dans un cadre particulier parce que ces lieux sont particuliers et très sensibles. Il faut aussi se mettre à jour régulièrement au niveau de la législation, c’est à la fois de fonctionnel et de l’opérationnel.

 

 

Alain Ulmann nous confie qu’il a grâce à ces lieux et à son travail ici, bénéficié, dans ce lieu de mort, d’une deuxième vie qui lui a permis de vaincre ses démons intérieurs. Il est devenu le philosophe, le penseur de ce site. Il est là depuis 2005 après avoir travaillé dans d’autres services.

 

 

Si vous allez visiter le cimetière ou aller vous y recueillir vous rencontrerez des personnes qui en sont les habitués et qui vous adresserons la parole avec simplicité et gentillesse. Eux « connaissent » bien leur cimetière.

Gilles Desnoix

 

 

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3 commentaires sur “Lieu de repos, lieu actif : le cimetière du bois Roulot….”

  1. 71Zorro dit :

    Bravo Monsieur Desnois, gros travail pour un magnifique article. Félicitations. Je ne passe jamais une semaine à Paris, l’été, sans réserver un après-midi au cimetière du Père Lachaise, pour l’amour des « vieilles pierres », la beauté de certaines sculptures et l’hommage qu’on peut rendre aux morts célèbres… Dernièrement, au début de l’automne, j’ai recherché une tombe familiale au Bois-Roulot, et je me suis laissé prendre à constater qu’effectivement là aussi on trouve de grands noms de nos personnages publics régionaux. Et comme vous le narrez si bien, les gens sont très courtois. Bon, ce n’est pas le Père Lachaise, mais ma visite a été fructueuse et très intéressante….
    Merci encore pour ce magnifique article…

  2. LIBEGAFRA dit :

    pourtant il y a au moins à ma connaissance une tombe abandonnée avec un trou béant qui ne donne pas envie de se recueillir près de sa tombe ….et rien n’est fait…allez y donc vérifier! peut etre attends t on d’y tomber?

  3. astro71 dit :

    Il me semble que ces agents sont secondé dans leurres taches, les samedi, par d’autres collègues qui n’ont rien à voir avec le service des cimetières