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dimanche 24 janvier 2016 à 06:42

Une exposition magnifique à l’embarcadère

« Je suis saisi par la beauté des images d’Alain Kleinmann* »



(*Vladimir Jankélévitch)

 

 

«Le romancier israélien Amos Oz a dit des œuvres d’Alain Kleinmann « une puissante commémoration d’un monde qui a été assassiné » et de son travail « il est calme, murmuré, mais accablé de nostalgie, de compassion et de chaleur »

 

 

Jocelyne Buchalik, Adjointe à la culture de Montceau, n’hésite pas à reprendre ces propos dans son discours et à les appliquer à cet artiste aux multiples talents (peintre, sculpteur, lithographe) cette analyse. On la sent émue devant un tel artiste au renom international.

 

 

Il y a un monde fou à ce vernissage et tout le monde est sur tout le monde. Le côté oppressant désincarné et impersonnel de certaines réalisations d’Alain Kleinmann se retrouve dans cette assemblée très compacte.

 

 

Il y a un monde fou d’élus aussi. Pour Montceau : Mme le Maire, Marie Claude Jarrot, ses adjointes, Jocelyne Buchalik, Marie Noelle Laforest, Marie-Odile Rames, Marie Thérèse Frizot, ses Adjoints Gérard Gronfier, Lionel Duparay, Guy Souvigny, ses Conseillères municipales Amélie Ghulam-Nabi, Catherine Piguet. Du côté de la Gauche rassemblée se trouvent présent Laurent Selvez et deux de ses collègues Marie-Lise Grazia et Laurence Leblanc.

 

 

Du côté des communes sœurs du bassin minier Daniel Meunier pour Saint Vallier, Jean Marc Frizot, Jean Louis Savetier pour Blanzy, Yvon Puzenat Du Creusot. Dans l’assemblée compacte il y en a d’autres encore…

 

 

Alain Kleinmann n’est pas un inconnu à Montceau il a déjà exposé avec éclat ici.

 

C’est un monument que la ville accueille, un monument connu internationalement.

 

N’hésitez pas une seconde, allez sur http://www.alain-kleinmann.fr/accueil2.html

 

 

« Vous dites que peignez des traces de présence –quand on se souvient de quelqu’un ou d’un lieu- Il ne vous vient à l’esprit que des bribes, des phrases, des lettres, un regard. Les impressions sont floues, les souvenirs sont tamisés… »

Pour un certain nombre de personnes présentes cela éclaire l’œuvre de l’artiste, on entend « oui, c’est vrai… je me disais bien que… »

 

 

L’Adjointe décrit ensuite le travail de transmission de l’image par les mots, des mots par l’image. Elle dessine les portes que le peintre, le sculpteur ouvre. Elle cite Alain Finkielkraut qui n’est pas tendre avec le label « Art contemporain ». « Je voudrais citer Alain Kleinmann, « C’est un peintre de la transmission, un peintre de la mémoire, un peintre de la catastrophe, même de la Shoah, qui est très moderne par l’usage qu’il fait d’un certain nombre de matériaux des plus nobles aux plus humbles à l’intérieur de sa peinture, mais c’est une peinture extrêmement émouvante puisqu’elle nous dit la catastrophe ; simplement cela reste de la peinture et cela reste de la beauté. »

 

 

Le discours est très applaudi, on sent que l’artiste est touché par cet hommage.

 

 

Madame le Maire, Marie Claude Jarrot prend la succession de son Adjointe au micro.

 

 

Et ça commence fort «  c’est une joie collective d’être ici ce soir pour vous dire notre Admiration, pour votre œuvre et cette manière particulière et inspirée de regarder le monde qui vous entoure. »

 

Ça continue de même « peindre n’est pas dépeindre, écrire n’est pas décrire, disait Georges Braque. C’est votre cas. Et de quelle manière… vous êtes un peintre qui se livre, qui s’expose, qui ose dire la peinture et ses difficultés, vous, si doué de facilités ; maître en mathématiques, sémiologue et talmudiste, vous qui choisissez de conduire la prise de risque… pour combattre justement celui de s’ennuyer. Vous êtes, par cet aspect scientifique, un artiste qui donne du sens »

 

 

Là il faut avoir le cœur solide et un haut niveau d’humilité pour ne pas défaillir sous autant de compliments et de propos dithyrambiques. Mais Alain Kleinmann écoute avec application et modestie.

 

 

Madame le Maire enchaine dans le même ton «  Le passé n’est jamais que du présent qui fuit, du présent transformé, métamorphosé, parfois anobli par la marque de l’artiste. Et vous procédez un peu comme un archéologue vagabond : vous n’avez pas de certitudes à démontrer, pas de motifs à exposer ou de coupables à châtier. »

 

Un bon proverbe fait bien dans le paysage et donc celui-ci est africain : « on ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. »

 

Le public apprécie, c’est en fait assez interactif. « Dans un monde qui demande des repères, les artistes sont des producteurs de mémoire. »

 

Marie Claude Jarrot termine par une phrase et un geste qui symbolisent son implication dans cette exposition et le lien avec la mémoire qu’elle en fait : « cette exposition honore en tout cas la Ville de Montceau et ses habitants. Votre présence Cher Alain Kleinmann est un symbole en cette année où Montceau, Ville médaillée de la résistance, va recevoir le drapeau cette année. A titre personnel je souhaiterais vous donner un cadeau, un livre retraçant la vie d’un compagnon de la libération… mon père. »

 

Du symbole dans la symbolique de la mémoire…

 

 

Alain Kleinmann est tout troublé au moment de prendre la parole, il dispose d’une énorme feuille recto verso, mais en fin de compte, il improvise, lit des passages puis saute à d’autres. C’est très spontané et l’assemblée apprécie. L’artiste est un homme de fidélité et d’amitié, un homme modeste, cela se sent, cela se voit, cela s’entend. Il remercie personnellement et nominativement chaque personne l’ayant aidé, secondé, soutenu, étant intervenue dans le cadre des services. « Je ne vais pas expliquer mon travail vous l’avez si bien fait Mme le maire et Mme Buchalik » Il fait venir Laurence Masliah. Une immense actrice que l’on a remarqué dans tant de superbes films, tant de téléfilms, tant de pièces de théâtre. Personne n’a oublié : Le Tango des Rashevski, Hippocrate, Profilage, Louis la Brocante, J’ai de la chance (qu’elle a écrit et joué hier soir à l’embarcadère).

 

Ce vernissage se termine sur cette apothéose par un verre de l’amitié auquel Madame le Maire convie tout le monde.

Vous croyez avoir tout vu, perdez cette illusion, avec Alain Kleinmann d’autres visions vous sont promises. Tous les supports, tous les modes d’expression, toutes les matières y passent, un peu comme la chair de l’histoire et le souffle du vent de notre mémoire parfois vague et « engrisée »…

 

 

Souvenez-vous de venir visiter cette exposition sur la mémoire.

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

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