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jeudi 15 septembre 2016 à 07:19

Du côté de la librairie…

Envie de lire… encore de la rentrée littéraire



 En sortant un peu des sentiers battus de la rentrée littéraire, voici quelques découvertes intéressantes de septembre

 

 

Pour tous ceux qui connaissent Charlotte Delbo, Grasset propose un monument littéraire et humain à se procurer d’urgence. L’auteure a étudié pendant sept années l’œuvre de Charlotte Delbo pour comprendre ce qui a poussé cette femme déportée à Auschwitz, à poursuivre sa vie après une telle expérience. A travers ce livre très fourni, Ghislaine Dunant montre comment Charlotte Delbo s’est attachée, dans sa propre œuvre, à décrire ce qu’elle voyait sous forme de tableaux et de scènes reprenant des détails humains.

 

 

 

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Elle en a retiré une véritable conscience humaine qu’elle a cherché à transmette à ses lecteurs. La lucidité dont elle faisait preuve devant tant d’horreur lui a permis de donner une nouvelle voix aux morts et de dire avec quel amour on peut encore regarder la vie. Au-delà de l’étude, ce livre nous montre la nécessité de mettre en valeur l’expérience humaine. Saisissant et urgent.

 

 

 

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Ghislaine Dunant. Charlotte Delbo, la vie retrouvée. Paris : Grasset, 2016.

 

 

 

 

Autre plongée, cette fois-ci dans le milieu artistique new-yorkais des années 80. Raul Engales, réfugié argentin en exil, tente d’y vivre de son art tandis que sa sœur se débat contre la dictature de leur pays natal. De son côté, le critique James Benett sent la peinture, vit l’art en l’interprétant sous forme de senteurs, de sensations, de couleurs. Les deux personnages vont se croiser et leur vie se mêler dans des ascensions fulgurantes. Mais la tragédie n’est pas loin pour James et Benett, réunis dans un curieux triangle amoureux par la blonde muse de Raul, Lucy. Un livre qui porte bien son nom d’Esquisses nocturnes, tant on ressent cette impression de fulgurance, de nécessaire urgence, de vie et de mort. Coloré.

 

 

 

 

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Molly Prentiss. New York esquisses nocturnes. Paris : Calmann-Lévy, 2016. 415 p. 21.50 €

 

 

 

 

La soledad porte-t-il vraiment bien son nom ? Le premier roman de Natalio Grueso entrecroise une multitude de personnages insolites et tendres au fil d’un récit mosaïque. On y découvre Bruno, venu s’installer à Venise après une vie de baroude, croisant une beauté Japonaise qui lui réclame un poème contre une nuit d’amour. Ou un curieux commentateur sportif inventant le commentaire idéal pour le match. Amoureux des mots et de la vie, les personnages parlent et de livrent petit à petit. Entrecroisant les histoires, mêlant les époques et les tons, l’auteur livre un récit curieux et décalé qui ne laisse pas indifférent.

 

 

 

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Natalio Grueso. La soledad. Paris : Presse de la Cité, 2016. 316 p. 20 €

 

 

 

 

Puissante proposition de rentrée que celle de Fayard. « La jeune fille et la guerre » est sans concession, parlant de guerre, de destruction, d’amour et de deuil. En pleine guerre de Serbie, Ana perd sa jeunesse et sa famille dans un conflit qui va lui faire prendre les armes à un âge où le jeu devrait être roi. Réfugiée en Amérique, elle grandit en omettant cette vie détruite jusqu’aux attentats du 11 septembre qui vont les confronter à son passé. Cette nouvelle tragédie va conduire Ana à se replonger dans son enfance et à affronter ses peurs et son histoire pour pouvoir avance. Au-delà de l’histoire tragique, nous découvrons à travers cette jeune fille la farouche volonté de vivre et de survivre, mais aussi la nécessaire résilience pour se réserver un avenir.

 

 

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Sara Nivoc. La jeune fille et la guerre. Paris : Fayard, 2016.

 

 

 

 

Et pour finir sur une note plus gaie, un petit retour sur un livre paru cet été. « Tu comprendras quand tu seras plus grande » est aussi une histoire de résilience pimentée d’une bonne dose d’humour et d’une énorme louche d’humanité. Débarquant comme psychologue dans une maison de retraite, Julia se demande bien comment elle va pouvoir s’occuper de petits vieux qui lui rappellent à la fois sa tendre Maminou et l’échéance de la vie qu’elle ne parvient pas à affronter, tout comme elle n’a pas affronté le décès de son père un an avant. Au fil des mois, Julia va cependant comprendre que l’urgence de vivre de ceux qui arrivent à l’automne de la vie n’est pas moins importante que la sienne. Et que la vieillesse a toutes ses chances d’aimer, de rire, d’être méchant, de faire des projets, même si l’échelle temporelle est différente. Attendrissant et à l’allure légère, ce livre n’en est pas moins un beau bout de bonheur et de joie à insuffler autour de soir.

 

 

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Virginie Grimaldi. Tu comprendras quand tu seras plus grande. Paris : Fayard, 2016. 510 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Un commentaire sur “Du côté de la librairie…”

  1. MicMont dit :

    Bonjour,

    Pour faire suite à cet article, et pour prolonger le plaisir, je rappelle à tous les amateurs de lecture qu’ils pourront rencontrer 63 auteurs de romans, bandes-dessinées, ouvrages historiques, etc. ce dimanche 18 septembre à l’EVA de Blanzy dans le cadre du premier salon du livre organisé dans le bassin minier.

    Alors à dimanche !

    Bien cordialement,
    MicMont