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samedi 1 août 2015 à 06:50

Le périple de la courgette baladeuse, pour l’été, un conte à dormir debout

Il n’est point de petites affaires et toute bonne action est toujours récompensée.



 

Disons que la société Varéa (qui gère des centrales de restauration collective) possède des titres concernant 2 750 tonnes de courgettes bio ou 5,5 millions de livres de courgettes. Ces légumes sont ni plantés, ni donc poussés, Varéa ne possède que des titres concernant des légumes potentiels, à planter, faire pousser, ramasser, préparer et stocker avant vente. Ça vous paraît fou ? C’est pourtant d’un banal affligeant vu que certaines récoltes sont achetées sur pied deux ans auparavant et que l’on spécule sur elles pendant ces deux ans.

 

 

 

Disons que la courgette est devenue une denrée de première nécessité (si Môssieu) et que, comme pour le blé, le riz, le maïs, le Colza, le soja, le café ou plus simplement l’uranium, il existe une cotation de la courgette.

 

 

 

Qui, je dis bien qui, et je vous le demande les yeux dans les yeux, qui résistera à boursicoter un chouia pour arrondir son escarcelle toujours affamée ?

 

 

Hein Qui ?

 

Pas la société Varéa. C’est humain, non ?!?

 

 

Disons toujours, que Varéa, ô la coquine, trouve un importateur Russe qui lui prend ses titres à 1€ la livre de courgette. Nous ne sommes pas là dans des marchés astronomiques comme avec certaines matières hautement stratégiques, disons l’uranium. Là ce serait au moins quarante fois plus cher. Non, nous sommes dans la courgette, donc 2€ le Kilo. Cela nous fait quand même 5,5 millions d’€ pour des sachets de graines qui n’existent que sur papier.

 

 

Cet importateur Russe, patibulaire mais presque, n’est pas très, très honnête. Il n’est pas spécialisé dans l’alimentaire, la conserve, le transport ou la logistique, même pas dans le commerce de gros ou de détail. Non, l’importateur est spécialisé dans l’ingénierie de l’ingénierie ingénieuse.

 

 

 

Lui, il a l’ingéniosité de trouver une société soi-disant Libanaise spécialisée dans la fabrication de batteries de cuisine et l’inox alimentaire. La courgette passe donc à 2,74 € le kilo. Donc les 2 750 tonnes de courgettes, simplement imprimées sur du papier, rapportent du coup 2 055 000€ que le contrat a prévu de placer en zone franche à Hong Kong. Nous restons dans le raisonnable dans notre conte.

 

 

 

Disons qu’à 2,74 € le Kilo de courgette bio c’est encore abordable. Enfin, rappelons que tout ceci n’existe encore que sur le papier. Le fabricant de casseroles, pour ne pas s’en trainer une budgétairement, revend les courgettes à une société nigérienne chargée de gérer les participations de l’état dans les marchés alimentaires étatiques. Prix au kilo 2,90. Bénéfice ramassé 440 000€. Cette manne doit être exfiltrée vers une structure bizarre et floue dans les émirats.

 

 

 

Mais les 2 055 000€ de la société libanaise pose problème, les banques saoudiennes (à Hong Kong, vous suivez ?) chargées d’accueillir cet argent renâclent, elles ont des doutes sur la provenance de cet argent, comme si on pouvait se méfier de l’argent des courgettes… La société Varéa se porte garante de la société Libanaise et du coup les banques acquiescent et encaissent en même temps des commissions substantielles.

 

 

 

Jusque là on se dit que certains s’engraissent sur le dos de la courgette et du consommateur, mais cela fait notre quotidien… on ne voit pas la chute du conte… ça vient, ça vient.

 

 

 

Qu’est ce qu’il devient notre dernier acheteur Nigérien ? Il devient immédiatement… vendeur. Il revend à 2,915 € le kilo de courgette… à qui ? Allons un effort d’imagination… à Varéa, mais oui… Youki ! Bénéfice pour notre petit Nigérien : 20 625€. Pas bésef Non ?!?

 

 

Perte totale pour Varéa ? 2 516 250€ soit 45,75% pour des courgettes sur papier.

 

 

Vous, vous dites, ce n’est pas possible, c’est une histoire de ratatouille qui n’a pas de sens.

 

Bon alors jetons cette courgette de la discorde et changeons le nom de la Société par celui d’un géant fragilisé du nucléaire, les courgettes par Uranium, les millions par centaine de millions, pour le reste les nationalités sont bonnes.

 

On sera donc ainsi moins surpris quand le scandale éclatera ailleurs que dans le Magazine Marianne ou sur le net (avec frilosité). Mais ça finira par vraiment se savoir.

Mais je suis d’accord avec vous, c’est un conte à dormir debout, Non ?!?

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

 

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