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samedi 16 avril 2016 à 06:52

Chaque vendredi matin sur la place Salengro à Saint-Vallier

Les irréductibles commerçants



Vendredi, c’est jour de marché à Saint-Vallier. En général, ils ne sont que deux _ trois cette fois-ci _ à proposer leurs produits à une clientèle fidèle qui recherche avant tout la qualité. Un tout petit marché qui a au moins le mérite d’exister.

 

 

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Du jour au lendemain, le marché du vendredi matin place Salengro à Saint-Vallier pourrait disparaître sans la volonté _ farouche _ des deux principaux acteurs à mettre un point d’honneur à tenir leur engagement. D’un côté, Valérie et Didier Sivignon de Montceau-les-Mines, marchands de fruits et légumes, de plants également « mais après les Saints de glace » précise Monsieur en fin connaisseur ; de l’autre Colette Cognard de Saint-Vincent-Bragny et ses fromages de chèvre, entre autres. Les deux piliers du marché, les deux rescapés d’un rendez-vous hebdomadaire, qui pour l’homme-qui-ne-veut-pas-qu’on-parle-de-lui-et-tenait-un-banc-de-vêtements « n’a aucun avenir ». D’ailleurs peu avant 11h, dépité, il remballe la marchandise. « Ce genre de marché, on s’en passe » balance-t-il encore.

 

Chez les Sivignon et Cognard, pas question de baisser les bras, irréductibles ils sont, irréductibles ils resteront. Parmi la clientèle, nous rencontrons Simone-la-coquette. A 86 ans et une canne à la main, cette habitante de Saint-Vallier, vient un peu par nostalgie « mais aussi par besoin » dit-elle. Et avant 1998, Simone était là chaque vendredi à vendre ses fromages de chèvre. « A mon époque il y avait plus de monde, on comptait une dizaine de commerçants ». Aujourd’hui, elle aime y revenir : « Je connais tout le monde et on papote ».

 

Levés à 4h, sur place dès 6h, Valérie et Didier Sivignon, dressent néanmoins un constat sans équivoque sur le marché du vendredi. « Effectivement, à une époque, nous étions plus nombreux. Régulièrement un nouveau commerçant tente sa chance. On a vu un rôtisseur, un poissonnier aussi. Ils viennent une fois, deux fois et disparaissent » précise Didier. Il se rappelle aussi, qu’un temps, il faisait le marché des Gautherets le mercredi. « Il n’existe plus » !

 

« Il y a de la place pour tout le monde »

 

Ici, place Salengro, le client recherche avant tout la qualité « le bon produit » note Didier Sivignon. « Sur vingt barquettes de fraises de Carpentras, il en reste trois alors les fraises d’Espagne sont toujours là. Je préfère manquer de marchandise que la jeter » ajoute-t-il. Un clientèle âgée la plupart du temps mais fidèle avec un panier moyen de 10€. « Hélas, les jeunes manquent à l’appel » soupire Valérie. « La façon de consommer a bien changé avec les grandes surfaces et puis les jeunes, un vendredi matin, ils travaillent ».

 

Chez Colette Cognard, les explications sont identiques. Néanmoins la demande de fromages de chèvres est soutenue. Certes, elle est seule, « mais il y a de la place pour tout le monde. Plus nous serons nombreux plus il y aura de monde » avance-t-elle. Pour ses fromages, sa crème fraîche, les oeufs et ses volailles, il est préférable de passer commande.

 

Valérie, Didier et Colette n’ont pas l’intention d’abdiquer et grâce à eux, ce « petit » coin de la place Salengro, aussi insignifiant soit-il aujourd’hui, demeure une source de vie incommensurable au parfum immuable.

 

Jean Bernard

 

 

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