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mardi 14 juin 2016 à 06:09

Terex Cranes France à Saint-Vallier…

Le Plan de sauvegarde de l’emploi est retiré, l’angoisse n’a pas disparu



 Les représentants de l’intersyndicale : Jean Louis Krakowiak secrétaire CGT du CE de, Julien Knepper délégué syndical CGT, Alexandre Duchêne du syndicat Solidaire industrie 71, membre du CE de Terex Cranes et JL Richard délégué syndical de la CFDT reçoivent la presse dans le local du CE.

 

 

Il manque Erwan Maillot le représentant CFE-CGC en déplacement en Allemagne, mais ses quatre collègues nous le disent solidaire de leur démarche.

 

 

Ce point presse porte sur le fait que la Direction de Terex a retiré le plan de sauvegarde de l’emploi lors de la réunion du Comité Central d’Entreprise du mercredi 8 juin dernier. C’est une annonce officielle faite aux membres du CE.

 

 

Les raisons ?

 

 

D’après l’intersyndicale les raisons évoquées par le Direction sont de deux ordres :

 

Manque de visibilité pour les prochain mois dans le cadre de la fusion avec Konecranes… enfin la cession partielle d’une partie des actifs de Terex pour 1,4 ( ?) milliard de dollars. Le 31 mai la décision officielle de cession a été prise et annoncée au même CE

 

Impossibilité de répondre aux questionnements et demandes de pièces que le CE avait formulées auprès de TEREX par l’intermédiaire de leur expert-comptable et de leur avocat missionnés dans ce sens.

 

 

C’est étrange cette manière de présenter des raisons n’ayant aucun lien entre elles pour justifier un acte enclenché alors que la situation était beaucoup plus complexe et non décantée qu’aujourd’hui.

 

 

Rappelons qu’à l’époque Terex était animée une volonté de fusion et face à une offre non-sollicitée de 3,28 milliards de dollars de la part de son concurrent chinois Zoomlion. Il faut ajouter que cette situation a abouti à la remise en cause de la fusion avec Konecranes.

 

 

Le deal de fusion c’est transformé en une procédure d’acquisition d’une partie des actifs de Terex (la fabrication des Stackers, la partie Grue restant Terex) avec quand même 25% des actions de la nouvelle entité pour Terex.

 

 

La bonne nouvelle immédiate c’est qu’il n’y a plus de licenciement avant fin décembre 2016. En effet la cession prendra effet en janvier 2017.

 

Donc on peut résumer les choses comme cela : Terex pour le moment ça va mieux, même si tout ne va pas bien. Le Plan de sauvegarde de l’emploi est retiré, pas de licenciements à l’horizon fin 2016.

 

 

Mais, mais, et l’intersyndicale est très claire là-dessus l’avenir n’est pas rose… En effet il peut se passer plein de choses entre temps et les scenarii sont si nombreux que l’on ne peut parier sur aucun.

 

 

En effet la cession ne concerne à priori que la division MHPS (Material Handling & Port Solutions…Levage industriel et solutions portuaires), soit la fabrication des Stackers. D’après l’intersyndicale sur les 239 salariés de Terex 179 fabriquent les grues et 60 le stacker.

 

 

Si Konecranes reprend la division Stackers rien ne dit qu’ils la conserveront ici. En plus, dans l’accord passé, mais dont officiellement on ne sait rien, les murs auraient été vendus avec. Si la fabrication des Stackers part en Finlandes l’intersyndicale pense que les 60 emplois sauteront.

 

 

Mais si les murs sont vendus que deviendra la construction des grues, donc la division Challenger ? Locataire, sous-traitante, sans domicile fixe, retournera-t-elle en Allemagne ? Et les emplois ? Il y a une réelle inquiétude de la part de l’intersyndicale.

 

 

Le manque d’information les interpelle et rend leur mandat plus difficile, surtout auprès de leurs camarades salariés pour qui l’avenir parait particulièrement incertain et qui ont du mal à concevoir que leurs représentants ne sachent rien.

 

 

Effectivement l’absence de visibilité, que revendique la Direction de Terex, pose un gros problème de positionnement stratégique de la part des syndicats. Autre sujet de préoccupation, la capacité financière de TEREX à consolider ses comptes et ses positions.

 

 

L’histoire du développement de Terex est faite d’acquisitions et de cessions dans un but simple devenir un leader… mais ce groupe qui possède 15 marques différentes qui est coté au New York Stock Exchange a acquis l’entreprise tchèque Tatra, en 2003 puis l’a cédée en 2007, comme en 2010 il a cédé ses activités minières. Puis il lui a fallu intégrer en 2012Demag Cranes2, un autre fabricant de grues. Et il y a eu la crise, puis une certaine régression, puis stagnation du marché total, malgré un marché chinois agressif, tout ceci n’est pas de nature à booster la production MHPS.

 

 

Rappelons ce que nous écrivions le 21 mai 2015 dans notre article http://montceau-news.com/economie/251874-terex-cranes-france-a-saint-vallier.html

« Terex a grandi grâce à son travail en interne mais aussi par accrétion, plus de 100 sociétés ont été rachetées pour former le groupe actuel (Terex, Genie, Powerscreen, Demag) et occuper ainsi la 3ème place dans la fabrication des engins de levage et du matériel portuaire. »

 

 

Mais l’Intersyndicale pointe en plus l’incompétence sur les dossiers importants.

 

Cf. :http://montceau-news.com/social/313210-terex-cranes-a-saint-valliersuppressions-demplois-annoncees.html

 

Elle parle aussi de chaises musicales concernant la valse des dirigeants. Pour l’Intersyndicale cela n’est pas étranger aux difficultés de Terex.

 

 

La stratégie des syndicats ?

 

 

Continuer à collationner les informations auprès du groupe, se tenir aux côtés des salariés (et ce n’est pas évident). Ils attendent la rencontre avec Steve Filipov Chief Executive Officer and responsable for Material Handling, qui, à leur demande, devrait être présent sur le site les 23 et/ou 24 juin. Mais la question se pose de la capacité d’autonomie exécutive de cet homme, car de toute façon tout se règle à Westport (Connecticut)…Que pourra-t-il dire ? Faire ? Quelles informations pourra-t-il distiller ? En plus une rumeur dit qu’il pourrait y avoir aussi un représentant Konecranes avec lui…Difficile à imaginer 6 mois avant la vente… mais ?

 

 

En fait vient de s’ouvrir une période de latence…ça ne va pas calmer les angoisses…

 

 

Donc on peut résumer les choses comme cela : Terex pour le moment ça va mieux, même si tout ne va pas bien. Le Plan de sauvegarde de l’emploi est retiré, pas de licenciements à l’horizon fin 2016. L’avenir est très incertain pour tout le monde et on n’en sait pas plus… Ah si, l’Intersyndicale le dit «  Depuis le départ de Ron De Feo » c’est la cata…

 

Le dernier Directeur aurait été viré manu militari en cinq minutes, il arrive un matin il n’est plus rien on lui reprend tous les insignes de sa fonctions et il doit repartir chez lui. Viré. C’est comme cela que ça nous est relaté par l’intersyndicale.

 

 

Mais cela ne change rien pour le présent et pour l’avenir…

 

 

A suivre…

 

 

Gilles Desnoix

 

 

terex 1406162

 

 



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2 commentaires sur “Terex Cranes France à Saint-Vallier…”

  1. sillabruno dit :

    La situation actuelle contraste avec éclat avec l’image que la Direction a voulu donner en mai 2015 lors des vingt ans de Terex-Montceau. A cette occasion François Truffier affirmait que la nouvelle gamme de grues et de stackers donnait de bons espoirs pour reprendre des marchés européens. Aujourd’hui, devant l’incertitude et le manque de visibilité sur l’avenir du site, le personnel devrait-il rester dans « une salle d’attente » ? Pourquoi les élus politiques ne s’expriment pas ? Les personnels de Terex-Montceau et la population du Bassin minier doivent être informés. Ensemble nous pourrons mieux faire face à ce nouveau défi.

  2. scania dit :

    Malheureusement ce qui se passe dans cette societe est devenu banal.
    Comme il ne s y fait plus que de l assemblage, difficile de se demarquer dans un groupe de 20 000 personnes ou les dirigeants ont les yeux rives sur le cours de l action.