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mardi 26 janvier 2016 à 20:20

Lycée Parriat : baptême d’une salle Raymond Renaud et ses camarades

De l’émotion et de la mémoire



 

Marc Aubert le proviseur, Madame Bartolomeo son adjointe, Laurent Proia, Philippe Bedert et tous leurs collègues professeurs, des représentants des parents d’élèves, sont là pour honorer des hommes de courage, des hommes de conviction, au travers de l’un des leurs, leur mémoire vivante.

 

 

Raymond Renaud est à l’honneur aujourd’hui et ce n’est que justice, mais il n’est pas seul à qui ces honneurs sont destinés, d’ailleurs il ne le voudrait pas, il porte témoignage pour eux, pour tous ceux qui se sont dressé et ont souffert pour résister à la barbarie nazie et à la collaboration française. Donc c’est la salle « Raymond Renaud et ses camarades » qui va être baptisée et inaugurée.

 

 

Car il le dit : « il nous est apparu normal de dire non à cette invasion étrangère, non aux armées nazies, non à Monsieur le Maréchal Pétain. »

 

 

Mme le Maire Marie Claude Jarrot, Mme Marie Noelle Laforest, M. Frédéric Marinot représentent la commune de Montceau les mines. Des membres de la famille de Raymond Renaud sont présents auprès de lui.

 

Une assemblée d’élèves est présente et 4 jeunes filles vont lire leurs messages concernant ces hommes héroïques et cette période troublée.

 

 

C’est Marc Aubert qui lance la cérémonie avec des mots d’accueil et un discours. Il se souvient de la dernière intervention de Raymond Renaud au Lycée Henri Parriat, et tout le monde s’en souvient. Et lorsque ses collègues sont venus lui demander de pérenniser ce passage, d’honorer la mémoire du message de Raymond Renaud en lui dédiant une salle, il a accepté après réflexion et il s’en dit extrêmement heureux.

 

 

Maintenant il y a une salle Raymond Renaud au lycée Parriat, une salle Raymond Renaud et ses camarades, il y tient de tout son cœur. Il veut que l’on honore aussi ceux qui ont lutté et souffert avec lui.

 

 

Marc Aubert retrace le parcours de ce jeune homme qui 75 ans plutôt a volé du matériel réquisitionné dans un camion allemand stationné.

 

Qui a distribué des tracts au péril de sa vie, qui fut arrêté deux fois, comme son père et une fois avec lui, qui fut emprisonné, déporté à Buchenwald. Un parcours similaire à celui de son père, qui lui mourut à Auschwitz.

 

 

A Buchenwald, au bloc 40, Raymond Renaud continue la lutte, il reste debout, il ne baisse pas les bras, il fait partie de la Brigade Française d’Action Libératrice et tout naturellement il participe à l’insurrection du camp qui amènera sa libération le 11 avril 1945, quelques heures avant l’arrivée des blindés américains.

 

Ces hommes indomptables qui ont subjugué les SS par leur combat et pris les commandes du camp ont tous prêté le serment de Buchenwald
« Nous jurons, sur ces lieux de crimes fascistes, devant le monde entier, que nous abandonnerons seulement la lutte quand le dernier des responsables sera condamné devant le tribunal de toutes les nations : L’écrasement définitif du nazisme est notre tâche. »

 

 

Raymond Renaud a honoré son serment et l’honore encore en venant témoigner dans les institutions scolaires.

 

Marc Aubert clôt son discours en citant Jorge Semprun qui décembre 1945, s’était « mis en demeure de choisir entre l’écriture et la vie. », il dit à Raymond Renaud « Vous avez choisi la parole et la vie ».

 

 

Laurent Proia lui paraphrase Ernest Renan en disant en substance que « seul l’enseignement du passé guide la compréhension du présent ». Il explique que ce sont dans les camps d’aujourd’hui que se forge la mémoire de demain, et que les survivants, les derniers témoins, veillent toujours les idéaux pour lesquels ils se sont battues et ont pour beaucoup donner leur vie.

 

Il cite Jaurès pour qui c’est l’humanité toute entière qui doit être l’Elite. Il précise à Raymond Renaud que tous les élèves présents sont venus pour lui. Et donc pour conclure il convoque le Général De Gaulle : « Ainsi, la jeunesse de France, forte des valeurs que la mère Patrie lui a donné, forte des valeurs qu’elle aura dans son cœur et son esprit sera, pour la France et le Monde le soldat de la Paix». « 

 

 

4 jeunes élèves viennent lire leurs textes, très profond et surtout très agréables à l’oreille de Raymond Renaud qui le leur dira ensuite.

 

 

En fait les 4 portent des interrogations d’aujourd’hui sur les évènements d’hier, sur le poids d’hier dans les malheurs d’aujourd’hui, sur notre incapacité à empêcher que d’une manière ou d’une autre, ici ou ailleurs, tout recommence. Elles interrogent les présents sur l’impérieuse nécessité de ne pas oublier de ne pas laisser la mémoire s’effacer.

 

Leur message est clair et très mature : « il vaut mieux débattre que combattre ». De plus ces jeunes filles interpellent leurs condisciples « ce n’est pas parce que l’on n’a pas dans sa famille, dans son entourage de parents, de proches ayant été concernés directement ou pouvant porter témoignage que l’on ne doit pas s’impliquer comme cela fut fait dans le passé, doit l’être dans le présent et donc pour l’avenir.

 

 

La Mémoire et l’Oubli le poème de Serge Smulevic est déclamé.

 

 

« La Mémoire et l’Oubli cohabitent.
Forcément.
Et toutes les cohabitations ont une fin.
Forcément.
La qualité de la Mémoire dépend de la façon dont elle aura été transmise.
Comment réagiront les récipiendaires de la Mémoire, dans cent ans ou plus ?
A part quelques monuments, quelques cérémonies discrètes ou quelques vestiges dans des musées, que restera-t-il de la Mémoire ? Celle d’aujourd’hui ?
Aller à des cérémonies ? Corvées…
Aller dans des musées ? Les gens ont toujours préféré aller voir des choses gaies plutôt que des choses tristes.
Le Temps, maître des événements, maître des souvenirs, diluera fatalement l’esprit de la Mémoire.
La Mémoire que nous connaissons.
Celle que nous voudrions transmettre.
Celle qui sera contestée.
Parce que nous ne serons plus là.
Parce que cette Mémoire ne sera plus que celle d’une Mémoire tombée dans les oubliettes de l’Histoire. »

 

 

 

Raymond Renaud prend ensuite la parole pour remercier tout le monde avec une grande gentillesse. On le sent très ému. Il narre une de ses premières actions nocturnes dans une école en passant par les soupiraux pour distribuer des tracts appelant à la résistance dans les bureaux des élèves. Il fait sourire l’assemblée en parlant de l’action si primordiale de la propagande : «  un stencil à l’époque était une arme de guerre ».

Les noms, les lieux, les dates sont là précises, c’est proprement bluffant une telle précision. Marc Aubert le lui fait remarquer tout en l’invitant à dévoiler la plaque qui officialise le baptême de cette salle.

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Avec une mémoire que l’on souhaiterait à tous ceux que l’on aime… et qui nous aiment, Raymond Renaud égrène les noms qui figurent sur la plaque en donnant moult détails sur leur vie, leur combat, leurs actes et leur mort. Il a cette phrase : non au racisme, il faut lutter contre toutes ces menaces, je lance un appel à la tolérance. Dans notre camps les 21 nationalités survivantes ont fondé à l’époque l’Europe de la solidarité »

 

 

Madame le Maire Marie Claude Jarrot précise que sa présence, a elle et à ses élus, en dehors du fait qu’elle est présidente du Concours sur la résistance et la déportation, est destinée à présenter à Raymond Renaud tout le respect des habitants de Montceau. « Il est très important que nous disions tous notre reconnaissance à ces hommes et femmes qui comme Raymond Renaud ont tout sacrifié pour défendre notre pays et assurer son avenir. C’est le rôle du Maire d’une commune compagnon de la libération que de venir ainsi témoigner en un jour comme aujourd’hui dans ce lieu. »

 

 

 

Gilles Desnoix

 

 

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Un commentaire sur “Lycée Parriat : baptême d’une salle Raymond Renaud et ses camarades”

  1. […] Buchenwald, l’une de ses salles. Le journal de Montceau s’est fait écho de cette initiative. Lire l’article Une biographie plus complète de Raymond Renaud est disponible […]