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mercredi 9 mars 2016 à 08:34

Tribunal correctionnel de Chalon…

...relaxe et cartes bleues !



 

 

 

 

Deux prévenus, poursuivis pour vols, escroqueries, tentatives d’escroquerie et vols en réunion commis à Montceau-les-Mines, au Creusot, à Blanzy, Chalon, Saint-Rémy et Montchanin, en février et mars 2012 ont été relaxés faute de preuves. Le couple marseillais est reparti dans le sud.

 

 

« C’est pas moi, m’dame la présidente. C’est pas nous... » Le prévenu nie les faits. Le couple marseillais, parents de plusieurs enfants, a été condamné pour des faits avec le même mode opératoire sur Menton (Alpes-Maritimes). « On ne se déplace pas spécialement, sauf sur la Côte d’Azur » précisent-ils en chœur.

 

Huit séries de faits leur sont reprochés dans diverses banques et commerces des régions chalonnaise, montcellienne et creusotine. Chapeau sur la tête et bavards, les escrocs discutaient avec leurs victimes devant un distributeur. Quelques secondes après, les victimes constataient que leur CB avait disparu, pensaient que la machine l’avait avalée. Et se rendaient compte plus tard de retraits frauduleux. Le couple a déjà été condamné. Pour des vols de cartes bleues à Menton, arrêtés la main dans le sac mais aussi, pour l’épouse, pour des vols commis dans les régions d’Albertville (73) et Périgueux (24). « Ah, il vous arrive de sortir de votre région… », note l’un des assesseurs, M. Catherine.

 

Le couple marseillais est interpellé pendant l’été 2012, quatre mois après la série de délits de Saône-et-Loire. Les enquêteurs comparent les méthodes et font « tilt » (sic). Le mode opératoire, notamment l’usage du chapeau qui protège des caméras, l’embrouillage de la victime permettent aux gendarmes saône-et-loiriens de faire identifier la femme et le mari par certaines personnes spoliées. Mais leur « tapissage (1) » n’est pas adéquat. Les enquêteurs ne mélangent pas les photos des suspects avec d’autres… Une absence de rigueur qui devient une porte-ouverte pour la défense, assurée par Me Philippe Jacquemin, ténor du barreau marseillais. « C’est un dossier fourre-tout. On croit avoir coincé le gang des chapeaux des distributeurs, mais le costume est trop grand pour mes clients ! »

 

Deux victimes- sur une trentaine – sont présentes à l’audience. Un monsieur, face aux dénégations des prévenus, s’énerve tout seul, trop pour le tribunal. Raconte qu’on lui a volé 150 € voilà trois ans, que « ça ne vaut pas le coup », refuse de se constituer partie civile et part en regrettant « la guillotine ». Le témoignage d’une vieille dame suit, digne et calme. Elle n’a pas reconnu non plus les prévenus, et se souvient « d’un monsieur plus mince ».

 

« Le chapeau est un élément central mais il ne se balade pas tout seul. Il y a forcément quelqu’un dessous », diagnostique le parquet. Quand les gendarmes de Montceau ont voulu perquisitionner au domicile des prévenus, en quête des chapeaux ,« on leur a bien fait comprendre qu’à Marseille, aucun officier de police judiciaire (OPJ) ne serait disponible pour une perquisition liée à une petite affaire de vols de cartes bleues… Pas de perquisition. Le parquet ne peut donc brandir le chapeau. » Mme Saenz-Cobo trouve pourtant qu’il y a assez d’éléments pour requérir un an d’emprisonnement pour Monsieur. En revanche, elle admet la relaxe pour Madame, faute de preuves.

 

« Les éléments sont insuffisants, tacle la défense. Si on n’a pas les moyens d’aller enquêter à Marseille on n’y va pas ! Pourquoi ne pas passer par un magistrat instructeur si on veut perquisitionner ? Personne n’a reconnu mon client ! Il a une bedaine (le prévenu fait la moue…), le voleur était athlétique. Il est plus petit moi, qui ne fais qu’1 m 79 alors qu’on l’a décrit plus grand ! L’enquête est mal ficelée et les services d’enquêtes spécialisés, qui ont émis les premiers des soupçons sur mes clients, c’est pas Dieu le Père non plus, Madame la Procureure ! Ce chapeau, je ne sais pas sur quelle tête il était, mais pas sur celle de mon client !» Deux relaxes aussitôt plaidées au bénéfice du doute.

 

Le tribunal a relaxé le couple, au bénéfice du doute. Les parties civiles ont été jugées recevables mais déboutées faute de coupables. Plus belle la vie, comme on dit.

 

tribunal chalon

 

 

 



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2 commentaires sur “Tribunal correctionnel de Chalon…”

  1. Daniel Z dit :

    Je profite du compte rendu pour vous poser une question :
    que pensez vous du fonctionnement et des bilans concernant l’action de ce que nous appelons la Justice ?

    Amitiés