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mardi 10 octobre 2017 à 05:35

Tribunal de Chalon : Comparution immédiate pour un jeune homme du bassin minier

1 an de prison dont 8 mois avec sursis assortis d’un suivi mise à l’épreuve de 2 ans



 

 

Dans la salle des comparutions immédiates de ce lundi 9 octobre, on remarque un jeune homme avec coque et pansements sur le nez, dans le box arrive alors un poing bandé et l’on croit avoir l’équation du poing qui cassa le nez, mais pas du tout ! Lucas X, 22 ans, a fracassé le visage de Paul (prénom modifié) d’un coup de pied, suivi d’un coup de son poing valide. 2 coups : 30 jours d’ITT.

 

Lucas n’est pas inconnu ici puisqu’il a été jugé fin août avec son père pour violences aggravées (lire ici : http://montceau-news.com/faits_divers/405891-tribunal-de-chalon-6.html) dans un contexte bien particulier. Le contexte qui le mène en comparution immédiate ne l’est pas moins :

 

 

L’histoire remonte à la soirée du dimanche 24 septembre. Lucas, qui vit chez ses grands-parents depuis la soirée du barbecue chez sa mère qui a viré au cauchemar, a un accident de voiture. Son véhicule est abîmé, il le vit mal. Des amis viennent le chercher. Il s’alcoolise au whisky. Ils sont dans une voiture à 2 portes, il est à l’arrière. Il est minuit à Saint-Vallier comme partout en métropole lorsqu’ils font des appels de phare et des doigts (étrangement) dits « d’honneur » à un conducteur débutant qui roule en pleins phares. Arrivés à un stop les copains se placent pour tourner à gauche, le conducteur débutant se place à droite, au niveau de leur voiture, il baisse sa vitre et demande : « C’est quoi votre problème ? »

 

 

Ni une ni deux, Lucas s’extirpe de l’arrière de la voiture, et direct, met un coup de pied dans le visage du jeune homme, suivi d’un coup de poing. Le garçon est sonné, il repart. « Je ne le connais que de vue », dit-il aux policiers. Fractures des os propres du nez, 4 dents cassées, traumatisme crânio-facial. Moche. Il a dû être opéré, voilà pourquoi le jugement n’arrive qu’aujourd’hui.

 

 

 

La présidente Grosjean trouve le comportement du prévenu « extrêmement préoccupant » : condamné fin août à 3 mois de prison ferme et à 3 mois de prison avec sursis, Lucas réitère. Il dit qu’il est à la dérive, il a perdu sa copine et son travail (altercation là aussi), sa mère ne veut plus de lui dans sa maison, etc. « Violence complètement gratuite, lui répond le ministère public », inacceptable. Madame Locks requiert 2 ans de prison dont 12 mois avec sursis assortis d’un SME.

 

 

 

Maître Sarikan plaide que « tout n’est pas rose, tout n’est pas blanc, tout n’est pas parfait », mais ça ne fera pas le poids contre « 2 coups sur un homme assis dans sa voiture, 30 jours d’ITT », d’autant que le tee shirt noir « Redskins » de son jeune client témoigne d’autres vibes, certes adaptées à son sexe et à son âge, mais pas si good que ça : tout dépend comment on canalise son énergie, et Lucas, grand sportif privé de chasse pour 3 ans depuis le 25 août, n’a rien métabolisé de ce qui l’habite. « Il a besoin de soins, poursuit l’avocat, il a perdu des éléments de stabilité, il va mal, il faudrait graduer la peine. Il avait bu, sa voiture cassée, ça l’a mis mal. »

 

 

2 coups, 30 jours d’ITT : révocation du sursis de 3 mois d’août dernier, 1 an de prison dont 8 mois avec sursis assortis d’un suivi mise à l’épreuve de 2 ans. Obligation de soins, d’interroger cette violence brute, de travailler, et d’indemniser la victime. Mandat de dépôt : « Vous allez exécuter 7 mois de prison. »

 

 

Le fils a fait mieux que son père (condamné à 6 mois en août dernier). Hélas.

 

FSA

 

Maître Duquennoy demande et obtient une provision de 1000 euros pour son client qui aura encore besoin de soins. Renvoi sur intérêt civil en mars prochain.

 

 

 

 

 

tribunal 2208172

 

 

 



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