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mercredi 9 septembre 2015 à 08:01

Agence d’Urbanisme Sud Bourgogne

Les villes moyennes face au défi de l'attractivité



Jean-François Léger, démographe et sociologue, enseignant-chercheur à l’Institut de démographie de l’Université Panthéon Sorbonne Paris 1, a évoqué lundi à Buxy, à l’invitation de l’Agence d’Urbanisme Sud Bourgogne, le déclin des villes petites et moyennes.

 

 

 

Un déclin démographique et économique constaté au cours des trente dernières années, et confirmé par l’examen, cartes à l’appui, de la période 2006/2010 (les dernières statistiques complètes disponibles). « La dynamique démographique et socio-économique des villes moyennes est globalement et nettement en retrait par rapport à celle des grandes et des très grandes villes » a appuyé Jean-François Léger. Le démographe s’est intéressé à l’évolution de l’un des principaux indicateurs de cette dynamique: la répartition de la population des cadres. Si, dans les années soixante, ils trouvaient leur place dans toutes les villes et agglomérations de plus de 20 000 habitants, ils se concentrent aujourd’hui dans les grandes métropoles, et à un niveau moindre, dans les villes de plus de 100 000 habitants. Toulouse regroupe à elle seule 80% des cadres de la région Midi-Pyrénées !

 

 

Déclassement et vote FN

 

La Bourgogne se situe en queue de peloton pour la croissance de l’encadrement sur la période 2006/2010: +6% de cadres, contre +10% en moyenne nationale. « Dijon réussit à capter quelques cadres mais pèse peu en termes de dynamique économique. Les autres villes sont inexistantes, avec même un recul pour Nevers » a estimé le sociologue. En Bourgogne, une seule ville moyenne affiche un taux de progression légèrement supérieur à la moyenne, et manifesterait donc en conséquence une attractivité un peu (mais un peu seulement…) plus forte: Mâcon.
Corollaire de cette situation: l’ascenseur social est en panne dans la France des villes moyennes, comme à Chalon, Montceau ou Le Creusot. Car si dans les métropoles (Paris, Lyon, Toulouse…) l’immense majorité des diplômés de l’enseignement supérieur occupe un emploi de cadre, ce n’est pas le cas dans les agglomérations plus modestes. « Dans certains territoires, plus du tiers des diplômés du supérieur ont un statut d’ouvrier ou d’employé » affirme Jean-François Léger.

 

 

Cette « France des déclassés, où le chômage atteint des niveaux élevés, est aussi celle où le vote Front national progresse le plus », a expliqué l’orateur. « Le contexte pousse à toujours davantage de concentration des pouvoirs administratifs, économiques, culturels, dans un tout petit nombre de villes, alors que le développement des transports, des voies de communication et surtout des nouvelles technologies permettrait de délocaliser nombre de services et d’entreprises dans d’excellentes conditions » a-t-il estimé. Jean-François Léger a conclu par une mise en garde contre la tentation du chacun pour soi: « le risque pour les villes moyennes est aujourd’hui de s’inscrire dans une logique de compétition et de définir des stratégies localisées, au détriment d’une réflexion plus globale ».

 

 

Le démographe, qui a ses racines familiales dans la région de Chalon, a été accueilli par Philippe Baumel, Député, Président de l’Agence d’Urbanisme Sud Bourgogne. Il s’est exprimé devant une cinquantaine de personnes, techniciens des collectivités et quelques élus.

 

 

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