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lundi 11 mai 2015 à 05:51

Festival Outre-mer en Bourgogne (Montceau-les-Mines)

Au programme : messe animée par le groupe Gospel Bele Legliz !



Raconter la messe ce n’est pas journalistiquement parlant un exercice convaincant tant il s’agit d’une pratique individuelle au sein d’une cérémonie collective. Mais heureusement aujourd’hui il s’agit d’un autre événement s’inscrivant dans le cadre du festival Outre-mer en Bourgogne.

 

 

L’annonce est ainsi libellée

 

 

10 h 30 – 11h 30 : Eglise Notre Dame de Montceau les Mines

 

Célébration de la Messe en mémoire de l’Abolition de L’Esclavage. Messe animée par le groupe Gospel Bele Legliz et la Chorale Tradition de Saint Vallier. Animation liturgique en langue créole.

 

Aujourd’hui nous sommes le 10 mai et cette date depuis 2006 est la « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ».

 

 

Il y a la messe, puis à 12H30 le dépôt de gerbe à la stèle commémorant l’abolition de l’esclavage de Toulon-sur-Arroux.

 

Cette date c’est aussi celle de l’ouverture du festival avec conférence à 13H30 au restaurant La Douce Heure Antillaise et concert du groupe Bele Legliz à L’église de Blanzy.

 

 

L’église de Montceau est pleine, des enfants s’ébattent et s’énervent un peu à la fin, mais il flotte un air de liberté de bonne humeur avec une pointe d’accent créole qui met du soleil au cœur. Quelques participants s’étonnent de ne pas voir le groupe de Gospel ou la Chorale en costume et groupés en formation.

 

Tout au cours de la cérémonie, ce manque de formalisme n’a pas empêché l’expression musicale liturgique en Créole et en polonais. L’enthousiasme des officiants se communiquait de plus en plus aux bancs de l’assemblée.

 

 

Et il n’y a pas que le chant, la danse est là aussi. Bien sur le Montcellien n’est pas l’antillais et n’a pas l’habitude de manifester ainsi pendant l’office, mais malgré tout on sentait que certains y seraient bien allés.

 

 

Tout a commencé après une minute de silence en souvenir d’amis communs disparus et par un vibrant et très entrainant « exulte de joie, peuple de la terre ». Ca swinguait vraiment.

 

 

Le prêtre a consacré son sermon à des déclinaisons sur le thème de l’amour mais aussi à dénoncer la persistance (255 ans après) des esclavages modernes mises en exergue par le Pape François.

 

 

Il a posé une question existentielle majeure : « Comment Montceau est-il connu de Dieu ? » Pour avoir la réponse une affichette nous indique à l’entrée du transept « connecte toi, il y a du réseau là-haut »

 

 

Une jeune et charmante chanteuse danseuse de Bélé Légliz épaule Christiane Matos qui anime la liturgie en créole.

 

 

Mais qu’est-ce que le Bélé Légliz ? D’abord le nom vient du tambour Bélé. Pendant l’esclavage le tambour était interdit car porteur (enfin c’est ce que les maîtres pensaient) de forces maléfiques maîtrisées par les seuls esclaves. Chaque fois que l’on interdit quelque chose naît une stratégie de contournement. En ce qui concerne le tambour ce fut la musique : le négro spiritual dans les états du sud de l’Amérique du nord, le bouladjel en Guadeloupe. En Martinique le « tambou bélé » c’est trouvé relégué dans les mornes sous l’appellation honteuse de : tambou vié neg.

 

Ces pratiques musicales ont peu à peu pénétré les cultes, investi les églises. C’est le la «Misa antilla, la Messe Tam-Tam» d’Antoine Maxime, (psaumes créoles et le gospel). C’est aussi le cas du Bélé Légliz fondé par un groupe de prêtres (Pères Monconthour, Lafine, Gibon, Phanor, Anderson). Ils ont même sorti un CD « Vwa Légliz »

 

Le mouvement Bélé Légliz est né d’un travail de réflexion, mené en paroisse autour des textes bibliques, de la culture créole et des réalités du pays.

 

 

Et pour fermer le ban la chorale tradition de Saint Vallier a déployé ses chants. On les connait, ils sont connus et reconnus et ils assurent « grave ». Même si l’on n’est pas croyant et habitué aux messes, on ne peut qu’apprécier la qualité de l’interprétation et se laisser porter par le chant.

 

 

Deux heures de temps, mais deux heures de chants, de danse et de partage. Le 10 mai est un jour de commémoration et de partage entre les caraïbes et la Bourgogne.

 

 

Gilles Desnoix

 

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3 commentaires sur “Festival Outre-mer en Bourgogne (Montceau-les-Mines)”

  1. legrandquonvoitdeloin dit :

    Allez, une petite contrepètrie : « N’allez pas à la messe sans foi »…

  2. legrandquonvoitdeloin dit :

    de la foule à la messe, dites donc…

  3. Fernier guy dit :

    Pub…pour Mme Mathos qui je crois est au conseil municipal de Montceau.je viens faire la pub du groupe « singal gospel »de Dijon.Ils étaient à sanvignes récemment (en groupe restreint certes),et je les ai vu hier à Chenôve pour le concert des 20 ans du groupe…magnifique…comme l’on dit en argot…çà pète…alors pourquoi pas un concert à l’embarcadère…à voir(je fais la pub car ma fille habitant Chevigny est dans cette « chorale »)