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dimanche 26 juillet 2015 à 07:58

Ce samedi soir à Montceau…

.... interview de Khan Jan Alokozay le Chairman de l’ACCI (Afghanistan Chamber of Commerce and Industries)



 

 

 

… interview de Khan Jan Alokozay le Chairman de l’ACCI

 

 

(Afghanistan Chamber of Commerce and Industries)

 

Exclusif !

 

 

 

 

Montceau peut s’honorer d’accueillir Khan Jan Alokozay le Chairman de l’ACCI (Afghanistan Chamber of Commerce and Industries). Personnage important sur le plan politique mais surtout économique.

 

 

 

 

 

Il séjourne chez Habibi Ghulam Nabi, Afghan de souche, citoyen français et Montcellien. L’histoire de ce dernier se confond avec celle du XXème siècle. Elève au lycée Français de Kaboul lors de l’invasion de l’Afghanistan par les chars russes, Habibi Ghulam Nabi est entré en résistance. Il a été condamné à mort par les russes et les intégristes. Aujourd’hui il est consultant international, Président de la nouvelle chambre de commerce Afghane en France. C’est un homme qui fait le lien entre notre pays et l’Afghanistan, qui aide les entreprises françaises et Afghanes à créer des synergies. Lui aussi est un personnage important. Mais surtout c’est un Montcellien dont la fille est conseillère municipale déléguée chargée de la jeunesse.

 

 

 

Si Khan Jan Alokozay est à Montceau c’est du fait des liens d’amitié qui l’unissent à son hôte mais aussi parce qu’il œuvre aux jumelages de sa chambre de commerce et d’industrie nationale avec les plus importantes de France. D’abord celle d’ile de France et maintenant celle de Lyon.

Il est accompagné du directeur général adjoint, M. Abdul Qadir Bahman.

 

 

 

Montceau News : Pourquoi la France ?

 

 

 

Parce qu’il existe des liens anciens, réels et sincères entre la France et l’Afghanistan, entre les peuples Français et Afghan ? Cela a commencé en 1922 avec la Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA). Cela a continué avec le Lycée Français Amaniya devenu Esteqlal où l’élite Afghane sera formée. Et dans des temps troublés, dramatiques cela s’est poursuivi avec l’armée Française dans la région de Kâpîssâ.

 

 

 

Khan Jan Alokozay explique que le rôle de la France n’est pas assez important alors que c’est sans doute le seul pays sincère dans ses rapports avec son pays. Que notre pays à un rôle important à jouer pour le développement de l’Afghanistan, qu’il œuvre déjà à ses côtés pour faire aboutir le traité APTA (Accord Afghanistan Pakistan Transit) actuellement en cours d’achèvement et ayant pour but de réduire les obstacles au commerce entre les deux pays (par exemple les droits et taxes sur les marchandises pakistanais et afghans en transit.).

La France reste le seul pays occidental aux yeux de Khan Jan Alokozay pour apporter une aide politique désintéressée permettant de rééquilibrer les relations dans cette région clé.

 

 

 

Ce qui peut intéresser la France ce sont le pétrole et les mines. Ce qui intéresse l’Afghanistan c’est le transfert de savoirs faire pour développer une économie florissante et autonome. Les afghans ont confiance en la France pour cela, contrairement à ce qui se fait souvent avec les autres pays plus conquérants sur les marchés.

 

 

Le souvenir des soldats français partis en 2012 est encore très prégnant, à tel point que les drapeaux français flottent encore sur les toits des maisons, que les américains pour se protéger ont peint des drapeaux français sur leurs tanks.

 

 

Khan Jan Alokozay dit que le peuple Afghan attend plus de la France et apprécie beaucoup ce qu’elle a fait pour sa sécurité.

 

 

 

Pourquoi la France ? Parce que le nouveau Président Afghan Ashraf Ghani qui a succédé à Hamid Karzai le 29 septembre 2014, a décidé d’un réel tournant dans la politique économique de son pays avec la France. Il se tient deux fois par semaine des réunions à l’Ambassade de France.

Il y a un projet de jumelage entre Kaboul et Lyon.

 

 

 

Montceau News : Il existe 2 Lycées Français, d’autres ouvrent, l’université de Kaboul et celle de Lyon sont jumelées, y a-t-il intensification des échanges culturels ?

 

 

 

Khan Jan Alokozay souligne les liens existant aussi au niveau culturel. Ils se développent, se développeront encore. Mais les échanges universitaires sont aussi dans le domaine de la santé. Il rappelle que les plus grands hôpitaux en Afghanistan sont Français. Des étudiants Afghan viennent faire leurs universités en France.

 

 

Pour l’instant les échanges qui se développent sont ceux des domaines économiques et industriels. Mais la culture ne sera pas oubliée.

 

 

Il ne faut pas oublier qu’il y a 13 ans le pays était ravagé, détruit, que les enfants n’allaient plus à l’école, que toutes les infrastructures étaient détruites. Aujourd’hui, 10 millions d’enfants sont scolarisés dont 4 millions de filles. 52 écoles françaises de l’ONG AFRANE (Amitié franco-afghane)  fonctionnent. Cette ONG humanitaire apporte un soutien à l’éducation en Afghanistan par le biais de la formation pédagogique des enseignants.

 

 

 

Montceau News : la croissance de l’Afghanistan est pointée à 4,5% et son inflation est de 7,5%. Est-ce réel ou artificiel ?

 

 

 

Khan Jan Alokozay revient sur l’Etat de son pays il y a 13ans. Plus aucune infrastructure n’était debout, le réseau routier avait disparu. Aujourd’hui 27 000 KM de voirie desservent les provinces et permettent le transit avec les pays voisins et donc en fait le reste du Monde.

 

 

L’évolution du PIB  Afghan a été artificielle du fait des aides apportées par les organismes internationaux et les pays amis. 8%, puis 6%, maintenant 4,5%. Nous sommes plus proches de la réalité à ce taux. Mais il faut faire très attention à stabiliser le PIB. Il dépend des échanges avec l’Iran, la Russie, l’Asie centrale. Du coup le réseau routier développé prend toute son importance pour faciliter et développer les échanges économiques.

 

 

 

Il affirme que l’économie afghane est dorénavant solide. Bien sur ses échanges économiques sont un peu déséquilibrés. Par exemple la France exporte vers l’Afghanistan 25 millions d’euros contre 6 millions seulement d’importation. Il y a là un nécessaire rééquilibrage. Mais l’économie privée est vigoureuse et l’Etat n’intervient pas dans ce domaine, ce qui est très bien. Avant tout était étatisé et ne fonctionnait pas. La chambre de commerce était étatique, mais très anarchique. Dorénavant elle est privée, fonctionne à merveille dans 21 régions, compte 85 000 membres, et ses dirigeants sont élus démocratiquement.

 

 

Tout ceci a permis des investissements à hauteur de 15 milliards dans les domaines des transports et de l’agriculture.

 

 

 

Montceau News : L’économie est privée mais les infrastructures publiques, et maintenant que les aides internationales sont arrêtées comment l’état Afghan va-t-il assurer le développement et le pérenniser ?

 

 

 

Pour financer les infrastructures, les développer, les améliorer de très grands projets sont en cours.

D’abord la réouverture de la route de la soie dont les investissements massifs reçoivent le soutien de la Chine. Il s’agit de partir de la province chinoise du Xinjiang et par le  Kazakhstan, l’Asie centrale, le Nord de l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Turquie rejoindre l’Europe. La banque d’Asie finance cela. Cela permettra de remettre l’Afghanistan, passage obligatoire et millénaire, dans l’économie marchande globale en y reconstruisant d’innombrables infrastructures.

Ensuite le projet de train Iran/Chine traversera le pays qui percevra des taxes, comme pour le pipeline Kazakhstan/Inde/chine. De plus, de par son rôle de plateforme régionale de transit l’Afghanistan accueillera 1 million de tonnes transportées depuis le Pakistan. Et si les accords de paix sont signés il y aura aussi le transit de l’électricité pakistanaise. Autant de sources de financements publics.

 

Le Président Ashraf Ghani entend que son pays devienne le nœud de cette vaste région, un élément économique essentiel et surtout son carrefour de transit.

 

Khan Jan Alokozay voit dans le fait que son pays soit depuis un an membre de TIR (transit international routier) la démonstration de sa volonté de s’affirmer dans ce domaine et surtout de se donner les moyens régaliens de financer ses infrastructures et d’avoir une politique concurrentielle des transports et du transit.

 

 

 

Montceau news : dans cette région un de vos voisins, le Pakistan, pose de réels problèmes de stabilité, surtout sur vos provinces frontalières, et de crédibilité dans la lutte contre le terrorisme. Que pouvez-vous nous en dire ?

 

 

 

Khan Jan Alokozay ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle du Pakistan. Avant la partition de l’Inde en 1948 tout allait bien. Depuis rien ne va. L’Afghanistan est kidnappé par le Pakistan. Lorsque la religion se mêle de politique, que l’argent et le pouvoir se coalisent il y a un réel danger. Pour le Pays et pour ses voisins. Le Pakistan s’est créé comme ça, sur la religion, et pourtant c’est un pays corrompu, centre du terrorisme international.

 

Montceau news : ceci est votre opinion, on le sent, très profonde, sont-ce des propos en OFF ou peut on les rapporter directement comme étant les vôtres ?

 

Khan Jan Alokozay est un homme entier. « Depuis des années je hurle ça dans les journaux, sur des tribunes à Londres, New York, ailleurs. J’ai subi 3 attentats de la part du Pakistan, alors… ce ne sont pas des propos en Off, je défends l’homme, son esprit, ses idées et sa liberté. Le Pakistan est une puissance nucléaire, c’est un danger dans notre région. Il faut que l’Afghanistan soit libre, indépendant. Nous n’avons pas de problème avec nos autres voisins. »

 

Montceau news : Comment voyez vous l’avenir de votre pays et conséquemment le vôtre ?

 

Je crois dans l’avenir de mon pays. Les anciens, les seigneurs de guerre vieillissent, leur pouvoir passe, les jeunes universitaires prennent le relais et vont transformer le pays. En dehors du Pakistan, qui est aussi un partenaire économique, nous avons d’excellentes relations avec nos voisins, de liens économiques forts avec la Russie, la Chine, l’Iran et l’Inde. Si nous pouvons aboutir avec la France cela sera encore mieux. Je suis optimiste. Je ne suis pas un politicien, mais un homme d’affaire, alors je crois à ce que je fais et au développement de mon pays dans l’économie régionale. D’ailleurs je me représente pour un nouveau mandat de 4 ans.

 

 

Habibi Ghulam Nabi va se rendre lundi en Afghanistan pour poursuivre ses missions, Khan Jan Alokozay va rentrer lui aussi reprendre ses responsabilités. Il a pu visiter un peu notre Bourgogne du sud. Espérons que tout ceci pourra un jour amener des retombées économiques tangibles.

Les Afghans vont sans doute entendre parler de la Bourgogne et surtout de son fleuron : Montceau les mines. Mais l’image de la France est excellente, c’est déjà ça.

La diaspora Afghane en France est peu importante en quantité (4000 ressortissants) mais importante par la qualité car essentiellement composée d’intellectuels et d’universitaires.

 

L’Afghanistan est un somptueux pays de  652 230 km² (18% de plus que la France) composé de 34 régions, comptant 30 419 928 habitants. Il est enclavé entre l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan,  le Tadjikistan, la Chine, le Pakistan.

 

 

Au minimum consultez : https://fr.wikipedia.org/wiki/Afghanistan

 

 

Propos recueillis par Gilles Desnoix

 

 

 

 

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Habibi Ghulam Nabi (au centre) honoré en mars dernier en Afghanistan 

 

 

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Un commentaire sur “Ce samedi soir à Montceau…”

  1. scania dit :

    C est bien d etre optimiste et de regarder vers l avant, mais des points restent encore a regler et ne sont pas abordés dans cet article :
    – corruption qui fait aussi partie de la mentalité Afgane.
    – attentats réguliers dans le pays