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lundi 7 septembre 2015 Ă  07:55

Montceau-les-Mines

Inauguration de la rue Georges Griveaud



 

C’est cette journĂ©e du dimanche 6 septembre 2015, soit 71 ans après la libĂ©ration de la ville de Montceau-les-Mines, qu’ont choisi Marie-Claude Jarrot et le conseil municipal pour inaugurer une nouvelle rue en l’honneur de celui que l’on surnommait Capitaine François, dans la rĂ©sistance.

 

 

 

En prĂ©sence de la famille du Capitaine François, Marie-Claude Jarrot est revenue sur les faits d’armes et la vie du montcellien.

 

 

« Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,

 

Vous savez l’importance que j’accorde, que nous accordons au monde combattant, je l’ai rappelé il y a quelques minutes au moment de commémorer la libération de la Ville de Montceau les Mines.

Montceau la courageuse. Montceau qui s’est battu pour retrouver l’honneur que l’on voulait lui faire perdre. Montceau carrefour stratégique pour la Résistance qui a très tôt lutté contre l’occupant et a payé cher l’engagement de ses patriotes.

 

 

Montceau qui reçoit la médaille de la Résistance le 16 septembre 1946 des mains du Général de Lattre de Tassigny au titre de ce patriotisme, du travail et du courage, du respect des traditions d’Honneur et de fierté, pur symbole de l’esprit résistant.

Il y sera mentionné aux Montcelliens et à leur maire en particulier l’implication particulière des résistants des mines et notamment des fondateurs du Mouvement ouvrier.

 

 

 

Georges Griveaud, avec Prudhomme Mathieu, Dourille et Griveaud entre dans la légende.

 

Geoges Grivaud est né le 25 mars 1914 à Paris.

 

Il effectuera une préparation militaire supérieure à l’Ecole des Mines de Saint Etienne dont il ressort avec un diplôme en juillet 1939. Il sera nommé sous-lieutenant en septembre de la même année à l’Ecole du Génie de Versailles au moment où la guerre éclate. Il sera chef de section au 6ème Génie à Angers puis démobilisé le 13 août 1940. Il se retirera à Digoin pour rentrer dans la résistance active. 

 

 

 

Bien sûr, le silence est parfois une forme de résistance. Lui pourtant, il décide de s’engager dans ce combat. J’aime à rappeler ces mots de Lucie Aubrac qui nous soutient que le mot résister doit toujours se conjuguer au présent.

 

 

 

Il prendra le maquis en tant qu’adjoint au chef du secteur de Montceau et participera aux combats du Bataillon du Charollais ainsi qu’aux sabotages et aux embuscades. Il est nommé Capitaine FFI en août 1944 par le Commandant de la Ferté. Après la libération, il devient chef du bataillon de Montceau. Il a résidé au Magny ici dans cette ville qu’il a aimée et qui lui doit tant.

 

 

« C’est une erreur fatale d’entrer en guerre sans la volontĂ© de gagner. » disait le GĂ©nĂ©ral Macarthur.

 

 

Georges Griveaud est entré en guerre avec la volonté de l’emporter sur l’ennemi.

 

 

Voilà ce que l’on dira plus tard de lui :

 

 

« Brillant adjoint du chef de bataillon qui a fait preuve dans l’organisation de ses unitĂ©s des plus belles qualitĂ©s de commandement.

 

« A occasionnĂ© de grandes pertes Ă  l’ennemi au cours de nombreuses embuscades et coups de main.

 

 

 

« S’est particulièrement distinguĂ© lors de la prise de Montceau au cours de laquelle il a attaquĂ© un train de troupes armĂ©es de chars et de canons, faisant six cents prisonniers ».

 

 

Mesdames, Messieurs, pendant une guerre, le prĂ©sent et le passĂ© sont parfois si proches qu’ils se confondent et on en sait oĂą commence le souvenir et oĂą finit le prĂ©sent.

 

 

Par cette décision aujourd’hui nous voulons rappeler aux Montcelliens une partie de leur histoire. Celle à laquelle a participé le Capitaine François.

Après la Légion d’honneur obtenue par un décret du 28 février 49, après la Croix de guerre 39 45 avec palme, après la Médaille de la Résistance décernée par un décret du 24 avril 46, cette plaque le consacre pour longtemps.

 

 

 

Par elle et les yeux qui se porteront sur ces quelques mots qui lui donnent sa valeur, la mémoire de Georges Griveaud aura un avenir par delà les générations. La République lui doit cela.

 

 

Georges Griveaud était un grand républicain.

 

La RĂ©publique, ce bien commun de la Nation. Cette ambition qui se veut collective.

 

 

LibertĂ©, ÉgalitĂ©, FraternitĂ©. Ces mots Ă©taient l’âme des combats des rĂ©sistants. L’histoire est lĂ  pour leur redonner leur acception et leur force.

C’est au nom de l’idĂ©al rĂ©publicain que nous devons combattre l’oubli.

 

 

Il y a 71 ans, c’est la Liberté qui triompha de la guerre.

 

C’est l’ÉgalitĂ© qui fut le grand combat des rĂ©sistants engagĂ©s de toute condition sociale et de toute confession, tous prĂŞts au sacrifice de leur vie pour des valeurs qu’ils estimaient plus encore et pour construire une sociĂ©tĂ© plus noble.

 

C’est la Fraternité qui animait les combattants et les résistants et qui a su rassembler ceux que le destin aurait voulu éloigner.

 

Nous avons ce devoir et cette exigence de mémoire de tous les instants qui forme, avec la Liberté et l’Égalité, dont elle est le ciment, les trois piliers de notre République.

 

Je vous remercie. »

 

 

 

Madame le Maire a laissé ensuite la parole à ses deux fils.

 

Ses deux fils ont exprimĂ© Ă  la fois le respect et l’admiration qu’ils avaient pour leur père.

 

 

Son plus jeune fils a ainsi exprimer la difficultĂ© de parler de son père. Puis dĂ©crivant le vĂ©cu de son rĂ©sistant de père, il a dĂ©claré : « Il a organisĂ© de manière remarquable la rĂ©sistance de la houille. J’Ă©prouve un sentiment de fiertĂ©. Il a Ă©tĂ© un bon père, a Ă©tĂ© respectĂ© par tout ceux qui l’ont cĂ´toyĂ©, connu. J’ai de la fiertĂ© de vivre dans cette ville. En tant qu’enseignant, je suis soucieux que les jeunes connaissent la vĂ©ritĂ©. Les rĂ©sistants se sont battus pour rendre Ă  la France la dĂ©mocratie, la libertĂ© malmenĂ©e ces derniers temps. »

 

 

 

Pour sa part, le fils aĂ®nĂ© du Capitiane François a rappelĂ© le parcours de son père. Et d’ajouter dans son portrait : « Il aimait la vie sociale, il aimait ses copains. Il aimait la pĂŞche, la chasse, les gueules noires. Il a Ă©tĂ© sollicitĂ© pour aller Ă  Paris. Mais il a toujours voulu rester Ă  Montceau. »

 

 

 

Puis revenant sur les Ă©vĂ©nements de la guerre, « Le mouvement a pris rapidement de l’ampleur. Chacun avait sa place, près Ă  dĂ©coudre avec les Allemands. Le mouvement ouvrier s’est fondĂ© dans les murs. Fin 1943, il a participĂ© au sabotage de la centrale de Lucy. Il a participĂ© au parachutage de Pouilloux. Et Ă  l’issue, il a Ă©tĂ© nommĂ© Commandant du 6e bataillon de SaĂ´ne-et-Loire. Nous sommes fiers de l’engagement de notre père dans la rĂ©sistance, vue comme des terroristes par les occupants ».

 

 

Il a conclu en remerciant les Ă©lus de la ville, Marie-Claude Jarrot et Monsieur Gronfier.

 

La cĂ©rĂ©monie s’est achevĂ©e par un dĂ©pĂ´t de gerbes par le Sous-prĂ©fet de Chalon, accompagnĂ© par les petits-enfants de Georges Griveaud, alias le capitaine François.

 

 

 

Émilie Mondoloni et Annabelle Berthier

 

 

 

rue capitaine francois 0609159

 

 

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Un commentaire sur “Montceau-les-Mines”

  1. Daniel Z dit :

    Un peu déçu.

    Pas un seul mot de reconnaissance….. Rien…..
    IndiffĂ©rence, quand tu nous tiens……

    Amitiés