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dimanche 11 octobre 2015 Ă  06:51

Monument historique industriel : le Lavoir des Chavannes

... mise en place d'un comité scientifique pour le sauvegarder !



 

 

Ce jeudi après-midi, la mairie de Montceau a accueilli une rĂ©union de mise en place du comitĂ© scientifique qui a Ă©tĂ© constituĂ© Ă  la demande du PrĂ©fet par le biais de la DRAC pour la sauvegarde du lavoir des Chavannes. Il s’agit pour ces chercheurs experts et historiens de rĂ©flĂ©chir Ă  la sauvegarde de la mĂ©moire de ce site exceptionnel et symbolique pour la ville mais aussi tout le bassin minier qui ne peut ĂŞtre que vouĂ© Ă  une dĂ©molition certaine si rien n’est fait. mais…

… Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau, souhaitant que les personnes qui y ont travaillĂ©, puissent partager leurs souvenirs, fait donc appel Ă  eux !

 

Mais commençons par le début !

 

 

chavannes 1110152

 

 

 

 

Union « sacrĂ©e »Â 

 

 

« Le lavoir des Chavannes est un patrimoine qui appartient à l’histoire et un patrimoine qui appartient aux Montcelliens et Montcelliennes, résumait Mme Jarrot, maire de Montceau, le faire revivre serait l’idéal mais je crois qu’il ne faut pas rêver. »

 

Le maire a donc réaffirmé son souhait que la ville de Montceau « soit associée à cette préservation de la mémoire qui va être longue et délicate puisqu’elle nécessite des fonds. Je demande une réflexion approfondie de ce comité scientifique et je formule le souhait que les personnes qui ont travaillé sur le site puissent être associées à cette préservation technique qui se rapprocherait de la modélisation en 3D comme celle réalisée pour l’abbaye de Cluny. La population qui sait qu’on ne peut continuer à avoir un tel édifice ne vivra pas mal cette démolition si elles sont associées à sa préservation ».

 

Pur sa part, Jocelyne Buchalik, maire-adjointe en charge de la culture, a en premier lieu rappelé le passé minier de la ville. « Ce qui nous réunit aujourd’hui, poursuit-elle, c’est réfléchir et travailler à l’avenir du lavoir des Chavannes. Nous savons aujourd’hui qu’une longue série de projets de reconversion, parfois peu réalistes, ont tous avorté. La ville de Montceau est très attachée au souvenir de ce lavoir qui est l’un des derniers témoignages de la riche histoire de la mine et est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis octobre 2000 en raison de sa représentativité et de sa particularité. »

 

DREAL 

 

Sébastien Dubois, chargé de mission DREAL Bourgogne, a de son côté rappelé que le lavoir était la propriété de l’Etat comme d’une partie des terrains et notamment du port (la CUCM d’une autre partie) suite à la liquidation de Charbonnage de France à la fin de l’exploitation en 1999.

 

L’état n’a pas pris aucune décision actuellement à une éventuelle déconstruction, du fait de son coût très élevé estimé. « Le budget national ne permet pas de financer cette déconstruction. »

 

Par contre depuis 2010, l’Etat a rĂ©alisĂ© des travaux de mise en sĂ©curitĂ© (clĂ´tures, entrĂ©es bouchĂ©es par des parpaings). PrĂ©cisant : « Ceci pour un montant de 100 000 € sommes nĂ©cessaire pour la sĂ©curisation et l’Etat investit chaque annĂ©e entre 30 et 40 000 € pour parer aux dĂ©gradations.

 

BRGM

 

 

Philippe Sabourault, directeur du Bureau de Recherches de Géologie Minière (BRGM) Centre-Est, bureau maître d’ouvrage délégué par l’Etat pour la sécurité du site, a resitué le contexte. A la fin de Charbonnage de France, l’Etat a souhaité assurer une pérennité des sites après les exploitations minières par la création d’un département de prévention et de sécurité minière.

 

Ses missions sont entre autres la mise en sécurité des anciens ouvrages miniers qui présentent des risques (ex effondrement). Une enveloppe annuelle de 7 millions d’euros est dégagée par l’Etat sur le plan national, ce qui explique les difficultés d’engager les travaux de démolition estimés en 2014 à un montant de 4 millions d’euros.

 

Autre mission : la surveillance des anciennes mines générant encore de la pollution (ce qui n’est pas le cas pour le lavoir des Chavannes)

 

92 personnes travaillent au BRGM sur l’ensemble de l’Hexagone.

 

« Nous essayons avec un coût raisonnable et acceptable d’assurer la sécurité du site avec le souci d’éviter tout accident. Nous n’avons pas les moyens de prévenir toutes intrusions (nécessité de gardiens) ou de lutter contre les vols. Si un accident survient, c’est que des personnes sont entrées sciemment sur le site en connaissant les risques. Le lavoir se dégrade d’année en année et devient de plus en plus dangereux. Cette situation s’empire rapidement «  ce qui pose des problèmes de sécurité publique. »

 

Ce responsable poursuivant : « Le BRGM n’a aucune compĂ©tence en matière de sauvegarde de la mĂ©moire industrielle « nous sommes lĂ  pour ĂŞtre des facilitateurs mais nous avons tout Ă  apprendre de cette commission scientifique ».

 

 

 

 

DRAC

 

 

Cécile Ullmann, conservatrice régionale des monuments historiques et représentant la directrice de la DRAC excusée, a quant à elle rappelé les missions de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles)

 

Le ministère de la culture a souhaité mettre en place un comité scientifique fait d’hommes et de femmes de compétences diverses (chercheurs maîtres de conférence universitaires, ministère de la culture, écomusée…).

 

Le lavoir des Chavannes (qui a démarré en 1929) est inscrit au titre des Monuments historiques en 2000 après la fermeture en 1999.

 

Il a un statut exceptionnel en Europe puisque c’est l’un des derniers sites liĂ©s au charbon, un site le plus grand d’Europe Ă  l’Ă©poque de sa construction, et avec une machinerie n’ayant pas son Ă©quivalent en France (lavage, triage du charbon) un  site donc Ă  prĂ©server dans la totalitĂ© de la chaĂ®ne technique et industrielle.

 

Un grand concours d’idĂ©es a Ă©tĂ© lancĂ© en 2000 sur une Ă©ventuelle reconversion du site, concours qui n’a pas abouti du fait de la difficultĂ© Ă  le reconvertir  : problèmes de sĂ©curitĂ© oblige. C’est ainsi que le PrĂ©fet de rĂ©gion a souhaitĂ© que se mette en place un comitĂ© de pilotage pour dĂ©finir le devenir du site. L’option de la dĂ©molition a Ă©tĂ© Ă©mise Ă  la commission nationale des monuments historique. Il n’y aura pas de dĂ©cision de dĂ©molition sans plusieurs conditions selon la ministre de la culture qui dit : « une Ă©tude doit ĂŞtre rĂ©alisĂ©e pour la sauvegarde du lavoir (sauvegarde par l’étude) et le maintien de l’inscription au titre des monuments historiques jusqu’à la dĂ©molition, ce qui permettra de protĂ©ger ce site.« 

 

La DRAC a donc pour mission de réaliser cette étude pour la sauvegarde (non physique) avec la création d’un comité scientifique qui puisse imaginer comment conserver la mémoire. Cette étude serait réalisée dans le courant de l’année 2016 avec une restitution des résultats en fin d’année.

 

Cet « organisme »Â a Ă©galement un rĂ´le de financeur, une première enveloppe a Ă©tĂ© accordĂ©e sur les 100 000 € pour la constitution d’un fonds documentaire par cette commission composĂ©e d’experts et d’historiens.

 

Opération de médiation envers les populations locales. Un inventaire a été réalisé en 1999 à la demande de la Communauté Urbaine.

 

En conclusion, nous rappellerons l’appel Ă  toutes les bonnes volontĂ©s, notamment Ă  ceux qui y ont travaillĂ© et oeuvrĂ© jusqu’Ă  sa fermeture afin qu’ils « donnent corps » Ă  ce grand projet qui ne peut que tous nous concerner ! D’autant plus que la centrale de Lucy Ă©tant, sans aucun doute (et malheureusement), vouĂ©e Ă  la dĂ©molition. 

 

 

Annabelle Berthier

 

 

 

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10 commentaires sur “Monument historique industriel : le Lavoir des Chavannes”

  1. Electron libre dit :

    « 92 personnes travaillent au BRGM sur l’ensemble de l’Hexagone »

    C’est inexact !
    L’effectif actuel du BRGM se situe Ă  peu près aux alentours de 1 000 personnes dont environ 750 IngĂ©nieurs et Chercheurs .

    Son implantation territoriale (métropole et outre-mer) est répartie en 32 agences .
    La plus proche de votre ville est celle de Dijon .

    Bien amicalement !

  2. Daniel Z dit :

    Combien coĂ»terait la « remise aux normes » de cette ruine ?
    Si nous étions en démocratie, une consultation populaire ne devrait elle pas être diligentée auprès de la population ?

    Je sais, les « ainĂ©s »(dont je fais partie) vont parler devoir de mĂ©moire, sauvegarde du patrimoine…..
    Mais demandez donc Ă  la jeunesse ce qu’elle en pense, elle qui se voit privĂ©e d’avenir par nos gestions calamiteuses non ?
    Ou encore Ă  ceux qui sont dans la misère…et se privent de soins….

    Amitiés, Electron Libre !

    Amitiés

  3. zorglub71@orange.fr dit :

    Dans une pĂ©riode de disette budgĂ©taire, j’ose espĂ©rer que nous ne mettrons pas des dizaines de millions d’euros dans ce fantasme pseudo culturel, l’emploi, notre jeunesse et nos personnes âgĂ©es mĂ©ritent autre chose qu’une ruine mĂŞme au nom de la mĂ©moire ouvrière…

  4. Duke13 dit :

    Il faut voir une réhabilitation sur plusieurs années.
    Et pour rĂ©pondre Ă  Zorglub71, ne peut-on pas imaginer que cette rĂ©habilitation amènerait des emplois??? Ou nous pouvons mettre en place des chantiers bĂ©nĂ©voles, participatifs,… pour garder ce site qui reprĂ©sente une partie de la vie de la communautĂ©???
    Il est vrai que tout ĂŞtre humain n’est pas forcĂ©ment sensibilisĂ© Ă  la mĂ©moire mais j’ose quand mĂŞme croire que la majoritĂ© l’est!!! Donc, lançons un avis Ă  la population pour voir!!! Par curiositĂ©. Je fais appel Ă  notre « maire », nos instances,…
    À bon entendeur. Salut!!!

  5. scania dit :

    Mais je croyais qu on avait statue en 2000 .
    Encore un projet fumeux qui va graisser cabinets et consultants pour a la fin arriver a la meme conclusion.
    Les caisses sont vides . Utilisez le peu d argent qu il y a pour des projets d avenir.

  6. Nonmerci dit :

    Ceux qui connaissent l’intĂ©rieur de ce bâtiment savent que ce n’est pas recyclable… sauf en ferraille.

  7. lebonsens dit :

    Bonjour,

    Alors que nous sommes dans la M…., les « bien pensants » reviennent sur le devant de la scène avec leurs « vieilles lunes » !

    On veut faire croire que ce projet est viable alors que les »caisses » sont vides !

    Personne ne tient Ă  effacer la mĂ©moire de LA MINE et de ses HOMMES qui y ont pour la plupart SOUFFERT mais de grâce, arrĂŞter la C…….

    Si vous voulez persister, il faut consulter par rĂ©fĂ©rendum, et la vous verrez que ceux qui veulent porter ce projet ne reprĂ©sentent qu’eux mĂŞmes.

  8. jyton dit :

    Un coup de bull et n’en parlons plus.
    Ces zozoteries de rĂ©habilitation ont dĂ©jĂ  coĂ»tĂ© assez cher Ă  la CUCM au dĂ©but des annĂ©es 2 000 sous la prĂ©sidence du maire de Montceau de l’Ă©poque. Un concours avait Ă©tĂ© lancĂ© auprès d’architectes pour un coĂ»t faramineux et cela a dĂ©bouchĂ© sur rien !

  9. Cervantes dit :

    Dire que ce patrimoine industriel Ă©tait Ă  sa fermeture impeccable, depuis il a Ă©tĂ© dĂ©valisĂ©, massacrĂ©, vandalisĂ©…. Tout ce qui avait une valeur marchande a Ă©tĂ© volĂ© (cuivre, outillage,….), le reste souvent cassĂ© ou jetĂ© par les fenĂŞtres sur les toits du dessous,…., jusqu’aux dalles de bĂ©ton percĂ©es. Bref actuellement, pour restaurer cette ruine, friche industrielle et sans compter le respect des règles de sĂ©curitĂ©, c’est une facture gigantesque qui s’annonce pour un retour très incertain. L’Ă©quipe municipale actuelle n’y est pour rien, mais je pense que c’est malheureusement trop tard du point de vue Ă©conomique.
    On va bientĂ´t dĂ©truire le rĂ©frigĂ©rant qui aurait pu servir de base Ă  des projets de dĂ©veloppement et toujours pas en vue de parc ou hall d’exposition sur Montceau….. L’Ă©tude de la sauvegarde de ce lavoir doit s’inscrire au minimum dans l’optique d’un projet beaucoup plus large et Ă©tendu de ce site. Faire seulement un musĂ©e de cette construction qui ne sera jamais rentable et qui sera un vrai boulet Ă©conomique par la suite dans une pĂ©riode de vache maigre?????. Bien sĂ»r quelques emplois Ă  la clef mais Ă  quel prix?????. Une enquĂŞte auprès des montcelliens serait sans doute utile, je suis d’accord avec l’un des commentaires prĂ©cĂ©dents.