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mardi 17 novembre 2015 à 13:51

GRM et Prévifrance se rapprochent…

...au Konine les deux mutuelles communiquent !



 

« Additionner les atouts des deux mutuelles qui ont en commun un niveau de performance élevé pour conquérir de nouveaux adhérents. » C’est ce que dit le dossier de presse.

 

En d’autres termes le nombre rend plus fort et les différences renforcent. Il ne s’agit pas là d’une fusion financière, capitalistique, comme nous en voyons trop souvent, qui laisse du monde, souvent beaucoup de monde, sur le bord de la route.

 

 

 

Il s’agit de poursuivre l’idéal des premières sociétés de secours mutuel, mutualiser les risques et les compétences sans anthropophagie entrepreneuriale.

 

 

GRM est petite à côté de Prévifrance, mais cette dernière mutuelle est petite par rapport aux mastodontes dont l’appellation « mutuelle » n’a plus rien à voir avec l’ADN et l’étymologie du mot.

 

Nous ne sommes pas là dans de la stratégie financière, pas dans des tactiques boursière, mais dans un processus naturel de renforcement vital d’idéaux et de valeurs humaines.

 

Daniel Carré Président de la GRM, Pierre Emorine son directeur Général, Gérard Widemann Président de Prévifrance, Henry Mathon son Directeur Général reçoivent la presse ce matin 17 novembre 2015 dans une des salles de congrès de l’hôtel Konine à Montceau.

 

Depuis des mois ces dirigeants travaillent au projet de rapprochement de la mutuelle GRM, chère au cœur du bassin minier, et de la Mutuelle Prévifrance.

 

 

Le rapprochement de la Bourgogne et du grand sud-ouest

 

 

Prévifrance dépassant d’ailleurs cette aire géographique avec une territorialisation touchant Rhône Alpes, mais aussi Paris (CSA, Le Louvre) et national avec les sapeurs-pompiers.

 

Comme le disent le Président et le Directeur Général de la GRM, approuvés en cela par leurs homologues de Prévifrance,

 

« Nous partageons les mêmes valeurs de rigueur, de proximité avec les assurés, les mêmes modes de management, le même respect de nos adhérents et de notre personnel. Nous sommes les héritiers des premières sociétés de secours mutuel, nous ne sommes pas des entreprises à but lucratif. Nous véhiculons des valeurs de solidarité, des valeurs mutualistes. »

 

Les quatre, après avoir eu une pensée pour les victimes des attentats barbares de vendredi, rappellent qu’effectivement « il existe, à côté des grands groupes financiers du secteur de la complémentaire santé, des organismes comme les leurs qui véhiculent des valeurs et des modes de gestion humanistes dans lesquels les adhérents sont les vrais décideurs. »

 

Ils ont fait un constat simple : il y a dix ans 6000 mutuelles existaient, aujourd’hui elles ne sont plus que 400 et tout porte à croire que d’ici quelques années elles ne seront plus que 100.

 

La question qui se pose est celle-ci : combien dans ces 100 futures mutuelles seront vraiment des entités à but non lucratif ?

 

 

Il convient de s’interroger sur quelques constations de base

 

La législation avec la généralisation des mutuelles tire vers le bas les niveaux de prestations tout en permettant à chacun d’être couvert à minima.

 

La très grande majorité des personnes actives disposait d’une mutuelle apportant plus de garantie que ce qui est prévu dans cette généralisation.

 

De plus en plus les mutuelles et les cotisations des adhérents servent à collecter des taxes dont tout porte à penser qu’elles doivent contribuer à renflouer le régime général déficitaire

 

Les législations et les contrôles opérés sont de plus en plus complexes et tatillons, obligeant les mutuelles à une plus grande implication dans des tâches administratives et juridiques, les éloignant ainsi du cœur de leur métier.

 

Dans le système que le législateur met en place se développe la notion de taille critique pour répondre aux attentes du dispositif qui remplace la notion de solidarité et de secours par celles de service client et de solidité capitalistique.

 

Les mutuelles, celles qui restent attachées à ces valeurs, au mode de fonctionnement et à des buts non lucratifs s’insurgent contre la législation qui les tue à petit feu.

 

 

Les 4 partenaires qui tiennent la conférence de presse ont fait forcément ce constat et compris que la survie de leur modèle passait par une mutualisation plus grande.

 

La GRM c’est l’absorption d’une des premières mutuelles locales, celle de Génelard datant de 1848. « L’histoire est en marche », dit Jean Pierre Emorine, il semble que la GRM accompagne cette marche depuis ses débuts.

 

 

Rappelons quelques points d’étape importants concernant les mutuelles 

 

1821 – Naissance de la première union départementale mutualiste

 

1850 – Le 15 juillet, loi sur les sociétés de secours,  » reconnaissance d’utilité publique « .

 

1852 -régime d’autorisation en distinguant trois catégories. Les sociétés autorisées, les sociétés approuvées, les sociétés libres dépourvues de capacité juridique Fin 1852, on comptait moins de 2 500 sociétés de secours mutuel, pour à peine 250 000 membres

 

1870 – Près de 6 000 sociétés de secours mutuel couvrent en tout environ 800 000 sociétaires.

 

1883 – Le 1er congrès national des sociétés de secours mutuel à Lyon. 110 000 sociétaires y sont représentés par 251 sociétés.

 

1893 – Loi sur l’assistance médicale gratuite

 

1898 – loi du 1er avril 1898 octroyant à la mutualité un véritable statut

 

1901 – 15 000 sociétés de secours mutuel protègent 2,6 millions d’adhérents.

 

1914 – 4,5 millions de mutualistes

 

1928/1930 – Loi instituant les assurances sociales.

 

1939 – Le nombre de mutualistes dépasse les 8 millions.

 

1945 – L’ordonnance du 19 octobre  abrogation de la Charte de la mutualité de 1898

 

1947 – La loi du 27 février participation de la mutualité au fonctionnement de la Sécurité sociale

 

1955 – Publication du code de la mutualité.

 

1985 – La loi réduit les contrôles étatiques et élargit le champ d’action sociale des mutuelles et les autorise à pratiquer, comme les institutions de prévoyance et de retraites, des opérations de prévoyance collective (contrats de groupe).

 

1989 -loi du 31 décembre légalisation de la concurrence entre mutuelles, institutions de prévoyance et compagnies d’assurance en matière de prévoyance.

 

 

C’est l’histoire de notre pays et des luttes sociales qui défile dans ce bref résumé chronologique, mais c’est, nous disent nos 4 interlocuteurs, ce qui fait le ciment de cette union entre deux mutuelles financièrement saines, disposant de territoires différents et voulant surtout se concentrer sur leur cœur de métier.

 

Ces deux mutuelles sont de poids différents. GRM c’est 11 bureaux sur la Bourgogne, et Prévifrance c’est 35 sur le grand sud-ouest, GRM c’est 25 salariés et Prévifrance 400. A elles deux, elles représentent 300 000 adhérents. Il ne peut y avoir concurrence puisqu’elles sont géographiquement complémentaires, aucune n’empiète sur le territoire de l’autre. Mieux leur stratégie est un développement commun sur de nouveaux territoires pour gagner de nouveaux adhérents.

 

 

Ce qui rend aussi nécessaire cette fusion c’est à la fois le maintien de la qualité des prestations offertes mais le développement de nouveaux produits en s’appuyant sur une mutualisation des services administratifs et juridiques plus développés de Prévifrance.

 

Dans un monde de complexification juridique et règlementaire de plus en plus grande les sociétés mutuelles doivent offrir un maximum de proximité tout en répondant aux obligations légales accrues. Prévifrance offre dans la corbeille de mariage ce que l’on appelle le Back office. GRM, ou quel que soit son futur nom dans les mois à venir, pourra en bénéficier tout en renforçant ses domaines d’intervention et sa présence client.

 

Comme cette fusion se fera sur deux territoires distincts il n’y aura pas de compression de personnel, des réorientations et des accroissements de compétences sans aucun doute, mais pas de réduction des effectifs. Au contraire dans le domaine commercial les nouvelles offres (soit dans les nouveaux domaines, soit avec l’Accord National Interprofessionnel (ANI) de complémentaire santé collective obligatoire.) nécessiteront le renforcement, sans doute par mutualisation dans un premier temps, des effectifs.

 

Jean Pierre Emorine conclut, approuvé par les 3 autres, « notre avenir se construit aujourd’hui, c’est une belle aventure qui est commencée »

 

 

Il reste ensuite aux assemblées générales des deux mutuelles en juin 2016 à approuver les accords négociés, puis à l’autorité de contrôle de donner son feu vert avec publication en novembre ou décembre 2016. Le Président Daniel Carré a déjà été mandaté par son conseil d’administration.

 

C’est un nouvel acteur du monde mutualiste qui est en train de naître et qui aura son siège aussi à Montceau.

 

 

Ce matin les deux mutuelles rencontrent, à Montceau à l’hôtel KONINE, les instances patronales et syndicales, les élus pour présenter leur projet.

 

 

Gilles Desnoix et Annabelle Berthier

 

 

 

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