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mercredi 13 janvier 2016 à 06:43

Nostalgie : Roberty et son ensemble

Robert Potignon et ses compagnons plus de 30 ans de musique



 

Audiard a écrit « En France, on n’a que trois spécialités : la littérature, la fesse et la bouffe. », Robert Potignon en a servi toute sa vie une quatrième, la musique.

Audiard disait « Le piano c’est l’accordéon du riche. » Robert Potignon, lui, a joué des deux.

 

 

Dès ses 9 ans il raflait un premier prix d’accordéon à Paris, le 12 février 1953. Et des prix, des distinctions il y en a eu pléthore. En 1955, salle Gaveau, puis à l’école de musique de Paris : prix de piano et en 58 idem. De 61 à 64 il a collectionné les diplômes, maintenant roulés dans des tubes en carton, pour le déchiffrage instrumental, l’éducation musicale (il enseigna aussi, des témoignages d’anciens élèves ayant réussi sont parus dans la presse), l’harmonie, la musique de chambre, le basson et que sais-je encore.

 

 

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Mais le Robert il avait de qui tenir. Son père Victor, dit « Totor », était aussi un fameux musicien. Il avait eu deux orchestres : « Typic Musette Montcellien » et « Moderne dans Orchestra ». Bon sang ne saurait mentir.

 

 

Mais bizarrement, ce gars doué, pouvant jouer à plusieurs pupitres de l’orchestre, auteur, compositeur, interprète n’en a pas fait son métier. Sa passion oui, son hygiène de vie oui, l’expression de sa sensibilité oui, son métier non !

 

Ce musicien hors pair et passionné a d’abord commencé par un diplôme de monteur dépanneur radio électricien… c’est loin du cœur et des anches ça madame !

 

« Mais comme ça il savait réparer tout seul son synthétiseur s’il tombait en panne » dit Nicole sa veuve qui remue les albums photos avec émotion et se remémore ce bon vieux temps.

 

 

Il a travaillé 22 ans dans une entreprise de grossiste de crèmerie Montcellienne. Elle l’accompagnait dans certaines de ses tournées dans tout le département. Mais elle ne le suivra pas dans ses tournées musicales qui le conduisent au travers de la Bourgogne Franche comté (déjà ?). Souvent les vendredis, samedis, dimanches, voire même lundis. Les départements les plus visités ? Le Jura et l’allier, mais sinon de l’Yonne à la Nièvre, puis l’Allier (faut être fou), le Doubs (ça c’est dur). En fait Robert a passé sa vie sur la route soit comme vendeur livreur en crèmerie, soit comme chef d’orchestre.

 

 

Il a toujours été dans des ensembles, d’abord l’Harmonie des houillères (ça c’est la vraie noblesse ici), puis avec son papounet, ensuite avec Jean Monneret et son Synthèse Style Orchestra. Ils ont ensemble enregistré un disque qui swingue à fond la caisse. Et enfin il a créé Roberty et son ensemble qui a écumé notre future grande région de long en large et en travers.

 

Roberty et son ensemble, la promesse de passer du bon temps sur la piste de danse, de passer une excellente soirée, de faire des connaissances, c’était mieux que Meetic et compagnie à l’époque.

 

Roberty et son ensemble, des jeunes gars sympas… vous en connaissez sans doute certains dans le lot.

 

 

Chez les Potignon la musique est chevillée au corps. Le Totor, faisait un nombre incroyable de soirées de mariages, de bals, d’après-midi dansants, de regingots et autres. Il a clôt sa partition à 80 ans en 1986, dix ans avant son fils. Mais les petits enfants font tous de la musique, jouent tous d’un instrument, et ils sont bons… sauf Nicole la mère.

 

 

En parlant de partitions, Robert en a écrit un paquet, sous le nom de Potignon ou de Jean Lepuy. Quelques anciens doivent bien se rappeler être allé guincher et en avoir sué une petite sur une marche intitulée « Le Mineur » pour accordéon et violon. Qui se souvient d’avoir emballé (être sorti) sur « au crépuscule » un boléro pour accordéon, ou sur un autre pour saxo alto appelé « Ecoute-moi » tout comme une valse prénommée « Josette »

 

Pour accordéon et violon il y a l’excellent slow rock intitulé « la ballade » ou une valse « Diablerie ».

 

Tout ça était édité aux éditions musicales R. Potignon, 6, rue du centre à Montceau les mines.

 

 

Côté nostalgie doit y avoir comme de la relance sur la gelée de coing, comme dirait Audiard, pour tous les anciens et anciennes qui ont serré leur promise ou leur promis au son de l’accordéon Potignon et qui liraient cet article d’un doigt qui n’en croirait pas les yeux de ses oreilles.

 

 

Nous parlons là d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, Montceau en ce temps-là accrochait ses partitions jusque dans nos bals. La télé n’avait pas tué le temps libre des gens, les filles faisaient encore tapisserie, et les bagarres n’étaient pas rares le samedi soir.

 

 

Quand j’ai dit que Robert Potignon avait servi une quatrième particularité Française, le musette et ses enfants et petits-enfants, j’ai été un peu vite en besogne. Si la musique était sa passion elle devait composer avec un autre Violon d’Ingres dans lequel il excellait aussi et remportait moult prix : l’aviculture.

 

 

Tout ce qu’il faisait, sa famille, son boulot de crémier, la musique, l’aviculture, il le faisait avec la même soif d’absolu et il y excellait. Le fronton de son ancienne volière est entièrement recouvert des médailles gagnées, chez Nicole on trouve encore des trophées gagnés dans des concours ou des expositions. Il avait plusieurs cordes à son violon, et heureusement…

 

 

Sans doute plein de gens se souviennent de ce musicien, de son ensemble, des bals animés par sa famille. Montceau News qui a la passion de la passion des autres est prêt à recueillir tous leurs témoignages et documents photo. C’est une partie de l’histoire locale.

 

 

Aujourd’hui 6 janvier 2016 Pierre Boulez meurt, nous sommes tristes, mais cela ne peut occulter l’absence de tous ces ensembles populaires qui enchantaient nos parents, et donc de Roberty et son ensemble. Bien sûr rien n’est comparable dans ce domaine, ni à comparer, mais on doit aussi se souvenir de celui qui a écrit et joué « Josette » ou la « marche des mineurs »

 

 

Pour certains amoureux de la bécane, du carbu et du Kick, le « Totor » c’est aussi et peut être surtout un gars qui courait à moto, et avec qui ? Hein ? André Jarrot…

 

 

Bon vous vous rappellerez, Roberty et son ensemble…

 

Gilles Desnoix

 

 

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3 commentaires sur “Nostalgie : Roberty et son ensemble”

  1. martine neme dit :

    C était les belles années j ai reconnu René Neme au saxo sur la première photo couleur gros bisous à Nicole et ses enfants

  2. Daniel Z dit :

    Merci M.N. et M. Desnoix d’avoir fait revive « les » Poitignon., le temps d’un article,
    Que de souvenirs !

    Amitiés

  3. dolmen dit :

    Mer Potignon était en plus d »être un excellent musique, un homme d »une grande courtoisie.La Maison Moreau Musique l »a bien connu et apprécié.