Autres journaux :


vendredi 14 août 2015 à 06:32

« La ronde de nos villages »

Aujourd'hui : Perrecy-les-Forges



 

 

 

C’est Claudius Michel, le Maire de ce beau village, de ce bourg agréable qui nous a reçus dans sa Mairie pour nous parler de Perrecy-les-Forges. Nous sommes restés longtemps à l’écouter et il est vrai que la richesse du passé et même du présent de cette commune rurale est telle et tant notre hôte a été intarissable que nous savions en quittant les lieux qu’il nous serait difficile de faire de toute cette richesse un exposé synthétique.

 

 

 

 

Alors, comme nous l’annonçons dans chaque reportage de « la Ronde des Villages », nous allons essayer d’évoquer ce magnifique village et son histoire à travers des documents mis à notre disposition, de photos et aussi de reportages que nous avons déjà effectués sur place.

 

Généralités 

 

C’est au bord de l’Oudrache, petite rivière affluent de la Bourbince que se situe Perrecy-les-Forges, à peu près à égale distance de Paray-le-Monial, du Creusot et de Montceau-les-Mines. Sa population est de 1750 habitants nommés les Perrecycois sur une superficie de 33.82 Km².

 

 

La commune est membre de la Communauté Urbaine Creusot Montceau.

 

On peut venir à Perrecy par plusieurs routes, la RN70 et les RD 60, 119, et 985. Le Bourg se trouve sur la Route Buissonnière, route historique de Fontainebleau à Lyon, appelée aussi Route du Lapin.

 

Tout d’abord, pourquoi donc la commune de Perrecy-les-Forges s’appelle-t-elle ainsi ?

 

Et bien tout simplement parce qu’en 1634, les Moines du Prieuré, connaissant la présence de minerai de fer en ces lieux installèrent des forges à 2 feux et un fourneau. Ces Forges qui, après la fermeture du Prieuré en 1782 furent dirigées par divers propriétaires et exploitants, fonctionnaient encore au début du 19ème siècle et s’arrêtèrent en 1844. Il y a donc un peu lus de 170 ans que cessait, à Perrecy-les-Forges, cette activité qui a duré plus de 2 siècles. Il ne subsiste aujourd’hui, derrière la poste, Impasse de la Forge, qu’un seul bâtiment de ces forges, transformé en habitation. Avant la Révolution, la commune s’appelait Saint-Germain-en-Vallière. Elle fut rebaptisée Cercy-la-Dheune pendant la Révolution. Elle fut rebaptisée Perrecy en 1793, puis Perrecy-les-Forges en 1801.

 

Perrecy-les-Forges, riche de son passé a vraiment de quoi offrir à ses visiteurs, à tous les curieux et amoureux de la culture et de l’art, un panel exceptionnel de monuments sur lesquels nous reviendrons, mais dont le plus spectaculaire est l’Eglise Saint Benoit

 

L’Eglise Saint Benoit :

 

Riche de son passé, elle offre aux visiteurs de quoi aiguiser leur curiosité : ils seront attirés par cette masse importante et émerveillés par la richesse de son porche roman dont la savante architecture, l’équilibre robuste, le style des chapiteaux et des bases, l’élégance du décor, la rendent unique de son espèce (XI° et XII° siècles) en Bourgogne.

 

Cette église vient d’avoir sa nef et son bas-côté sud sauvegardés et restaurés.

 

Nous vous avons, sur ce site, fait suivre le déroulement de cette restauration (1ère tranche de travaux).le temps de la durée de ces travaux, nous vous invitons à vous reporter à ces articles et en particulier, à celui du 19 mars 2012 écrit sous le titre : « Eglise de Perrecy les Forges (Patrimoine), Un passé prestigieux, un avenir qui se profile bien pour les générations à venir ». Le 10 mai dernier, nous nous étions également fait l’écho de la parution d’une excellente brochure de Monsieur Jean Ducerf sur cette rénovation, il était écrit dans cet écho : « La brochure, abondamment illustrée, est un document incontournable pour l’amateur d’histoire locale, comme pour le spécialiste en architecture romane. On peut se la procurer au tabac-journaux de Perrecy ». Le Maire nous annonce que rendez vous est pris le 23 septembre prochain avec le Sous-Préfet et la DRAC pour envisager la prochaine tranche de rénovation de l’édifice.

 

 

Le Bosquet du Prieuré :

 

 

Près de ce Monument Historique, le visiteur peut se promener dans le « Bosquet », lieu magnifiquement herborisé et boisé, avec des bancs pour se reposer, des puits anciens, la vierge et l’enfant Jésus, tout un patrimoine près de l’Eglise protectrice. Ce bosquet a reçu le Prix Régional du Patrimoine par le Conseil Régional de Bourgogne (4000€). Ce prix a été attribué pour l’aménagement du parc qui met en valeur l’ensemble du site. Le visiteur admirera aussi le Prieuré, ancien dispensaire.

 

 

Les vestiges et curiosités, le tourisme :

 

 

Lorsque l’on traverse le Bourg en venant de Sanvignes et en allant vers Toulon ou Gueugnon, on voit sur la gauche, juste avant le croisement qui va au rond point, la « source chaude » dite « la Bachasse » qui coule de la fontaine et dont les habitants riverains se servent pour l’arrosage des jardins. Et puis, on longe ensuite la « chaussée de l’étang » qui se trouve sur notre droite, mais, pourquoi une Chaussée de l’étang ? et bien parce que les forges étaient alimentées par un étang, « le Grand Etang », de 93 hectares de surface pour une longueur de 3 km depuis la digue (la chaussée de l’étang) et d’une largeur de 250 à 400 m. Il ne survécut à la fermeture des forges que jusqu’en mai 1848, où il fut asséché pour récupérer les prairies et développer l’élevage bovin. Face à la digue, derrière la poste se trouve le dernier bâtiment encore existant des anciennes forges. En continuant, se trouve sur la droite la perception qui se trouve être à l’endroit de la « Maison du Bourg ». Au croisement des routes de Gueugnon et de Toulon on peut admirer la « borne romaine » encore très bien conservée qui se trouve bien sûr sur l’ancienne voie romaine.
Si l’on entre sur la place de la Mairie, on peut lire le départ des 2 chemins de grande randonnée, 2 parcours inscrits au plan départemental des randonnées, le 1er, longe l’Oudrache par le Gafranc, Champroux et le Patouillet (environ 7-8kms) et le 2ème va en direction de Gueugnon, suit la route de Charbonnat, puis par Nobit, il revient par la route de Toulon (13kms environ).

 

Le passé minier et industriel :

 

Sur le plan industriel, Perrecy les Forges, après les forges s’est reconverti dans l’exploitation des mines de charbon avec : le puits de Romagne, la concession minière a été instituée par le décret présidentiel du 10 mars 1880 et sa renonciation a été validée par l’arrêté préfectoral du 1er juin 2004. Ce puits de Romagne, situé à gauche avant le bois, sur la RD 60 en direction de Ciry-le-Noble, fut creusé à partir de 1876 par la Société Charbonnière du Centre qui devient en mars 1880 la Compagnie des Mines de Perrecy-les-Forges. En 1883, il est remplacé par un nouveau puits, le puits Bonnin-Bonnot situé sur la commune de Génelard, au lieu dit Bonnin-Bonnot (actuel accès à la RN 70). Et aussi, bien sûr, le puits de Rozelay, ce puits de mine de Rozelay, situé rue du puits à la cité de Rozelay, fut creusé à partir de 1939 par les Houillères du Bassin de Blanzy.Le chevalement (Ets Schneider) fut installé en 1942 et l’extraction commença le 16 novembre 1959. Sa mise en sommeil date du 1er juillet 1986. Son remblaiement et la démolition des chevalements eurent lieu en été 1991, après l’arrêt de l’extraction en septembre 1990. Actuellement ne subsistent que des bâtiments administratifs transformés en logements par des propriétaires privés.

 

N’oublions pas non plus l’importante activité de chaiserie qui occupaient, jadis, beaucoup de femmes de Perrecy au paillage des chaises.

 

 

Les célébrités :
Des personnages connus sont nés ou ont vécu à Perrecy-les-Forges, citons (et pardon à ceux que nous aurions pu oublier): Robert Delès (écrivain), Jean Paul Chevillard (biographe), Louis Mourier (dessinateur humoristique et satyrique),Dominique Lagru (peintre), Jean Louis Ducerf (que nous avons cité ci-dessus), Rosine Rotbard (peintre), Patrice Jacquet (Poète), Alexandre Sotty (chaudronnier d’art), Josiane Bost grande championne cycliste des années 70, (championne du monde de cyclisme sur route féminin en 1977).

 

L’activité commerciale, artisanale, sociale, scolaire et associative :

 

Aujourd’hui, le Bourg de Perrecy les Forges, comme toutes les bourgades rurales souffre un peu de l’exode mais maintient cependant une bonne activité commerciale, artisanale et agricole avec encore 17 exploitations agricoles, un grand garage automobile (Guinet), un supermarché Super U, 1 boulangerie, 2 restaurants (le Cheval Blanc et le Pêché Gourmand », un bar café, le Lonchamp, les usine Sarrazin, M2R, les transports génelardais et Lazer Energie, 1 Maçon 5M. Jacob), l’usine Weser (dalles de piscine, piliers et bordures de jardins à Rozelay).

 

 

En projet à court terme, la Maison médicale.

 

 

Le dynamisme communal se prouve aussi par les activités scolaires et périscolaires avec 41 enfants scolarisés en maternelle (toutes sections en 2 classes) et 86 en primaires à la rentrée 2014. Le restaurant scolaire fonctionne très bien et le Relais maternel la Coccinelle également. D’autre part, Perrecy-les-Forges compte une trentaine d’associations culturelles, sociales ou sportives qui animent la cité.

 

 

L’Histoire de l’Homme Mort

 

Pour conclure cette « Ronde des villages », nous n’avons pas résisté à vous conter l’histoire de « l’Homme Mort ». En effet, si vous passez à Perrecy, dans le « bois de l’homme mort », ne soyez pas surpris de découvrir, au hasard d’une allée, une tombe en assez bon état, avec un encadrement métallique c’est celle d’un colporteur qui y a été assassiné il y a un peu plus de 100 ans.

 

 

Voilà ce qui est relaté sur cette affaire non élucidée :

 

 

« On est au mois de novembre 1894, il est six heures du soir, comme on disait à l’époque : la nuit est tombée depuis 2 heures. Quatre hommes portant de volumineux bagages sur leur dos, ce qui les désignent a priori comme exerçant la profession de colporteur, se présentent à la ferme Dubreuil à Clessy où leur arrivée a été bruyamment annoncée par deux molosses, aboyant et tirant fort sur leur chaînes face à ces inconnus. Les colporteurs alors étaient souvent les bienvenus : les magasins étaient peu nombreux, à la campagne et ces « livreurs à domicile » vendaient maintes marchandises qu’on ne savait pas produire à la ferme : aiguilles, boutons, pièces de tissu, almanachs… La mère Dubreuil en profita pour faire quelques achats ; les colporteurs demandèrent l’hospitalité et proposèrent, à leur tour, d’acheter quelques volailles pour les jours suivants : œufs, fromages, lard, jambon. Mais, l’un d’eux en payant laissa échapper sa bourse, une poignée de pièces d’or s’étala sur la table. Cette maladresse ne laissa pas ceux qui étaient autour de la table indifférents ; les pièces, flamboyant étrangement à la lueur de la lampe à pétrole, allumèrent aussi les regards. Certains regards. L’homme, ayant remis son bien en bourse, partit avec ses trois compagnons dans le coin de l’étable que le maître des lieux leur avait affecté pour la nuit. Là, les quatre colporteurs « s’attablèrent », mangèrent et firent honneur à la dive bouteille.

 

 

Peut-être un peu trop, car s’engagea peu après une dispute.

 

 

Les hommes en vinrent probablement aux mains, car on entendit leur remue-ménage jusqu’à l’intérieur de la ferme, ce qui tint en alerte, un temps, le père Dubreuil et son « fusil de douze » qui était comme toujours suspendu entre le lit et l’armoire de la grande salle. La fatigue et le vin aidant, le silence finit par s’établir, et le lendemain matin, lorsque le fermier se leva, les quatre hommes étaient partis…Dans le courant de la journée, le garde forestier effectuait sa tournée dans la forêt voisine lorsque son chien, après être tombé en arrêt, se mit à aboyer. Le garde s’approcha : gisait à terre une forme noire ; il s’agissait d’un homme sans vie.

 

 

 

L’alerte fut donnée. Le premier constat établit que le cadavre était celui d’un des quatre colporteurs qui s’étaient arrêtés la veille chez les Dubreuil, et précisément de celui à la « bourse d’or ». on n’hésita pas longtemps non plus sur le mobile du crime : l’homme avait été dépossédé de son argent.L’affaire d’apparence toute simple, se compliqua quand on s’aperçut que l’assassiné n’avait rien sur lui qui permette de l’identifier, et personne ne l’avait jamais vu dans la contrée.

 

 

 

D’où cette inscription sur les registres de la mairie de Perrecy, où le décès a été enregistré : « l’an 1894, le 3 novembre à six heures du soir, par devant nous, DUCAROUGE Jean, maire, officier de l’état-civil de la commune de Perrecy-les-forges…, ont comparu DUBREUIL Jean, cultivateur de 36 ans, et DUBREUIL Jean-Louis, cultivateur de 32 ans, tous deux domiciliés à Rozelay de notre commune, lesquels nous ont déclaré qu’aujourd’hui à trois heures du soir, un individu de sexe masculin, paraissant âgé d’environ 50 ans, vêtu d’un veston, d’un gilet et d’un pantalon de drap fantaisie couleur noire, d’un gilet de coton marin, d’une chemise de couleur à carreaux, de deux flanelles, d’un chapeau de feutre noir, chaussé de brodequins et d’une aire de bas brun-marron, porteur de différents objets ne permettant pas d’établir son identité ni de la faire reconnaître, tous ses vêtements étant sans initiales, a été trouvé mort dans le bois dit ‘du Sellier Sud’ sur le territoire de notre commune.

 

 

 

Et après nous être personnellement assuré du décès et de l’exactitude des faits déclarés, nous avons dressé le présent procès-verbal que nous avons lu aux comparants et signé avec eux ».Cet acte de décès, si bien fait fut-il, ne résolvait pas le problème immédiat qui se posait à l’officier de l’Etat-civil : qui allait payer les frais de l’enterrement ?

 

 

Et d’abord où allait-on enterrer la malheureuse victime ?

 

On décida, sans doute par économie, de l’inhumer là où il était mort, mais, en même temps, on prit la décision que sa tombe devait être entretenue, régulièrement, par les propriétaires des bois où le crime avait été commis.Bien que datant de plus de cent ans, cette décision collégiale est toujours en vigueur. Le propriétaire actuel restaure régulièrement la tombe de l’inconnu et la fleurit ; tout est propre, tout semble en ordre. Cette tombe est située dans le bois appelé aujourd’hui « de l’homme mort », à quatre cents mètres du hameau des Raquins, le long d’une allée de la Dame et aboutit au chemin des Terres Blanches. Elle se situe à quelques deux kilomètres de la ferme de Clessy qui a eu, elle, moins de chance. Ayant été engloutie par les affaissements miniers, il n’en subsiste que quelques murs, ceux de l’écurie… où le colporteur anonyme avait passé sa dernière nuit… avec son ou ses assassins.

 

Voilà, Chers Lecteurs, nous espérons que cette « Ronde des Villages » faite à Perrecy les Forges vous incitera à y passer faire un tour…

 

Cà sent si bon la France !

 

Jean Michel Lendel

 

 

 

perrrecy 1408154

 

 

perrrecy 1408152

 

 

perrrecy 1408153

 

 


perrrecy 1408155

 

 

 

perrrecy 1408156

 

 

perrrecy 1408157

 

 

 

perrrecy 1408158

 

 

perrrecy 1408159

 

 

perrrecy 14081510

 

 

perrrecy 14081511

 

 

perrrecy 14081512

 

 

perrrecy 14081513

 

 

perrrecy 14081514

 

 

perrrecy 14081515

 

 

perrrecy 14081516

 

 

perrrecy 14081517

 

 

perrrecy 14081518

 

 

perrrecy 14081519

 

 

perrrecy 14081520

 

 

perrrecy 14081521

 

 

perrrecy 14081522

 

 

perrrecy 14081523

 

 

perrrecy 14081524

 

 

perrrecy 14081525

 

 

perrrecy 14081526

 

 

 

perrrecy 14081527

 

 

perrrecy 14081528

 

 

perrrecy 14081529

 

 

perrrecy 14081530

 

 

perrrecy 14081531

 

 

perrrecy 14081532

 

 

perrrecy 14081533

 

 

 

perrrecy 14081534

 

 

perrrecy 14081535

 

 

perrrecy 14081536

 

 

lendel 1408152

 

 

 

 



Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.


» Se connecter / S'enregistrer