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vendredi 22 mai 2015 à 06:10

Saint-Vallier

On honore deux héroïnes



 

 

On honore deux héroïnes

 

 

 

On dévoile des plaques de rues à Saint Vallier et on honore deux héroïnes de la résistance et de la solidarité.

 

« Le 21 mai est un jour exceptionnel pour Saint Vallier, pour nous tous, c’est une grande décision du Conseil municipal de baptiser ces deux rues des noms de deux femmes, deux héroïnes. Le 27 mai c’est l’hommage national, mais aujourd’hui c’est l’hommage local. Nous avons encore un temps d’avance, cette journée a été décidée depuis longtemps. » C’est ainsi que Monsieur le Maire de Saint Vallier commence son discours à l’ECLA.

 

 

 

Mais avant ça il y a eu la cérémonie sur place avec le dévoilement des plaques de rues permettant d’accéder à la Maison de santé récemment mise en fonction.

 

 

D’abord depuis l’Avenue Maurice Thorez le piéton, l’automobiliste, le pilote de deux roues emprunte dorénavant la rue Germaine Tillion, puis en tournant à gauche la rue Geneviève Anthonioz De Gaulle.

 

 

Bien sur pour l’instant le quartier est en ébullition à cause des travaux actifs de réalisation de la pharmacie, de l’office de l’opticien, du centre dentaire, de la résidence Seniors. Le baptême se passe au milieu des engins qui vont, qui viennent, des véhicules des patients de la maison de santé qui entrent et sortent des stationnements, des ouvriers qui portent, poussent, tirent des tas de gros tuyaux, de caisses diverses, d’outils encombrants.

 

 

 

Mais tout se passe bien dans la bonne humeur et une convivialité recueillie. Les discours vont avoir lieu à L’ECLA. Il y a du monde et du beau monde. L’adjoint Meunier excelle dans son rôle de maître de cérémonie, l’ensemble repose sur ses épaules. Mme Eda BERGER la collègue Conseillère départementale de M. Philibert est présente.

 

 

La CARMI assure son soutien, comme tout au cours des préparatifs, du partenariat en ce qui concerne l’exposition « des robes grises » à l’ECLA, et la création dans ce même lieu de l’Opérette « Le verfügbar aux Enfers » de Germaine Tillion. Son Président, ses directrices adjointes, des membres de l’équipe et du Conseil d’administration sont présents ainsi que la direction de l’EHPAD Germaine Tillon

 

 

 

Monsieur le Maire de Blanzy, Hervé Mazurek, apporte le soutien de sa commune à cette initiative honorant la mémoire de deux femmes emblématiques et héroïques.

 

 

 

A l’ECLA un accordéoniste du Théâtre du Passavent attend tout le monde en laissant virevolter ses doigts sur les claviers.

Le drapeau et son porte drapeau se mettent face à l’assemblée sur le côté des officiels. C’est l’adjoint Meunier qui ouvre le ban des discours.

 

 

 

« Nous venons de baptiser deux rues des noms de Germaine Tillon et de Geneviève Anthonioz De Gaulle. La ville de saint Vallier a entendu graver dans le marbre et pour la postérité l’engagement moral et civique de ces deux femmes afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli.

 

 

J’ai envie de citer le poème d’Aragon « la rose et le réséda » Celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas. La rose c’est le rouge, elle symbolise le communisme : celui qui ne croyait pas au ciel, le réséda c’est le blanc, la noblesse, celui qui croyait au ciel. Qu’importe.

 

 

 

Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fût de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

 

 

 

Il s’agit d’un appel à l’unité dans la Résistance, par-delà les clivages politiques et religieux. »

 

 

 

Il retrace la vie des deux femmes.

 

 

 

Germaine Tillion est née le 30 mai 1907 à Allègre (43) et décédée le 19 avril 2008 à Saint-Mandé (94) à presque 101 ans. Ethnologue, lauréate du prix Pulitzer en 1947, résistante pendant l’occupation 1940/1942 dans réseau du musée de l’homme. Elle est arrêtée, incarcéré d’août 1942 à octobre 1943, d’abord à la prison de la Santé, puis à Fresnes.

 

 

Le 21 octobre 1943 elle est déportée au camp de Ravensbrück. Le 24 avril 1945 elle est évacuée vers la suède. Pendant sa déportation elle a réussit à écrire, à faire fonctionner un système d’information, a rédiger un texte qui deviendra une opérette « Le verfügbar aux Enfers ».

 

 

 

Daniel Meunier précise « elle décrypte, décrit et informe sur le système concentrationnaire, démonte le système économique et le processus d’élimination systématique. D’ailleurs cet après midi, ici, va se donner l’opérette qu’elle a écrit en déportation. La nation va lui rendre hommage au Panthéon le 27 mai comme à Geneviève Anthonioz De Gaulle, Pierre Brossolette, Jean Zay. Leurs dépouilles y seront transférées ».

 

 

 

Geneviève de Gaulle-Anthonioz est née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle (30) et morte le 14 février 2002 à Paris à 81 ans. Résistante dans le Groupe du Musée de l’Homme et notamment au sein du réseau Défense de la France elle est trahie et arrêtée le 20 juillet 1943, puis emprisonnée à Fresnes et déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 2 février 1944.

 

 

Là elle rencontre et se lie d’amitié avec d’autres résistantes : Jacqueline Péry d’Alincourt, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay, Marie Claude Vaillant-couturier et Germaine Tillion.

 

 

 

« Elle manque d’être tuée du fait de son nom, puis mise à l’écart dans l’attente d’une possible négociation alors que les nazis perdent la guerre. En 1958, alors qu’elle travaille au cabinet d’André Malraux elle rencontre le Père Joseph Wresinski, alors aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand. Elle évolue dans sa pensée et son engagement se retrouve dans ATD quart monde.

 

 

Elle revoit les souffrances qu’elle-même et d’autres déportés ont vécues dans celles des familles qu’elle découvre. Elle devient donc présidente de la branche française de ce Mouvement de 1964 à 1998.

 

 

Pendant 10 ans elle lutte pour faire adopter une loi contre la grande pauvreté. Ce sera chose faite en 1998.

 

 

 

« Je rappellerai des pensées de Germaine Tillion et de Geneviève Anthonioz De Gaulle.
D’abord Germaine Tillion : « Les douleurs et les haines cesseront, ceux qui ne les oublient pas mourront aussi, et tout passe. Sauf quelques œuvres – terre commune et partagée, patrimoine sans frontières ».
Ensuite Geneviève Anthonioz De Gaulle. « Je ne suis pas une héroïne, mais je revendique le terme de résistante. Au fond, entre la Résistance et ATD, il y a un cheminement commun : le refus de l’inacceptable ».

 

 

Pour finir je citerai les Yeux d’Elsa : « Une bouche suffit au mois de Mai des mots

 

Pour toutes les chansons et pour tous les hélas

Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres

Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux »

 

 

Lorsque les applaudissements se sont calmés, Mme Eda BERGER prend la parole pour exalter le rôle de ces deux femmes « qu’il faut honorer parce qu’elles se sont dressées chacune à sa manière contre l’abandon et la barbarie. Ces deux femmes représentent l’engagement au cœur des deux versants de cette époque terrible, la barbarie et la libération. » Elle rappelle ce qui faisait les convictions parallèles de ces 2 femmes « Germaine Tillion luttait pour l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité entre les cultures, l’égalité entre les peuples. Elle a lutté aussi auprès du peuple Algérien pour atténuer leurs souffrances », « Geneviève Anthonioz De Gaulle luttait contre l’exclusion des oubliés. Le 23 décembre 1999 Geneviève Anthonioz De Gaulle à remis a Germaine TILLION la Grand-Croix de la Légion d’Honneur. »

 

 

 

Pour terminer, Mme la conseillère départementale, insiste sur le fait que « le souvenir de ces deux femmes honore notre commune ».

 

 

 

Le Président de la CARMI lui succède au micro. Il rappelle l’engagement de la CAisse Régionale de la Sécurité Sociale dans les Mines. L’exposition actuellement à l’ECLA sur Germaine Tillion et Jeannette L’Herminier, il l’a voulue, elle est chose faite et ira rejoindre l’Ehpad Germaine Tillion le 23 mai. Le baptême des rues, l’exposition, l’opéra cet après midi, la Carmi y est associée, partenaire. Il rappelle le combat des deux femmes et conclut par un appel au devoir de mémoire et à la vigilance « se souvenir c’est déjà combattre. »

 

 

 

Avant que le Théâtre du Passavent n’intervienne – de manière magistrale, terriblement émouvante et soutenue par un accordéon inspiré – par des récits entrecroisés des vies et des écrits des deux résistantes aujourd’hui honorées, Monsieur le Maire, Conseiller Départemental, termine la séquence des discours.

 

 

 

« Le 21 mai est un jour exceptionnel pour Saint Vallier, pour nous tous, c’est une grande décision du Conseil municipal de baptiser ces deux rues des noms de deux femmes, deux héroïnes. Le 27 mai c’est l’hommage national, mais aujourd’hui c’est l’hommage local. Nous avons encore un temps d’avance, cette journée a été décidée depuis longtemps.

 

 

Tant que nous aurons des hommes et des femmes de ce calibre nous pourrons regarder l’avenir avec confiance.

 

 

Quand on connaît l’horreur des camps et que l’on entend certains expliquer que cela n’a jamais existé cela fait froid dans le dos.

 

 

 

Le 21 mai est un moment exceptionnel, j’adresse tous mes remerciements à la CARMI pour leur très belle expo, au Théâtre du Passavent, à Daniel Meunier qui a tout organisé.

 

 

Beaucoup de rues à Saint Vallier portent des noms de résistants, peu de resistantes. Nous travaillons fort pour arriver à la parité.

 

Ces derniers temps nous venons de baptiser 3 rues de noms de femmes (Olympe de Gouges, Germaine Tillon, Geneviève Anthonioz de Gaulle, une 4ème est attendue.»

 

 

 

Après avoir conclu il invite l’assemblée au verre de l’amitié.

 

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

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