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mardi 20 septembre 2016 à 06:12

America Extrema (Saint-Vallier)

Un périple de 12000 km de forêt boréale à vélo, à pied et en kayak pour le Valloirien Florian Gomet



 

Si vous croisez un jeune homme marchant pieds nus, hiver comme été, vous êtes sûrs de ne pas vous tromper : C’est Florian Gomet ! Originaire de Saint-Vallier, il n’est pas un citoyen lambda, mais bel et bien un aventurier de haut-vol ! Que nos lecteurs en jugent…

 

 


Fils unique d’une famille unie de Saint-Vallier, le jeune Florian fréquente tout d’abord une école primaire de la commune, avant d’enchainer avec une scolarité au collège Copernic, puis au lycée Parriat, pour préparer le bac S option maths. Jusque là, rien d’extraordinaire, si ce n’est que le jeune homme a la tête dans les nuages, et souhaite devenir astronome.

 

 

Lucide (mais peut-être pas tant que cela finalement) il pense qu’il n’est pas « assez intelligent pour ce métier » mais il intègre toutefois le lycée du Parc à Lyon, « en Maths Sup-Maths-Spé ». Tout en pensant que, décidément, le métier d’astronome est réservé à « une élite intellectuelle » et qu’il ferait mieux de réviser ses prétentions à la baisse ! C’est curieux comme Florian se plait à se dévaloriser…La suite lui donnera complètement tort…

 

 

Et le voilà donc devenu professeur de mathématiques à Bourges, durant deux longues années. « Cela se passait tellement mal que j’en étais malade ! » livre Florian. Ajoutant que, pour compenser le stress, il se met alors à pratiquer le triathlon à haute dose. Finalement, l’Education Nationale ne lui convenant vraiment pas, comme beaucoup de ses collègues de France et de Navarre, il décide de partir dans le Larzac. Non pas pour y garder des moutons, mais pour y devenir…bûcheron. Il y restera deux ans.

 

 

Mais malgré son amour de ce dur métier, Florian n’a qu’une idée en tête : effectuer la traversée de l’Amérique du Nord, du point le plus à l’est du Canada, jusqu’au point le plus à l’ouest de l’Alaska. Soit 12000 km en solitaire à vélo, à pied et en kayak… Excusez du peu…

 

 

Le projet germe durant cinq ans, pendant lesquels le jeune homme arpente l’Europe, quand il ne travaille pas comme bûcheron. Il est vrai qu’on ne prépare pas une telle expédition du jour au lendemain. Florian est une personne réfléchie, qui ne laisse rien au hasard. Il dévore les livres d’aventures, notamment ceux de Mike Horn, pour y puiser des conseils concernant les aspects financiers, administratifs et humains de l’expédition. Par ailleurs, durant ses congés, Il voyage beaucoup en Italie, Roumanie, Norvège, Suisse etc.

 

 

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L’homme espère qu’en 2015, son projet « America Extrema » sera en marche. Florian sait qu’il devra rallier de nombreux villages amérindiens, souvent inaccessibles, sauf par hydravion !

 

 

Entretemps, il s’impose un nouveau mode de vie : comme Cesaria Evora, la célèbre chanteuse capverdienne (disparue en 2011) l’aventurier marche désormais pieds-nus. Il ne mange plus qu’une fois par jour (des graines, des céréales et des noix) et pratique la méditation bouddhiste.

 

 

Et le résultat ne se fait pas attendre : il constate un meilleur rendement énergétique et moins de fatigue. Sur le plan pratique, cela lui allège son sac (ben oui, les graines, c’est léger, hein !) et lui fait gagner du temps. Que des avantages ! Et pour compléter le tout, il n’a pas de poste de télévision, ni de téléphone…mais il possède une balise de détresse.

 

 

Mais en attendant de partir, il va falloir travailler dur… Et ce, parce que ses économies s’épuisent et qu’il est contraint reprendre ses activités professionnelles de bûcheron, sylviculture et d’entretien de jardin, en qualité de travailleur forestier indépendant.

 

 

Et le grand jour arriva enfin ! Le 27 avril 2015, Florian part du Cap Saint-Charles sur la côte atlantique, avec pour tout bagage un…vélo ! Durant un mois, il l’enfourchera durant 5 000 km à travers le Labrador, le Québec et l’Ontario. « Puis, je donne mon vélo à une famille qui m’a accueilli et je récupère un kayak gonflable que je fais venir par la Poste. Puis, je repars durant 3 500 km à pied et en kayak, à travers la forêt boréale » se souvient Florian avec émotion.

 

 

Fin septembre, nous retrouvons le Valloirien à Norman Wells, une petite ville des Territoires du Nord-Ouest, au Canada où on extrait le pétrole. Le jeune homme avoue que ce fut la partie la plus difficile de son périple : à pied dans les Rocheuses, avec un hiver précoce. Il décide donc d’y rester et de travailler. A ce stade, Florian a 15 000 euros d’économies et en gagnera 10 000 de plus sur place, en faisant des jobs de bûcheronnage, en déblayant les perrons enneigés, en étant docker ou encore en ramassant les cannettes en aluminium usagées).

 

 

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Prudent, Florian pense repartir en juin, malgré les mises en garde des habitués du pays, qui lui disent qu’il n’est pas possible de traverser les Rocheuses en hiver. Il s’agit de voyager en luge et de traverser les rivières glacées, mais début mars, Florian a la bougeotte et décide de se lancer, avant la fonte des neiges. Ce qu’aucun homme n’a fait auparavant, du moins à cette période, jugée très dangereuse. « En effet, les Rocheuses ont été traversées par une poignée d’hommes, dont Nicolas Vanier, qui parcourt les régions du grand nord depuis 30 ans » livre Florian.

 

 

Ce dernier voyage maintenant à travers le Yukon et l’Alaska. Toujours en se déplaçant en kayak et en marchant. Il arrive enfin au point le plus à l’est de l’Amérique du nord, c’est-à-dire au cap Prince-de-Galles. Il sera le premier homme à arriver en suivant l’axe médian autour du 60e parallèle. De quoi être fier et ne pas regretter l’astronomie !

 

 

Et lorsqu’on demande à Florian s’il a eu quelquefois des frayeurs tout au long de son aventure, la réponse est claire : oui, il a eu peur de chavirer sur les rivières glacées, de perdre son matériel, de se faire percuter par les camions fous au Canada et aussi, de tomber nez-à-nez avec un ours ! Et puis, il était très seul, ne rencontrant que rarement du monde, puisque les endroits où il se rendait étaient tellement sauvages qu’on ne pouvait y accéder que par avion. Comme précisé plus haut. Il lui arrivait aussi de jeûner quelques jours, en attendant de s’approvisionner en oléagineux entre deux villages.

 

 

Au terme de 15 mois de voyage en solitaire, Florian est enfin rentré au pays, en juillet dernier. Heureux de retrouver les siens (avec qui il communiquait un peu par Skype) mais psychologiquement épuisé. « Impossible pour moi de relâcher la concentration puisque je devais sans cesse guetter si les animaux sauvages n’étaient pas dans les parages et surveiller aussi la météo… ». Bref, une vigilance de tous les instants, épuisante.

 

 

Le prochain voyage de Florian Gomet s’effectuera au Tibet. Cette fois, il partira de chez lui sans rien : sans chaussures, sac à dos, argent ni papier, pour rejoindre le Tibet en passant par l’Europe de l’Est, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Inde puis la Chine.

 

 

Et comme il lui sera indispensable de bénéficier de l’hospitalité, presque quotidiennement, tout le long de son parcours, il recherchera, avant le départ, des mécènes et commanditaires, pour apporter une aide financière à une association, ou ONG à but humanitaire de chaque pays traversé, en guise de remerciement. « Une fois au Tibet, j’envisage de rester seul dans une grotte pendant un an pour méditer » dit-il. Tout un programme…

 

 

En attendant, le jeune homme a ouvert à nouveau son entreprise de travaux (taille de haies, coupe d’arbres etc) .

 

Si vous avez besoin de ses services, Florian est joignable au 06 02 03 47 69 ou à l’adresse suivante : 7florian1@gmail.com

 

Et puis, le Valloirien est à l’écriture d’un livre et à la réalisation d’un film sur son expédition. Il espère présenter son récit de voyage aux « Ecrans de l’Aventure » de Dijon.

 

Enfin, voici un lien qui permettra à nos lecteurs de voyager à moindres frais : www.cap-au-nord.com

 

 

N.D

 

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Une traversée de l’Amérique du nord, de son extrémité orientale dans le Labrador au Canada jusqu’à son extrémité occidentale, le détroit de Béring en Alaska.

 

 

 

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Un commentaire sur “America Extrema (Saint-Vallier)”

  1. Inuk dit :

    Toutes nos félicitations pour ce merveilleux périple , merci de nous faire voyager à travers tes photos et livre
    Bravo