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lundi 21 mars 2016 Ă  06:06

Loi El Khomri (Politique)

NPA 71 : "le refus d'ĂŞtre de la chair Ă  patrons"



« Ca fait neuf mois qu’ils sont sur le coup. Une attaque violente, sans prĂ©cĂ©dent, contre un siècle de code du travail. Au lieu d’adapter les entreprises aux humains, ils veulent adapter les humains aux besoins des patrons. Le patron du MEDEF l’avait braillĂ© sans relâche : « le code du travail est l’ennemi n°1 des patrons ».

 

Mais devant plus d’un million de signatures enregistrĂ©es dans la pĂ©tition « loi travail : non merci ! »,  les marionnettes de Gattaz le ventriloque (Valls, Macron, El Khomri) ont reportĂ© de 15 jours la prĂ©sentation de la loi, reçu les jeunes, reçu les syndicats, proposĂ© d’amender, de corriger, puis expliquĂ© que le texte Ă©tait « nouveau »… mais en fait ils ont organisĂ© une mise en scène avec le mauvais acteur Laurent Berger de la CFDT, qui a eu le culot de dire que le texte Ă©tait « potentiellement porteur de progrès (sic) » alors que c’était du pipeau ! Ils ont reculĂ© sur un seul point. Ils ont renoncĂ© Ă  faire travailler les apprentis 40 h par semaine et 10 h par jour ! Les autres annonces, c’est du flan !

 

C’est tellement un enfumage que Gattaz, selon le Canard Enchainé,  demande discrètement à ses fédérations Medef, par circulaire, de ne pas prendre trop au sérieux les signes d’opposition qu’il a été obligé de manifester pour jouer le jeu du patron des patrons effarouché. Ils n’ont rien changé d’autre sur le fond et ils recommencent à essayer de bourrer les crânes,  afin de contrarier les prochaines manifestations des jeunes et des salariés.

 

En fait les licenciements sont toujours aussi grossièrement facilitĂ©s : Ă  quoi servira un juge sans moyens, qui devra prouver que l’employeur a fraudĂ© et arnaquĂ© ses salariĂ©s, une fois… que ceux-ci auront Ă©tĂ© licenciĂ©s et alors que la loi Macron prĂ©voit que mĂŞme si les salariĂ©s licenciĂ©s obtiennent gain de cause, ils ne seront ni indemnisĂ©s, ni rĂ© intĂ©grĂ©s ? 

 

 La garantie « jeune » c’est du vent : dĂ©jĂ  versĂ©e comme une aumĂ´ne Ă  50 000 jeunes, limitĂ©e Ă  460 euros/mois et pendant un an, elle serait Ă©tendue d’ici 2017… . Mais c’était dĂ©jĂ  prĂ©vu depuis de nombreuses semaines.  C’est un pitoyable effet d’annonce. En plus, quel crĂ©dit peut-on accorder Ă  cette mesure, il n’y a mĂŞme pas de collectif budgĂ©taire pour la financer d’ici 2017 ?…

 

DĂ©sormais les nĂ©gociations se feront en tĂŞte Ă  tĂŞte avec le patron avec tous les chantages que cela sous-entend. En inscrivant cette logique de dialogue social « de proximitĂ© » dans le code du travail, c’est une machine Ă  remonter dans le temps qui sera institutionnaliser pour mieux instrumentaliser le dumping social. A ce rythme lĂ  tous les verrous garantissant les dernières sĂ©curitĂ©s pour les travailleurs auront sautĂ©. Nous n’aurons plus rien Ă  dĂ©fendre. 

 

Valls annonce que le texte va rĂ©duire la prĂ©caritĂ©, c’est un Ă©norme mensonge, une escroquerie intellectuelle. Il prend les français et notamment les salariĂ©s pour des  »Â jambons ». Il nous assure vouloir inciter la multiplication des CDI alors qu’il offre les pleins pouvoirs aux employeurs pour  mieux licencier. « Travailler plus, plus mal pour gagner moins », telle est la norme de cette loi infâme qui produira davantage de chĂ´mage et de prĂ©caritĂ©;  des salaires toujours plus bas et moins de dignitĂ© pour des millions de salariĂ©s. C’est la pire attaque contre un siècle de nos droits. Elle brisera la vie de millions de travailleuses et de travailleurs.

 

Au lendemain du mouvement Ă©tudiant de 1986 contre la loi Devaquet, Pierre Bourdieu, Ă©minent observateur de cette sociĂ©tĂ© de fin de 20è siècle, Ă©crivait un texte qui prend encore aujourd’hui tout son sens : « Le refus d’ĂŞtre de la chair Ă  patrons ». Il y Ă©voque le profond malaise de la jeunesse française. Une jeunesse tourmentĂ©e et agressĂ©e par une sociĂ©tĂ© qui lui laisse de moins en moins de place, de moins en moins de dĂ©bouchĂ©s. Une sociĂ©tĂ© qui chasse les rĂŞves.

 

Cette agression contre les jeunes, contre les travailleurs sacrifiĂ©s, n’a cessĂ© de s’ampifier depuis lors. Aussi, cette dernière attaque majeure contre le monde du travail impose une riposte Ă  la hauteur de l’enjeu :  une grève gĂ©nĂ©rale, une mobilisation de millions de salariĂ©s et de jeunes. Ce modèle qu’ils nous infligent, nous ne pouvons le laisser en hĂ©ritage aux gĂ©nĂ©rations futures. Nous devons les faire reculer. Nous n’avons plus le choix. »

 

 

Jean-Guy Trintignac  NPA 71

 

 

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4 commentaires sur “Loi El Khomri (Politique)”

  1. montcellienbis dit :

    les membres du parti du facteur se reveillent !!!!