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lundi 19 mars 2018 Ă  03:05

« Liquider les services publics pour distribuer des cadeaux aux plus riches » (Politique)

Affirme Jean-Guy Trintignac...



On nous prie d’insĂ©rer :

 

 

 

Derrière son profil de premier de la classe et de gendre idĂ©al, Emmanuel Macron est en rĂ©alitĂ© un redoutable mystificateur qui s’emploie Ă  exciter des oppositions, des antagonismes pour mieux servir sa cause, ses convictions, tournĂ©es vers les plus riches, les « premiers de cordĂ©e »…. Avec le concours de ses fidèles serviteurs, il a habilement et instantanĂ©ment allumĂ© les hostilitĂ©s entre les actifs et les retraitĂ©s, entre les fonctionnaires et les salariĂ©s du privĂ©, entre les actifs et les chĂ´meurs, entre « les jeunes » et « les vieux ».

 

 

Pour autant, si l’on peut s’Ă©mouvoir sur la forme, on ne peut ĂŞtre surpris sur le fond de ses dĂ©cisions politiques, tant elles Ă©taient prĂ©visibles Ă  la lecture de son programme dĂ©veloppĂ© durant la campagne des prĂ©sidentielles.Cette perfide stratĂ©gie qui consiste Ă  dresser des contre-feux afin d’Ă©touffer et d’Ă©teindre les risques d’une explosion sociale fait son oeuvre et s’emploie Ă  dĂ©tourner les citoyens, mĂŞmes les plus dĂ©favorisĂ©s, des enjeux cruciaux qui sont en train de se jouer dans cette sĂ©quence politique. Depuis très longtemps les inĂ©galitĂ©s entre les plus dĂ©munis et les nantis de ce pays n’avaient Ă©tĂ© aussi indĂ©centes. Pourtant on ose nous faire croire qui si la France est encore trop endettĂ©e c’est bien Ă  cause des fonctionnaires et des services publics qui coĂ»tent beaucoup trop cher « par rapport aux services rendus », c’est Ă  cause des chĂ´meurs qui fraudent, aux retraitĂ©s qui se « la coulent douce » et qui gagnent plus que la majoritĂ© des actifs, sans oublier les migrants dont l’accueil grève lourdement les caisses de l’Etat….

 

 

Mais la vĂ©ritĂ©, la « seule vĂ©ritĂ© », celle qu’Emmanuelle Macron et sa majoritĂ© veulent Ă  tout prix dissimuler et travestir c’est que cette « liquidation » des services publics, ces sacrifices imposĂ©s aux salariĂ©s, aux fonctionnaires, aux retraitĂ©s, aux chĂ´meurs, aux Ă©tudiants, c’est tout simplement pour distribuer des cadeaux aux plus riches (hausse de la CSG, gel des salaires des fonctionnaires, rĂ©duction de l’assurance chĂ´mage, diminution des APL pour les Ă©tudiants d’un cĂ´tĂ©, suppression de l’ISF, baisse des taxes sur les revenus du capital, baisse des impĂ´ts sur les sociĂ©tĂ©s de l’autre cĂ´tĂ© de l’Ă©chelle sociale).

 

 

Avant de s’attaquer frontalement Ă  la retraite par rĂ©partition, notre prĂ©sident veut anĂ©antir dĂ©finitivement toute vellĂ©itĂ© contestatrice qui pourrait contrarier son destin de « grand rĂ©formateur ». En effet, il subsiste ici ou lĂ  quelques noyaux durs qui pourraient contrecarrer son exceptionnel dessein, dans certains services publics et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  la SNCF.

 

 

Forts de l’expĂ©rience que nous avons traversĂ©e Ă  la fin des annĂ©es 1990, avec France-TĂ©lĂ©com, EDF, GDF, Air France, sous le gouvernement Jospin et de ce qui est advenu de ces grandes entreprises publiques, nous ne pouvons qu’ĂŞtre très inquiets de ce qui se profile pour la SNCF. Mais après les chemins de fer, ce sera au tour des derniers grands services publics de la santĂ©, de l’Ă©ducation et de la formation, de l’accueil des personnes âgĂ©es qui, fragilisĂ©s par de nouvelles restrictions budgĂ©taires (suppression de postes, augmentation de la prĂ©caritĂ© des personnels, conditions de travail insoutenables, saturation des capacitĂ©s d’accueil) devront abandonner ainsi des territoires, des missions, au profit de groupes privĂ©s installĂ©s avec la complicitĂ© des « serviteurs de l’Etat »….

 

 

Dans cette logique de démantèlement des services publics, du bien commun auxquels sont majoritairement attachés les français, il est radicalement absurde d’évoquer des critères de gestion, de rentabilité. Le principe même du service public est de balayer cet argument, pour que tous les citoyens soient égaux. Le service public, c’est la continuité de la République ; c’est l’assurance qu’une région enclavée ou déshéritée le sera… le moins possible, à cause de la continuité des services publics, et de l’égalité qu’elle a la charge d’assurer.

 

 

Or nous assistons, depuis 25 ans, à la remise en cause progressive de ce principe majeur qui est au cœur du pacte républicain et du pacte social qu’il était supposé maintenir. Tous les gouvernements s’y sont mis, les gouvernements socialistes comme les gouvernements de droite. Tous ont apporté leur pierre à cette entreprise méthodique de démolition.

 

 

Ainsi, en 2018, après le tĂ©lĂ©phone, l’électricitĂ©, le gaz, l’eau, les transports aĂ©riens, il faudrait aussi s’en prendre au service public des transports ferroviaires ? Et le gouvernement voudrait le faire Ă  la hussarde, par le biais antidĂ©mocratique des ordonnances ? Il y a en fait quelque chose de dĂ©sespĂ©rant dans cette nouvelle esquive de la puissance publique, qui ne veut surtout pas qu’un grand dĂ©bat public prospère autour de l’avenir de la SNCF. DĂ©sespĂ©rant, parce que c’est l’un des derniers grands services publics qui subsiste – mĂŞme s’il a dĂ©jĂ  subi d’innombrables mauvais coups – et que son rĂ´le est majeur en matière d’amĂ©nagement des territoires, de dĂ©senclavement, d’égalitĂ© des citoyens. Par ailleurs, ce projet contredit tous les engagements signĂ©s par la France dans le cadre de la lutte contre le rĂ©chauffement climatique puisqu’il favorisera inĂ©luctablement le transport par la route des marchandises et des voyageurs, suite Ă  la fermeture des lignes non rentables.

 

 

Or c’est ce projet, né dans les soubresauts du Front populaire, qui est en train de sombrer. Car même si, avec beaucoup d’aplomb, le gouvernement aussi bien que le président de la SNCF assurent que la privatisation de la société n’est pas en gestation, tout le monde sait pertinemment que c’est pourtant ce qui est, à plus ou moins long terme… sur les rails. Et paradoxe de l’Histoire, c’est un ancien associé gérant de la banque Rothschild qui est à la manœuvre.

Ce débat sur les “biens communs” est donc beaucoup plus large et plus ambitieux encore que celui sur les seuls services publics. Mais il souligne par ricochet le caractère rétrograde et dangereux de la réforme autoritaire de la SNCF qui se profile : à l’opposé du monde nouveau et plus généreux qu’il faudrait faire émerger, c’est le vieux monde, celui de la finance, dont Emmanuel Macron est le porte-étendard, qui cherche à s’approprier l’un des derniers grands services publics français.

Aussi, comme l’a justement rappelĂ© Olivier Besancenot Ă  l’occasion d’une intervention tĂ©lĂ©visĂ©e, nous ne pouvons pas nous cacher derrière notre petit doigt : »On est tous les cheminots de quelqu’un d’autre Ă  ce jeu lĂ . Si en tant que travailleur, salariĂ©, chĂ´meur ou retraitĂ©, tu commences Ă  penser qu’un autre travailleur, simplement parce qu’il a un acquis social que tu n’as pas, tu penses que c’est un privilĂ©giĂ©, alors n’oublie jamais qu’en retour, tu vas avoir le mĂŞme discours qui va te concerner dans pas longtemps ». « Qu’on gagne ou pas cette bataille, elle mĂ©rite d’ĂŞtre menĂ©e », a-t-il conclu.

Les Français qui ne désirent pas voir leur système social détruit, les derniers services publics déserter les campagnes, la qualité des services du rail se dégrader, les prix des billets augmenter et leurs impôts servir à subventionner directement les dividendes des futurs opérateurs privés doivent faire bloc avec les cheminots.

 

 

Il se joue bien plus que la suppression d’un acquis social repeint en « privilège » par des journalistes Ă  la solde du macronisme qui soit dit en passant bĂ©nĂ©ficient d’un tout autre privilège (l’abattement fiscal). C’est ce qu’il reste du modèle social hĂ©ritĂ© de la libĂ©ration qui se trouve dans le collimateur.

 

Alors, ne restons pas les bras croisĂ©s et dĂ©s le 22 mars nous devons nous mobiliser ensemble, pour nos aĂ®nĂ©s, pour nos enfants, pour nous, pour dĂ©fendre les services publics garants de l ‘Ă©galitĂ© entre les citoyens. L’ argent public il est Ă  nous. C’est Ă  nous de dĂ©cider oĂą il doit aller. Surtout pas dans les poches des patrons et des plus riches. »

 

Jean-Guy Trintignac

 

NPA 71

 

 

 

new NPA 28 07 16

 

 

 

 




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9 commentaires sur “« Liquider les services publics pour distribuer des cadeaux aux plus riches » (Politique)”

  1. Kikidilui dit :

    Vos services publiques nous bouffent de l’argent…dĂ©ficit permanent dans les hopitaux…la SNCF..46 milliards…etc…il est temps de privatiser tout çà pour redresser la barre…

  2. merzet14 dit :

    « vos » services publics sont aussi les vĂ´tres (Ă  quelques exceptions)
    petit, très petit est votre raisonnement !!!

  3. chimel dit :

    bjr ,

    quelle modernitĂ©!!!! j’avais 12 ans en 1945 et je ne perdais pas un mot de la conversation Ă©changĂ©e dans la cuisine de mes parents entre mon pĂ©re et ce grand et talentueux bonhomme qu’Ă©tait Waldeck Rochet .et je viens de lire un manifeste qui est un rigoureux copiĂ©-collĂ© de cet Ă©change .

    vous avez dit « archaique et hors du reel » ?

    je vous souhaite une bonne semaine .

  4. GG dit :

    Pour rĂ©pondre Ă  Kikidilui, les hĂ´pitaux ne sont pas lĂ  pour faire des bĂ©nĂ©fices et si ils sont dĂ©ficitaires ce n’est certainement pas Ă  cause de trop de personnels. Privatiser tous les services publics serait extraordinaire, libĂ©raliser tout Ă  outrance c’est gĂ©nial cliniques privĂ©es Ă  la place des hĂ´pitaux, les patients payent beaucoup moins cher…il n’y a pas de dĂ©passement d’honoraires.Privatiser la SNCF, on est sĂ»r que les lignes seront très bien entretenues, on voit ce que cela a donnĂ©
    à France Télécom les lignes actuelles sont très bien entrenues.
    Mais c’est vrai il faut redresser la barre, supprimer l’impĂ´t sur la fortune et pomper les retraites voilĂ  la solution…

  5. lebonsens dit :

    Bonjour,

    J’espère que si (par hasard) vous Ă©tiez malade, vous Ă©viterez d’aller dans un hĂ´pital public !

    Pour la SĂ©cu, pareil, Ă©vitez de vous faire rembourser…..

    Pour vous, un cadeau d’EINSTEIN Ă  mĂ©diter gratuitement :

    Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bĂŞtise humaine…

    Cordialement.

    • ruddy dit :

      Bonsoir,
      Que d’hypocrisie…et de vergogne !
      C’est bien de vous battre pour un hĂ´pital local oĂą personne ne veut aller se faire soigner. Car un peu de franchise combien d’entre vous en cas de besoin souhaiteraient plutĂ´t aller Ă  Paray ou au Creusot voir Chalon plutĂ´t qu dns cet hĂ´pital Ă  Montceau les Mines qui n’est plus capable depuis bien longtemps de garantir des soins de qualitĂ©.
      Certes santĂ© ne doit pas s’accorder avec rentabilitĂ©. Mais tout de mĂŞme ! Va t’on un jour demander des explications Ă  ceux qui ont eu en charge la gestion de cet Ă©tablissement. Pourquoi on en est arrivĂ©s lĂ  ? Remise en cause des service publics ! RĂ©flĂ©chissez au lieu de dĂ©fendre l’indĂ©fendable. A moins que vous oyez vous mĂŞme concernĂ©s. Trouver normal qu’un conducteur de train gagne (dĂ©claration personnelle journal tĂ©lĂ©visĂ©) 3000 euros nets mensuel et puisse partir Ă  la retraite Ă  52 ans alors que la moyenne ne gagne mĂŞme pas la moitiĂ© et part en retraite Ă  65 ans ! Il y avait moins de monde pour les soutenir ceux ci. Aujourd’hui des syndicats en mal d’adhĂ©rants donc de subventions (avec vos impĂ´ts) qui tentent par tous les moyens de racoler avant que le gouvernement ne se matte sur leur peau tel que c’est prĂ©vu Ă  la fin du mois. Que vous ĂŞtes crĂ©dules. Ils ont encore de beaux jours devant ceux qui vous manipulent.
      RĂ©flexion a-ploitique. Pas besoin de se donner des pseudos moralisateurs ou autres genres pour avoir du « bon sens ».

      • lebonsens dit :

        Bonjour,

        « Que vous ĂŞtes crĂ©dules. Ils ont encore de beaux jours devant ceux qui vous manipulent »

        Vous en ĂŞtes l’exemple parfait !

        Cordialement

        • ruddy dit :

          Décidement Monsieur se disant le bon sens vous devriez réellement changer de pseudo car au regard de votre médiocre réponse vous en manquez beaucoup.
          S’appuyer sur des citations de grands hommes ne fait pas de soi mĂŞme un grand homme. Descendez de votre piĂ©destal.

          • lebonsens dit :

            Bonjour,

            ça, comme rĂ©ponse, c’est vraiment mĂ©diocre.

            Quant au piĂ©destal, je crois que pour vous qui voulez y accĂ©der, il vous faudra faire un grand bond dans « l’excellence » !

            Bonne journée.

            Cordialement