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" Au-delà du signe détestable
que donne à l’ensemble du monde la visite du président de la République
française en Chine, ce déplacement est à mes yeux le symbole de ce que ne
doit plus être le régime de la Ve République.
Nos institutions ont été
élaborées à la sortie d’une période dramatique de notre histoire, par des
hommes qui avaient vécu des années terribles, mais qui avaient résisté à
l’oppresseur. C’étaient des hommes qui s’étaient forgé, à travers ces
épreuves, une immense valeur morale et cette constitution de 1958
représentait pour eux un cadre dans lequel ils savaient jusqu’où ne pas
aller trop loin.
Ce n’est plus le cas
aujourd’hui. Parce que la situation et les mentalités, cinquante ans plus
tard, ne sont bien évidemment plus les mêmes. Et cette constitution permet
des actes qui ne grandissent pas notre pays. On se souvient des promesses de
Nicolas Sarkozy de mettre tout en œuvre pour provoquer une rencontre entre
les autorités chinoises et le dalaï-lama. On se souvient aussi de ses autres
promesses, nous assurant qu’il n’allait pas agir « comme les autres ». Qu’en
est-il aujourd’hui ? Il a oublié les droits de l’homme pour privilégier les
intérêts économiques. Le président de la République a en effet décidé
d’adopter une espèce de real politique visant à conforter le pouvoir Chinois
à venir acheter en France. Dans l’intérêt de qui ? Sûrement pas de ceux qui
travaillent plus pour gagner moins, des Français qui, on le voit bien, ont
davantage de mal à boucler les fins de mois.
Il est donc temps d’arrêter de
proposer des réformettes constitutionnelles qui ne font que renforcer le
pouvoir personnel du président de la République et il est urgent de
s’engager dans une véritable réforme de nos institutions adaptée au XXIe
siècle ".
Philippe BAUMEL
Président de l’UDESR
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