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vendredi 18 mars 2016 à 06:12

Fiche santé : Mars Bleu, le mois du cancer colorectal

Aujourd'hui pour notre nouvelle fiche santé, nous allons traiter de Mars Bleu !




Mais au fait, de quoi s’agit-il ? Et pourquoi un mois entier dédié à la prévention du cancer colorectal ?

 

 

Mars Bleu

 

 

Le cancer colorectal représente, par sa fréquence, le troisième cancer chez l’homme et le deuxième chez la femme. Dans le cadre de « Mars Bleu », mois de promotion du dépistage contre le cancer colorectal, la Ligue contre le cancer s’engage et organise des actions de prévention, de sensibilisation, d’information partout en France et fait le point sur les avancées de la recherche qu’elle soutient.

 

 

Parce que 9 cancers colorectaux sur 10 détectés précocement peuvent être guéris, la Ligue souhaite changer l’image du dépistage de ce cancer. C’est aujourd’hui un cancer « évitable » car la coloscopie peut permettre l’éradication des polypes et lésions précancéreuses. La Ligue souhaite « créer un électrochoc dans l’opinion pour lever les doutes, les craintes, les préjugés et favoriser une meilleure connaissance des facteurs de risque et une meilleure adhésion au dépistage. ». Par ailleurs, depuis l’an dernier, le test de dépistage s’est simplifié et pour de meilleurs résultats. Nous y reviendrons.

 

 

 

« Mars Bleu » est en effet LE mois de promotion du dépistage organisé du cancer colorectal. Partenaire de l’Institut national du cancer, la Ligue relaye cette opération durant tout le mois de mars au travers des actions menées par ses comités départementaux.

 

 

Mais quand on parle de côlon, de quoi parle-t-on exactement ?

 

 

 

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Le côlon, définition

 

 

Le côlon appelé dans le langage courant gros intestin correspond à la partie du tube digestif située entre l’intestin grêle et le rectum. Il mesure en moyenne chez l’adulte 1,5 mètres de longueur pour 8 cm de diamètre et se répartit en quatre segments se faisant suite : le côlon droit ou côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon gauche ou côlon descendant puis le côlon sigmoïde.

 

 

Son rôle est d’achever la transformation des déchets issus des intestins en matières fécales, qui sont ensuite expulsées par le rectum situé à son extrémité.

 

 

Son rôle est donc essentiel au bon fonctionnement de notre organisme.

 

 

Comment se développe le cancer du côlon ?

 

 

Le cancer du côlon se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon. Les facteurs de risques avérés sont la mauvaise alimentation, le manque d’activités physiques et l’alcool. 9 cancers du colon sur 10, détectés tôt, peuvent être guéris, d’après la Ligue.

L’objectif de ce dépistage, qui peut concerner 17 millions de personnes (femmes et hommes de 50 ans et plus), est de diminuer de 15 à 20% la mortalité liée à cette maladie. Ce sont 40 500 nouveaux cas par an et 17 400 décès par an, deuxième cause de décès par cancer après celui du poumon. On a aussi observé que 94% des cancers colorectaux surviennent après l’âge de 50 ans.

 

 

Pourtant le nombre de personnes ayant réalisé les tests de dépistage est encore trop faible.

 

 

Un test simple et performant du dépistage du cancer colorectal

 

 

Ce test, plus simple d’utilisation et plus performant que le précédent, est proposé aux personnes de 50 à 74 ans.

 

 

A ce jour, le taux de participation reste encore insuffisant.

 

 

Pourtant, il s’agit d’un test immunologique pris en charge à 100% sans avance de frais ; il est simple, rapide à faire, indolore et est à réaliser chez soi.

 

 

° Simple : il ne nécessite plus qu’un seul prélèvement de selles contre 6 précédemment. La technique de prélèvement est plus fiable et ergonomique. Elle limite la manipulation des selles.

° Performant : ce nouveau test a une sensibilité supérieure et permet une meilleure détection des cancers et des lésions précancéreuses.

° Plus fiable : grâce à l’utilisation d’anticorps, il ne peut pas être rendu positif par l’hémoglobine animale issue de l’alimentation. La lecture automatisée de ce test permet une meilleure fiabilité de celui-ci.

 

 

 

Si votre test est négatif (absence de traces de sang dans les selles), vous serez invité(e) à renouveler l’examen dans 2 ans. Entre temps, en cas de symptôme, parlez-en à votre médecin.

 

 

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Si votre test est positif : cela signifie qu’une présence de sang anormale a été retrouvée dans vos selles (dans 4% des cas). Il est recommandé de pratiquer une coloscopie que vous prescrira votre médecin. Elle permettra de détecter les causes des saignements, d’effectuer un prélèvement des lésions trouvées pour les analyser au microscope et d’enlever d’éventuels polypes, empêchant ainsi une évolution possible vers le cancer.

Lorsque vous recevez un courrier vous invitant à pratiquer ce test, vous devez le présenter à votre médecin traitant qui vous remettra un kit de dépistage. Ce kit est exclusivement remis par le médecin traitant.

 

 

 

Si votre médecin prescrit une coloscopie : son déroulement

 

 

 

Il s’agit d’un examen qui permet d’étudier la paroi interne de la totalité du côlon (gros intestin) et du rectum.

 

 

Indiquée dans le cadre de bilans chez des personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de pathologies du côlon, de saignements digestifs, de douleurs ou diarrhées inexpliquées, la coloscopie est recommandée depuis quelques années dans le cadre du dépistage généralisé du cancer du côlon chez toute personne âgée de 50 ans ou plus, ayant un test Hemoccult positif.

 

 

Son principe consiste à explorer la paroi interne du gros intestin (côlon) à l’aide d’un endoscope (fibre optique) introduit par l’anus.

 

 

L’endoscope se compose d’un câble souple d’un centimètre de diamètre et d’un mètre cinquante de long, muni d’une fibre optique. Il possède une source lumineuse à l’une de ses extrémités. Les plus performants utilisent une mini caméra et sont connectés à un écran vidéo.

 

 

On utilise des pinces afin de réaliser des prélèvements pour une analyse en laboratoire. Un système de commande permet à l’extrémité de l’endoscope de pivoter pour aider la progression en suivant les courbures de l’intestin.

 

 

Tout le côlon est visualisé, c’est-à-dire : le rectum, le sigmoïde, le côlon gauche (descendant), transverse, droit (ascendant), caecum et début de l’ileum.

 

 

La coloscopie recherche des polypes, l’existence d’un cancer, des diverticules, une inflammation ou infection etc.

 

 

Elle est réalisée par un médecin gastro-entérologue, le plus souvent sous anesthésie générale.

 

 

Outre la préparation classique, comme pour tout geste sous anesthésie générale (visite médecin anesthésiste, prise de sang), sa particularité est sa préparation spécifique : 3 jours auparavant, il faut suivre un régime sans résidus ni fibres. Il permet de limiter la quantité des matières fécales.

 

 

La veille, il est nécessaire de boire 2 à 4 litres d’une préparation pour évacuer toutes les matières fécales.

 

 

Il s’agit d’un examen non douloureux, avec la plupart du temps, une prise en charge en ambulatoire.

 

 

 

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En cas d’intervention chirurgicale

 

 

 

Nous parlerons de 3 types d’interventions :

 

 

 

  • Une polypectomie afin de retirer un ou plusieurs polypes colorectaux et vérifier qu’ils ne contiennent pas de cellules cancéreuses ;

  • Une hémicolectomie consistant à ôter une partie du côlon ;

  • Une colectomie totale consistant à réséquer tout le côlon.

 

 

° La polypectomie endoscopique

Le médecin gastroentérologue coupe les polypes à l’aide d’un endoscope muni d’un instrument tranchant. Un courant électrique est ensuite envoyé afin de coaguler les tissus et stopper le saignement.

Les polypes retirés sont ensuite examinés par un anatomopathologiste pour voir si des cellules cancéreuses y sont retrouvées. Si c’est le cas, une autre intervention peut être programmée afin de retirer plus largement le cancer, après concertation avec d’autres praticiens spécialistes.

 

 

 

° Hémicolectomie ou colectomie partielle

-On réalise une hémicolectomie droite lorsque l’on traite un cancer affectant le caecum (et l’appendice), le côlon ascendant et/ou l’angle colique droit. L’intestin grêle est ensuite rattaché (recousu) à la partie de côlon restante (on parle d’anastomose).

 

 

– La colectomie transverse consiste à retirer les tumeurs du côlon qui siègent dans le côlon transverse. On retire donc l’ensemble du côlon transverse et éventuellement une partie du côlon ascendant ou descendant selon l’emplacement du cancer. Dans ce cas, les 2 parties saines de côlon sont rattachées l’une à l’autre.

 

 

– On pratique une hémicolectomie gauche lorsque l’on traite un cancer affectant la partie terminale du côlon transverse, le côlon descendant et/ou l’angle colique gauche et/ou la partie supérieure du côlon sigmoïde. Dans ce cas, on rattache la partie saine du côlon au rectum.

– La colectomie sigmoïdienne (ou sigmoïdectomie) consiste quant à elle à retirer les tumeurs qui touchent le côlon sigmoïde (partie terminale du côlon). Une fois le sigmoïde réséqué, le côlon descendant est rattaché au rectum.

 

 

 

° Colectomie totale

Comme son nom l’indique, la colectomie totale consiste à retirer la totalité du côlon, c’est-à-dire le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et le côlon sigmoïde.

 

 

Une fois le côlon retiré, on rattache l’intestin grêle au rectum. Il est à noter que suite à cette intervention, les patients auront des selles molles 3 ou 4 fois par jour.

 

 

Quelle que soit la portion de côlon à traiter, le chirurgien va retirer :

 

 

  • La partie du côlon concernée par le cancer ;

 

  • Une marge de tissu de sain autour de la tumeur (de 5 à 10 cm) afin de réduire les risques de récidive locale ;

 

  • Les ganglions lymphatiques voisins (une douzaine au moins), pratiquant un curage ganglionnaire ;

 

  • Le tissu graisseux qui contient les vaisseaux sanguins associés à la partie retirée.

 

De plus en plus, ce type d’interventions est réalisée par coelioscopie lorsque ceci est possible.

 

 

Sinon il s’agira d’une opération chirurgicale standard, c’est-à-dire par laparotomie (ouverture de la paroi abdominale).

 

 

Le test simplifié et réalisé peut éviter des complications graves. Alors si vous avez reçu votre courrier, rendez-vous auprès de votre médecin traitant et faites le tests dès maintenant !

 

 

Cette fiche santé a été réalisée avec des professionnels de santé. Si vous avez des questions, faites-les parvenir et nous vous répondrons au plus vite.

 

 

A bientôt pour une prochaine fiche santé. Et d’ici là, portez-vous bien !

 

 

Émilie Mondoloni

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Un commentaire sur “Fiche santé : Mars Bleu, le mois du cancer colorectal”

  1. Bernard_Gui dit :

    Le nouveau test est bien plus facile à faire que son prédécesseur

    En tant que personne concernée (et testée négative, à mon grand soulagement), et ayant été relancée à de multiples reprises pour l’ancien test, sans que j’y donne suite, je vous confirme que le nouveau test est bien plus facile d’utilisation (mais pas parfait pour autant).

    Le premier test consistait à recueillir ses selles (les étrons) dans une assiette en carton (source : mon médecin), puis à pratiquer les prélèvements, nécessaires au test.

    Le nouveau test fourni une sorte de « récolteur » de selles (moyennement pratique). Vous n’avez plus qu’à y enfoncer le bâton de prélèvement, et à envoyer le tout avec l’enveloppe pré-remplie et pré-affranchie.

    Et franchement, quand on vous annonce qu’il n’y a aucun problème, quel soulagement !

    J’avais longtemps retardé ce test, car je suis très irrégulier au niveau des selles (je peux rester 3 jours ou plus sans y aller, puis en 1 ou 2 jours perdre ce qui s’était accumulé), et j’avais peut-être peur du verdict !

    Après l’avoir fait, je me sent soulagé (mais faites ce que vous voulez/ressentez !).