Autres journaux :


vendredi 10 mars 2017 à 06:22

Groupement hospitalier de Territoire

Le point sur les parcours de soins




Ce jeudi après-midi, un forum portant sur le groupement hospitalier de Territoire Saône-et-Loire Bresse Morvan se tenait au Centre Hospitalier Spécialisé de Sevrey, à l’initiative de l’UDAF 71.

 

Déjà il y a deux ans, l’UDAF71 avait organisé des réunions sur le territoire de la CHT (Communauté Hospitalière de Territoire) afin d’en expliquer les objectifs mais aussi faire remonter les questions des usagers à celle-ci.

 

 

De nouveau, l’attention de ce forum s’est focalisé sur la place de l’usager dans cette nouvelle organisation administrative et leur prise en charge.

 

 

Pour répondre aux questions soulevées par la cinquantaine de personnes présentes, usagers, professionnels de santé et responsables politiques, plusieurs responsables du GHT étaient présents dont Bruno Legourd, Directeur de la CHT, Monsieur Collange, Directeur du Centre Hospitalier Spécialisé de Sevrey ou encore Philippe Dubot, Président du Collège Médical du GHT.

 

 

On a également pu noter la présence de plusieurs représentants d’établissements du GHT dont Isabelle Tabyaoui, Directrice déléguée de Montceau.

 

 

Pour les collectivités locales, on a pu notamment noter la présence de Marie-Thérèse Frizot, Vice-Présidente du Conseil départemental de Saône-et-Loire et de Josiane Bérard, Maire-adjointe à la Mairie de Montceau-les-Mines.

 

 

Nouveau dans le GHT : l’hôpital spécialisé de Sevrey

 

 

Monsieur Royssac, animateur du cabinet Respublica, a mené l’après-midi de présentation/débat sur la nouvelle structure hospitalière territoriale. Cette dernière créée en 2016 regroupe à présent 8 établissements : les centres hospitaliers de Chalon-sur-Saône, celui d’Autun et celui de Montceau-les-Mines ; les établissements de proximité de Chagny, de La Guiche, de Louhans et de Toulon-sur-Arroux et l’établissement psychiatrique de Sevrey. A cela s’ajoutent les EHPAD de Couches et d’Epinac, tous les deux associés au GHT.

 

 

C’est le Directeur du Centre psychiatrique de Sevrey qui a d’abord pris la parole afin d’accueillir le forum dans ses locaux : « Je suis heureux de vous accueillir. Vous avez bien fait de choisir l’hôpital de Sevrey aujourd’hui, car la coopération fait partie des gènes de notre hôpital psychiatrique. Il n’y a rien de plus faux que de croire qu’un hôpital psychiatrique est fermé sur lui-même. Les médecins, psychiatres et équipes soignantes conçoivent leurs responsabilités au niveau territorial et pas seulement au niveau de leur pôle. Le changement de point de vue engendré par le GHT est l’objet de beaucoup d’efforts réalisés par les équipes. Cette nouvelle perspective est tournée vers la proximité, l’accès aux soins. Il me semble que cette évolution est la base culturelle du mouvement que nous devons mettre en œuvre dans cette GHT. C’est un élément déterminant pour les bénéfices des usagers qui peuvent se trouver déstabilisés. C’est pourquoi cette journée est importante pour nous rassurer et vous rassurer. »

 

 

Bernard Desbrosses, Président de l’UDAF71 a également remercié les personnes présentes, professionnels de santé, responsables et usagers. Il a expliqué : « Le présent forum fait suite à celui réalisé en avril 2015. La CHT est devenue le GHT. Il était indispensable de faire le point sur cette nouvelle organisation sanitaire. Une réunion a eu lieu à Louhans. Nous avons pris l’avis de nos majeurs protégés. Et une enquête auprès d’habitants du territoire portait sur le développement des soins ambulatoires. »

 

 

Anne-Marie Bonnot, Responsable de la commission Santé à l’UDAF71 a poursuivi les propos de l’UDAF en rappelant les conclusions du forum sur le CHT du 21 avril 2015, qui s’était tenu à Chalon-sur-Saône.

 

 

« Nous avions constaté un manque d’informations de la population. Notre démarche a consisté à recueillir par l’intermédiaire d’enquêtes, les habitudes de soin de la population et à organiser ensuite des réunions décentralisées avec, pour objectifs d’apporter de l’information dans un premier temps et de percevoir le ressenti de l’usager, les craintes, les freins mais aussi les propositions pour améliorer cette prise en charge ».

 

 

Parmi les problèmes récurrents cités alors, on notait : l’encombrement des services d’urgence, l’éloignement entre chaque structure et les consultations coûteuses, les difficultés relationnelles entre personnel soignant d’un hôpital souvent inconnu et les patients et pour le bassin minier, la crainte de voir disparaître son hôpital de proximité, propos repris récemment par les habitants de la Bresse.

 

 

Parmi les conclusions tirées de cette journée, on constate que les problèmes de départ et le ressenti majoritairement négatif se sont transformés après les échanges, en un avis plus positif, comportant toutefois des restrictions ou des attentes particulières.

 

 

Parmi les attentes, les usagers souhaitaient un accueil aux urgences, une conjonction sécurité, qualité et proximité, un dossier médical partagé ou encore l’amélioration de l’écoute et du relationnel.

 

 

Anne-Marie Bonnot, de reprendre : « La CHT est devenue le GHT en 2016. Nous avons dans ce sens tenu une réunion d’information et d’échanges à Louhans puisque le périmètre du GHT s’est élargi à la Bresse. Les conclusions rejoignent celles de la CHT avec un focus particulier sur les retours à domicile en post chirurgie ambulatoire qui sont souvent difficiles surtout pour les personnes seules en fonction des habitations isolées de cette zone rurale. »

 

 

Françoise Defrasne, Directrice générale de l’UDAF, a présenté pour sa part les résultats d’une enquête menée auprès de plus de 300 usagers, des majeurs protégés, sur leurs habitudes de soin.

 

 

Il s’en dégage notamment que ces personnes utilisent rarement un véhicule personnel pour se rendre à l’hôpital, seulement 28 % des cas.

 

 

Les personnes qui ne sont pas allées consultées un spécialiste ont invoqué plusieurs raisons : le coût, la distance, la peur, une mésentente supposée etc.

 

 

 

De la CHT au GHT

 

 

 

Le forum s’est poursuivi avec une discussion sur les bénéfices et l’intérêt du GHT en présence de Bruno Legourd, Directeur de la CHT, Philippe Dubot, Président du Collège médical du GHT et de Philippe Collange, Directeur du Centre Hospitalier Spécialisé de Sevrey.

 

 

Bruno Legourd a débuté son propos en rappelant que la CHT était née en 2015 et que la GHT était mise en place en 2017, rappelant au passage la composition de la CHT (Montceau-les-Mines, Autun et Chalon-sur-Saône).

 

 

« En 2012, la CHT a d’abord été signée entre Chalon et Autun. Cela avait été précédé par une collaboration médicale en 2010 entre les deux établissements. Et en 2015, on a signé la CHT. » a-t-il indiqué.

 

 

Philippe Collange pour sa part s’est exprimé sur la notion du territoire : « C’était un territoire qui a vécu sur beaucoup de coopération psychiatrique. On a une superposition du territoire psychiatrique et de celui du GHT. »

 

 

Bruno Legourd poursuivant : « Entre 2013 et 2015, la CHT s’est mise en place. Cela a permis l’ouverture de certaines spécialités dans certains établissements, spécialités qu’ils n’avaient plus. Le but de la CHT est de maintenir la population sur son territoire, donc de faire déplacer les médecins. Ces ouvertures sont un pari économique sur l’avenir ».

 

 

Poursuivant sur les déplacements des médecins, Philippe Dubot explique : « On a l’impression qu’il vaut mieux déplace un médecin une fois plutôt que 15 patients. Ce ne sera pas toujours possible pour toutes les spécialités. Le GHT est une chance pour les hôpitaux. Si la CHT et le GHT n’existaient pas, je ne sais pas ce que serait le suivi de ces patients à Autun par exemple. »

 

 

Reste l’importance de la professionnalisation des équipes et la nécessité de faire grossir les équipes spécialisées dans les établissements afin d’assurer la continuité des soins dans chaque spécialité représentée au sein des établissements du GHT.

 

 

Selon Bruno Legourd, le GHT apporte un sentiment de sécurité pour le personnel, condition sine qua non au bon investissement du personnel soignant. Le GHT ne constitue par ailleurs pas seulement une mutualisation administrative mais surtout un projet médical.

« La mutualisation est une réponse mais pas la seule à un GHT. Il y a une certaine coordination. Il faut être respectueux de l’identité des établissements et des usagers » a-t-il indiqué.

 

 

Philippe Collange a aussi expliqué que les certifications se feraient à présent majoritairement via le GHT au lieu de se faire individuellement par établissement. Ce seront ainsi tous les établissements du GHT qui profiteront ainsi des certifications obtenues.

 

 

Les priorités des usagers

 

 

Annick Giraudet, de la commission santé de l’UDAF71 a conclu cette première partie en revenant sur les priorités des usagers : coordination des différents usagers couvrant l’aval de l’hospitalisation jusqu’au retour à domicile ; éviter des ruptures dans le parcours de santé ; une nouvelle organisation des services d’urgence avec un focus sur les personnes âgées et handicapées ; une qualité d’accueil entre patient et famille et médecin.

 

 

Et de conclure : « L’hôpital public est un bien précieux. C’est à nous tous de bien réfléchir. Être à l’écoute des besoins des patients et des familles est un challenge difficile. Mais c’est possible. ».

 

 

L’après-midi s’est poursuivi par un travail autour de deux questions : quelles remarques vous inspire ce que vous avez entendu cet après-midi ? Quelles questions voudriez-vous poser ?

 

 

Après un moment de réflexions par groupes, des échanges ont eu lieu entre la salle et les représentants du GHT.

Au cœur des préoccupations des usagers, on a pu retrouver la question de la qualité des soins face au budget, ou encore le temps à consacrer au traitement de chaque pathologie.

Un représentant de la CGT sociale, action sociale s’est exprimé par rapport au GHT et à la présentation qui avait été réalisée en début d’après-midi : « Les choses se construisent bien si l’état d’esprit est déjà présent. Avant le GHT, des groupements d’achats existaient déjà. »

Il a également pointé du doigt le COPERMO recommandant aux établissements une réduction capacitaire en pleine épidémie de grippe.

Bruno Legourd allant dans le même sens que ce représentant du personnel a expliqué : « Nos institutions nous envoient des injonctions paradoxales. Et c’est de tout temps ».

Le projet ETICSS, pilote en Saône-et-Loire

 

 

Un représentant de l’Agence Régionale de Santé (ARS) a pour sa part indiquer le développement du projet ETICSS sur le Nord de la Saône-et-Loire. « On a choisi ce territoire du fait de la coordination entre les établissements » a-t-il expliqué. Ce projet devrait permettre une meilleure coordination entre les établissements par un partage des informations des patients, conduisant ainsi à une meilleure prise en charge de ceux-ci.

 

 

La suite des échanges s’est poursuivie sur les relations entre patients et soignants. C’est Isabelle Tabyaoui qui a souhaité s’exprimer sur le sujet : « On a conscience des difficultés de relations entre nos professionnelles et les patients. Cela va dans les deux sens. Des efforts sont à faire. On a bien entendu cette nécessité de faire des efforts. Nous sommes témoins de coopération avec les usagers. Nous sommes en train d’organiser le parcours de soin. La population de Montceau-les-Mines bénéficie de cette prise en charge. »

 

 

Les échanges se sont poursuivis sur de nombreux sujets : déplacements des usagers, gestion des urgences réelles et moins réelles, technicité des soignants et réapprendre à prendre soin des patients, télémédecine etc.

 

 

Le débat a été très riche ! Reste à l’UDAF71 à faire à présent la synthèse et l’analyse de ces retours.

 

 

 

EM

 

 

 

SANTE 10031715

 

 

SANTE 1003177

 

SANTE 10031711

 

 SANTE 1003172

 

SANTE 1003173

 

SANTE 1003174

 

SANTE 1003175

 

SANTE 1003176

 

 

 

SANTE 1003178

 

 

 

SANTE 1003179

 

SANTE 10031710

 

 

 

SANTE 10031712

 

SANTE 10031713

 

SANTE 10031714

 

 

 

 



Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.


» Se connecter / S'enregistrer




Un commentaire sur “Groupement hospitalier de Territoire”

  1. sillabruno dit :

    L’Agence Régionale de Santé Bourgogne Franche-Comté affirmait récemment dans un communiqué « Des recompositions hospitalières bien engagées (…) Dans un contexte de taux d’évolution de l’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) historiquement bas (2,05% en 2015, 1,75% en 2016 et 1,75% en 2017), l’ARS Bourgogne – Franche-Comté contribuera à la maîtrise des dépenses d’assurance maladie tout en s’assurant que les économies réalisées ne se traduisent pas par l’émergence de déficits hospitaliers dans le secteur public(…) 50 milliards d’euros d’économies sont attendus d’ici 2017 dans le cadre de la maîtrise des dépenses publiques, dont 10 milliards d’euros pour le domaine de la santé. » Dans ce contexte de recomposition hospitalière et de baisse budgétaire, quel sera l’avenir du Centre Hospitalier de Montceau-les-Mines?