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mercredi 3 mai 2017 à 07:19

On ne cueillera plus d’Asphodèles dans le bassin minier….

La fin d’une main tendue vers ceux qui en avaient le plus besoin ! Mais pourquoi ? Gisèle Juillet sa fondatrice explique...



 

 

 

Une AG particulière de l’association Asphodèle (Association soins palliatifs hôpital ou domicile Ecoute Liberté Ethique.) va se tenir ce soir à 17 H 30 au pôle associatif du 6, rue Forétale.

 

Pourquoi particulière ? Parce qu’à l’ordre du jour se trouve inscrit un point particulièrement important : la création d’une commission de dissolution.

Pourquoi ?

 

 

Parce que la Présidente (depuis 14 ans) et une des fondatrices (il y a 20 ans, elle fut la première secrétaire de l’Association) a décidé d’arrêter.

 

Depuis 2012 elle a lancé un appel au renouvellement, au renforcement de l’équipe « Nous souhaiterions recruter de nouveaux bénévoles. Ainsi, si vous avez un peu de temps à consacrer aux autres et si vous êtes intéressés par l’accompagnement des personnes gravement malades ou en fin de vie, venez nous rejoindre. Vous pouvez aussi tout simplement venir nous aider à faire vivre l’association. Nous accueillerons chaleureusement toutes les bonnes volontés, elles seront les bienvenues ». Idem en 2013, 2014, etc.

 

 

http://montceau-news.com/sante/65212-association-asphodele-soins-palliatifs.html
http://montceau-news.com/sante/122224-association-asphodele-soins-palliatifs-2.html

 

 

 

Nous avons rencontré Gisèle Juillet la Présidente d’Asphodèle pour essayer d’y voir plus clair dans cette dissolution.

 

Son association qui a 20 ans de vie et d’actions très engagées et empathiques a marqué l’existence du Bassin Minier, des accompagnants et des accompagnés.

 

 

Mais qu’est-ce que l’Association Asphodèle ?

 

 

Présidée par Gisèle Juillet depuis 14 ans et fondée entre autre par elle il y a bientôt 20 ans, Asphodèle accompagne dans les maisons de retraites et les hôpitaux les personnes seules, malades ou en fin de vie. La dizaine de bénévoles vit parfois des moments difficiles dans ce travail d’accompagnement. 

C’est une association loi 1901, créée à Montceau les Mines en décembre 1998 et qui adhère à la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs.

 

 

L’acronyme correspond comme symbole à l’asphodèle, cette fleur méditerranéenne  utilisée par les Grecs pour embellir les sépultures.

20 ans d’accompagnement dans les hôpitaux, les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou à domicile (très peu) vont se terminer ce soir avec la nomination de la commission de dissolution. C’est dramatique mais inéluctable.

 

 

Cela veut dire aussi que les sept derniers bénévoles actifs et formés cessent également leurs activités au sein de l’association. C’est toute une aventure qui s’achève, tout un parcours de vie pour bien des accompagnants et des malades.

 

Gisèle Juillet a beaucoup donné, elle vous dirait qu’elle a beaucoup reçu.

Elle est à l’origine avec quelques collègues et médecins de l’idée en 1997. Le Brain Storming a duré 1 an, puis l’association a été créée le 27 novembre 1998. Il faut se rappeler qu’à l’époque les soins palliatifs et l’accompagnement de fin de vie en France en étaient aux balbutiements et que peu de formations existaient. Au contraire de pays comme l’Angleterre ou le Canada et surtout le Québec.

 

 

Il convient de préciser que l’association a enclenché en fait le projet initial de mise en place de l’équipe mobile de soins palliatifs du Centre Hospitalier de Montceau les Mines.

 

 

Pourquoi le préciser ?

 

 

Parce que d’habitude c’est l’inverse. Peut-être que cela peut expliquer les difficultés de pénétration de l’association dans les instances hospitalières.

Il encore fallu du temps pour que les services hospitaliers, les EHPAD et compagnie acceptent l’idée d’une intervention hors « sérail » et pour qu’enfin les accompagnants formés puissent rencontrer des patients.

 

 

Accompagnants formés ?

 

Oui, des bénévoles qui à la suite d’un choix personnel, peut-être parce qu’ils n’ont pas reçu les réponses qu’ils attendaient, peut-être parce que l’accompagnement d’un parent par les institutions a totalement manqué, des bénévoles de bonne volonté mais en empathie donc, ont décidé de se former.

 

Alors bien sûr au début ce furent les formateurs de Lyon qui vinrent, après parce que les groupes à former étaient moins importants, les bénévoles allaient un jour par mois à Lyon, pendant 6 mois, auprès de l’association Albatros pour se former. Puis ensuite ils effectuaient un stage en situation dans un service.

C’est une vraie formation qualifiante.

 

 

Mais qu’y apprend-on ?

 

 

A reformuler les questionnements, à les reposer, en les recentrant sur le patient, à aider ce dernier à verbaliser et à s’exprimer. On y apprend à prendre de la distance, à ne pas se projeter, etc.

Et ces accompagnants sont-ils nombreux ?

Ils furent une vingtaine dans les débuts, il y eu des départs, des cessations, des nouveaux, puis plus de nouveaux, puis plus que 7 maintenant.

Peut-on préciser les objectifs de l’association ?

Evaluer les besoins des personnes en fin de vie.
Contribuer à faire évoluer les mentalités face à la mort.
Améliorer la prise en charge de la personne en fin de vie dans le respect de son entité physique, psychique et sociale
Offrir aux familles, aux soignants et aux accompagnants bénévoles un espace d’échange et de soutien.
Promouvoir la formation des accompagnants bénévoles et des soignants.
Développer un partenariat entre tous les acteurs des soins palliatifs du Bassin Minier et du département.
Accueil

 

 

Et des dizaines et des dizaines de patients ont été accompagnés en 20 ans dans le cadre de ces objectifs.

 

 

Gisèle Juillet, élevée au grade de Chevalier de l’Ordre National du Mérite pour l’ensemble de son œuvre, rappelle que c’est un arrachement pour elle car elle souhaitait passer la main mais personne n’a postulé pour la remplacer.

 

Sans président, avec un effectif trop réduit, ils ne sont plus que 5 sur 8 au bureau, il a été décidé, à contre cœur, nous dirions à crève-cœur, de dissoudre l’association. C’est véritablement une belle aventure humaine qui se termine.

 

 

Le bureau actuel ne se compose plus que du Président honoraire le Docteur Jules Claerbout, de la Présidente Gisèle Juillet, de la secrétaire trésorière Christiane Charrier et de Fred Joly et Pierre Rebet.

 

 

Le conseil d’administration, outre les membres du bureau, comprend 14 représentants des structures et administrations : Ddass, Directeur Centre Hospitalier de Montceau, C.P.A.M, Sécurité Sociale Minière, M.S.A, C.M.R. de Bourgogne, Syndicat intercommunal du Vernoy, service aide à domicile, cultes agréés par les hôpitaux, Maire de Blanzy, Maire de Montceau, Maire de Saint-Vallier ; et une vingtaine d’adhérents.

 

 

L’association Asphodèle est financée par le Syndicat intercommunal du Vernoy et la Carmi (caisse régionale de la sécurité sociale du régime minier) et par la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (S.F.A.P) entre autres.

 

 

Après sa dissolution l’association remettra ses fonds à des associations de même Objet.

 

 

Une page se tourne qui aurait dû ouvrir sur un nouveau chapitre, mais peut être les esprits ne sont pas encore prêts à suivre ces précurseurs qui ont tant donné pour les autres.

 

On ne change pas les systèmes si facilement que cela en France.

 

Et puis le bénévolat dans l’humain est des plus contraignants, des plus usants…s’il n’y a pas de renouvellement les mouvements s’épuisent seuls…

 

 

Bravo à Gisèle et tous les siens…

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

 

 

gisele juillet 0305172

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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