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dimanche 24 avril 2016 à 05:14

La flamme du feu follet Prince s’est éteinte

Le génial androgyne ne verra plus la pluie violette



 

Pluie violette

Je n’ai jamais voulu te causer quelque chagrin que ce soit

Je n’ai jamais voulu te causer quelque douleur que ce soit

Je voulais seulement te voir rire, une seule fois

Je voulais seulement te voir rire sous la pluie violette

 

 

 

C’est certain que traduit littéralement, comme le fait le fameux groupe « Les Franglaises », ça évacue la poésie et on sent bien le fix derrière tout ça. Rangez les chichons ce n’est qu’une chanson.

 

 

 

Pour les anciens, les soixante-huitards, la pluie violette nous ramène loin en arrière à l’Opération Ranch Hand de 1962 à 1971 au cours de laquelle l’US Air Force a pulvérisé 20 millions de gallons d’agent violet, orange et pourpre pour défolier 22 000 Km2 du Viet Nam pour priver les Viet Cong de nourriture et de couverture de leurs chemins de pénétration. Une ignominie… Comme quoi, après la pluie noire (Black Rain) des bombes d’Hiroshima et Nagasaki, les américains font toujours pleuvoir en couleur.

 

 

 

 

Mais là il s’agit d’un autre agent chimique (une forte dose d’opiacés pour soigner une grippe, ou une blessure à la hanche ?) qui a, semble-t-il, amené la mort du Prince, « Love Symbol ».

 

 

 

Le film « Purple Rain » sorti en 1984 raconte de façon romancée l’histoire de « Le Kid » (une incarnation de Prince) est un énorme succès aux states, l’album éponyme est plébiscité.

 

 

Le film reçoit l’oscar de de la meilleure musique de film en janvier 1985. Il a coûté 7 millions de dollars de l’époque et en moins de 10 semaines en rapporte 71.

 

 

 

Un succès qui propulse Prince, déjà vedette établie outre atlantique au premier plan de la lutte avec l’autre monstre sacré : Michael Jackson qu’il dépasse pendant un certain temps. Le film dès sa sortie dépasse Ghostbusters pourtant au pinacle. La consécration.

 

 

 

Cet homme/femme, elfe noir, djinn guitariste, Prince Rogers Nelson, est né aux states le 7 juin 1958 à Minneapolis dans le Minnesota.

 

 

 

Tout au cours de sa vie il va changer, se transformer, se réinventer, se battre contre lui, la drogue, les Majors (la Warner). Il créera énormément, et avec un immense talent, sous différents noms… His Royal Badness, His Purple Majesty, Le Kid de Minneapolis, Le Nain pourpre, Love Symbol, The Artist.

 

 

 

Rien d’innocent là-dedans, c’est un vrai parcours de vie assumé, les avatars d’un créateur au-delà de la perception commune. Ce type androgyne s’avère un dévoreur de femmes, on connait ses liaisons avec Kim Basinger, Madona, Carmen Electra. Aussi plein d’autres comme la supposée avec Ophélie Winter, etc…

 

 

 

1958 l’année où en mars le gouvernement des ÉtatsUnis décrète l’embargo sur les fournitures d’armes à Cuba, où le Stratégic Air Command perd une bombe H (Mark 15), appelée depuis la Bombe Tybee,  dans les eaux de l’île Tybee à proximité de Savannah en Géorgie (le 5 février). Que l’on se rassure pleinement elle n’a jamais été retrouvée, donc heureusement elle peut exploser à tous moments, même 58 ans après… enfin un peu de fun dans notre triste existence.

 

 

 

Les chiens ne font pas des chats et donc les Nelson qui sont musicien et chanteuse de Jazz font un musicien chanteur de Pop, Punk, rock, etc. (il est relativement inclassable). Remarquez les chats ne font pas des chiens non plus et donc le petit Prince (si, il le fut quand même) aurait pu être plâtrier travailleur social comme le furent son père et sa mère pour faire bouillir la marmite.

 

 

 

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Heureusement il préféra la guitare à la truelle, le chant aux aides de l’HAHS ou de la YMCA. – vous vous rappelez le chef indien, le worker avec son casque ?- (Services de protection des indigents aux States.).

 

 

 

Mentionnons que ce génie de la guitare est, enfin fut, autodidacte. Pas mal pour un type qui a vendu 100 millions d’albums et de singles et qui était en tournée quasiment permanente.

 

 

 

A 20 ans il débute vraiment et après 37 ans de carrière il laisse plus de trente albums, des films, des tonnes de vidéo. Ce fut aussi vraiment un précurseur, sur internet par exemple. Maintenant vous pouvez toujours vous brosser pour trouver quoi que ce soit sur You Tube et compagnie. Le streaming ? Nada, nein, nenni, niet, que tchi, etc… il a fait le ménage car cela ne luis rapportait pas assez.

 

 

 

Il y a du bon, du beau et du particulier… la pop lui doit beaucoup, il laissé une marque profonde dans le monde de la chanson.

 

 

 

Ce type a une sexualité débridée, particulière et n’en fait pas mystère, surtout en chanson. Prenons un exemple, à rendre après usage, Dirty Mind. Cet Album de 1980, renommé « Mauvais esprit » en France est youp la boum en diable, il frôle la pornographie et d’inceste. Vu d’ici on trouverait ça un peu olé-olé et voire même vulgaire. Aux states où parfois nous ne sommes pas loin de l’inquisition il reste 31 semaines dans le classement des 200 meilleurs ventes d’albums américaines. Sauf que dans le pays du gay friendly et du sea, sex and sun, à Los Angeles, où il assurait la première partie de deux concerts des Rolling Stones, il a dû quitter précipitamment la scène sous la bronca franchement hostile des 90 000 spectateurs.

 

 

 

Mais tout ne se passe pas comme ça et certains albums culminent et certaines chansons sont encore fort bien classées. On ne parle pas de son plus grand succès Kiss, extrait de l’album « Parade », qui est classé 4ème sur la liste des 150 « Plus Grands Singles de Tous les Temps » par New Musical Express à la 464ème place sur les 500 « Plus grandes chansons de tous les temps » selon Rolling Stone.

 

 

 

Prince n’a jamais eu en France l’audience qu’il aurait sans doute dû avoir, ni dans le monde d’ailleurs, malgré que Canal + ait souvent fait le forcing en le faisant venir sur ses plateaux il n’a jamais eu la première place dans le cœur des Français amateurs de Pop, Funk, etc.

 

 

 

Pourtant il avait tout pour plaire, sulfureux, électrisant, doué et talentueux, des costumes- voire des accoutrements pas possibles-, des déclarations hallucinantes, une musique de feu, une pèche énorme, une vie privée… absolument d’anonymat, du scandale, des changements de noms en pagaille, une conversion aux témoins de Jéhovah… enfin tout ce qui fait une star maudite…

 

 

 

Enfin, bon… ne minimisons pas, 100 millions de disques vendus ce n’est pas une paille, tout le monde ne peut pas en dire autant.

 

 

 

A cinquante balais, une taille de guêpe, la bête de scène vous scotchait encore son fan devant son écran et le faisait se pâmer en concert. Ça vous avait un chien fou lorsqu’il vous taillait un solo de guitare impromptu, de quoi rendre dingue…

 

 

 

Alors depuis sa disparition pour les commentateurs, dont certains et certaines méprisaient ce type bizarre et un rien fou, il aurait quasiment marché sur l’eau, multiplié les tubes comme des petits pains, rendu l’ouïe aux sourds. Bien sûr comme disait Brassens « tous les morts sont des braves types », mais là on y va fort et des médias qui n’ont jamais parlé de lui, jamais passé ses tubes, l’ont jamais invité sur leurs plateaux sont proches de l’orgasme nécrologique, du malaise vagale de l’audience. C’est prince par ci, Prince par-là, et que je vous montre aussi le fourgon mortuaire qui sort de chez le médecin légiste, et qu’on nous le montre en culottes courtes avec ses parents, qu’on nous stature d’extraits de concerts, que les grandes pleureuses médiatiques tiennent déjà les cordons du catafalque…

 

 

 

Quelles que soient les causes de sa mort nous venons de perdre une immense vedette qui a mis sa vie, et peut être sa mort, en scène. Ses chansons resteront pour ses fans et les générations futures. Même une première magistrate visitant une exposition de pierres et fossiles, peut se mettre à chantonner Purple Rain en contemplant des pierres violettes…

 

 

 

Et sa déclaration d’amour (enfin presque) de I Wanna Be Your Lover ?

 

 

 

« Je veux être ton amoureux

Je veux être le seul qui te fasse venir en courant

Je veux être ton amoureux

Je veux t’exciter, te révéler, toute la nuit, te faire crier

Oh, amoureux ouais

Je veux être le seul pour qui tu viennes »

 

 

 

Bon c’est terriblement macho, franchement macho, mais c’est une de ses 5 meilleurs chansons qui restée 23 semaines d’affilée dans les charts américains en 1979.

 

 

 

Et comment être indifférent à When Doves Cry ?

 

 

« Comment peux-tu me laisser attendre

Seul dans un monde si froid? (Si froid)

Peut-être que j’en demande trop

Peut-être suis-je comme mon père trop audacieux?

Peut-être es-tu juste comme ma mère?

Elle n’est jamais satisfaite (Elle n’est jamais satisfaite)

Pourquoi crions-nous l’un sur l’autre?

C’est à ça que ça ressemble

Quand les colombes pleurent »

 

 

 

Bon c’est un peu macho encore, mais malgré tout on sent la fracture, la difficulté de vivre.

 

 

Tout ça pour dire que, certes ce n’est pas la fin du monde, c’est une lueur qui s’est éteinte dans la culture pop de ce monde…

 

 

Donc je ne sais pas si vous l’avez compris mais c’est une perte que cette disparition de Prince, sexe symbole ou Le Kid de Minneapolis.

 

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Un commentaire sur “La flamme du feu follet Prince s’est éteinte”

  1. jean pierre dit :

    C’est dommage,on aura plus de gateaux au petit déjeuner….ok je sors…