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dimanche 31 juillet 2016 à 06:22

Carte postale de notre ami Robert le Québécois… (Voir la vidéo)

De Nantes à Bâle, 1300 km de rêves !



 

 

 

Robert Larocque, vous vous souvenez… c’est ça, le Québécois à vélo qui a fait escale chez les Gauthier-Gauthier à Blanzy…

 

http://montceau-news.com/montceau_et_sa_region/326820-un-quebecois-a-velo-dans-le-bassin-minier.html

 

 

 

Et bien Robert, qui est maintenant rentré chez lui dans la belle province, nous a envoyé un pour nous narrer le reste de son trajet jusqu’à Bâle. Je mets ainsi fin aux angoisses de certains qui étaient effrayés par la traversée du Jura, du Doubs, de l’Alsace et le passage en Suisse. Voyage en terre inconnue. Le monde étant ce qu’il est, aller en Suisse à Vélo, sans l’intention d’y planquer quelques lingots ne peut que déconcerter et alarmer le citoyen friand d’exploits cyclistes.

 

 

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Photo prise à l’occasion de son passage à Blanzy

 

Ne voulant surtout pas laisser nos lecteurs dans les transes plus longtemps voici donc la fin du défi…

 

 

Notre ami Québécois est at-home comme on dit chez Areva, à Saint-Bruno-de-Montarville. Il a donc parcouru en tout 1300 kilomètres entre Nantes et Bâle, 940 entre la Préfecture des Pays de la Loire et Blanzy (cette commune que le monde entier nous envie ou presque), et donc 360 entre la capitale du Blanzynois et Bâle chez les cousins helvètes.

 

 

Mais comme Robert est un poète laissons-le nous narrer cela :

 

« Que de levées, de canaux, de rivières, de fleuves parcourus ! La Loire et ses châteaux majestueux, la tranquillité du Doubs traversant la Franche Comté, le Jura et le Doubs. (?) Je crois, car pour les Québécois c’est à perdre son latin, tous ces noms, tous ces départements, toutes ces villes, tous ces villages, tous ces fleuves, ces rivières, ces canaux, ces levées !

 

Bon partant de Montceau-les-Mines, je me rends à Chalon-sur-Saône me berçant le long des écluses d’Écuisse et hop on descend à pleine vitesse à 35km/heure avec les sacoches ! Je continue pour traverser Santenay et ses vignobles, en m’arrêtant dans une petite auberge pour prendre un bon repas accompagné d’un bon vin de la région…

 

Direction les bords de la rivière Saône, d’abord puis le joli port fluvial de Verdun-sur-le Doubs. Je crois que j’ai quitté la Bourgogne avec ses champs fleuris, ses canaux paisibles me permettant de vivre le moment présent, sur la planète « retraite »… »

 

 

C’est vrai que Robert est parti de Nantes en Groupe comme nous vous l’avions relaté… puis les autres étant retournés au turbin, il a continué seul… pour bien débuter sa retraite, sainement, sportivement. Robert n’est pas un Alien alors il a accrochés à ses basques moult sujets de préoccupation, mille tracas et douleurs qu’il exorcise en pédalant, en dévorant les kilomètres. La Bourgogne est un de ces élixirs que l’on devrait préconiser à tous ceux qui ont besoin d’apaisement et de recul.

 

 

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Ça s’était notre quart d’heure Menie Grégoire (pour les Québécois disons : Louise Deschâtelets).

 

 

Mais l’odyssée de notre ami montérégien est joyeuse et réalisée à la force du mollet même si l’estomac y joue un rôle, car le drôle ne rechigne pas devant la bonne chère et le bon vin…

 

En un mot comme en cent, il arrive à Bâle. Il n’y a pas de « S » à Bâle car il n’y a pas de paire.

 

Et cet épicurien ne se cache pas derrière le cadre de son caribou (sa bicyclette, suivez un peu) :

 

« Donc, je suis sur la planète « retraite » enfin, je ne pense qu’à me faire plaisir, des petits saucissons de temps à autres, un petit vin de bon cru par ici et par là, un bon petit repas, démarrer ma journée quand je veux, de me coucher quand je suis fatigué, de faire un arrêt pour une glace permettant d’échanger avec une jolie française, de pédaler en compagnie d’australiens qui sont partis pour 1 1\2 ans en vélo électrique faire le tour de l’Europe ( www.thecyletourist.com ), de plusieurs retraités qui parcourent la France sur des EuroVelo. De me faire plaisir, c’est rare que cela arrive car l’être humain est sensé aimer de préférence la cohabitation de ses semblables… »

 

 

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Le bonheur simple et le partage comme nous en rêvons tous, un peu un « Alexandre le bienheureux »

 

 

Mais Robert est non seulement un poète mais aussi un rêveur actif… (Cela va souvent ensemble). La France il l’a fantasmée avant même de la connaître physiquement. Comme d’autres rêvent d’Australie, de grande Muraille de Chine, du Manneken Pis ou d’une vraie paella…

 

 

« Je rêvasse de cette France de mon enfance (1967-1980) ; historique, les rois, la révolution française, De Gaulle avec son Québec Libre, Paris la romantique, ses bons vins dispendieux, son fromage puant (quand nous étions jeunes, le fromage n’était pas une coutume comme aujourd’hui), le stéréotype du français et sa baguette de pain, les jolies françaises minces avec un accent à faire fondre tout jeune homme… »

 

 

La française fait toujours fantasmer, depuis toujours et jusqu’à désormais…

 

 

« Alors, petites côtes à monter près de Laissey, Ougney-Douvot et Baume-les-Dames en Franche-Comté ? Que de noms inhabituels, ce n’est plus Ste-Julie, St-Bruno, Montréal, St-Amable, St-Jean, Lachine… que des Saints au Québec mais des noms composés de je ne sais pas trop quoi… 

 

Alors, arrêtons à Montbéliard pour admirer son petit parc, mais après 75 km avec 32°, je prends ce qui passe et oups, une exagération de l’hôtelière, la première française antipathique, il y en a! 

 

Sur la route d’Audincourt, je sens la fin proche, la fin de ce défi et j’arrive à Mulhouse, quelle jolie ville, nous sommes en Alsace ! Un joli centre-ville, une cathédrale majestueuse, mais que d’églises et de cathédrales la France possèdent, c’est catastrophique pour ses pratiquants, qu’allez-vous faire avec toutes ces églises ? »

 

 

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Ben il n’y en a que 42 000 en France, ce n’est pas trop pour visiter. 

 

 

« (Je) garde un très beau souvenir (de Mulhouse), ses musées gratuits, la Place de la réunion, le soir de la défaite de la France contre le Portugal le 10 juillet 2016 et surtout le jour de mon arrivée tout est beau, le spectacle de Jazz dans la cathédrale, la joute de foot le soir, les musées gratuits et surtout cet écriteau dans la fenêtre d’un petit café « Dans la vie t’as deux choix le matin : soit que tu te recouches pour continuer à rêver, soit tu te lèves pour réaliser tes rêves » ! Quelle coïncidence ! 

 

 

Le lendemain, dernière journée de ce merveilleux périple de Mulhouse à Bâle, 40 km seulement, mais riches d’expériences, rencontres de français avec un certain accent, je réalise que tout n’est pas si français, l’accent, l’architecture et sans crier gare, je suis arrivé au pont des trois pays : l’Allemagne, la Suisse et la France… »

 

 

Amis géographes voici l’instant tant attendu…. (Belle allitération, non ?!?) : Bâle est la troisième ville de Suisse et le chef-lieu du canton de Bâle-Ville. Sa population est de 166 173 habitants. L’agglomération bâloise est tri-nationale, et englobe entre autres les villes Alsacienne de Saint-Louis et Huningue, et les villes Allemandes de Weil am Rhein et Lörrach. L’Euro district de Bâle compte 830 000 habitants. Son nom allemand est « Dreiländereck » (l’angle des trois pays) et en français « district des trois frontières ».

 

 

Et c’est le retour sur Paris avant l’envol pour retrouver les siens.

 

 

« J’arrive à Paris le 12 au soir, vers minuit avec un vélo… Le 13, c’est le repos et le temps de réaliser que ce beau périple est terminé, quelques feux d’artifices et le 14 juillet, je regarde la parade militaire et ensuite dîner sur la Marne. » 

 

 

Pour ce sportif hédoniste, le plaisir est un outil pour aller plus loin, un peu comme un tapis volant que l’on actionnerait avec les jambes…

 

 

« Ouf ! Quelle expérience, quel beau pays, quel beau défi, beaucoup plus facile que je l’avais imaginé. Plus de deux semaines après mon retour, tout ce que je désire, c’est de repartir, pédaler de Bâle à Budapest, un autre 1200 km à parcourir pour découvrir, mais surtout pour réaliser mes rêves ! J’ai beaucoup voyagé dans ma vie, et cette expérience, a été pour moi, une des plus enrichissantes. »

 

 

Pour ceux qui ne se contentent pas de mots, et vous en êtes voilà un bon clic pour dérouler le voyage

 

 

 

 

 

Pour les philosophes, et vous en êtes aussi, méditez ces quelques citations

 

«Rester, c’est exister. Voyager, c’est vivre», Gustave Nadaud ; «Rien ne développe l’intelligence comme les voyages», Emile Zola ; «Qui n’a pas quitté son pays est plein de préjugés», Carlo Goldoni.

 

 

Mais la conclusion appartient à Robert et son Caribou : « De Nantes à Bâle, 1300 km de rêves ! »

 

 

Gilles Desnoix

 

 

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