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mercredi 9 novembre 2016 à 06:16

Une classe numérique inversée

Un projet unique en France fonctionne au Lycée Parriat



 

 

 Cela fait 3 ans que le Lycée Parriat, toujours à la pointe de la modernité, a mis au point sous la férule de Fanny Egger un projet d’enseignement innovant partant de postulats nouveaux et visiblement très efficaces.

 

 

Ceci fonctionne autour d’un temps de l’élève différent de la scolarité semblable. Mme Fanny Egger est le professeur principal de cette classe de seconde, elle est la cheville ouvrière de ce nouveau système, mais l’ensemble des professeurs de cette classe participent activement auprès de l’ensemble des élèves.

 

 

Autre particularité ce sont les professeurs qui se déplacent et non pas leurs élèves. Ces derniers ont leur salle à eux avec toutes les installations nécessaires et leurs tablettes dédiées.

 

 

 

Tout pour chaque élève à son rythme, chacun pour l’ensemble selon ses moyens, l’éducation comme outil, l’instantanéité comme accompagnement.

L’année scolaire commence par une formation de 3 semaines en CDI, et se déroule par un accompagnement de l’ensemble de l’établissement et de l’équipe pédagogique.

 

 

 

Il s’agit d’un projet unique en France par son intégration au sein du Lycée et par la portée des méthodes et moyens d’enseignement.

 

 

Et cela donne des résultats, 100% de la classe de seconde est passée en première directement, sans rattrapage, redoublement. C’est quand même une statistique de haut niveau.

 

 

L’idée de base ? Travailler sur les besoins individuels en gardant la cohésion du groupe et en favorisant le travail en équipe. Il y a en début d’année un entretien individuel poussé avec chaque élève pour faire le diagnostic de ses connaissances, capacités et compétences. Cela va servir de base au travail individualisé avec chaque élève.

 

 

 

L’individualisation comme moteur et non plus comme frein, l’inversion de la classe comme moyen et vecteur de qualité de l’apprentissage.

 

 

 

L’enseignant ne fait plus cours. L’élève dispose sur sa tablette de son propre répertoire.

 

A l’intérieur deux outils : une vidéo de 3 ou 4 minutes qui présente le sujet et une fiche à compléter. Chaque élève dispose d’un planning qui représente l’ensemble des tâches à effectuer avant, pendant et après l’exercice. Ce planning régit l’enseignement en séquences, chacun peut aller à son rythme. Certains élèves avancent plus vite que d’autres.

 

 

Et puis les élèves ont aussi, leur dossier personnel consultable en ligne, les corrections en instantané avec un quizz qu’ils peuvent télécharger.

 

 

On utilise des méthodes et outils qu’ils maitrisent parfaitement pour arriver à la maîtrise des enseignements fondamentaux.

 

 

 

L’intérêt c’est que tout se fait en temps réel, le professeur peut suivre le travail de chaque élève instantanément, compléter les explications, faire les observations. Il y a échange entre les deux. Mais autour des ilots, les tables rondes, tout le monde ne travaille pas forcément sur le même exercice, pas tous en même temps, il arrive souvent que plusieurs élèves travaillent, par équipe à des tables différentes sur diverses parties d’un même sujet. Et toujours ils ont le confort extraordinaire d’avoir un soutien instantané du professeur. Ils ont aussi beaucoup de latitude dans leur mode de fonctionnement personnel.

 

 

 

Une équipe pédagogique homogène, cohérente et soudée utilisant des supports communs affinés ensemble au fil du temps et de l’expérience.

 

 

On l’a dit tous les professeurs des deux secondes travaillent ainsi et l’avantage c’est que chacun peut suivre les efforts des élèves dans chaque matière et d’établir aussi des passerelles entre les enseignements dans des exercices transversaux.

 

 

C’est une démarche globale qui reçoit le soutien de tout l’établissement et en particulier le CDI qui fournit un apport énorme.

 

 

 

Cela permet de ne pas stigmatiser les élèves, de les rendre plus autonomes et surtout de s’auto évaluer en continu. Les conseils de classes réguliers ne font, en fait pour cette classe numérique inversée, qu’entériner le suivi au quotidien. L’élève peut à tout moment revenir sur son dossier individuel revoir tout ce qu’il a fait, mesurer le chemin acquis, poursuivre dans la bonne voie.

 

 

Tous semblables aux yeux de tous, plus de stigmatisation ou de discrimination.

 

 

Il faut savoir qu’un tiers des élèves sont « Dys »… dyslexie (trouble spécifique de la lecture), dyspraxie (difficulté de coordination des mouvements complexes), dyscalculie (trouble sévère dans les apprentissages numériques), dysorthographie (trouble de l’acquisition de l’expression écrite), dysphasie (trouble lié au « développement du langage oral), dysgraphie (difficulté à accomplir les gestes particuliers de l’écriture) ; c’est représentatif de la société française. Mais cela peut être cause de difficultés personnelles si cela n’est pas pris en charge comme on le fait dans cette classe numérique inversée.

 

 

 

Pour avoir parcouru un dossier anonymisé sur une année scolaire nous avons pu nous rendre compte des progrès fulgurants accomplis tant que l’orthographe, l’amplitude du vocabulaire, la longueur des réponses, l’esprit d’analyse, le style rédactionnel

 

 

 

Fanny Egger qui constate les résultats et chemine au jour le jour avec les enseignants explique ces résultats incroyables par l’autonomisation croissante des élèves qui travaillent par eux même et dans des conditions favorables, à leur rythme et surtout sans hiérarchie de classe. Aucun des élèves ne sait si son voisin de table est en avance ou en retard, s’il est « Dys » ou pas. Il n’y a pas de note et donc pas de bons ou mauvais élèves. Cette manière de fonctionner donne des résultats indéniable sur le décrochage… il n’y en a plus…

 

 

 

Quelle portée pour cette expérimentation ?

 

 

 

Alors bien sûr on va dire qu’il s’agit d’une expérimentation à petite échelle. Que nenni, une seconde classe de seconde vient d’entrer au bout de 3 ans dans le dispositif. Et la prochaine session de bac verra arriver la première classe expérimentale de seconde d’il y a 3 ans. Cela va être intéressant.

 

 

 

Et cette expérimentation intéresse beaucoup de monde, pas seulement dans l’académie ou le rectorat, souvent frileux, mais dans des établissements privés, des antennes de GRETA qui pourrait adapter ce système aux adultes.

 

 

 

Lors de l’année scolaire 2014/2015 Fanny Egger a participé au Forum de l’éducation à Seattle auquel étaient présents les représentants de 83 pays. Elle a pu présenter son projet. Ce qui a été fait aussi il y a deux ans au salon de l’éducation, Educatec Educatice

 

De plus elle tient en ligne des conférences en anglais pour présenter le programme à des enseignants d’autres pays.

 

Non ce n’est pas une expérimentation à petite échelle, il conviendra par contre de laisser le temps de l’évaluation et donc plusieurs cycles aboutissant au bac pour bien affiner les jugements.

 

 

 

Et sur le ressenti des uns et des autres il suffit d’entrer en salle de cours pour comprendre que du côté des élèves c’est l’adhésion totale, que du côté des enseignants si c’est plus de travail, c’est enfin faire son métier à fond, autrement, à l’envers des canons habituels, mais jouer un vrai rôle dans le devenir de chacun des enfants en temps réel.

 

 

Une nouvelle manière d’enseigner qui semble réellement porter ses fruits.

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

 

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4 commentaires sur “Une classe numérique inversée”

  1. roussillon dit :

    Si seulement cette forme d’enseignement pouvait augmenter les savoirs, savoirs faire et savoir être tout à la fois. !

    Si seulement la violence scolaire pouvait marquer le pas.

    En effet, toute société ne fonctionne qu’en alternant périodes de tension et de coopération, celle ci devant être encouragée au maximum.

  2. Daniel Z dit :

    Félicitation, Madame.
    Il n’a pas dû être facile de bousculer le système.
    Bon courage.

  3. Chiron17 dit :

    Bravo, Fanny ! Malgré les obstacles vous avancez en dehors des sentiers battus! Et vous réussissez votre pari!

  4. Babs210 dit :

    Cette « singularité » devrait devenir la normalité ; et là l’éducation nationale aurait tout gagné !!! Redonner l’envie de venir à l’école, d’apprendre… on devrait commencer dès le primaire. Bravo !!