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lundi 17 juillet 2017 à 15:07

France Eole au Creusot (Social)

Toujours en sursis



 

 

 

 

Ce lundi matin, dès 9h30 jusqu’à la fin de la matinée, les locaux creusotins de France éole recevaient au cours d’une réunion le Préfet de Saône-et-Loire, la Commissaire régionale au redressement productif et des représentants de la Directe.

 

 

A cette réunion étaient également conviés les représentants du personnel de l’entreprise pour faire le point sur l’engagement de l’État aux côtés des salariés et de l’entreprise.

 

 

Ni la direction, ni les services de l’État ne se sont exprimés à l’issue de cette rencontre.

 

 

En revanche, la CGT s’est montrée déçue mais aussi déterminée.

 

 

Des commandes bloquées à l’envoi

 

 

Jérémy Bertrand, délégué du personnel et représentant CGT indiquait que ni Monsieur Hulot ni les représentants de l’État ne souhaitaient actuellement se positionner sur le dossier de l’entreprise, la seule en France à produire des mâts d’éoliennes.

 

 

« On est dans le flou le plus total » s’exprimait-il ce matin.

 

 

Le 24 juillet constitue aujourd’hui une nouvelle date butoir, date jusqu’à laquelle des repreneurs potentiels peuvent déposer des dossiers d’offres.

 

 

Sur la question des repreneurs, les salariés semblent aussi dans le flou selon le syndicaliste : « On ne sait pas si un acheteur se positionne, ni combien de personnes il peut être prêt à reprendre ».

 

 

Aujourd’hui ce sont 160 personnes qui sont menacées dont 60 emplois sur le site dijonnais.

 

 

Et la CGT attend à présent des garanties. A l’issue de la réunion avec les représentants de l’État, une réunion des représentants du personnel s’est tenue dans les locaux de l’entreprise afin de fixer le cap des prochains jours. Conclusion : le blocage des commandes est maintenu. « On est prêt à ne rien lâcher » explique Jérémy Bertrand.

 

 

Parmi la centaine d’employés du site creusotin, la majorité réside dans le bassin creusotin. Toutefois une partie du bassin minier pourrait aussi être impacté, puisque plusieurs familles montcelliennes vivent grâce à France éole.

 

 

Et les fournisseurs pourraient être aussi directement impactés par la fermeture du site. La CGT avance le chiffre de 160 emplois qui pourraient être ainsi menacés en plus de ceux de France éole.

 

 

Des promesses et du flou

 

 

Ce lundi matin, le Préfet de Saône-et-Loire aurait, selon la CGT, fait la promesse d’une offre pour lundi prochain. Mais la CGT n’a pas la moindre idée de ce qu’elle contiendrait : combien de salariés repris ? Quand ? Dans quelles conditions ?

 

 

Les services de l’État demanderaient aux salariés de lever au moins partiellement le blocage des commandes en expédiant trois mâts et afin de faire rentrer des liquidités dans la trésorerie. L’expédition de trois mâts représenterait 2700000€.

 

 

Toutefois les salariés restent opposés à cette demande puisque, indiquent-ils, ils ne savent pas ce que va devenir cet argent.

 

 

Le flou sur la santé financière de l’entreprise est aussi un autre point de friction et de frustrations chez les salariés. Jérémy Bertrand raconte : « On savait que le bilan était mauvais. Mais la direction nous a assuré que l’actionnaire principal nous soutenait. Le 16 mai dernier, on a appris qu’on était en redressement le 17 mai. Les salariés ont tout fait pour l’entreprise. On a des gens jeunes et des moins jeunes. Certains ont quitté une vie, ont suivi une formation. Que vont-ils devenir ? »

La reconversion des salariés semble d’après les syndicats assez difficile et demandera le cas échéant de nouvelles formations car les compétences acquises chez France éole ne semblent pas transposables directement à d’autres métiers de l’industrie métallurgique.

 

 

Monsieur Hulot silencieux et le site de Dijon effacé

 

 

La CGT dénonce un discours contradictoire au niveau politique entre l’annonce de la fermeture d’EPR en France et le développement durable.

 

 

« On a fait une lettre ouverte la semaine dernière à Nicolas Hulot. Nous n’avons reçu aucune réponse » nous indiquent les syndicalistes CGT.

 

 

Et d’ajouter : « Dans un article, il ne parle ni de l’éolien ni de l’hydraulique. On est face à une écologie à deux vitesses ».

 

 

La direction de France éole quant à elle aurait promis à Dijon, selon les syndicalistes, qu’ils seraient sauvés. Et toujours selon la CGT, elle serait à l’origine d’un clivage entre les deux sites de production.

 

 

Mais rappelle Jérémy Bertrand : « On a tous un but commun : la préservation des emplois. ».

 

 

A ce jour, la CGT a connaissance de deux repreneurs : Baudin Chateauneuf (spécialiste de l’éolien) et Matière (spécialisé dans les ponts métalliques démontables). Le deuxième repreneur potentiel serait intéressé uniquement pour reprendre une cinquantaine de personnes. Mais là-encore, les salariés n’ont aucune garantie.

Ce mardi, une entrevue entre les représentants des salariés et l’actionnaire principal est prévue. A l’issue de celle-ci, de nouvelles actions pourraient être mises en place par les salariés.

 

 

« On peut imaginer plein de choses » a ainsi conclu Jérémy Bertrand.

 

 

Dossier à suivre.

 

 

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