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mardi 4 avril 2017 à 15:51

Digoin (Social)

L’appel des salariés d'Allia !



 

Denier acte en date des salariés de cette entreprise, un appel solennel !

 

« Voici plusieurs mois que les salariés ALLIA de Digoin et de La Villeneuve au Chêne sont en lutte, non pas contre GEBERIT, mais pour le maintien de leurs usines sur leur territoire et leurs emplois. Le projet de PSE de la Direction Française doit mener à la fermeture pure et simple des deux usines de production en céramique sanitaire et laissera sur le carreau 256 salariés.

Faisant fi d’une direction française arque-boutée sur ses positions et refusant d’entamer une discussion sur un projet alternatif, les Représentants Syndicaux Centraux ont donc décidé fin Février d’adresser un courrier au Président suisse du Groupe GEBERIT, M. Christian Buhl. Cette lettre avait les objectifs suivants :

Informer le président et son conseil d’administration que le PSE initialement prévu par la Direction française avait échoué. Non pas pour s’en enorgueillir mais pour être certain que l’information avait été relayé jusqu’aux plus hautes instances du groupe GEBERIT, la méfiance étant de mise étant donné les discours « langue de bois » que la direction française a pris l’habitude de tenir devant les élus du personnel depuis un an déjà.

Réaffirmer la volonté des salariés de rester dans le groupe GEBERIT et de pouvoir discuter intelligemment de manière collaborative sur un projet alternatif, permettant tout ou partie des structures française de pouvoir continuer à exister.

Préciser que les pouvoirs publics sont prêts à apporter leur aide. Il était important de le souligner lors de l’envoi de ce courrier, puisqu’une table ronde avec les ministères du Travail et de l’Economie était prévue une semaine plus tard.

Briser la glace avec la Direction du Groupe et sortir d’un conflit contre-productif.

Le 22 mars, une réponse du président Christian Buhl arrive dans les boites mails des délégués syndicaux centraux. Stupeur et consternation générale…

Leur président, dans une courte lettre, précise que le conseil d’administration du groupe a approuvé le projet de la direction française et qu’aucune solution alternative ne peut être valablement retenue d’après eux. Il incite les salariés à cesser le conflit et les élus du personnel à revenir bien gentiment à la table des négociations pour initier le seul dialogue qui lui paraisse constructif à ses yeux, celui de négocier les mesures d’accompagnement et de reclassement liées à un plan social.

Les élus du personnel de la société ALLIA font donc la réponse suivante par voie de presse :

« M. Christian Buhl (président du groupe GEBERIT), M. Marc-Antoine Muller (Directeur Général de la société Allia) vous nous semblez bien trop sûr de vous, une défaite ne semble pas avoir été suffisante pour vous motiver à changer votre stratégie. Si vous êtes capable, M. Buhl de payer la lourde facture de deux champs de ruines industrielles, vous êtes également capable d’investir une somme plus modique dans nos structures françaises pour les rendre plus compétitives.

Nous sommes restés courtois, honnêtes, francs, et avons respectés toutes les règles de politesses et de bienséances jusqu’à aujourd’hui et à aucun moment nous n’avons enfreint la loi, ce qui n’a pas toujours été votre cas. Votre entêtement à nous considérer comme des moins que rien, à dénigrer les tentatives de dialogue de nos élus, et le mépris que vous avez affiché jusque devant les représentants des ministères français ne laissent plus planer de doute sur le complexe de toute puissance dans lequel vous vous complaisez.

Nous sommes du peuple français, avec notre fierté légendaire légué de nos ancêtres les gaulois, et notre insoumission à toutes formes du modèle féodal n’est pas une légende. La devise révolutionnaire de notre peuple, « Liberté, égalité, fraternité » ne saurait être piétiné par la tyrannie de la finance et du capitalisme débridé. Le peuple qui a vu naître Voltaire et Molière ne saurait laisser vos politiques imbéciles s’appliquer sans résistance, nous ne tolérons pas d’être rabaissé au rang d’idiots tout juste bon à quémander des cacahuètes en guise de dédommagement pour le préjudice que vous avez l’intention de nous infliger.

Comment dans une société qui a mûrie des concepts comme “le partage du temps de travail (35h)“, “les Risques Psycho-Sociaux“ et “la pénibilité au travail“, pouvez-vous espérer appliquer un projet aussi choquant et traumatisant de patrons voyous. Votre comportement est aussi rétrograde et arriéré que le bizutage dans les écoles, le machisme, l’alcoolisme sur le lieu de travail ou le tabagisme dans les lieux publics, et se doit d’être sanctionné par ceux qui le subissent.

Nous ne sommes pas dupes de la connivence Franco-suisse qui transpire de votre réponse, vous pouvez persister à mettre des rondeurs dans vos écrits et à édulcorer vos propos avec nos propres textes de lois, sachez que pour les salariés d’ALLIA, le temps du politiquement correct est révolu.

Une guerre ouverte ne peut que provoquer des dégâts collatéraux forts regrettables. Vous avez ignoré notre première sommation de vous voir passer à la table des négociations pour un projet alternatif l’an dernier, vous avez ignoré la deuxième lors de la table ronde avec nos représentants du peuple au ministère du Travail, nous vous recommandons très fortement de ne pas ignorer la troisième ce mercredi 05 Avril 2017 et de faire une annonce constructive devant votre assemblée générale des actionnaires. Toutes nations confondues, nulle part, aucune loi n’oblige à plus de trois sommations. »

Pour clore cet ultimatum, nous vous rappelons M. Christian Buhl, que les résultats que vous affichez ne vous permettrons pas de justifier nos licenciements pour des raisons économiques et que votre responsabilité, M. Marc-Antoine Muller, dans l’absence des investissements que vous orchestrez depuis plus de dix ans sur nos usines ne vous autorise aucunement à pointer la compétitivité comme la raison première de cette décision purement arbitraire et inacceptable. »

 

 

allia 31 01 17



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