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L'annonce mardi, par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, d'une taxe sur
les organismes de complémentaires santé fait réagir; à commencer par les
responsables des mutuelles. Jean-Pierre Emorine, directeur du GRM, est de
ceux là et il ne mâche pas ses mots quant à cette décision.

" Le gouvernement confond assurances et mutuelles, si les premières
sont peut-être riches, les secondes, elles, ne le sont pas ! Il y a
d'ailleurs une contradiction dans le discours puisqu'il y a peu, on nous a
obligé à augmenter notre ratio de solvabilité de 63% parce que l'Etat
estimait qu'il n'était pas suffisant. Tout cela fait partie d'un plan de
communication bien huilé... " attaque-t-il.
Et de poursuivre : " nous savons qu'il y aura taxe mais nous ne savons
pas encore précisément à quelle sauce... On croit savoir qu'il s'agit de
passer la taxe C.M.U. (N.D.L.R. : couverture sociale gratuite)
de 2,5 à 5,5% sur les cotisations des mutualistes. Pour le GRM, cela
représenterait près de 770 000 euros par an (de 600 000 à près de , près de
deux fois notre résultat d'exploitation de l'année dernière et une
augmentation de cotisations, pour les familles, de 22 euros par an.
Incompréhensible au moment où l'on parle d'augmenter le pouvoir d'achat. En
plus, cela va accentuer ce que l'on constate déjà c'est la baisse de la
couverture des mutualistes. On le voit déjà avec des réductions des
garanties, des abandons de la mutuelle, l'abandon des soins de prévention ou
de mieux-être chez ceux qui n'ont pas d'aide de leur entreprise ! "
Autre " sujet " qui énerve M. Emorine : le ratio Prestations/Cotisations
que le gouvernement annonce d'environ 75% alors qu'il est de 86% (82% en
2006) au GRM. " Quand on nous donne 100, on verse 86, nous "
insiste-t-il pour bien se démarquer des assurances.
Ses " remèdes " ? Déjà lutter contre les dépassements de tarifs, sortir
les hôpitaux de laquelle où ils se trouvent alors qu'on leur en demande de
plus en plus, accentuer la politique d'encouragement des médicaments
génériques, mieux gérer les A.L.D. (affections de longue durée) etc.
En attendant, une chose est sure, si les mutuelles mettent leur " menace
à exécution ", c'est à dire répercuter cette taxe sur leurs adhérents (ce
qui est probable), le pouvoir d'achat des français en prendra encore un
coup.
Pascal BERTHIER
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