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" EDF n’a cessé, durant ces trois derniers mois, d’alimenter la une des
journaux économiques et financiers européens sur des rumeurs d’achats de
sociétés étrangères, à coup de centaines de millions d’euros, voire de
milliards…
Le 31 juillet, son Conseil d’Administration a arrêté les comptes du second
semestre 2008, affichant un résultat net de 3,1 milliards d’euros, (bien
qu’en recul), un cash flow opérationnel (stable), à un niveau élevé de
6,4 milliards. Quant aux investissements opérationnels, en forte croissance
en France et à l’international, ils s’élèvent à 4,1 milliards d’euros ! En
France, le chiffre d’affaires s’élève à 17,8 milliards d’euros, en
croissance de 8%, en raison du dynamisme des ventes en volume auprès de la
clientèle finale et des évolutions des prix de marché.
La bonne santé économique et financière d’EDF n’a pas empêché son Président
de demander à l’Etat une augmentation tarifaire conformément à la Loi du 09
août 2004, qui inscrit durablement la logique d’évolution systématique des
tarifs de vente intégrés. Le Contrat de Service Public Etat - Entreprise qui
suivit en 2005 a cependant permis depuis, et jusqu’en 2010, de limiter
l’impact des augmentations tarifaires pour les particuliers, en limitant ces
dernières au niveau de l’inflation.
Bien que l’argument évoqué par EDF concerne non seulement la prise en compte
de l’inflation, mais aussi la couverture de ses investissements de long
terme, le gouvernement ne propose qu’une hausse de 2 % pour les
particuliers, alors que l’inflation au premier semestre atteignait 3,5 %.
La FNME CGT considère que cette augmentation tarifaire d’un bien aussi
fondamental que l’électricité, en plein marasme social, au cœur de la
période estivale, est injuste et injustifiée.
Elle pose bien sûr la question du service public dans son ensemble et de son
financement sur le long terme, dans une logique de solidarité humaine,
sociale et territoriale, mais aussi celle de l’intervention publique pour
imposer de nouveaux choix dans la transparence.
C’est pourquoi, la FNME CGT demande la création d’une commission
indépendante réunissant des représentants des associations de consommateurs,
des élus et des organisations syndicales, dont une des missions serait le
contrôle et l’évaluation des coûts et des trajectoires tarifaires.
La question de l’architecture tarifaire est fondamentale. Elle passe par une
mise à plat de la fiscalité, les taxes pesant 40 % du montant des factures
d’électricité des particuliers, et par un bilan de la déréglementation afin
de mesurer l’impact à l’interne de la multiplication des procédures, donc
des coûts, due à la séparation des activités, des filialisations, des
mesures d’ajustement pour les gros consommateurs…, mais également à
l’externe des conséquences de la concurrence, doctrine toujours au cœur du
système énergétique européen ".
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