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mardi 17 novembre 2015 à 05:04

Histoire de la pyramide de Montceau…

...« ton nom durera auprès des hommes » !



 

 

Répondant à la demande d’un fidèle lecteur : en l’occurrence monsieur Bernard Régnier, adjoint au maire de l’époque de sa mise en place, nous avons demandé à notre ami Gilles de travailler ce dossier qui a fait couler beaucoup d’encre quand il avait été annoncé qu’elle allait disparaître, il n’en n’est rien et tant mieux. Cela étant voici l’histoire de ce « monument ».

 

 

 

 

« Tu ne t’éteindras pas, tu ne finiras pas. Ton nom durera auprès des hommes. Ton nom viendra à être auprès des dieux. »

 

C’est ce qui était inscrit dans la tombe du Pharaon Pepi 1er située à Saqqarah.

 

Il semble qu’il n’en soit pas de même pour le monument du Parc Saint Louis.

 

 

Une polémique était née des travaux récemment réalisés dans le parc Saint Louis. On y déplorait la destruction de la Pyramide qui, en fait, est toujours debout comme le veau d’or (contrairement au vaudou qui est toujours dehors).

 

 

Et les commentaires pas toujours amènes nous ont amenés à réfléchir sur la nécessité d’un effort de mémoire. Nous ne sommes pas en Egypte ou chez les Olmèques, Toltèques, Zapotèques, Mixtèques, Aztèques, Mayas, Incas, Moches, Chibchas et Cañaris (tous constructeurs de pyramides de toutes sortes) alors pourquoi une pyramide ? Surement un symbole…

 

 

Les symboles… le monde a besoin de symbole, la vie elle-même est très symbolique. Les symboles reflètent une réalité d’ordre supérieur à partir d’une représentation d’ordre inférieur nous dit le bouddhisme.

 

Mais nous retrouvons cela dans la mythologie grecque, romaine, même de l’âge du bronze, les religions du livre, le paganisme et tout le toutim.

 

Donc le symbole est un marqueur de la compréhension du monde dans lequel nous vivons. Et lorsque l’on parle d’ordre supérieur et d’ordre inférieur on peut n’émettre aucun jugement de valeur mais simplement conceptualiser des réalités industrielles qui ont forgé l’environnement et les paysages dans lesquelles nous vivons.

 

Bon, en mots simples prenez un terril (c’est une image sinon c’est trop gros pour vos petits bras) est-ce que ça ne ressemble pas à une pyramide ?

 

Pas convaincus, bon alors prenez la tour Eiffel, non c’est trop grand et exogène, prenez plutôt un chevalement… ça ne ressemble pas à une pyramide ?

 

 

Bon la symbolique est plantée, maintenant voyons le décor auquel elle s’applique.

 

Les découvertes… pas celle de l’Amérique ou du pré ado pubère, non les découvertes de Montceau, de Sanvignes et tout le toutim.

 

Les découvertes sont des mines à ciel ouvert par opposition aux mines souterraines. Elles génèrent des excavations qui ressemblent à de vastes pyramides inversées vues de l’intérieur, elles génèrent aussi des terrils qui les représentent en plus petit.

 

 

D’où, quel symbole choisir lorsque l’on veut réhabiliter un site qui se présente comme une vilaine cicatrice ? La Pyramide.

 

 

Enfin c’est ce qu’on dû penser les membres de l’équipe Perreaut et Plisson lorsqu’ils ont répondu au concours national lancé pour couronner le gigantesque chantier d’une œuvre d’art.

 

 

En effet il faut se représenter cette partie de Montceau les entrailles clapotantes à l’air lorsque les houillères ont décidé en 1982 que l’on arrêtait l’extraction. On ne peut pas dire que ce soit un beau spectacle.

 

Les élus de l’époque en ont une vive conscience et ils décident de lancer un concours national ouvert aux urbanistes avec pour objectif la définition d’un projet d’aménagement global du site.

 

A l’époque c’est Bernard Régnier, Adjoint au Maire de Montceau, Président de la commission Urbanisme et environnement, chargé de la réhabilitation du site Minier, qui manage le dossier.

 

De ce concours il résulta une décision municipale d’une première tranche de 50ha et d’un schéma directeur d’aménagement de la totalité du site de 350 ha.

 

 

C’est un projet énorme (on le mesure mal aujourd’hui) avec des terrassements et des mouvements de terre impressionnants, (des centaines de milliers de m3) du travail pharaonique donc.

 

Une nouvelle ville allait être modelée par cette opération de chirurgie esthétique réparatrice. Mais si l’on effaçait les stigmates de l’activité humaine on effaçait aussi les traces du passé glorieux de cette cité bâtie avec la sueur des mineurs et de leurs familles. Il fallait que ce superbe parc qui allait naître conservât mention de cette épopée et ne trahisse pas le passé minier. L’idée est née de surmonter le point le plus élevé, le « point sublime » d’un « signal », colonne, statue ou symbole.

 

On lança donc l’idée d’une pyramide, symbole d’éternité, donc symbole de mémoire à jamais vivante, rappel de ces convulsions industrielles de la terre qui fut creusée (maintenant remplacée par un lac) et rehaussée de ses propres entrailles.

 

On y retrouvait la conceptualisation des chevalements, des terrils, de tout ce qui fait la mine.

 

 

Le 11 décembre il y eu le jugement du concours. C’est Bernard Régnier qui présidait. Les membres officiels du jury étaient, pour le Direction départementale de l’équipement, Mrs Archambaud, Chambon, Montagne, Desportes ; puis M. Balland paysagiste conseil, M. Lenormand Chef du service départemental de l’architecture, M. Rupich représentant le Président du Conseil des architectes.

 

 

Le projet retenu est celui de Mrs Perreaut et Plisson. Ils proposent une pyramide très aérienne dont les pylônes matérialisent en fait les arrêtes d’un monument immatériel et qui rappelle certains quadripodes de levage.

 

 

Ce monument d’une vingtaine de mètres de haut offre une plateforme magnifique permettant au visiteur de contempler les alentours à une altitude de 87 mètres au-dessus du lac Saint Louis. Une cascade magnifique descendait de la pyramide dans la plaine en dessous.

 

 

Ce projet était magnifique, il fut retenu, il fut construit, il en reste aujourd’hui la pyramide. Les ornements ont disparus (pour des raisons de sécurité dit-on) en attendant qu’on les remplace, mais la pyramide est toujours là symbole vivant du bassin minier.

 

Rappelons le communiqué de Marie-Claude Jarrot : « Le manque d’entretien délibéré de la cascade depuis ces derniers mandats de la précédente municipalité a contraint à réfléchir à un nouveau projet : avec l’urgence de sécurisé le site. La pyramide fait l’objet d’un programme de rénovation pour lui rendre toute SA visibilité perdue ces années passées. »

 

 

Le Maire initiateur du projet était M. André Jarrot (1965/1987) et le Maire réalisateur de la pyramide M. Michel Thomas (1987/1995). Mais sous ces deux premiers magistrats ce fut le même homme qui symbolisa le projet : Bernard Régnier Adjoint au Maire de Montceau (1965/1995).

 

 

Voilà ce que l’on peut dire pour rappeler aux Montcelliens de maintenant ce que fut leur histoire d’il y a 30 ans.

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

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8 commentaires sur “Histoire de la pyramide de Montceau…”

  1. Alain.A dit :

    Personnellement je préfère voir cette pyramide comme un monument du souvenir en déformant une phrase célèbre « du haut de cette pyramide des milliers de vies de mineurs nous regardent »

  2. montcellienbis dit :

    N’OUBLIEZ JAMAIS QUE SI CETTE BELLE CASCADE QUI A FAIT LE BONHEUR DES ADULTES ET SURTOUT DES ENFANTS A DU ÊTRE DÉTRUITE C’est de la faute totale DE L’ANCIENNE MUNICIPALITÉ QUI N’A RIEN FAIT PENDANT 19 ANS POUR L’ENTRETENIR EN BON ÉTAT.
    iL FALLAIT FAIRE DISPARAITRE PETIT à PETIT CE QUE L’ANCIENNE MAJORITÉ AVAIT FAIT COMME CHANGER LE NON DU CAR ? SUPPRIMER LA STATUE QUI TRÔNAIT SUR LA PLACE DE LA MAIRIE ? REMPLACÉE PAR SIX PISSEROTES ? ET ENFIN LA CASCADE.
    ET QUE CELUI QUI DIT LE CONTRAIRE DANS UN COMMENTAIRE AI LE COURAGE DE LE SIGNER , sinon je tirerai la chasse d’eau.
    J C REY

  3. rosemicjar dit :

    Je préfère dans le commentaire « la rénovation du cette opération de chirurgie esthétique réparatrice ». Quelle joli parc!….Cela a dû représenter, un travail considérable…..Quant à cette pyramide, pourquoi son artiste n’est pas intervenu, ni les politiques de l’époque? …….. Et pourquoi toujours mettre en cause la municipalité précédente……Une raison doit exister…….

  4. MT71 dit :

    André Jarrot, le Dr Michel Thomas et Bernard Régnier ont fait un énorme travail dans la reconquête de ce paysage minier.

    La pyramide en est l’aboutissement, mais n’oublions pas sur ces anciennes carrières : le CRAPA, les lacs st Louis et St Pierre, le golf, les jeux …..

    Je me souviens qu’en 1995, la nouvelle équipe municipale n’émettait que des critiques sur ces réalisations, puis en voyant que la population était attachée à ce site, ce fut l’opération récupération !
    Malheureusement, comme le reste, aucun entretien sérieux n’a été fait.
    Personnellement pour répondre à rosemicjar, je mets en cause la municipalité précédente pour avoir d’une part voulu occulter tout le travail d’André Jarrot, du Dr Thomas par une récupération acharnée., et d’autre part d’avoir laissé le patrimoine en état d’abandon (centres de loisirs, pyramide, écoles ….)

    J.Talpin