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samedi 3 septembre 2016 à 07:49

Araignée du soir…

Nouvelle et très instructive contribution de notre ami : Electron Libre



Une « contribution » qui devrait (du moins, nous l’espérons) de notre ami Electron Libre.

 

Souhaitant apporter un petit complément relatif à votre article sur l’araignée « Épeire » (Quiz d’un lecteur de st-eusèbe / Mercredi 31 Août / 12h29) , je me permets de vous faire parvenir ces quelques lignes illustrées par des photographies qui ne sont pas admises par le « module commentaire » !

Avec mes remerciements !

 

 

Bien amicalement !

 

 

Electron libre .

______________________________________________________

 

Venins et Toxines chez les araignées

 

 

Les araignées souffrent en général d’une très mauvaise réputation, due en grande partie aux idées reçues développées et propagées à leur sujet !

 

 

Certaines araignées peuvent effectivement nous inquiéter de par leur taille impressionnante telles les grandes Hétéropodidés qui peuvent pénétrer dans les maisons ou les grandes araignées loups, « lycoses » qui vivent dans la nature.

 

 

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Cependant leur taille ne donne aucune indication sur leur dangerosité !

 

 

Les araignées sont le plus souvent des animaux timides et peureux qui en règle générale préfèrent fuir pour se cacher quand ils en ont la possibilité !

 

Dans le cas contraire, si elles se sentent acculées, elles se mettent en position de défense et tentent d’exagérer leurs dimensions en levant la première paire de pattes (pédipalpes) et parfois en découvrant leurs crochets (chélicères) .

 

 

(Une araignée ne « pique » pas , elle « mord » !)

 

 

Elles fabriquent un poison chimique redouté dans les esprits, cependant ils n’ont pas tous les mêmes effets et leur toxicité diffère selon les espèces.

 

 

De plus, l’inoculation d’enzymes digestives entraîne de possibles réactions locales.

 

 

Chez les araignées, la fonction venimeuse est située dans le céphalothorax.

 

 

Les venins ont un rôle essentiellement alimentaires et sont synthétisés par des glandes salivaires modifiées; ils s’écoulent ensuite dans un canal et passent dans les chélicères.

 

 

Ces chélicères sont des pièces buccales situées au milieu juste entre les pédipalpes; si leur forme et placement diffère selon les espèces, ils ne donnent par contre aucune indication sur la toxicité du venin.

 

 

Ils sont par contre révélateurs de l’utilisation que l’araignée en fait selon les proies concernées les chélicères sont plus ou moins longues pour percer des carapaces dures par exemple.

 

 

Les Aranéomorphes sont pour la plupart incapables de transpercer la peau humaine !

 

 

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Le peu de venin qu’elles pourraient inoculer est insignifiant pour un être humain même s’il est mortel pour un insecte.

 

 

Ils servent à tuer et digérer les proies.

 

 

L’injection de venin n’est pas systématique, notamment quand l’araignée parvient à contenir la proie uniquement avec les crochets, les pédipalpes et les pattes.

 

 

Les araignées digèrent leurs proies à l’extérieur de leur corps et ne peuvent ingurgiter que des liquides et de la bouillie.

 

 

Quand le venin et les enzymes ont fait leur effet, la nourriture est réduite à une masse informe.

 

 

La soie qui emballe et maintient les proies permet souvent d’éviter qu’elles ne se disloquent quand l’araignée en absorbe le contenu.

 

 

Certaines comme les Thomisidés (araignées crabes) au venin proportionnellement puissant ne font que deux trous par lesquels elles injectent leurs toxines et absorbent le contenu; leurs proies conservent un aspect extérieur intact.

 

 

Leurs composants sont très divers aussi pour simplifier on les divisera en deux catégories :

 

 

– neurotoxiques (Atrax, Phonentria, Latrodectus)

 

 

– nécrosant (Segestria, Loxoceles, Lampona, Lycosa, Cheracantium ,Tegenaria)

 

 

Comme certaines toxines de scorpions,plusieurs venins d’araignées agissent sur les récepteurs des canaux assurant la transmission de l’information nerveuse en libérant des neurotransmetteurs ou médiateurs chimiques.

 

 

Les polyamines provoquent une paralysie flasque (décontraction totale comme avec le curare) quasi inoffensifs sur l’homme mais pas sur les insectes.

 

 

Ils agissent sur les récepteurs des canaux ioniques.

 

 

Les peptides agissent sur ces mêmes canaux chez les insectes et les humains et sont actifs sur les jonctions entre les neurones(synapses)ou entre les neurones et les muscles (plaque motrice).

 

 

la synapse est un minuscule espace entre deux neurones.

 

 

L’influx nerveux (potentiel électrique) déverse des molécules transmettant un message au neurone suivant.

 

 

En une fraction de seconde, la transmission de l’information passe d’électrique à chimique.

 

 

La quantité de molécules (neurotransmetteur) conditionne donc la force et la durée de la contraction.

 

 

Si la sécrétion de neurotransmetteur stoppe, plus aucune communocation ne passe, donc plus aucune contraction n’est possible (paralysie flasque)

 

 

Si cette sécrétion augmente, la contraction est constante (paralysie contracturante).

 

 

Les enzymes s’attaquent aussi au sang (hémolyse) et à l’épiderme (nécrose) ce qui augmente ainsi la diffusion du venin dans les tissus.

 

 

Chez beaucoup d’araignées, les protéines sont actives sur les invertébrés (proies) et aussi sur les vertébrés qui sont leurs prédateurs.

 

 

On cherche des applications en physiopathologie pour lutter contre les cancers, épilepsie, etc…

 

 

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Composition: 3 types de molécules

 

 

– Petits composés : ions, acides aminés, neurotransmetteurs, amines biogènes.

 

 

– Plus grands : peptides (chaînes d’acides aminés).

 

 

– Enormes : protéines (chaînes de peptides).

 

 

Il n’est pas encore certain que les enzymes digestives retrouvées dans les venins fassent à proprement parler partie de ce même venin.

 

 

Ces enzymes complètent l’action du venin mais ont au départ une fonction alimentaire.

 

 

De plus on a remarqué qu’après la morsure, les araignées régurgitent de la salive qui contient des enzymes digestives.

 

 

Toxines nécrosantes : mélanges d’enzymes détruisant nos propres protéines, graisses, eau, tissus et sang.

 

 

L’envenimation dépend de l’espèce concernée , du sexe (la femelle étant plus dangereuse) , de l’âge et de la santé de l’animal !

 

Sur 60 familles de « Labidognathes » , 1 sur 5 compte des espèces potentiellement dangereuses .

 

 

Sur 37 000 araignées connues , moins de 100 présentent un danger éphémère et bénin pour l’homme !

 

 

Seules 8 ou 10 espèces sont réellement dangereuses . L’issue mortelle restant tout à fait exceptionnelle !

 

 

Familles Européennes « Dangereuses » :

 

 

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Théridiidés :

 

 

Cette famille compte 1500 espèces.Seul le genre Latrodectus comporte des espèces réellement dangereuses : les fameuses « Veuves noires ».

 

 

Présentes sur tous les continents, elles sont plus ou moins dangereuses et portent pour la plupart un dessin assez caractéristique en forme de sablier ou diabolo, souvent rouge, parfois seulement deux bandes ou points sur l’abdomen; le dessin est parfois peu visible.

 

 

Ces motifs sont variables selon les espèces, certaines ne sont pas noires mais bien plus colorées.

 

 

De moeurs discrètes, elles tissent des toiles de formes désordonnées dans des endroits peu accessibles et sombres.

 

 

De toutes les araignées habitant la région méditerranéenne, seule la veuve noire ou malmignatte est réellement dangereuse !

 

 

Cette espèce reste le plus souvent dans un petit tunnel débouchant dans sa toile qui a sa base sous un rocher ou dans une anfractuosité et son extension dans la végétation environnante.

 

 

Elle ne s’en éloigne guère et disparaît dans le tunnel à la moindre alerte.

 

 

Cette toile est peu visible à hauteur d’homme, les accidents concernent donc le plus souvent des agriculteurs en périodes de récoltes ou des travailleurs routiers en période de travaux.

 

 

La morsure, peu douloureuse au début est négligée sur le moment.

 

 

Cependant, le système lymphatique commence à enfler douloureusement au bout de 10mn à 1 h.

 

 

Le venin contenant une neurotoxine provoque une tétanisation des muscles faciaux et abdominaux.

 

 

Si les muscles respiratoires sont concernés, l’issue peut être fatale…

 

 

Après quelques heures on ressent des contractures abdominales, hypersudation, fièvres puis refroidissement hypertension, nausées, vomissements, tremblements.

 

 

Parfois troubles visuels et respiratoires, accélération du rythme cardiaque, perte de connaissance.

 

 

Ces symptômes sont accompagnés d’angoisses pouvant durer plusieurs jours.

 

 

Parfois , des symptômes dermatologiques apparaissent dans les 2 jours après la morsure .

 

 

Un sérum antivenin contre le latrodectisme existe et apporte une amélioration rapide.

 

 

L’injection de dentrolène (décontractant musculaire) fonctionne bien aussi !

 

 

Aux USA, 4% des morsures sont fatales !

 

 

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En France, les venins de cette famille ont été encore peu étudiés et on peut donc penser qu’on retrouve certaines toxines semblables chez d’autres membres de la famille.

 

 

Steadota Paykulliana ressemble d’ailleurs beaucoup à une veuve noire et vit dans les régions méditerranéennes comme Teutona grossa.

 

 

La malmignatte ou veuve noire, Latrodectus tredecimguttatus, est cantonnée au Sud de la France et plus largement répandue en Corse et en Italie.

 

 

Le centre anti poison de Marseille a recensé en Provence Alpes Côte d’Azur, Corse et Languedoc Roussillon , 30 cas d’envenimation entre 1973 et 1993, très variable selon les années :

 

 

25 en Corse,

 

 

3 dans les Bouches du Rhône,

 

 

1 dans les Alpes Maritimes,

 

 

1 dans les Hautes Alpes.

 

 

De la même famille, la malmignatte almoravide (Afrique du Nord et Espagne) et la malmignatte balafrée, du Sud de l’Europe.

 

 

Mode de chasse semblable à celui de Latrodectus.

 

 

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La morsure des femelles adultes peut causer des complications.

 

 

Des études toxicologiques ont mis en évidence une similarité de son venin avec celui de la veuve noire.

 

 

Loxocélidés :

 

 

Même si elles sont toutes potententiellement hostiles , seules les espèces vivant sur le continent Américain semblent présenter un réel danger !

 

 

Les Loxoceles se plaisent aux abords et dans les habitations humaines, dans les lieux sombres et parfois humides.

 

 

Ce sont des animaux très discrets qui portent sur le céphalothorax un dessin en forme de violon.

 

 

Loxoceles distincta et rufescens habitent le Sud de l’Europe et sont aujourd’hui cosmopolites.

 

 

Les deux espèces ont été mises en synonymie.

 

 

Sa morsure agit plus localement, en général les symptômes légers disparaissent en quelques jours.

 

 

Dans un cas sur dix apparait une dermite nécrosante parfois spectaculaire ressemblant à une brûlure.

 

 

La morsure se produit en général de nuit, pendant le sommeil.

 

 

Le lendemain, apparaît un érythème (rougeur) localisé puis vient la douleur.

 

 

La plaie présente un halo érythémateux rouge, une zone ischémique claire avec au centre une zone nécrotique noir bleuté.

 

 

Ecoulement et décollement cutané avec parfois une surinfection.

 

 

La guérison s’effectue sur plusieurs mois !

 

 

Ségestriidés :

 

 

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80 espèces réparties dans toutes les régions tempérées.

 

 

Vivent dans une toile tissée dans une anfractuosité, muret de pierre.

 

 

La ségestrie florentine (Segestria florentina) est caractérisée par de gros et puissants chélicères dont les articles basaux sont vert vif.

 

 

N’hésite pas à attaquer si elle se sent menacée.

 

 

Morsure très douloureuse.

 

 

Position caractéristique : les 4 paires de pattes repliées en avant.

 

 

Pas de réel danger, mais des cas de plaies suppurantes ont été rapportées !

 

 

Salticidés ou « araignées sauteuses » :

 

 

4000 espèces, très communes et très faciles à observer quoique très petites.

 

 

Facilement reconnaissables grâce à leurs gros yeux, elles avancent et chassent en sautant.

 

 

Pas d’espèce à redouter en Europe.

 

 

Gnaphosidés :

 

 

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Vivent dans les milieux tempérés, dissimulées dans une loge pendant la journée, elles sortent la nuit pour chasser.

 

 

Lampona( dangereuses nécroses cutanées), Herpyllus en Australie .

 

 

Quelques représentants en France et en Europe, petites araignées errantes aux moeurs nocturnes: Drassodes, Herpyllus, Zelotes.

 

 

Rien à redouter !

 

 

Thomisidés ou « araignées crabes » :

 

 

On rencontre les araignées crabes partout, il en existe 2000 espèces.

 

 

Souvent très colorées, elles se dissimulent dans les fleurs et sont capables de se déplacer de côté (latéralement).

 

 

Leur venin est proportionnellement puissant car elles attrapent de grosses proies qu’elles tuent instantanément par une morsure derrière la tête.

 

 

Leurs chélicères sont acérés et les proies ne sont pas dilacérées mais leur contenu liquéfié est aspiré.

 

 

La poka malgache (Phrynarachne rugosa), pourrait être mortelle !

 

 

Eusparassidés et Hétéropodidés :

 

800 espèces, essentiellement sous les tropiques.

 

 

Corps aplati latéralement.

 

 

Cette famille compte quelques genres dont le venin est plus actif et les morsures douloureuses: Polybetes (Amérique du Sud) Palystes (Afrique du Sud) et Olios (Australie).

 

 

Se tiennent tête en bas et pattes écartées, face ventrale collée au substrat.

 

 

Se dissimulent le jour et chassent la nuit.

 

 

Familières dans les habitations tropicales qu’elles nettoient des insectes importuns.

 

 

De taille impressionnante mais pas dangereuses.

 

 

Une espèce d’Olios est présente dans toute la région méditerranéenne.

 

 

D’autres espèces tropicales sont importées par bateaux et peuvent avoir des morsures venimeuses.

 

 

Clubionidés :

 

 

2000 espèces.

 

 

Présentes dans les régions tempérées, elles sont errantes et s’abritent dans de petites loges de soie.

 

 

Même si elles possèdent de longs crochets effilés, la morsure n’est généralement pas dangereuse.

 

 

Seules les espèces du genre Cheiracanthium, largement répandu en Europe, semblent être toxiques, la morsure est douloureuse et a souvent du mal à cicatriser.

 

 

Elle peut aussi provoquer des nausées, des vomissements et des violents maux de têtes.

 

 

Ces symptômes se manifestent rarement jusqu’à 3 jours et demeurent généralement sans suite.

 

 

Lycosidés ou « Araignées loup » :

 

 

 

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Environ 2000 espèces.

 

 

Très connues car de grande taille, très rapides mais surtout de moeurs diurnes et donc facilement visibles.

 

 

La morsure de la tarentule ou lycose de Tarente, « Lycosa tarentula », provoquait une étrange envenimation en Italie.

 

 

Les effets décrits font plutôt penser à la veuve noire Latrodectus tredecimguttatus.

 

 

Dans le Sud de la France vit « Lycosa narbonensis ».

 

 

Il pourrait y avoir eu la même confusion au Brésil entre Lycosa erythrotaeniaet une Loxoceles.

 

 

Pour la plupart elles chassent à courre de jour; certaines construisent des retraites d’où elles jaillissent au passage d’une proie.

 

 

La femelle est assez irritable quand elle porte son cocon dans ses filières – ce qui est normal car elle défend sa progéniture.

 

 

Elles sont suffisamment grandes et puissamment armées pour mordre cruellement, aussi mieux vaut les laisser tranquilles à ce moment-là !

 

 

De même quand elles transportent leurs petits sur leur dos !

 

 

Morsure douloureuse.

 

Agélénidés :

700 espèces.

 

 

Compte des membres connus en Europe comme l’argyronète, Argyroneta aquatica, ou les araignées de maison du genre Tegenaria qui jouent un rôle important dans le contrôle des insectes domestiques.

 

 

Aux USA, Tegenaria agrestis a été responsable à plusieurs reprises de morsures entraînant des lésions cutanées nécrotiques.

 

 

Aranéidés :

 

3000 espèces.

 

 

Famille bien connue car certaines sont bien visibles, tissent des toiles géométriques (orbitèles) dans la végétation et se tiennent au centre.

 

 

La néphile est le représentant exotique le plus connu.

 

 

Même si les morsures peuvent être douloureuses, elles sont sans danger.

 

 

Il y aurait bien évidement encore beaucoup à dire sur ces charmantes petites bêtes !

 

 

Bien conscient que ce petit exposé ne soit pas de nature à apaiser la frayeur des « arachnophobes » , j’espère qu’il aura néanmoins

contribué à briser quelques tenaces préjugés !

 

 

Bien amicalement !

 

 

Electron libre 




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9 commentaires sur “Araignée du soir…”

  1. loiseau dit :

    Cher électron libre c’est toujours un grand plaisir de vous lire, comme toujours j’irai me coucher un peu moins bête qu’hier. Une aventure non désiré m’a frappé au mois d’aout, je me suis fait attaquer par un essaim d’abeilles, certaine personne allergique risque de mourir pour une piqure d’abeille de guêpe ou de frelon et bien moi j’ai été gâté, 54 piqures. J’aurai eu un certain succès dans un film, je ne savais pas à mon âge que je courrai si vite, un après midi à l’hôpital avec 2 perfusions. Comme vous avez bien traité les divers venins des araignées, es-ce semblable chez certaines espèces qui pique pour paralyser leur victime et pondre une larve qui se développe et dévore la victime vivante.
    Avec toute ma sympathie Bernard l’oiseau

    • Electron libre dit :

      Bonjour cher monsieur Loiseau !

      Ravi de vous lire et très heureux d’apprendre que votre « mésaventure apicole » s’est bien terminée !
      Etre piqué à 54 reprises n’est pas anodin et peut parfois conduire à un choc anaphylactique sévère !
      Vous avez raison , même à nos âges , quand il s’agit de protéger sa vie , nous nous découvrons souvent des ressources physiques insoupçonnées !

      Pour répondre à votre question …
      Il existe en effet des insectes piqueurs parasitoïdes … je pense en particulier aux « Icheneumons » qui sont de petites abeilles solitaires dont les spécialistes estiment le nombre d’espèces à environ 100 000 !
      L’une d’entre-elles parasite essentiellement des araignées . Sa technique consiste à pondre directement dans le sac d’œufs d’une araignée . Une fois l’éclosion accomplie , l’araignée charge sa progéniture sur son dos , transportant en même temps les larves d’ichneumons qui vont alors lui sucer l’hémolymphe et la vider de sa substance jusqu’à ce que mort s’ensuive !

      Un autre cas intéressant est celui de l' »Oestre » qui est une mouche vivant dans les régions chaudes et dont la taille peut atteindre facilement 15mm .
      Comme son dard n’est pas assez puissant pour transpercer le cuir animal ,elle pond généralement dans le pelage .
      Grâce à la chaleur corporelle de la bête , les œufs éclosent rapidement et les larves creusent alors pour pénétrer sous la peau de l’animal pour s’y développer en toute quiétude , profitant d’un substrat idéal !
      En Amérique du sud , plus particulièrement en Argentine , le cas est très courant dans les grands troupeaux . Cependant , les myiases dues à ce parasitisme sont la plupart du temps sans danger pour les animaux concernés . A maturité , la larve ressort et tombe sur le sol pour s’enterrer et continuer sa métamorphose .

      Même s’ils existent , les cas à l’être humain sont beaucoup moins répandus !
      Petite anecdote sur le sujet :
      Il a de cela quelques décennies , dans un laboratoire du MIT à Boston , j’ai rencontré un chercheur qui m’a narré cette petite aventure !
      De retour d’un séjour de trois semaines au Bélize , il constata dès le lendemain une petite rougeur accompagnée de démangeaisons à la lisière de son arcade sourcilière droite .
      Quelques jours plus tard , la zone présentait un œdème assez conséquent et à sa grande surprise , la peau était animée de soubresauts quelques peu bizarres !
      Il consulta et le médecin , après incision , lui retira cinq magnifiques larves d’Oestre !
      Ce qui lui évita sans doute de sévères complications , car il faut savoir qu’une larve mature peut atteindre 1cm de diamètre et environ 3 à 4cm de longueur !

      Il y a quelques semaines , j’ai pu lire sur ce site , votre constat sur la raréfaction des abeilles et sur le comportement qu’elles semblent adopter .
      J’aimerais poser une question au spécialiste que vous êtes :
      Le phénomène est-il propre à certaines régions françaises , voire au pays tout entier , ou est-il plus généralement mondial ?
      Je suis curieux d’en savoir un peu plus sur le sujet car je connais vaguement un apiculteur Grenoblois qui a transporté ses quatre cent ruches dans des forets de bouleaux Roumaines et qui ne semble pas rencontrer de problèmes .

      Bien amicalement !

      • Daniel Z dit :

        Quelles magnifiques contributions !

        La nature est parfois bien mystérieuse et j’ai été surpris par les conclusions de certains chercheurs.

        http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n403/html/n403rd09.htm

        http://dailygeekshow.com/12-effroyables-parasites-qui-prennent-controle-du-corps-de-leur-hote-pour-accomplir-leur-sombre-dessein/

        Où il serait démontré qu’un vers parasite pousse son hôte au suicide, donc aurait la capacité d’intervenir dans son cerveau ….

        Cependant, quand il est écrit :
        «  »on est heureux de savoir qu’il n’existe pas de parasite qui soit capable de contrôler notre corps de cette façon (du moins, on l’espère) «  »
        je ne puis pas être d’accord car, si j’en crois une émission T.V., certains vers équatoriaux auraient cette capacité ….
        Au moins pour pousser les humains à aller refroidir et nettoyer des purulences sur leurs chevilles dans ils sont prêt à pondre …

        Vous avez des infos sur ce domaine ? Je viens de rechercher, en vain.

        Amitiés

        • Daniel Z dit :

          quand ils sont prêts….

        • Electron libre dit :

          Bonjour ami Daniel Z !

          Ravi de vous lire . Merci pour votre contribution !

          Je ne connais pas personnellement de cas avérés de manipulations cérébrales d’humains par ces micro-organismes .
          Cela ne veut pas dire que ce n’est pas possible , mais simplement que je ne sais pas tout sur tout !

          Par contre , en début d’année , j’ai pu lire dans la revue américaine « Current Biology » , un très intéressant article sur une étude menée par des chercheurs Français du CNRS Montpellier .
          Il s’agit du comportement « suicidaire » que les chimpanzés adoptent lorsqu’ils sont porteurs du parasite de la toxoplasmose .
          L’étude porte également sur l’être humain , mais il semble qu’elle soit encore assez loin d’aboutir à des résultats probants .

          Voici la version en français :
          http://www2.cnrs.fr/presse/communique/4399.htm

          Manipulation mentale … dites-vous ?
          A bien y réfléchir … Souvenez-vous …
          En 2012 , une grande majorité de nos compatriotes a été infestée par le virus « Hollandium Socialistus » , leur faisant perdre la raison au point de les déconnecter de la réalité !
          En 2016 , bien qu’aucun remède n’ai encore été trouvé , il semble néanmoins que la contamination se soit endiguée d’elle-même puisque environ 87% d’entre eux paraissent être « guéris » et définitivement « vaccinés » !!

          Au plaisir de vous lire !

          Bien amicalement !

  2. doc71 dit :

    Bonjour,
    Merci pour ce bel article de synthèse. ça me rappelle mes années universitaires…
    Christophe Royer (docteur en physiologie Animale)

    • Electron libre dit :

      Bonjour et Merci Doc71 !

      Venant d’un spécialiste du domaine animal , le compliment me touche … D’autant plus que ma petite « contribution » sur le sujet ne découle pas d’un apprentissage académique formaté , mais de ce que je considère n’être que de simples connaissances de culture générale !

      Pour ma part , mon domaine de compétence se résume aux mathématiques , à la physique et bien humblement à la philosophie !

      Philippe Clément – Béal
      (Docteur en physique des particules / Docteur en philosophie des sciences)

  3. loiseau dit :

    Cher électron libre suite à la question que vous m’avez posé, le sujet étant tellement vaste et complexe que la réponse sera courte et uniquement de mon constat nullement scientifique.
    Comme je l’avais abordé dans mon article sur les abeilles je mettais en cause la mondialisation, ce n’était pas anodin, le phénomène est mondial avec des pays et des zones plus ou moins vaste.
    Ces pauvres insectes font l’objet de toute sorte de maladies et d’attaque de parasites telle la loque le varroa, et le frelon asiatique pour ne citer qu’eux, je crois que le pays le plus touché est les USA.
    Pourquoi la mondialisation ? Au non du profit tous les moyens sont bons pour prospérer financièrement surtout pour les multinationales ou l’intérêt particulier passe devant le collectif.
    Les cultures céréalières sont un enjeu stratégique ou l’individu lambda n’est pas au courant cela représente des sommes colossales ainsi que des moyens de pression politique. Alors les abeilles dans ce cas l’on s’en tape surtout si la météo comme cette année a impacté fortement notre production par un printemps pourri. En France des zones les plus touchées sont les cultures de mais entre autre. Les pesticides sont la cause première de cet état de fait. La course à la productivité n’as pas de limites avec ses conséquences envers les agriculteurs, la natures et les gens impactés par l’emploi massif des produits phytosanitaires. Il est très difficile d’interdire certain produits. Pour des raisons européennes et d’intérêts internationaux. Monsanto pour ne cité que lui sous monopole fourni des céréales génétiques modifier pour combattre certaines maladies. Semences plus ou moins interdite en France par manque de connaissances sur la santé publique. D’après votre question votre ami apiculteur à transféré ses ruches en Roumanie. Je vous informe que ce pays européen et le premier utilisateur de céréales génétiquement modifier. Cela expliquerait que la production de miel serait plus conséquente que chez nous puisque les abeilles seraient moins impactées par les pesticides.
    Utopique tout cela, les USA gros utilisateurs d’OGM sont très touché faut signaler qu’ils utilisent aussi beaucoup de pesticide ! Que dire de tout cela ne serais-ce que la surveillance des maladies animalières par l’OMS impossible trop complexe et couteux seulement celles transmissibles à l’homme sont aléatoires. En dernier actuellement la modernisation aurait un impacte sur les abeilles avec les micros ondes de la WI-FI. Reste à démontrer ces ondes leur feraient perdre le moyen de retour la ruche, pourquoi pas un GPS à abeilles mais ou va-ton !!!!!!!!!!!!
    Je vous joins mon adresse email : bernard.loiseau4471@orange.fr
    Si cela ne vous crée pas de soucis (que je comprendrai) passez-moi un message pour que j’ai votre adresse et que je puisse vous envoyer des infos personnelles avec fichier joint

    amicalement Bernard l’oiseau

    • Electron libre dit :

      Bonjour ami Bernard !

      Merci pour votre réponse argumentée qui m’a permis de mieux saisir certains aspects du problème !

      Aucun problème pour mon adresse mail , je vous la communiquerai avec grand plaisir !

      Bien amicalement !