TSB : Le Trio BUENOS AIRES en soirée
Le tango et sa suavité aux ADJ, on a refusé du monde
C’est comme dirait Mme Michu, soirée de Gala à Montceau.
Il y a des amateurs, des vrais, des oreilles attentives à ce style de musique, des Montcelliens qui au-delà de toutes querelles politiciennes ne boudent pas leur plaisir à venir aux concerts.
Et ils ont raison, quel trio, il faut prendre conscience que les montcelliens ont sur cette scène ce qui se fait de mieux dans chaque discipline.
Sur scène un trio des voyageurs de la musique. Ces explorateurs, que dis-je ces anthropologues musicologues, retranscrivent le tango, l’âme du peuple argentin, la foi et l’exubérance musicale des « villas miserias », des bidonvilles, des Barrios pauvres.
Le croiriez-vous mais comme tout trio ils sont trois : le guitariste classique Eric Franceries, le bandonéoniste Jérémy Vannereau et le violoniste William Garcin.
Mais ce trio, habituellement en duo, sait se transformer aussi en quatuor, travailler avec des orchestres ; toujours pour explorer et faire connaître le Tango et la musique des Andes.
Le trio BUENOS AIRES ce n’est pas que de la musique ou de la virtuosité, c’est beaucoup de poésie, beaucoup d’émotion, un gros-gros zest de passion, une pincée d’humour, et pour le spectateur, l’auditeur, beaucoup de bonheur !
Le Tango ne souffre pas de la médiocrité ou d’une écoute paresseuse. C’est un style riche, un kaléidoscope d’émotions, un langage sophistiqué, un port altier et aussi une virilité un peu canaille.
Le Tango, dans le monde entier, même non hispanique, a conquis depuis longtemps se lettres de noblesse avec des compositeurs et des interprètes d’un renom remarquable : Carlos Gardel, Astor Piazzolla, Anibal Troilo, Roberto Goyeneche, Adriana Varela, Susana Rinaldi, Libertad Lamarque, etc. Pourtant il est quasiment parti des bas-fonds et de l’ennui, d’une certaine lassitude désespérante…
Ces trois-là, Eric, Jérémy et William, poursuivent actuellement une carrière internationale de grande envergure : (France, Italie, Belgique, Slovaquie, Pologne, Danemark, Suisse, Espagne, Allemagne, Egypte, USA, Tunisie, Maroc, Algérie …).
Eric Franceries revient d’un séjour en chine où il a joué et a animé des Master class.
Alexandre Lagoya, (l’immense Alexandre Lagoya, sublime guitariste, fondateur de la classe de guitare au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, le fabuleux Alexandre Lagoya du duo Presti-Lagoya [l’un des plus grands duos de guitare du XXe siècle]), dira de lui : « Éric Franceries maîtrise son art avec sensibilité. », une référence, non ?
C’est aussi l’historien du Tango. Il évoque avec le public les racines de cette musique née des déceptions et des frustrations d’une population d’émigrants aux yeux pleins de larmes après avoir été pleins de rêves d’Eldorado.
Lui qui est amateur de musiques du terroir comme la musique Andine, de musiques urbaines comme le tango sait faire partager ses émotions et rendre intelligible les sentiments qui se cachent derrière les accords de cette musique et de sa guitare magique.
Quant à William Garcin, lui, son archer est capable de tout avec un rare bonheur, aussi à l’aise avec le tango qu’avec la musique Tzigane, il sait trouver « l’accent », faire battre le cœur argentin, faire pleurer l’âme des grandes villes dures aux miséreux.
Un autre savoyard, Jérémy Vannereau, accordéoniste et bandonéoniste, compositeur et arrangeur, technicien et preneur de son, transporte le spectateur dans les Barrios (quartiers) de Buenos aires, et surtout dans « le quartier du port » appelé maintenant San Telmo, avec ses cafés célèbres (El Federal, El hipopotamo, Bar Plaza Dorrego, Café la Poesia) ses boutiques d’antiquaires, la musique dans ses rues, ses clubs de tango, son esprit bohème. On dit que le Tango serait né là.
Jérémy et William font aussi partie d’une formation à géométrie variable selon le nombre de Musiciens : Czardas.
En recevant de tels artistes le TSB hausse encore son niveau.
Et le public a été soulevé d’enthousiasme.
Gilles Desnoix