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vendredi 18 novembre 2016 à 07:18

Conférence aux ADJ :  Montceau au cœur de l’Histoire

« Les sources de la pensée sociale du Général De Gaulle »



 

Avant de se rendre aux ADJ pour la conférence, Bernard de Gaulle, invité par Marie Claude Jarrot, Thierry Terrier Secrétaire Général de la fondation de la France Libre, Georges Guillermin Président de l’amicale gaulliste de Saône et Loire ont reçu Montceau News dans le bureau de Mme le Maire et en présence de cette dernière.

 

 

 

Guillaume Jacquot, Responsable des jeunes de l’Amicale Gaulliste de Saône-et-Loire, est l’organisateur technique de cette entrevue. Il y assiste mais n’interviendra pas dans le déroulé.

 

 

 

Bernard de Gaulle, le neveu du Général, est un homme extrêmement affable, courtois, cultivé, posé, s’exprimant avec profondeur et pondération. Ses réponses démontrent qu’il a une réelle foi dans l’homme, dans son honnêteté et sa capacité à œuvrer en société pour le bien de tous.

A nos questions il a été répondu à 4 voix.

 

 

 

Le thème étant « Les sources de la pensée sociale du Gal De Gaulle » nos questions ont porté sur cela, mais avec une mise en perspective sur les temps présents et l’actualité. Il est bien évident qu’il est difficile de faire l’exégèse d’une pensée non théorisée par son auteur avec nos filtres actuels.

Mais nous avions à faire à des esprits éclairés.

 

 

 

Montceau News : Pour De Gaulle la question sociale renvoie à des notions de dignité et à la sécurité, de concours actif et permanent des unités du corps social et des citoyens et à la nécessaire mise en place de règles de vie commune. Et cela dans tous les domaines économiques, politiques et sociaux.

 

 

Qu’en est-il maintenant face à notre société individualiste, politiquement démobilisée, où l’individu est devenu utilisateur, client, consommateur et non plus acteur de la vie commune ; et où l’étalon des niveaux d’efficacité de l’action publique se concentre dans les problèmes de financement et non dans les effets réels de la politique ?

 

 

 

Bernard De Gaulle : « Je pense qu’il existe beaucoup de gens qui sont acteurs de la vie commune, qui pensent d’abord à la vie de leur entourage. Je ne suis pas certain qu’il y ait une réelle démobilisation politique des Français. Beaucoup pensent la vie autrement, ils n’ont pas forcément comme étalon l’efficacité financière, mais le niveau d’efficacité de la vie sociale. Bien sur certains sont individualistes, carriéristes, ils se mettent en avant, cultivent les apparences, mais la notion de dignité, de respect des règles de vie commune existe encore. De Gaulle ce n’était pas sur le même plan les domaines économiques, politiques et sociaux, sa préoccupation essentielle était la question sociale. »

 

 

 

Thierry Terrier : « De Gaulle était un Barrésien et non un Maurassien, comme on le dit souvent à tort, ce qui veut dire le culte du « Moi » et non du « Je », de l’individualité et non de l’individualisme.

 

 

Vous parlez du corps social, mais il n’existe plus, sauf à l’occasion d’une coupe du monde de foot par exemple, mais la société est fragmentée, enfermée dans des bulles individuelles avec pour tout regard sur l’extérieur, le smartphone et environnement sonore les écouteurs. Il n’y a plus de conscience de groupe, mais une massification de la fragmentation en individualités isolées. Il n’existe plus de corps social à proprement parlé pour faire naître une réelle conscience sociale nouvelle. Les gens sont tous en attentes et en frustrations. Attentes que ne peuvent honorer les politiques et/ou qui les dépassent. S’il y avait un corps social c’est la nation. Mais le Général ne se référait pas vraiment au corps social, mais aux travailleurs. »

 

 

 

Montceau News : Quelles sont les sources de la pensée sociale du Général de Gaulle qui ont encore une actualité aujourd’hui et est-ce pertinent de traiter de ce sujet sous cet angle aujourd’hui?

 

 

Bernard De Gaulle : « la dignité, la sécurité, le partage. Le rejet de la financiarisation, la participation, le rejet des politiques. N’oublions pas que ses mesures concernant la reconnaissance des travailleurs, le rejet d’un certain capitalisme, ont été combattues aussi bien par les tenants du capital que par les syndicats. »

 

 

 

Marie Claude Jarrot : « cette pensée a abouti à la loi du 27 décembre 1973 réformant les ordonnances de 1959 et 1967 sur l’intéressement des travailleurs à l’entreprise, la participation des salariés aux fruits de l’expansion des entreprises et relatives aux plans d’épargnes d’entreprise. »

 

 

 

Thierry Terrier : « bien avant cela, et dès le début, le Général de Gaulle pensait que la participation s’étendait à la totalité des rapports de l’entreprise. Il entendait établir une parité entre le capital financier et le capital travail et donc cela devait aller jusqu’à une parité dans les organes de décision comme les conseils d’administration. Le Général exécrait l’esprit d’accumulation. Il voulait un équilibre entre les acteurs sociaux. En 1944, quand ont eu lieu les grandes nationalisations des énergies, des transports, des banques, De Gaulle y a ajouté les assurances pour apporter la sécurité et démontrer que c’était à l’état d’apporter à chacun cette dernière. »

 

 

 

Marie Claude Jarrot : « les acteurs sociaux créent, partagent, agissent ; les corps sociaux accaparent les leviers de décision, sclérosent l’action. Je rappelle que pour le Général le rapport du capital devait se répartir en 3 parties : un tiers pour les travailleurs, un tiers pour rémunérer les actionnaires, un tiers pour l’investissement. On retrouve cette parité exprimée tout à l’heure. »

 

 

Montceau News  est-ce le bon moment de reposer les principes fondamentaux d’un courant de pensée qui a structuré la vie politique de l’après-guerre, des 30 glorieuses, et peut-il se présenter comme une voie à ne pas oublier dans l’absence de débat de fond actuel ?

 

 

 

Bernard De Gaulle : « c’est une idée neuve, la participation est une idée neuve par exemple. La pensée du Général est une source de réflexion profonde. »

 

 

 

Thierry Terrier : « le gaullisme c’est la conjonction de circonstances, d’une personnalité et d’une pensée. C’est conçu pour la France, dans des circonstances données. Et parce que c’était la France, ça n’est pas transposable, ça n’est pas acclimatable ailleurs. Et cela ne peut fonctionner que lorsque les 3 termes sont réunis. Les temps ne sont pas propices car il n’y a pas les circonstances, ni la personnalité. En 1956 lorsque l’on est venu, de la gauche, chercher le Général parce que tout allait mal il a répondu, « les temps ne sont pas venus, les gens n’ont pas encore assez peur ». Aujourd’hui il répondrait pareillement. Et il n’y a pas la personnalité. Le Gaullisme n’est pas une théorie, c’est en fait une écriture de l’histoire du pays, un mode de pensée. »

 

 

 

Marie Claude Jarrot : (Qui visiblement n’est pas d’accord avec ce qui vient d’être dit sur un nécessaire césarisme de circonstances, et qui pense sans doute à quelqu’un d’opportun dans le présent)

 

 

« Le gaullisme est une pensée qui fonde l’avenir sur une réflexion sociale. Pour moi il y a besoin de lire, de comprendre ce qu’a écrit le Général de Gaulle pour fonder une profonde réflexion et donc conduire à des actions. La « valeur travail » évoquée tout à l’heure mène au bien être, permet aux gens de se projeter autrement dans la vie, dans l’avenir, dans la perception de leur pays. Pour moi elle est fondamentale. Tous les maires ont une préoccupation essentielle, faire en sorte que chacun de leurs concitoyens ait un travail. Avoir un travail, c’est être à même de vivre avec les autres et donc de participer à la construction du pays. Hier j’ai animé les rencontres de L’AMF à Paris sur le Thème « Demain, quelles politiques de l’emploi dans les territoires ? ». C’est un sujet crucial, impératif pour nos communes. Et ce au moment même où L’AMF et Pôle Emploi signent une convention de partenariat pour renforcer leurs actions communes en faveur de l’emploi. Un moment crucial là aussi»

 

 

 

Georges Guillermin « a apporté au fur et à mesure des précisions, approuvé telle ou telle déclaration. Pour lui aussi la pensée Gaulliste à de l’avenir.

Le thème est vaste, un rien universel. On oscille de Saint Thomas d’Aquin « l’homme se réalise par le travail » à l’analyse économique généreuse refusant les deux bornes du capitalisme et du communisme (une vision socialiste et chrétienne  à la fois), sans forcément tutoyer Babeuf, le Comte de Saint-Simon, Charles Fourier, Sismonde de Sismondi, tout en frôlant Keynes) en passant par la réforme sociale fondée sur la participation qui devait établir une « troisième voie ». Cette préoccupation  qui revient sans cesse dans les discours et les écrits gaulliens dès 1941 et surtout et en particulier dans le discours d’Oxford. »

 

 

Un seul point presse ne peut suffir à épuiser le sujet, ni à rendre compte du débat

 

 

La conférence de presse a pris du retard, sans doute vu la longueur de nos questions, et donc tout le monde arrive dans un auditorium plein à craquer pour la conférence.

 

 

Madame le Maire salue les présents, ses collègues élus de Montceau, les élus des villes voisines dont Chalon, les élus divers nombreux, les représentants des associations, les Montcelliens et ressortissants du bassin minier présents. Elle se dit particulièrement honorée de la présence de Bernard De Gaulle, enfant du pays, de Thierry Terrier Secrétaire Général de la fondation de la France Libre et de Georges Guillermin Président de l’amicale gaulliste de Saône et Loire.

 

 

Elle exalte les qualités de résistants des montcelliens, qui « ont la résistance chevillée au cœur et au corps. Qui ont une vraie conscience de leur histoire, de leurs luttes. Ce soir c’est une réunion de cœur ».

 

 

Ensuite c’est une conférence palpitante menée par un conférencier, un vrai historien, à la faconde passionnante, qui fait vivre l’histoire plus qui ne la raconte. Qui est intarissable sur tous les sujets ayant trait au général, au Gaullisme et à la vision sociale du Général.

 

 

Les anecdotes sont précises et interprétées, il y a exégèse mais aussi approche didactique.

 

 

 

Thierry Terrier est intarissable, il a son livre «sa bible » sous la main, mais il connaît tellement son exposé et son « Général » sur le bout des doigts qu’il peut tenir une nuit entière à parler de son sujet.

 

 

Il faut dire qu’il est parfaitement et efficacement accompagné sur la scène et dans la salle.

 

 

N’oublions pas que Thierry Terrier est diplômé en littérature et en Droit. Qu’il a eu une carrière de Diplomate en particulier dans le monde Arabe. Qu’il occupé de hautes fonctions diplomatiques au Protocole à l’Elysée. Lui qui fut pour son dernier poste Conseiller Diplomatique du Gouvernement en 2002 est depuis septembre 2012 Secrétaire Générale de la Fondation « France Libre ». C’est un conférencier de tout premier plan très prisé sur ces sujets particuliers.

 

 

Le public est passionné et très attentif, actif aussi.

 

 

Une soirée placée sous le signe de l’Histoire de France avec un grand H, de l’histoire des protagonistes, de la vie entremêlée de la ville, de ses enfants et de leurs destins respectifs.

 

 

 

Gilles Desnoix

 

 

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