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mardi 5 avril 2016 à 16:33

Eoliennes (Suite)

Une "contribution" de notre fidèle ami : Electron Libre



Notre ami Electron Libre avait déposé ce texte en commentaire mais il nous a semblé plus judicieux et opportun de le retirer et le mettre en ligne comme un article. Cela dans l’espoir qu’il sera plus lu et donc apprécié à sa juste valeur.

 

Le « fameux » texte :

 

« Certains voient dans l’éolien , une « chance » pour l’avenir , d’autres , au contraire , y voient l’émanation d’une « calamité » supplémentaire qu’auront à subir les générations futures à moyen terme !

 

Pour être tout à fait cohérent dans son choix , on ne peut être « pour » ou « contre » par simple idéologie , il faut avant tout se poser quelques questions !

 

 

-) Quelle est la part de l’éolien dans la production d’électricité ?

 

Dans le monde, la puissance potentielle installée est de 100GW (soit 2.5% de la puissance totale) mais l’énergie produite, 122 TWh/an, n’est que de 0,66% de la production mondiale compte tenu des caprices du vent. En Europe, sa part dans la puissance installée est aujourd’hui d’environ 4% et elle pourrait atteindre 8% en 2020 (selon European Wind Energy Association).

 

 

-) Comment se compare le prix du kWh éolien à celui des autres sources d’énergies ?

 

Il coûte plus cher essentiellement pour 2 raisons : c’est une énergie diluée, il faut une roue de 80 mètres de diamètre pour produire la même puissance qu’une turbine hydraulique de 2 à 3 mètres ; c’est une énergie intermittente fortement variable selon la vitesse du vent, d’où une performance en équivalent pleine charge de 15 à 35% selon la localisation. D’où un prix de revient de 5 à 8 centimes d’euro par kW/h à terre et 13 centimes d’euro en mer, à comparer aux 3 centimes d’euro par KW/h pour le nucléaire et aux 4 à 5 centimes d’euros pour les combustibles fossiles.

 

 

-) Quelles sont les conséquences de l’intermittence du vent ?

 

L’éolien ne permet pas de garantir une puissance à chaque instant , ce qui est nécessaire pour la gestion d’un réseau. Il faut donc disposer de capacités de production mobilisables en cas d’absence ou d’excès de vent . La création de cette réserve renchérit le coût de l’électricité éolienne.

 

 

-) L’éolien permet-il de réduire les émissions de gaz à effet de serre ?

 

La réponse dépend du parc énergétique existant : s’il est essentiellement thermique et donc émetteur de CO2, comme en Allemagne, la réponse est positive. S’il est essentiellement nucléaire et hydraulique comme en France, la réponse est négative. Il semble donc infondé d’affirmer que l’éolien peut permettre de réduire significativement les émissions de CO2 en France. ( 85 % des rejets sont produits par les transports , l’industrie et l’agriculture) A noter également que le Danemark , pourtant « champion » de l’éolien en Europe , possède le taux de CO2 le plus élevé par habitant !

 

 

-) Quelles conséquences en cas de perturbation du réseau ?

 

Dans les conditions techniques actuelles de fonctionnement , il est impossible , à l’inverse des autres sources d’énergie , de contrôler la production . Cette « faiblesse » expose donc le réseau à subir des pannes importantes ! De par leur intermittence de fonctionnement , les éoliennes fragilisent le réseau .

 

 

-) Comment est déterminé le prix de vente du KW/h éolien ?

 

Partout où il fonctionne l’éolien bénéficie d’aides diverses. En France , EDF a une obligation d’achat à un prix très élevé : 8,4 centimes d’euro le KW/h pour le terrestre et 13,3 centimes d’euro le KW/h pour le maritime à comparer au prix de revient de sa propre production de 2,8 centimes d’euro le kW/h !

 

Pour compenser la perte induite par ce système , EDF est partiellement indemnisé grâce à la la CSPE (contribution au service public de l’électricité) , taxe payée par l’ensemble des consommateurs et contribuables !

 

 

-) Quelles peuvent être les nuisances induites par les éoliennes ?

 

En tournant , les pales produisent des vibrations dans l’air , qui se traduisent par des ondes sonores . On a pu mesurer qu’à 300 mètres de distance , elles pouvaient aller jusqu’à 45 décibels . Certes , cette mesure est inférieure de moitié au bruit d’un aspirateur , mais elle se ressent et se subit sur un temps beaucoup plus long !

 

A cela , il faut ajouter les infrasons qui eux , sont absorbés par la structure des habitations proches des mâts .

 

Parlons également du champ magnétique induit par les pales et qui selon son intensité , influe sur le bien-être général des riverains et peut aller jusqu’à perturber la bonne marche des instruments de navigation des petits avions de tourisme . Il peut aussi affecter grandement la diffusion des ondes de la TNT .

 

 

Au delà de ces aspects « techniques » , il existe aussi des « subtilités » économiques auxquelles les élus doivent impérativement s’intéresser avant d’accepter ces dispositifs sur le territoire de leurs communes .

 

En voici un petit aperçu :

 

Tout est basé sur un mécanisme financier pervers (mais tout à fait légal) , qui permet des profits outranciers aux investisseurs et promet à coup sûr de lourdes difficultés à moyen terme pour les communes concernées !

 

 

Les promoteurs revendent les parcs après avoir profité d’un amortissement accéléré sur 1 an . Une société financière rachète le parc jusqu’à 5 fois son prix . Elle émet des « titres verts » dans toute l’Europe avec des bénéfices considérables . Dans le même temps , elle met en place un exploitant déconnecté de tous liens avec la « société-mère » , prêt à faire faillite en toute impunité si le bilan n’est pas favorable (charges d’entretien , avaries sur le matériel … ) ou tout simplement si l’état décide de baisser le prix de rachat de l’électricité !

 

 

Trois ans après leur mise en service , toutes les sociétés d’exploitation (sans exception) deviennent des sociétés par actions simplifiées ou des sociétés en nom collectif . Ce qui veut dire qu’en cas de faillite (volontaire ou non ) personne n’est responsable et personne ne peut être recherché en responsabilité pour démanteler le parc !

 

Les sommes consignées pour le démantèlement étant largement insuffisantes , de nombreuses communes françaises risquent d’ici 10 à 15 ans de se retrouver avec des cimetières d’éoliennes sur les bras !

 

 

Le risque étant d’autant plus grand si le site choisi est peu venté , et donc peu rentable au niveau de la production d’électricité !

 

Ce qui , me semble t-il , est le cas sur le territoire Bourguignon !

 

 

Les élus des petites communes , sont souvent des « proies » faciles pour les requins de la finance !

 

 

Face aux investissements et aux coûts de fonctionnement induits par le besoin grandissant de structures aptes à satisfaire les exigences de la population et devant l’appauvrissement des aides de l’état , beaucoup de maires succombent au chant des « sirènes éoliennes » qui leur promettent la fin de leurs difficultés par l’apport de revenus substantiels et « soit-disant » pérennes !

 

 

Selon leur appartenance politique , ils peuvent être également fortement influencés par certains membres de leurs conseils départementaux ou régionaux , eux mêmes soumis à la pression constante de lobbyistes féroces !

 

 

Faire le choix de ces dispositifs n’est pas anodin . Sous couvert de leur apporter la « lumière » dans une magnifique salle des fêtes toute neuve , les élus peuvent aussi plonger leurs administrés et leurs villages dans « d’obscures » difficultés .

 

 

Ils doivent donc s’efforcer d’engager une réflexion la plus objective possible . S’ils ne possèdent pas tous les éléments susceptibles de les aider à prendre une décision raisonnable , ils peuvent toujours se rapprocher des services de « l’Académie des Technologies » qui les aideront en toute objectivité et en toute indépendance !

 

http://www.academie-technologies.fr/

 

 

Ceci-dit , souvenons-nous que l’électricité qui ne coûte rien est celle qui n’est pas produite !

 

Alors … plutôt que promouvoir à grands renforts de subventions publiques , des systèmes dont l’efficacité et la pertinence restent encore à prouver , ne serait-il pas plus judicieux d’engager des procédures adaptées dans le but d’enrayer l’important et éhonté « gaspillage » d’énergie que nous connaissons actuellement !

 

 

Bien amicalement !

 

 

new eolien 05 04 16

 

 

 

Photo d’illustration

 

 

 

 

 

 

 



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4 commentaires sur “Eoliennes (Suite)”

  1. Daniel Z dit :

    Que dire de plus, ami Électron Libre …..

    La plupart des études qui traitent l’aspect économique de ce sujet semblent accorder une part non négligeable à la case corruption…..

    Pourtant, quoi qu’il arrive, rien ne bouge….

    Ça tourne en rond, comme dans un Tokamak….
    Pourtant dans les possibilités il existerait d’autres alternatives, comme le stellarator, pour ce cas précis ?

    Si vous nous en disiez un petit mot ?

    Amitiés

  2. gilbert71 dit :

    bravo ,un article objectif et très explicite

  3. cntrbbl71 dit :

    Bonjour,
    Un peu comme les « sirènes » téléphoniques qui cherchent à inciter les particuliers à mettre des panneaux photovoltaïques soit disant à coût nul, le gain prétendu étant sensé couvrir les frais…

    Qu’en est-il des champs de panneaux photovoltaïques, rentables ou non sur le long terme sans subventions ?

    • Daniel Z dit :

      Bonjour cntrbbl.

      J’avais relevé un phénomène amusant.
      Le photovoltaïque est présenté comme une source d’énergie ne dégageant pas de CO2, donc favorable pour baisser l’effet de serre.

      Faites une petite recherche.
      Plus les surfaces exposées au soleil sont de couleur foncée, plus elles convertissent de rayonnement en chaleur.
      De quelle couleur sont les capteurs photovoltaïque ?
      Les bons capteurs convertiraient 15% du rayonnement en électricité, le reste part en chaleur y compris via l’onduleur.

      A partir des chiffres fournis sur la centrale photovoltaïque de Toul, j’étais arrivé la conclusion que la chaleur produite correspondait à relier deux tranches nucléaires à des radiateurs mis à l’air libre…..

      Pour fabriquer ces bidules, nous pillons actuellement les matières premières, lesquelles manqueront aux prochaines générations.

      Pourtant il existe une solution solaire, que la nature a mis au point depuis des millions d’années.
      Les plantes transforment le CO2 en matière, laquelle, mise à fermenter fournit méthane et engrais.
      Et le méthane, c’est de l’énergie.
      En brûlant, le méthane rend à l’atmosphère le CO2 que les plantes avaient capturé, sans plus.

      Je n’arrive pas à définir, avec certitude (mais j’ai quelques pistes ) pourquoi cette filière est si peu exploitée….

      Amitiés