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jeudi 18 mai 2017 à 06:56

Projet de mine d’Antully

Une quarantaine de personnes à la réunion d’information à Blanzy



 

 

 

 

Ce mercredi soir, la salle Coluche de l’EVA de Blanzy accueillait la quatrième réunion portant sur le projet de mine de fluorine d’Antully et animée par l’association le Creusot Montceau Territoire Ecologique.

 

 

Et dans la salle, il y avait effectivement bon nombre d’habitants du bassin minier parmi la quarantaine de personnes présentes. Lionel Duparay, élu à la Mairie de Montceau-les-Mines et au Conseil départemental s’était déplacé pour s’informer sur le sujet.

 

 

 

Un projet concernant toute la CUCM

 

 

 

Comme nous vous l’avions annoncé dans un précédent article, l’association a tenu à poursuivre sa démarche d’information sur les risques de ce projet et ce, malgré la suspension actuelle de celui-ci.

 

 

En début de soirée, Dominique Drouet a rappelé l’un des objectifs majeurs de l’association : peser sur l’action publique notamment à travers le dialogue avec les élus. Il a aussi rappelé l’implication de l’association sur plusieurs sujets : cantine et restauration scolaire, l’eau, la question des déchets, le plan local interurbain communautaire ou encore des actions plus ponctuelles et plus ciblées pour contribuer à la redéfinition de projets.

 

 

Patrice Notteghem a ensuite développé son propos tout au long de la soirée afin de présenter les risques d’un tel projet de mine à Antully pour l’ensemble de la CUCM et de ses habitants.

 

 

Il a précisé son propos sur la situation géologique et les projets techniques d’abord, avant de poursuivre sur les risques majeurs pour l’eau potable. Il a ensuite continué la soirée en abordant les menaces pour l’environnement, la santé et ce que serait l’après si le projet devait un jour être concrétisé.

 

 

 

Un site d’extraction et de transformation du minerai

 

 

Le projet est considéré en tant que mine à ciel ouvert et non pas en tant que carrière car il induit l’extraction d’un minerai, le fluorure de calcium en l’occurrence. Celui-ci a de nombreux usages industriels qui expliquent son intérêt par de nombreuses filières et un marché réel.

 

 

Le site d’extraction est situé entre le Creusot et Autun sur la commune d’Antully et inclut aussi un site de transformation ou enrichissement du minerai. La localisation du site est connue depuis très longtemps et plusieurs projets se sont succédés jusqu’à présent sans jamais aboutir. Toutefois le cours du minerai a pu un temps de nouveau encourager son exploitation sur notre sol.

 

 

Pour l’association communautaire, ce projet induit des risques non seulement dus aux méthodes d’extraction et à l’extraction en tant que telle mais aussi du fait de l’enrichissement du minerai sur place. Au cours de son exposé, Patrice Notteghem a ainsi montré les passages de cours d’eau et la présence de l’étang du Martinet à proximité des parcelles du projet.

 

 

Il a aussi présenté un extrait d’un site internet (géorisque) qui semble montrer un site très sensible à la remontée de la nappe phréatique.

 

 

 

Des déchets stockés sur place qui posent problème

 

 

Poursuivant son exposé sur la nature des sols, Patrice Notteghem a expliqué que ce que l’industriel appelle stériles, sont en fait des déchets qu’ils stockeront ensuite dans la carrière ainsi creusée, après mise en place d’une couverture au sol devant permettre d’imperméabiliser les sols et de limiter le passage de lixiviats (jus chargés) dans les nappes passant en-dessous.

 

 

Mais dit-il : « Pour nous, c’est un déchet industriel, qui va être ramené dans la carrière ». En effet, le grès concassé aura été lavé pour séparé la fluorine du reste de la matière avec de l’eau et un certain nombre de solvants non connus à ce jour puisque le procédé industriel n’a pas été entièrement communiqué par l’entreprise.

Toutefois, il est clair que les « déchets » ainsi déposés en fond de carrière après exploitation ne pourraient dans ce cas plus être considérés comme stériles d’après l’association et constitueraient ainsi un risque pour l’eau.

 

 

 

Oui mais quelle eau ?

 

 

 

Pour rappel, le nord de la CUCM tire son eau de réservoirs situés à Antully notamment, dont l’étang du Martinet. La proximité de l’étang du Martinet et du projet industriel est aux yeux de l’association incompatible. Et c’est ce qu’ils tentent d’expliquer aux élus comme aux habitants de toutes les zones géographiques concernées.

 

 

Outre les risques de pollution multiples de ces sources, le risque de pénurie d’eau sur ces sources pourrait aussi être réel en cas de développement de ce projet : l’usine nécessite en effet une consommation d’eau annuelle de 380000 mètres cube par an, soit l’équivalent de la consommation d’eau d’une ville de la taille de Montchanin.

 

 

 

Pourquoi un risque majeur pour l’ensemble de la CUCM ?

 

 

 

La CUCM ne possède pas de nappes phréatiques ni de quantité suffisante, ni de qualité suffisante pour qu’elles puissent être exploitées pour l’eau potable. Or au début du 20e siècle, plusieurs réservoirs ont été créés notamment sous l’impulsion des Schneider, qui ont ainsi créé les réservoirs du bassin nord de la CUCM. Et en 1971, le lac de la Sorme a été créé pour le bassin sud. Dès 1976, une connexion a d’ailleurs été réalisée entre le lac de la Sorme et le secteur du Creusot.

Les réservoirs du nord de la CUCM sont vulnérables notamment du fait d’un périmètre de protection trop réduit selon l’association. Là où il faudrait 100 mètres de périmètre, il n’y aurait que 30 mètres de distance.

 

 

 

Par ailleurs, la Sorme est un réservoir protégé d’une très grande fragilité due à l’excès de phosphore et l’évolution climatique favorisant la production en excès de matières organiques et la prolifération de cyanobactéries, selon Patrice Notteghem.

 

 

 

Ainsi la CUCM se trouverait devant la nécessité de renforcer la protection de l’eau, contraignant ainsi les usagers et notamment les agriculteurs.

Autrement dit, si l’une des sources est atteinte temporairement ou définitivement, le recours à une ressource en eau pour la distribution d’eau potable risquerait de laisser les habitants dans une grande vulnérabilité qui pourrait leur coûter cher en cas d’incident sur la deuxième ressource en eau.

Outre le risque sanitaire, il y aurait donc un risque économique important pour la CUCM, risque qui semble avoir été évalué notamment par le Président de la CUCM qui s’oppose au projet de la mine de fluorine.

 

 

 

Et après ?

 

 

 

Dans l’hypothèse d’une exploitation minière qui se déroulerait sans le moindre problème, il resterait néanmoins des risques liés à la fin de l’exploitation du site et à la fragilisation du sol pendant plus de 20 ans. « Les caractéristiques irrémédiables » des déchets stockés en grande quantité font partie des risques majeurs pour l’eau potable de la CUCM, dont les conséquences sont inconnues à ce jour.

 

 

Et ces inquiétudes sont partagées par l’Agence Régionale de Santé, en charge de surveiller l’eau et qui a déjà donné plusieurs avis défavorables au projet. Le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) semble aussi défavorable malgré les maigres informations qu’il a en sa possession puisque l’entreprise Garrot Chaillac lui aurait fourni assez peu d’études.

 

 

En tout état de cause, et avant que le projet ne voit le jour, l’entreprise devra encore réaliser des études sur l’eau qui seront assez onéreuses.

 

 

 

 

Des habitants de la CUCM soucieux

 

 

 

Tout au long de la soirée, la salle a échangé avec les membres de l’association CM Terreco que ce soit sur la localisation de l’usine de traitement du minerai ou encore le prélèvement d’un échantillon de minerai réalisé il y a plusieurs mois. Sur ce dernier point, l’association indique qu’il y aurait eu des inexactitudes sur le lieu exact d’extraction et qu’il y aurait inadéquation entre le lieu défini par l’arrêt préfectoral et le lieu réel d’extraction.

 

 

 

Au-delà même des risques pour la consommation d’eau des habitants de la CUCM, ceux-ci se sont par exemple intéressés à l’impact d’un accroissement du fluor dans l’eau pour la faune sauvage comme pour l’élevage.

 

 

 

Encore une fois le projet est actuellement suspendu, mais l’association CM Terreco craint qu’il ne reprenne. Et c’est la raison principale de sa présence à l’EVA ce mercredi soir.

 

 

Les personnes présentes ont montré beaucoup d’intérêt au sujet et plusieurs semblent vouloir rester informées par la suite du dossier.

 

 

Dossier à suivre

 

 

EM

 

 

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Un commentaire sur “Projet de mine d’Antully”

  1. tonygalo54 dit :

    Un trafic intense de gros poids lourds, des engins d’extraction et/ou de chargement, poussières produites en continu et à tous les points du traitement ( et, par temps sec, ensoleillé et/ou venté, ce phénomène est accentué ) , sources de bruits nombreuses … merci pour les riverains ! :  » prévention des risques dans les industries extractives  » : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=437