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lundi 19 mars 2018 à 19:13

Justice – il circulait à Montceau mais…

.. condamné à 12 mois de prison dont 6 mois assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans...



Jeudi 15 mars dans la nuit, quai du nouveau port à Montceau, une patrouille de police voit une voiture arriver face à elle, qui roule au milieu de la chaussée….

 

 

 

 

 

Le véhicule de police monte sur le trottoir pour l’éviter, puis fait demi-tour, la dépasse et la bloque. C’est un colosse qui en sort. Frédéric X, 51 ans, ne fait aucune difficulté particulière si ce n’est qu’il ne peut présenter son permis, qu’il a les yeux vitreux et l’haleine chargée. 2.24 grammes au second souffle, c’est pas mal. De surcroît il est « en récidive de récidive » dit le substitut du procureur Dominique Fenogli qui a demandé qu’il soit placé en détention provisoire pour le week-end. Le colosse est jugé ce lundi 19 mars en comparution immédiate.

 

 

Frédéric X est si grand qu’il n’est pas question qu’il soit jugé debout, car la barre du haut du box lui mange le visage, et le tribunal ne le voit pas. En juin 2017 il a été condamné à un TIG et à une obligation de soins pour lutter contre son alcoolisme. Son permis de conduire a été annulé. Et voilà que… « J’ai un petit peu de problèmes, en ce moment. Je voulais simplement aller manger un truc. – Votre condamnation de juin dernier ne vous a pas servi de leçon, remarque la présidente Caporali. – Si, si, répond le colosse contre l’évidence. En plus mon véhicule est foutu, je voulais le vendre. »

 

 

Question de toute éternité : que faudrait-il faire pour que « ça s’arrête » ? « Il faudrait des soins plus précis. Les obligations de soins, j’y suis allé trois fois mais y a rien, ils me font rien. » Le SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) signale au tribunal que Frédéric X semble ne pas comprendre pourquoi il va aux consultations. Le prévenu reprend : « Mais on ne me fait rien, là-bas, je ne comprends pas. »

 

 

« Monsieur reste dans le déni, dit le procureur. J’espérais un déclic pendant le week-end en prison, mais il tient le même discours aujourd’hui que vendredi. » Le parquet précise que la voiture a été saisie : on ne peut laisser un volant entre les mains des gens qui boivent trop. Dominique Fenogli requiert une peine mixte, et demande un SME d’une durée longue, 4 ans, histoire que les soins aient une chance de faire leurs preuves, mais en attendant, et vu la récidive au carré, il demande aussi le maintien en détention pour la part de prison ferme.

 

 

Maître Mirek reprend la problématique des soins : « Il a un rendez-vous tous les deux mois au centre d’addictologie, ça n’est pas possible, ça ne peut pas être efficace et il n’a reçu aucun traitement de substitution. C’est sur ce point qu’il faut mettre l’accent. Le maintien en détention n’est pas la solution dans son cas. »

 

 

Frédéric X a 12 mentions à son casier, entre 1989 et 2017, avec toutefois une période vide, entre 2005 et 2014. Il y a fort longtemps il cumule des infractions et des délits (CEEA, stups, proxénétisme, infractions à une interdiction de séjour, délit de fuite). Puis pendant 12 ans, le calme. Il vit en concubinage depuis 15 ans, il a des enfants. En 2014, nouvelle mention au casier, pour conduite sous l’empire de l’alcool, et en 2017, idem, 2018, on y vient. Il a beau être grand et costaud, tenir l’alcool, la base est friable.

 

 

Le tribunal condamne ce colosse aux pieds d’argile à 12 mois de prison dont 6 mois assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans. Obligation de travailler, de se soigner, interdiction de conduire pendant 6 mois. Voiture confisquée. Maintien en détention. « Il faudra des soins plus contraignants et répétés dans le temps, monsieur. »

 

 

FSA

 

 

 

tribunal 2208172

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 



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