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mercredi 14 décembre 2016 à 19:59

Communauté urbaine Creusot- Montceau : débat d’orientation budgétaire…

Intervention de Pierre-Etienne Graffard pour le Groupe EELV



 

« La présentation des orientations budgétaires offre deux lectures basées sur la réalité des chiffres et les prévisions les plus objectives que l’on puisse faire.

 

Satisfaction pour cette année de voir les équilibres budgétaires maintenus.

 

Inquiétude pour la suite au regard des programmes énoncés ici ou là, nous éloignant de la nécessité de réduire les inégalités.

 

Nous pouvons craindre également pour l’égalité des territoires avec des baisses annoncées des dotations.

 

 

 

Raisonnablement, personne ne se risque à contester les préjudices environnementaux de nos modèles économiques, bancaires, de transport. Par contre, peu de monde est prêt à abandonner ces modèles si profitables pour certains et si peu bénéfiques pour la grande majorité.

 

 

 

Avec la COP21 ratifiée, nous ne sommes plus dans l’éveil des consciences. Nous sommes dans la mise en œuvre des actions nécessaires aux engagements pris.

 

 

 

Il est facile d’augmenter de 2% la TVA, un décret suffit. Limiter à 2 degrés le réchauffement climatique implique une autre politique, une autre croissance.

 

 

 

Que ce soit pour le budget de fonctionnement, pour les investissements, cet engagement doit se traduire dans les faits et pas seulement sur des exigences réglementaires et sur des opportunités proposées.

 

 

 

Cet engagement dans la transition énergétique nous oblige à des orientations budgétaires adaptées aux objectifs nationaux et déclinées à la mesure de chacun de nos territoires.

 

 

 

Le climat bien évidemment mais aussi le respect du vivant, mais aussi une stratégie énergétique efficiente, sont autant de marqueurs essentiels, pour ne pas dire vitaux.

 

 

Le climat. Avec une volonté réelle d’améliorer l’habitat et de poursuivre les efforts dans ce sens, notre communauté urbaine s’inscrit dans la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Engageons-nous avec la même volonté dans les mobilités douces.

L’énergie. Nous avons une industrie locale dans le domaine de l’énergie, ce qui pourrait satisfaire notre contribution dans ce domaine. Cela ne nous dispense pas de réduire nos consommations, de produire de l’énergie renouvelable locale, de valoriser nos ressources locales dans ce secteur énergétique.

 

 

Le vivant. Il nous faut maintenir, préserver et parfois restaurer nos ressources en eau bien évidemment et particulièrement pour nous, la biodiversité et ses écosystèmes, l’alimentation.

 

 

 

Sur ce dernier point, l’alimentation, nous sommes sur un territoire industriel mais aussi sur un territoire rural avec 300 exploitations agricoles. A l’heure où toutes les collectivités se posent la question d’une restauration collective de proximité, de qualité, nous devons donner à nos agriculteurs la possibilité de s’installer, de s’engager dans une reconversion bio s’ils le souhaitent, de valoriser au juste prix leur production.

 

 

Tout le monde parle de circuits courts. Cela nécessite, à l’échelle de notre territoire, la mise en place de filières nouvelles, des investissements orientés dans des unités de production et de transformation de proximité. Nous sommes bien sur le registre du développement économique et de l’attractivité du territoire comme nous le faisons sur le développement économique industriel. Je crains, par exemple, que la fiche action n°8 du programme Leader 2014-2020, avec comme objectif « Faciliter la consommation de produits de qualité de l’agriculture locale », soit insuffisante. « Mise en place d’une filière d’excellence pour la consommation de produits de qualité de l’agriculture locale » semblerait mieux répondre aux objectifs souhaités par les collectivités et par de plus en plus de nos concitoyens.

 

 

 

Le débat d’orientation budgétaire doit s’emparer de cette vision de développement avec un angle de vue peut-être différent de ce qui a prévalu jusqu’ici.

 

 

 

Pour illustrer mes propos je vais faire référence à la convention que nous avons adoptée au dernier conseil sur la contractualisation. Les territoires ont été invités par la Région à élaborer des stratégies locales répondant à ses propres priorités. Il a été demandé à chaque territoire de se positionner pour traiter de façon dominante une des deux orientations thématiques retenues par la Région que constituent « l’accueil et l’attractivité » d’une part et la « transition énergétique » d’autre part.

Au travers du contrat territorial, le territoire de la Communauté Urbaine Creusot Montceau a choisi d’orienter sa stratégie sur le développement d’une politique d’accueil et d’attractivité du territoire. Mon propos n’est pas de contester le bien fondé d’une politique axée sur l’accueil et l’attractivité du territoire. Encore moins de revenir sur la convention d’objectif passé avec l’Etat, la Région et l’accès aux crédits européens.

 

 

La transition énergétique, si elle avait été retenue comme orientation thématique, aurait donné cet angle de vue différent dont je parlais précédemment. Les investissements et les actions auraient tout autant contribué à l’attractivité et à l’accueil.

 

Cette contractualisation avec l’orientation thématique retenue ne nous interdit en rien de mener des actions qui répondent à la thématique transition énergétique proposée par la Région mais sans doute ne répondons-nous pas à l’urgence de la situation.
Tout en restant dans le plan de mandat, je me permets cette intervention afin de mener la réflexion budgétaire sur cette voie écologique que nous pouvons partager. C’est une voie de progrès, de modernité, d’attractivité mais aussi d’absolue nécessité.

 

 

Je conclus, Monsieur le Président, par une recommandation de l’ONU que j’ai déjà utilisée dans notre assemblée, 80% de la transition énergétique se fera au niveau des territoires. Malgré les difficultés d’équilibrer nos budgets, malgré les prévisions préoccupantes, l’écologie donne des solutions innovantes et pérennes. Afin de respecter les engagements pris pour préserver le climat, nous souhaitons que notre communauté urbaine, au travers de son budget, s’inscrive dans cette dynamique de façon plus volontariste qu’elle le fait déjà dans son fonctionnement et dans ses investissements. »

 

 

 

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Pierre-Etienne Graffard pour le Groupe EELV

 

 

 

 



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