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lundi 19 septembre 2016 à 05:00

Cercle « Autour de la pensée de Marx » (Montceau-les-Mines)

La culture dans tous ses états (deuxième partie) La Culture en état de dépendance des géants USA du Net



« L’accélération de la mondialisation capitaliste est aujourd’hui le fait de multinationales nées sur le sol américain, et dans lesquelles les technologies numériques jouent un rôle central. Quatre acteurs, sans compter Microsoft, qui sont devenus familiers au point de les nommer par un sigle :GAFA.
-Google contrôle 90% de la recherche des savoirs dans le monde  « trouver encore plus vite »

 

-Apple concentre à lui seul 45% du trafic Web issu des smartphones et domine l’électronique grand public à l’échelle mondiale.. « s’adonner à encore plus de jeux et divertissements »

 

-Facebook s’impose comme le seul réseau social mondialisé « le dernier salon où l’on cause »

 

-Amazon reste leader du e-commerce comme du cloud, et analyse chaque jour 2,5 milliards de données. «  Depuis chez soi commander livres , coursier, livreur de pizzas par drones..etc »..Et le « Canard Enchainé » de mercredi 18 mai 2016 nous livre que cette multinationale gagnerait 2000 euros par seconde…oui, vous lisez bien !

 

-Microsoft, de manière devenue classique, «  avoir un ordinateur sur chaque bureau et dans chaque maison, tournant sur windows »

 

Avec une valorisation boursière de 2200 milliards de dollars en 2015, ce « G.A.F.A.+M. » distance largement celle des 40 plus grandes entreprises françaises du CAC40 . La valorisation de Apple est supérieure au PIB de la Suisse .Facebook enregistre 1,55 milliards d’utilisateurs …C’est plus que la population de la Chine. La puissance économique du GAFA rivalise avec celle d’un petit pays comme la Suède, dont le PIB était chiffré à 316 Mds de dollars en 2013.

 

Voici quelques lignes de la stratégie du GAFA.

 

Fidéliser jusqu’au simple visiteur pour en faire un client, perdre de l’argent pour en gagner davantage à terme, acquérir les entreprises innovantes plutôt que stocker ou investir soi même en Recherche et Développement, fournir successivement au consommateur le matériel, le logiciel et applications variées, jusqu’à la carte de crédit « maison » , faire économiser du temps et favoriser des rencontres virtuelles en un temps record, répondre en permanence aux multiples besoins et susciter sans répi le désir de consommer des utilisateurs d’écrans, telles seraient les dominantes de la stratégie du GAFA.

 

Stratégie commerciale bien menée ou visées hégémoniques d’un quasi Etat?

 

Le GAFA agit bien au-delà de son «  cœur de métier » puisqu’il investit les 7 industries clés de la transformation numérique :Télécoms, santé, distribution, énergies, médias, divertissements, voyages, loisirs. Pour le seul secteur des médias, par exemple, le « web social » est le porte voix de millions d’internautes, multipliant le nombre et le genre de canaux d’informations :forums, blogs, réseaux sociaux, messageries instantanées…de quoi faire pâlir d’envie GUTENBERG, ou, plus près de nous, le monopole de l’ORTF. Le GAFA irait-il jusqu’à battre monnaie, ou émettre de la quasi-monnaie, privilège de la puissance publique? Voire. Que lui manque-t-il pour devenir banquier, puisque il connaît tout de notre profil d’acheteur et d’épargnant du fait de ses connaissances croisées de nos données personnelles ? Et ce n’est pas parce que nous n’aurions pas de compte ouvert sur Facebook que ce dernier n’aurait pas de mémoire, enregistrant même nos effacements de recherches. Aussi bien, le GAFA s’enrichit naturellement lors de tout accès à ses services, émaillés de pages publicitaires qui garnit son tiroir-caisse si nous sommes tout juste curieux de ses pages. D’ailleurs il alimente l’appel des firmes en leur vendant nos données personnelles ! Et de se défendre, en toute mauvaise foi, prétendant que la technologie lui offre des algorithmes de calcul à une vitesse infinie et de fabuleuses quantités de stockage de données. Quel cerveau humain en serait capable ?

 

Quel pouvoir arrêtera le pouvoir du GAFA et notamment son emprise sur la Culture ?

 

Celle–ci étant consubstantielle à l’être humain, « roseau pensant, le plus faible de la Nature » (Blaise Pascal « Les Pensées ») et considérant que le souvenir des tueries des 2 derniers conflits mondiaux n’augure pas, malgré tout d’un XXI ème siècle qui ferait oublier que « partout l’Homme est né libre et partout il est dans les fers » (JJ Rousseau « Du Contrat Social »), qu’en est il de la Culture, diversifiée, libre et laissant s’épanouir la créativité, reconnue ou non suivant la loi du marché ? Nous n’écarterons pas la vision prémoderne, portée par l’Ecole allemande, de la Culture liée aux croyances, l’art, la littérature, la philosophie, la musique… mais à l’ère des techonologies numériques, le concept de Civilisation épouse davantage les aspects marchands, techniques, industriels, bureaucratiques de la Culture. Et la stratégie du GAFA nous y invite, faisant de la Culture un mode de production capitaliste. En effet , tout en gardant à l’esprit que le concept de Culture l’emporte sur le bien économique culturel, Il n’en demeure pas moins que :

 

– Dès qu’il devient possible d’échanger un bien ou service culturel, et qu’un rapprochement d’une offre et une demande se fait jour, alors la culture devient une marchandise.

 

– Toutes choses égales, le débat sur l’offre et la demande autorisée, canalisée ou interdite portant sur les organes humains, le corps entier, les enfants, les substances psycho actives etc se poursuit et c’est heureux.

 

Dès lors que la Culture ne serait pas du domaine de compétence de l’OMC, lors des négociations sur l’Accord Général sur le Commerce des Services, l’Union Européenne, sous l’impulsion de la France, a fait exclure de la libéralisation des échanges les biens dits culturels relevant de l’audiovisuel, du cinéma, de la radio TV, des bibliothèques… Le GAFA est pris à partie, aussi bien dans sa terre d’élection que dans plusieurs pays d’Europe pour ses manquements d’avoir contribué à une juste contribution fiscale de ses activités (Apple condamné à payer 13 milliards d’euros à l’Irlande)…La contestation sociale s’organise aussi en Californie même

 

L’ambition des méga-multinationales de la Silicon Valley ne se limite pas à la domination de la culture. Ce qu’elles visent, c’est une transformation totale de l’humanité; ceci fera l’objet d’une prochaine contribution.

 

 

Serge ROIGT, Jacky JORDERY, Bruno SILLA – Montceau-les-Mines, le 17 septembre 2016

 

 

marx-17-09-16

 

 

 

 

 

 

 



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Un commentaire sur “Cercle « Autour de la pensée de Marx » (Montceau-les-Mines)”

  1. fakbill dit :

    « Quatre acteurs, sans compter Microsoft, qui sont devenus familiers au point de les nommer par un sigle :GAFA. » : Non Microsoft a raté cette révolution.

    « cette multinationale gagnerait 2000 euros par seconde…oui, vous lisez bien ! » Oui, en quoi est ce étonnant? Ils proposent un service qui n’existait pas et que des millions trouvent très pratique. Leur offre est bien évidemment bien plus large que « le bien culturel ».

    « telles seraient les dominantes de la stratégie du GAFA » : Oui, le conventionnel est de trop. C’est ce qu’ils font et ils le font bien mais, sans rien derrière, ce ne serait que du vent. Google a inventé un moyen d’indexé de façon humainement lisible la masse d’info du web. Cette invention est en soit une révolution du même niveau que l’ampoule électrique. Je ne connais pas d’exemple d’un acteur ayant révolutionné deux fois de suite son domaine. Google a révolutionné le web, il est normal qu’il regarde ailleurs. Sa taille est donnée par l’ampleur de cette révolution. Cette révolution a été servie par une bonne stratégie mais, sans révolution, la stratégie ne serait que du vent (je deviens philosophe : Je me répète :) )

    « Le GAFA irait-il jusqu’à battre monnaie » : Non pour ça il faut plus regarder des choses du style « bitcoin ». Ca ne fonctionne pas car ce n’est pas assez stable. C’est un problème de confiance dans la technologie du bitcoin…et la monnaie c’est la confiance (les fondamentaux…)

    « D’ailleurs il alimente l’appel des firmes en leur vendant nos données personnelles ! Et de se défendre, en toute mauvaise foi, prétendant que la technologie lui offre des algorithmes de calcul à une vitesse infinie et de fabuleuses quantités de stockage de données. Quel cerveau humain en serait capable ? »
    gni?? Des algo à vitesse infinie? quoi ça? Il faut bien voir que MES données personnelles ne valent rien de rien, pas plus que les vôtres, à supposer que vous ne soyez pas connus. Non, ce qu’ils vendent, c’est une *masse* de données. Les algo de types deep learning trouvent des patterns la dedans et c’est ce qui fait que la tehcno google (entre autres) nous renvoie des pages pertinentes. Ils n’ont que faire de mes données perso en particulier. Corollaire : je me fiche qu’ils s’enregistre mon activité….ils seraient limite incapable de la faire ressortir de masse de données; quand bien meme ca aurait un intérêt quelconque.

    Ces entreprises ont rendus utilisable et mis à dispo une quantité d’info sans précédent. Ils ne la génère pas. La seconde révolution du web, le web2.0, réside justement dans le fait que l’utilisateur produit son contenu. Jamais les échanges culturel n’ont été aussi faciles et diversifiés. La moindre video digne d’intérêt est vue par des millions de personnes. C’est de bain d’information que le GAFA (et d’autres) ont mis à disposition.

    Que les états fassent respecter les lois fiscales ou autres est bien sûr une bonne chose.