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samedi 27 juin 2015 à 05:44

Portrait : Bernard Thaddée Petitjean

Un natif de Blanzy



 

 

Un natif de Blanzy 

 

 

 

« Long is the way, and hard, that out of hell leads up to light » (« Long et dur est le chemin qui de l’enfer conduit à la lumière »). John Milton (1614-1674)

 

C’est surement avec ce viatique en poche que les missionnaires Français sont allés évangéliser le Japon entre 1674 et 1889 alors que la religion chrétienne y était interdite depuis 1614.

 

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Et malgré cela Bernard Thaddée Petitjean y est allé avec son petit missel et sa petite croix. Fallait pas lui en compter au Bernard Thaddée. Il est allé là bas pour faire connaître les évangiles aux mangeurs de riz et leur apprendre des rudiments du parler Bourguignon.

 

C’est un natif de Blanzy sur Bourbince (eh si ça s’appelait comme ça à l’époque.).

 

Ce p’tit gars leur a montré de quel bois on se chauffait dans la bourgogne du sud. Et fallait au moins être fait du même bois que la sainte croix pour évangéliser les sujets de l’empire du soleil levant, sur les terres du Mikado.

 

Mais à Blanzynois rien n’éstoit impossible !

 

Né à Blanzy sur Bourbince, donc, le 14 juin 1829 (c’est bientôt le 186ème anniversaire de sa naissance) Bernard Thaddée Petitjean est mort le 7 octobre 1884 à Nagasaki (Japon) (ce sera bientôt le 131ème  anniversaire de sa mort.)

 

Quizz : déduisez son âge*

Question subsidiaire : combien pesait il ?*

 

Et il est mort en Saint Homme dans un pays où l’on n’était pas meilleur pour les chrétiens que du temps de dioclétien et sa grande persécution entre 303-311.

 

Après des études au petit et au grand séminaire d’Autun,  il deviendra ensuite professeur au petit séminaire, Bernard Thaddée Petitjean, est ordonné prêtre le 21 mai 1853. La paroisse de Verdun-sur-le-Doubs sera son premier  ministère  entre 1854 et 1856. Les japonais sont de gros mangeurs de poissons, leur a-t-il appris la recette de la pauchouse ? Malgré des recherches acharnées, cela reste un mystère.

 

En 1856, promotion et changement d’affectation, en reconnaissance de ses capacités pédagogiques et de son charisme il est nommé missionnaire apostolique.

 

Là un éclaircissement s’impose : qu’est ce qu’un missionnaire apostolique ?

Montceau News ne reculant devant aucun défi nous allons vous éclairer.

 

C’est un prêtre qui va prêcher dans les paroisses, qui va organiser des retraites, évangéliser des territoires où la foi a besoin d’être éduquée et pérennisée. C’est un pédagogue en théologie qui au 19ème siècle était donc chargé d’évangéliser les populations rurales forcément mécréantes.

Fin 1858, nouveau changement d’affectation, signe que l’on reconnaissait en lui des talents divers, il est nommé aumônier des religieuses du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles.

Là on se dit c’est la planque, le coq au milieu de la bassecour et tout le toutim, que nenni. En 1859 il fonce au séminaire des Missions étrangères de Paris (il ne sera pas resté longtemps au couvent celui-là) sous prétexte que l’expérience apostolique et d’accompagnateur spirituel qu’il vient d’accomplir le pousse vers l’étranger. Un peu comme un gars qui s’engage dans la légion parce que la blonde dont il s’est fait tatouer le prénom sur le bras s’est fait la malle. Peut être qu’il n’en pouvait plus de ces filles de l’enfant Jésus. Enfin ce n’est qu’une supposition. Pourtant il n’a que trente ans et donc… à moins que justement, alors ensuite des rêves de geisha ce n’est pas impossible.

Ben non puisque c’est un Saint Homme. Bon qui qu’il en soit il part de Chauffailles et monte à Paris.

 

En 1860, Il débarque au Japon. Dans ce pays où pour lui, à l’arrivée rien n’est nippon ni mauvais. (Fallait la faire). Là il occupe plusieurs postes dans les îles Ryükyü, à Yokohama avant de se fixer comme prof de Français à Nagasaki.

Il y rencontre le révérend père Furet, qui est passé par ici et qui repassera par là, avec lequel il travail sur la construction de de l’église dédiée aux vingt-six martyrs japonais.

 

Là forcément nouvel aparté pédagogique :

 

L’appellation contrôlée « Martyrs du Japon » ne s’applique qu’au groupe de 26 catholiques qui furent crucifiés le 5 février 1597, à Nagasaki. La grande majorité d’entre eux étaient japonais jeunes et vieux, religieux et laïcs, prêtres ou franciscains et jésuites.  Ce fut le premier supplice collectif au Japon.

 

Il fallu attendre 25 ans pour que se produise,  à Nagasaki de nouveau le « Grand Martyre » en date du 10 septembre 1622. Là les joyeusetés ont consisté en feu de joie, car vingt-trois chrétiens furent brûlés vifs et vingt-deux autres décapités. Coupez leur la tête ça leur fera les pieds chantait Bourvil.

 

Une longue période d’abstinence de 41 ans eu lieu et l’on ressortit le sabre entre 1633 et 1637 pour occire, toujours à  Nagasaki « seize martyrs dominicains ».

Nagasaki c’est comme Naples, ne dit on pas voir Naples et Mourir ? (Pour d’autres c’est Venise).

 

Donc Bernard Thaddée Petitjean travailla avec le RP Furet pour finir d’édifier cette église inaugurée le 19 février 1865 (nous avons raté le 150ème anniversaire de cette inauguration).

Petit à petit des ouailles clandestines sortent de leur galetas, de leurs maisons en papier de riz et viennent avec des ruses de sioux fréquenter cette église.

 

Là c’est le jackpot, son patron le Pape Pie IX le fait évêque in partibus de Myriophite et vicaire apostolique du Japon. Côté carrière ça en jette.

 

En clair cela veut dire qu’on lui accorde le titre d’évêque en pays des infidèles par référence à l’anciens diocèse disparu de Myriophitos une ville Episcopale de la Thrace. 

 

Et d’un coup patatras les chrétiens à défaut de sushi ont du souci à se faire. En avril et en juin 1868, deux édits impériaux interdisent le christianisme. En 4 mois 4 500 fidèles subissent l’ire de Mikado et sont arrêtés et pour les femmes et les jeunes filles c’est l’encan aux esclaves.

Pour Bernard Thaddée Petitjean en juin 1868 c’est retour en France et participation au concile Vatican I. Celui auquel participe aussi Mgr Dupanloup du diocèse d’Orléans.

 

Vous savez : Bali Balo sur le Vésuve,
Fut saisi d’un problème d’effluves,
On crut à la secousse tellurique,
40 000 morts dans la panique.
Ah ah Bali Balo,
Bali Balo est un salaud !

 

1873, Napoléon III a calenché depuis le 9 janvier, la troisième république est en place, la persécution des chrétiens prend fin et BT Petitjean est de retour à Nagasaki. Il développe son business et couvre le japon de missionnaires,  pas seulement pour évangéliser. Et du coup voila que ré apparaissent dans le paysage les Sœurs du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles qu’il fait venir, pas rancunier le BT, avec en plus un contingent de Dames de Saint-Maur (pas des fromages avec une paille). Elles sont du même ordre mais pas du même couvent.

Du coup en accord avec le Pape il crée deux diocèses au japon et ordonne des prêtres Japonais. A sa mort 7 octobre 1884 il peut être satisfait de lui, il a fait le Job.

Le japon compte, dans des conditions difficiles, voire dramatiques, alors 30 230 chrétiens, deux évêques, cinquante-trois missionnaires européens (surtout français), trois prêtres japonais, deux séminaires avec soixante-dix-neuf élèves et soixante-cinq écoles avec 3 331 élèves.

 

Blanzy peut s’enorgueillir d’avoir dans son histoire un homme aussi dévoué à son idéal et aussi symptomatique du caractère Bourguignon.

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

(* N’importe quand, mais un jour fixe.)

 

 

 

 

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