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mardi 8 novembre 2016 à 08:46

« Retrouver la confiance perdue en nos institutions » (Politique)

Déclare ¨Philippe Baumel, député de Saône-et-Loire



 

« Les échéances électorales à venir – primaire puis élection présidentielle – concentrent les ruptures potentielles. Il n’y a là ni matière à légèreté, ni prétexte aux guerres d’égos. Les questions posées sont aiguës. Il y a celle du projet économique et industriel, matrice de tant de nos problèmes, il y a le risque d’éclatement du vivre-ensemble et de basculement dans la guerre intestine intercommunautaire.

 

 

Dans ce contexte qui appelle à une grande vigilance, le pouvoir, en plus haut lieu, semble avoir été tout à la fois confisqué et déserté par ses mandataires. C’est un sentiment de sidération qui domine face à la légèreté d’un Président qui se livre sans mesure aux journalistes, hypothéquant du même coup toute possibilité d’exercer le pouvoir qui lui a été confié, naviguant à vue et au long cours depuis maintenant si longtemps qu’il en a perdu jusqu’à la conscience du rivage.

 

 

Ce rivage c’est celui du chômage, de l’investissement en panne, de l’urgence écologique, de l’insécurité croissante face à une mondialisation qui fait des vainqueurs mais surtout des perdants, de la peur du déclassement, de la montée des tensions communautaires. Les électeurs ne s’y tromperont pas. C’est les pieds solidement enfoncés dans ce rivage qu’ils voteront avec la conscience de cet abandon.

 

 

Face à cela, il y a une véritable urgence : celle de retisser un lien de confiance avec les citoyens. Dans une France où l’abstention bat tous les records, où le Front National devient pour certains une réponse crédible, nous devons refonder en profondeur le système démocratique et institutionnel français.

 

Nous avons besoin d’une nouvelle République, une République de souveraineté populaire.

 

 

Directement, en recourant davantage au référendum d’initiative populaire. Indirectement, en améliorant la représentativité et la diversité des représentants de la Nation en instaurant le suffrage à la proportionnelle pour un certain nombre de députés. En créant un nouveau Sénat, au sein duquel seront tirés au sort une centaine de citoyens, garants des politiques publiques misent en œuvre.

 

 

L’utilisation du 49-3, arme de destruction massive du débat parlementaire, doit être limitée aux seuls textes budgétaires. La politique du coup de force permanent n’a plus sa place dans notre démocratie.

Le non-cumul des mandats dans le temps pour les parlementaires comme pour les élus locaux doit être strictement limité à trois mandats consécutifs.

 

La politique n’est ni une rente de situation, ni une profession !

 

Enfin, le passage à un septennat non-renouvelable donnera du temps pour mener des réformes structurelles d’envergures et permettra de rompre avec l’obsession d’une élection présidentielle qui gangrène le système démocratique.

 

 

Pour ma part, il me semble nécessaire d’aller encore plus loin, de limiter les pouvoirs du Président. Nous devons envisager une profonde réforme de cette élection et en finir avec l’élection au suffrage universel, qui personnalise ce scrutin et permet l’ascension au pouvoir d’un monarque républicain. Cela favorise le reniement des idées et des engagements portés pendant une campagne relevant plus du « show » populaire que du débat de conviction. Le Président de la République serait élu par les élus siégeant au Parlement.

 

Ce système démocratique oblige le Président à être en adéquation entre la politique qu’il met en œuvre et le programme qu’il lui permet d’être élu à cette fonction.

 

 

Il faut que les idées à gauche s’expriment, c’est même indispensable après une pratique autoritariste du pouvoir par l’actuel Premier Ministre. Le débat doit être riche afin de résoudre une crise démocratique croissante.

 

 

Une partie de la gauche s’est perdue au cours du dernier quinquennat. Les français sont déçus, le peuple de gauche se sent trahi. C’est en réformant les institutions de notre pays que nous redonnerons confiance à nos concitoyens. C’est en rompant définitivement avec ce système quasi monarchique que nous réduirons la facture entre la gauche et les français. C’est en portant un projet politique d’envergure que nous éviterons le scénario qui se dessine pour les mois à venir : un débat entre la droite et l’extrême droite dont le grand perdant sera notre pays.

 

 

Cette VIème République, c’est le projet porté par Arnaud Montebourg depuis plus de 15 ans. C’est, entre autres choses, pour cette raison que je le soutiendrai dans son entreprise de reconquête du peuple français dans les mois à venir.

 

 

La France a besoin d’un souffle nouveau, de rompre avec la tentation libérale de ces politiques qui oublient leurs valeurs en chemin. La gauche a besoin de solutions fortes sans renier ce qu’elle est, comme tant d’autres qui se livrent à une surenchère de propositions dans lesquelles la démagogie mortifère et périlleuse le dispute aux propositions irréalistes et inefficaces. Nous avons un devoir d’exigence et de rigueur. L’échéance de la primaire au mois de janvier est décisive, les français doivent se saisir de cette opportunité démocratique. C’est ainsi que nous retrouverons une République combative, une France solidaire. »

 

 

Philippe Baumel, député de la 3ème circonscription de Saône-et-Loire

 

 

 

new Baumel 29 07 16

 

 

 

 

 

 



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12 commentaires sur “« Retrouver la confiance perdue en nos institutions » (Politique)”

  1. MT71 dit :

    Monsieur le Député

    Voilà un beau discours, que de belles paroles, malheureusement ce ne sont que des paroles. Bien d’autres avant vous l’ont tenu.
    Vous qui avez milité pour cette gauche au pouvoir depuis bientôt 5 ans.
    Vous qui avez bénéficié des privilèges des parlementaires, vous vous souvenez seulement maintenant des valeurs de la république.
    Vous prônez le retour au septennat. Etiez vous favorable préalablement à un mandat plus court ?
    Vous défendez le référendum d’initiative populaire, vous prônez une limitation des pouvoirs du Président de la république et son élection par une chambre de « grands électeurs ».
    Cela c’est la 4° République.
    Relisez vos manuels d’histoire et regardez ce qu’était la 4° République. Ses crises perpétuelles, l’instabilité, la faillite….
    De cela nous n’en voulons pas, le pays a besoin d’un Etat fort et de députés « qui ne crachent pas dans la soupe ».
    Ne jouez plus les effarouchés maintenant, il y a eu des motions de censure déposées. Il fallait les voter.
    Cordialement
    Jacki Talpin

  2. loupblanc dit :

    la politique serait un métier dixit le père du socialisme Mitterrand
    de mémoire France 6 ème puissance industrielle , 26 ème à ce jour
    l’industrie crée de l’emploi et non le tertiaire voulu par le traité de Lisbonne et la finance
    quand on voit que Renault , Peugeot , Citroen , Airbus , bientôt les TGV , le réarmement de nos policiers , etc…… et la liste est exhaustive sont délocalisés en Chine , Inde , Allemagne on peut être plus que dubitatif
    Après il y a le fameux made in France ……..à consulter sur internet

  3. VALLOIDIEN dit :

    c’est la fin de la gauche réunie, au temps de Mitterrand et de Marchais, à ces 2 partis prônaient plus de 50% des électeurs,,,
    et maintenant c’est la bérézina,, le ps, à peine 15% et le PC avoisine les 3% ,,,,et maintenant la gauche réunis avec les verts, à peine 22%
    et tout ça ,,, nous gouverne,,
    alors ça ne m’étonne pas que les capitaux foutent le camp,et les industries qui se délocalisent, trop d’élus pour un si petit parti de gauche,
    alors que le F.N. (1er parti de france en électeurs près de 7 millions et pas d’élus,,
    et on voit bien ça ne colle pas du tout avec notre démocratie
    j’aimerais que que l’on passe à un tour les élections législatives, et plus compromission entre le LR et la gauche réunie,,, contre le F.N
    c’est ainsi que je vois une vraie démocratie, dans les parlements,
    (assemblée National et sénat) avec les élus de tout horizon français!
    c’est bien mieux ainsi,!!

  4. gilbert71 dit :

    5è ou 6è ou 7è ,tout celà n’a plus de signification c’est le contenu qui est important et Montebourg donc Vous vous etes des réveurs mais la France a besoin autre chose pour se relever ou vous l’avez mis ce sera long mais on peut y arriver

  5. merzet14 dit :

    Beau discours!! Pourquoi n’avez vous pas fait entendre cette voix avec vos collègues députés de gauche (ou alors si peu!)?. Vous avez mis quelques fois en difficulté le gouvernement mais hélas sans aller jusqu’au bout de votre démarche! Vous ne voulez plus du cumul de mandat: dont acte! Deux mandats consécutifs sont largement suffisant pour mettre en oeuvre les orientations et objectifs définis par votre programme! au delà, l’élu s’installe dans la « profession »! Et puis, lisez un peu le programme de « La France insoumise » (construit par les partisans de ce mouvement)et vous y verrez que le démocratie y trouve une place largement plus forte que celle que vous proposez. Il est évident que la gauche PS s’est elle même sabordée! L’arrivée de la droite au pouvoir (c’est certain, que cela soit LR ou FN) des « affaires » et des rentes de situation ne fera qu’accentuer les inégalités, la pauvreté et la désertion des urnes par les citoyens! Vous avez trop tiré sur la corde et, de droite comme de gauche, la corde est devenue un boomerang!
    Salutations

  6. lavoisier dit :

    tout a fait d’accord avec vous Mr Talpin, mais votre discours est valable aussi bien pour la gauche que pour la droite, et dans les deux cas il n’y en a aucun pour rattraper l’autre, ils veulent tous le pouvoir mais une fois en place, plus personnes…

  7. lenoir dit :

    bravo mt 71 ce cher depute a un avissur tout agriculture industrie conteste tout mais reste a sa place

  8. loupblanc dit :

    2 exemples à quoi servirait nos députés pour des sujets d’actualité
    sur une assemblée de 577 DEPUTES

    136 députés présents à l’assemblée nationale et 129 suffrages exprimés seulement pour un vote d’importance sur l’entrée de l’état d’urgence dans la Constitution, un désastre, quand on sait la gravité du processus.   
    environ 76% des députés absents, un record lors de la première consultation .

    conclusion : les 129 n’ont pas tous votés pour , les absents ne se sentiraient pas concernés

    Le 19 juillet dernier, lors de la discussion à l’Assemblée Nationale portant sur la prorogation de l’État d’urgence suite aux attentats de Nice, deux amendements ont été déposés, portant sur la fermeture préventive des mosquées salafistes, vivier de l’islamisme radical. Ces deux amendements ont été rejetés par 169 voix « contre » et 139 « pour », malgré la multiplication des attentats sur notre sol.

    comment voulez vous que le pays que ce pays émerge par le haut , 9 millions de pauvres ( chômeurs , rsa , sans sdf , emplois précaires )
    1200 milliards de dettes environ sur les 2150 milliards à ce jour sous les 2 derniers présidents ( 2007 à 2017 ) , cadeau pour notre jeunesse
    et pour finir les députés non réélus prochainement auraient droit à une partie de leur indemnité précédente sur 5 ans ( passé en catimini en 2015 …, , nouveau privilège de la nation )

  9. jean-pierre71 dit :

    Nos trois députés frondeurs du département nous ont fait connaitre leur avis à chaque fois………………mais non jamais votés les motions de censure, ils n’étaient pas d’accord avec le gouvernement mais voulaient garder leurs places au chaud………..c’est terminé pour moi !!!

  10. Globul dit :

    M. BAUMEL,
    Vous dressez un «bilan» sans complaisance de François HOLLANDE, à la tête de l’Etat depuis bientôt 5 ans.
    Que retenir ?
    Le Président qui se voulait «normal» prônait «l’exemplarité».
    Aujourd’hui, force est de constater qu’il vaut mieux ne pas en parler, tant il s’est assis dessus…
    Depuis son arrivée au pouvoir, le pays compte 600 000 chômeurs de plus. On est donc encore bien loin de l’inversion de la courbe du chômage qu’il promettait…
    Plus que sous SARKOZY, des tensions «sociales» existent, voir se sont même accentuées.
    Le ras-le-bol du peuple s’exprime dans les sondages qui témoignent d’une réelle rupture avec le pouvoir politique.

    Votre message d’aujourd’hui n’est plus audible et ce depuis bien longtemps…
    Vous avez appelé à voter François HOLLANDE en 2012. Vous vous êtes parfois élevé contre la politique conduite mais sans peser sur ce qui a été fait, car vous n’êtes pas aller au bout de votre démarche, hélas.
    Le courage eût été de faire tomber ce gouvernement «d’illusionnistes» durant cette présidence, au lieu de le critiquer aujourd’hui ouvertement et appeler à (je vous cite) : «retisser un lien de confiance avec les citoyens Dans une France où l’abstention bat tous les records, où le Front National devient pour certains une réponse crédible, nous devons refonder en profondeur le système démocratique et institutionnel français».

    Ce n’est pas le système institutionnel français qui n’est pas adapté, mais les hommes politiques qui nous gouvernent !
    Les partis ne se réforment pas, ne font pas leur bilan, ne dressent pas leur auto critique…
    C’est TOUJOURS la faute de L’AUTRE…

    Au soir de résultats électoraux, tous les politiques assurent comprendre et vouloir tirer les leçons des résultats qui témoignent du désaveu des électeurs. Malheureusement, RIEN ne change…
    Pas étonnant dès lors, que la colère gronde et s’accentue au fil des scrutins.
    Je prédis un grand coup de balai aux prochaines élections !

    Je vous laisse deux citations de notre Président «normal» :

    « Je préconise un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature. Si d’aventure, à l’occasion de cette vérification, une crise profonde se produisait, ou des élections intervenaient, contredisant l’élection présidentielle, nous en tirerions toutes les conséquences en quittant la présidence. » François Hollande 2006

    « En fin de mandat, l’impopularité ne relève pas le courage. L’impopularité révèle la défiance des Français envers ceux qui les dirigent » François Hollande, 30 janvier 2012

    Cherchez «l’erreur»…