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dimanche 24 septembre 2017 à 05:56

Cercle « Autour de la pensée de Marx » (Montceau-les-Mines)

Septembre 2017 TRANSHUMANISME OU HUMANISME RENOUVELÈ ?



 

On nous prie d’insérer :

 

 

« Dans nos cinq contributions précédentes placées sous le thème : Capital et transformation de l’humanité, nous avons tenté de montrer qu’une nouvelle idéologie appelée transhumanisme était en marche. Cette idéologie est portée par un mouvement copieusement financé par les mastodontes du numérique de la Silicon Valley animés par leur volonté de domination du monde. Les porteurs de cette nouvelle idéologie techno-capitaliste sont convaincus que le développement vertigineux des techno-sciences va permettre la transformation totale de l’humanité et la fabrication d’un post-humain par l’hybridation homme/machine en mobilisant l’intelligence artificielle et la robotique tout autant que la biologie. Cette idéologie solutionniste (tous les problèmes du monde doivent trouver solution grâce aux techno-sciences) interroge donc très fortement le concept d’humanisme.

 

MODIFIER LE VIVANT JUSQUE À LE RECREER ?

 

Bien sûr l’art esthétique et l’art chirurgical nous ont familiarisé avec le remodelage des hanches et la correction du nez, comme avec l’implantation d’un coeur artificiel en remplacement de cette « pompe géniale. Le dopage sportif augmente les performances des athlètes qui en paieront le prix plus tard …c’est dire que toucher au vivant c’est pour le meilleur et pour le pire.

 

Aussi, la revue scientifique « Nature » publie en 1953 la structure en double hélice de l’ADN (acide désoxyribonucléique) support du patrimoine génétique humain. La Convention d’Oviedo du 4 avril 1997 stipule qu’une intervention ayant pour but de modifier le génome humain se fera pour des raisons préventives, diagnostiques, thérapeutiques et seulement si elle s’interdit d’introduire une modification du génome de la descendance.

 

Qui l’emporte ? Un humanisme qui fait de l’humain « une page blanche » sur laquelle il écrira lui même son histoire, au sein d’un milieu qu’il aménage et dont il recevra les effets en retour, hors fatalisme Darwinien ? La fin de l’Histoire? Ou au contraire, recherche scientifique sans entrave? Modifier l’homme pour qu’il consomme moins de ressources, sélectionner des embryons destinés à évoluer en humains de petite taille, moins gourmands en tout, détruire dès la gestation le futur handicapé ? Quel est le vécu de près de 1000 ans d’histoire récente de l’être humain?

 

UN HUMANISME DE LA LIBERATION DE L’HOMME PAR L’HOMME

 

Le Moyen Age s’est retrouvé très vite orphelin de l’Antiquité gréco-romaine, dont les temples abattus, les forums envahis de végétation, la littérature oubliée laissaient pourtant entrevoir la splendeur passé. Et l’on parlait et écrivait en latin, la Rome ancienne avait disparu et cependant on était devenu Romain.

 

Cette tendance s’est confirmée avec un début de libération culturelle et intellectuelle au 15ème siècle. La Nature est là, mais il faut la connaître, donc apprendre, si on veut l’apprivoiser et il y a mieux que le destin ou la fatalité pour signifier notre existence. Commençons par imprimer la Bible (GUTENBERG entre 1452 et 1455) afin qu’elle ne soit pas le monopole des clercs. Qu’elle soit accessible au plus grand nombre en la traduisant en langue de tous les jours. (voir aussi ERASME en 1516 et Lefèvre d’ETAPLES en 1523)

 

Cet humanisme ne libère pas seulement la plume, le pinceau ou le ciseau d’artistes et artisans talentueux. Il met en scène un populaire « Gargantua » confectionné par RABELAIS en 1534. Il s’agit de brocarder l’enseignement quelque peu dogmatique de la Sorbonne de l’époque et de prôner un enseignement ludique, c’est-à-dire humaniste.

 

Tout doit concourir à l’éducation, chez le Monarque lui même , certes de « droit divin », mais ayant recours aux lumières de conseillers non issus de la noblesse. Songeons à René DESCARTES répondant à l’appel de Christine reine de Suède.

 

Ce qui prédispose également à la naissance d’un Homme Nouveau, c’est que l’éthique protestante ne condamne pas le prêt à intérêt , que les banquiers ne sont plus seulement juifs ou lombards et que la lettre de change facilite grandement les rapports commerciaux. La vision du Monde s’élargit avec la découverte des Amériques. On ne trouve pas tout de suite or ou épices, mais des peuplades accueillantes au teint coloré qui donneront plus tard naissance au mythe du « bon sauvage » (J.J. ROUSSEAU).

 

Le 16ème siècle survient la Renaissance, contemporaine de la munificence des arts et des lettres, de la prolifération des idées fussent elles hérétiques aux yeux de certains. En effet la guerre entre les Eglises est là, et l’absolutisme du pouvoir royal s’installe. C’est sûrement le début d’un humanisme politique et social teinté d’inquiétude.

 

Les années 1715 à 1789 encadrent strictement le Siècle des Lumières, règne des Bourbons de France, mais aussi gloire des Encyclopédistes, éveil des manifestations contre toute « vérité révélée », tapage des recours à l’encontre des décisions de Justice avec présomption de culpabilité.

 

L’Humanisme des Lumières, après celui de la Renaissance, ne verrait rien de sublime en l’homme envisagé d’un point de vue sociologique, dans ses rapports avec autrui. La rupture avec la tradition est préférée à la synthèse entre croyances anciennes et idées nouvelles. Cependant VOLTAIRE (Traité sur la Tolérance) et ERASME (Eloge de la Folie) dénoncent la superstition, MONTESQUIEU (les lettres persanes) promeut la dignité de la personne. Voila donc bien des points qui rassemblent les Lumières. En Allemagne sous le terme Aufklarung et Humanisme sans frontière né en Italie.

 

Humanisme et société : « …la Société existe du jour où les individus, communiquant par le travail et la parole, ont consenti des obligations réciproques et donné naissance à des lois et coutumes… » (Joseph PROUDHON 1846), faisant suite à J.J. ROUSSEAU « Le Contrat social » de ROUSSEAU, qui transforme les hommes issus de la nature en hommes civils, a été critiqué par Proudhon car seulement constitué d’arbitres choisis par les citoyens en dehors de toute convention préalable pour les cas ce contestation. De plus le contrat social, selon Proudhon, aborde seulement la question politique et non la question sociale. MARX adressera ses reproches à la fois à ROUSSEAU et PROUDHON. Ce sont plutôt les forces économiques qui sont à l’œuvre et non l’Homme, fut il contraint par le pacte associatif. Quant à PROUDHON, longtemps référent de Marx, il n’aurait pas compris la véritable dialectique scientifique !

 

L’idée de conscience –  Elle est inséparable de la science qui se veut explicative, pas seulement compréhensive. Serait-elle sous le contrôle de la morale ? Quoiqu’il en soit «…. conscience est synonyme d’invention et de liberté :or chez l’animal l’invention n’est qu’une variation sur le thème de la routine »(Henri BERGSON L’Evolution Créatrice 1907). De même la science ne peut prouver le récit, le simple récit, d’une conscience autonome, par rapport à la machine robot, dans la mesure où celle-là est seule à même de définir ses buts. (J.G.GANASCIA, expert en intelligence artificielle)

 

L’idée d’intelligence – En sa qualité d’intuitive, elle embrasse d’un seul coup des ensembles complexes tandis que la raison, discursive, procède suivant une marche méthodique et parfois mécanique « :L’intuition trouve, le raisonnement prouve… » mais après l’intuition !

 

A suivre…« 

 

Serge ROIGT, Jacky JORDERY, Bruno SILLA – Montceau-les-Mines, le 22 septembre 2017

 

 

marx 23 09 17

 

 

 



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