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mercredi 2 mars 2016 à 07:20

Fiche santé : l’arthrose et ses conséquences chirurgicales

L’arthrose toucherait aujourd’hui près de 9 à 10 millions de français




Pour cette nouvelle fiche santé, nous nous intéressons aujourd’hui à un mal qu touche une grande partie d’entre nous. En effet, d’après des données datant de mai 2014, l’arthrose toucherait aujourd’hui près de 9 à 10 millions de français. Ce serait donc la première cause de consultations après les maladies cardio-vasculaires dans les pays développés.

 

 

Cette pathologie apparaît après 40 ans et se généralise après 65 ans.

 

 

Mais de quoi s’agit-il ? Comment la reconnaît-on ? Comment peut-on la traiter ? Et où se faire soigner ?

 

 

Définition

 

 

L’arthrose correspond à la destruction progressive du cartilage des articulations, commune lors de l’avance en âge (arthrose dégénérative), qui peut aller jusqu’à sa disparition.

 

 

La plupart des articulations peuvent être touchées par l’arthrose mais les articulations principalement touchées sont les cervicales et les lombaires (entre 70 et 75 %), le genou (40%), le pouce (30%), la hanche et la cheville (10%) et les épaules (2%) (selon Serge Perrot et Philippe Chaduteau). Les arthroses du genou et de la hanche ne sont pas les plus fréquentes, mais elles restent les plus invalidantes au quotidien. La coxarthrose (arthrose de la hanche) et la gonarthrose (arthrose du genou) symptomatiques touchent respectivement en France 1,9 et 4,7 % des hommes et 2,5 et 6,6 % des femmes (selon Mazières B., 2011).

 

 

Il existe un facteur héréditaire avec une prédisposition génétique familiale plus ou moins marquée.

 

 

L’arthrose est une maladie dégénérative très fréquente, qui affecte plus de la moitié des Européens de plus de 65 ans, et 80% d’entre eux au-delà de 75 ans (J. Avouac, Société Française de Rhumatologie, 2009). Elle n’est pas toujours douloureuse ni enraidissante : cela ne surviendrait que dans 15 à 20% des cas (Valat, 2008).

Dans le Livre Blanc de la rhumatologie (Société Française de Rhumatologie – SFR), sa prévalence est estimée autour de 17%, soit entre 9 et 10 millions de Français touchés.

 

 

Souvent prise « à la légère » car non mortelle, l’arthrose retentit pourtant sur l’autonomie des patients ( ce qui est particulièrement dommageable au grand âge), notamment à cause de l’arthrose des mains. L’évolution dépend aussi de la prise en charge et de l’hygiène de vie qu’on applique précocement.

 

 

A quoi sert le cartilage ? Le cartilage permet aux extrémités osseuses de glisser les unes sur les autres. Son altération entraîne donc une raideur articulaire voire une ankylose (rigidité douloureuse).

 

 

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Pourquoi le cartilage peut-il s’user ? Les causes de l’altération du cartilage sont dues d’abord au vieillissement cellulaire « naturel » ; ensuite à un excès de pression locale, essentiellement par surmenage articulaire (sport, loisir, activité professionnelle etc.). Le surpoids et l’obésité sont aussi une cause majeure d’arthrose ; ils aggravent les conséquences d’une anomalie anatomique (constitutionnelle, héréditaire ou pas). L’obésité exerce, de plus, une influence hormonale pro-inflammatoire (interleukines).

 

 

Que se passe-t-il lorsque le cartilage s’use ? D’abord, il s’agit d’une dégénérescence. Ainsi en dégénérant le cartilage se fragmente ; les débris tombent dans l’articulation, et majorent l’inflammation locale de la synovie (liquide synovial articulaire qui lubrifie et nourrit le cartilage). La douleur réduit alors les mouvements ; les muscles s’atrophient, les tendons s’enflamment à leur tour et l’articulation s’enraidit. L’os adjacent peut réagir en se déformant (ostéophytes ou becs de perroquet) et se fragilise.

 

 

De plus l’arthrose est aggravée par ce qu’on nomme la cristallisation articulaire de substances comme l’acide urique (goutte), ou les phosphates de calcium (chondrocalcinose), maladies longtemps silencieuses et souvent négligées.

 

 

Les symptômes

 

 

L’arthrose se manifeste par des poussées douloureuses qui témoignent de la destruction du cartilage (relargage de substances inflammatoires, source de la douleur). Ces douleurs peuvent survenir seulement deux ou trois fois par an ou, au contraire, persister en fond douloureux de différentes intensités pendant plusieurs années. Il existe des formes très évolutives d’arthrose exigeant une intervention rapide des médecins. Ainsi personne n’est identique à son voisin s’agissant d’arthrose.

 

 

La douleur est le premier symptôme. Hors des poussées inflammatoires, elle est modérée et mécanique : elle augmente au cours de la journée. Toutefois, au cours des poussées, la douleur est vive dès le matin avec une gêne persistante dans la journée. Dans certains cas, des douleurs nocturnes peuvent également survenir. On note aussi que l’inflammation articulaire peut être assez intense pour aller jusqu’au gonflement avec rougeur de l’articulation.

A terme, sans prise en charge, la destruction du cartilage et l’inflammation locale entraînent des déformations osseuses et une diminution des capacités motrices. Celles-ci entretiennent l’immobilisme donc la détérioration articulaire par la persistance des substances inflammatoires. C’est malheureusement un cercle vicieux.

 

 

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Les traitements médicaux

 

 

L’arthrose ne perturbe pas les résultats biologiques. A la différence des arthrites, il n’y a pas de syndrome inflammatoire. Son diagnostic ne peut donc être que clinique et radiologique.

 

 

La radiographie standard, sans préparation, est suffisante au diagnostic de la maladie arthrosique.

 

 

Quels traitements sont adaptés à cette pathologie ? D’abord, la ponction articulaire n’est pratiquée que s’il existe un épanchement liquidien important, notamment au niveau du genou.

 

 

Ensuite, la mise au repos de l’articulation est indispensable pendant les périodes douloureuses.

 

 

Cependant, il ne faut pas que ce repos soit trop prolongé, car il est ensuite d’autant plus difficile de remobiliser l’articulation en cause.

 

 

En dehors des périodes très douloureuses, un exercice modéré est recommandé : pour les arthroses de hanche, on conseille la bicyclette plutôt que la marche car cette activité sportive entretient la musculature en usant moins le cartilage de la hanche laquelle est déchargée du poids du corps. Pour l’arthrose de la colonne lombaire, certains mouvements de gymnastique sont contre-indiqués.

 

 

Aussi la perte de poids augmente considérablement le confort des patients. Il est démontré que l’amaigrissement des patients arthrosiques en surpoids retarde l’évolution de la maladie.

 

 

Au niveau des médicaments, il existe plusieurs alternatives pharmacologiques :

 

 

  1. – les antalgiques simples (ex. : le paracétamol),

  2. – les anti-inflammatoires non stéroïdiens,

  3. – les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente,

  4. – et les injections intra-articulaires d’anti-inflammatoires stéroïdiens (corticoïdes) ou d’acide hyaluronique.

 

 

La kinésithérapie est souvent indispensable car elle permet de repousser très loin la survenue de l’ankylose articulaire, de soulager l’articulation arthrosique, et de renforcer les muscles avoisinants.

 

 

D’autres thérapeutiques sont très utilisées : physiothérapie, massages, cures hydrominérales, acupuncture, électrothérapie… faute de démontrer leur efficacité sur l’évolution de la maladie, elles sont toutefois souvent efficaces sur la douleur.

 

 

La chirurgie

 

 

La chirurgie préventive permet de rétablir des conditions mécaniques correctes en cas d’anomalie de l’articulation : luxation congénitale de hanche, genu varum, scoliose etc.

 

 

La chirurgie conservatrice (ostéotomie,….) est parfois utile au niveau de la hanche et du genou.

 

 

Dans les cas évolués les plus invalidants, une résection articulaire, une arthrodèse (blocage définitif de l’articulation), une prothèse totale (hanche, genou, doigt) peuvent être proposées aux patients.

 

 

Nous prendrons deux exemples de prothèses : la hanche et le genou. C’est quoi ?

 

 

La prothèse de hanche

 

 

La prothèse est dite « totale » lorsqu’elle remplace les deux composants de l’articulation : tête fémorale et cotyle. Les techniques peuvent varier en fonction des voies d’abord.

 

 

Description de l’intervention :

 

 

-Après incision, la hanche est luxée et le col fémoral est exposé.

-Section du col fémoral

-Préparation du cotyle (alèsage)

-Préparation du fémur (alèsage du canal médullaire)

-Essayage de la pièce fémorale d’essai

-Mise en place du cotyle définitif (cupule qui renforce la cavité cotyloïdienne)

-Mise en place de la prothèse fémorale définitive (tête et queue).

 

 

Les prothèses peuvent être cimentées ou non suivant le cas du patient.

 

 

La prothèse de genou

 

 

Elle peut être totale ou unicompartimentaire.

Cette dernière remplace le compartiment fémoro-tibial interne ou fémoro-tibial externe.

Celle qui remplace les deux à la fois est dite « totale ».

Il existe un très grand nombre de prothèses mais les interventions se rejoignent dans leurs principes généraux.

 

 

Intervention de la prothèse totale de genou :

 

 

-Après les incisions et premiers temps opératoires, la coupe fémorale est effectuée grâce à une scie oscillante (coupe horizontale, coupe antérieure, coupe postérieure des condyles et des chanfreins),

-Coupe tibiale,

-Coupe rotulienne,

-Essai des différentes pièces prothétiques et analyse du bon fonctionnement articulaire.

 

 

Comme pour la prothèse de hanche, les éléments seront cimentés ou non.

 

 

La chirurgie conservatrice, consistant quant à elle à réaliser une ostéotomie, vise à modifier l’axe d’un os ; il s’agit de couper une section complète d’un os puis de le laisser se reformer dans une configuration plus proche de l’anatomie naturelle. L’ostéotomie permet de prévenir certains cas de gonarthrose en répartissant mieux le poids du corps au sein de l’articulation du genou.

 

 

Dans ce cas, l’intervention consiste à faire une fracture transversale de la métaphyse tibiale, juste au-dessus de la tubérosité tibiale antérieure et de changer la direction de la diaphyse par rapport à l’épiphyse d’un angle précis et calculé à l’avance.

 

 

Pour conclure, il faut savoir que la préparation à une intervention pour prothèse doit être très rigoureuse : examens biologiques (sanguins et urinaires), consultations anesthésie, cardiologie, dentaire etc.

 

 

Mais les temps d’hospitalisation se réduisent de plus en plus, laissant même à dire que cela est possible en ambulatoire.

 

 

Dans tous les cas, ceci est une réelle amélioration de vie pour les patients, souvent restreints dans leurs déplacements et contraints aux antalgiques quotidiennement.

 

 

Le retour d’une certaine qualité de vie est constatée.

 

 

Où se faire soigner ?

 

 

Ce type d’intervention est réalisé dans tous les centres hospitaliers et cliniques pratiquant la chirurgie orthopédique.

 

 

Le Bassin Minier en ai pourvu, puisque cette spécialité existe au centre hospitalier de Montceau-les-Mines, qui compte aujourd’hui trois chirurgiens orthopédistes.

 

 

Cet article a été réalisé avec la collaboration de professionnels de santé. Si vous avez des questions, faites-les nous parvenir.

 

 

Nous vous apporterons des réponses dans les meilleurs délais.

 

 

Rendez-vous pour notre prochaine fiche santé.

 

 

D’ici là, portez-vous bien !

 

 

EM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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2 commentaires sur “Fiche santé : l’arthrose et ses conséquences chirurgicales”

  1. pas71 dit :

    Merci pour toutes les infos je confirme que nous avons au centre hospitalier de montceau de très bon chirurgien! ! Et des équipes soignantes proche des malades

  2. paule dit :

    PAS71 ,avez vous déjà été opéré à Montceau,je ne crois pas