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mardi 20 février 2018 à 06:34

Fiche santé

La rougeole



 

 

 

 

La rougeole fait partie des maladies contre lesquelles nos enfants devraient être immunisés du fait de la couverture vaccinale obligatoire depuis le 1er janvier. Mais savez-vous vraiment de quoi il s’agit ?

 

 

 

La rougeole est une maladie virale très contagieuse. Une éruption cutanée précédée par une rhinite, une conjonctivite, une toux et une fièvre modérée caractérisent la maladie.

 

 

Qu’est-ce que c’est ?

 

 

La rougeole est la fièvre éruptive qui atteint le plus grand nombre d’enfants dans le monde. Ses complications, rares dans les pays occidentaux, sont fréquentes dans le tiers monde et sont responsables d’une très lourde mortalité.

 

 

La rougeole est liée à ce qu’on appelle un paramyxovirus. Elle sévit sous forme d’épidémies en hiver et au printemps dans les pays tempérés. Les enfants de moins de 6 mois sont en général protégés par les anticorps de leur mère (si elle a eu la rougeole ou si elle a été vaccinée).

 

 

Comment « attrape-t-on » la rougeole ?

 

 

La contamination s’effectue par la propulsion des gouttelettes de salives des sujets infectés. Le malade est contagieux quatre jours avant l’éruption. Le virus quant à lui disparaît du sang 4 jours après le début de l’éruption.

 

 

Quels en sont les symptômes ?

 

 

La maladie s’observe habituellement à l’âge préscolaire. D’abord, la maladie nécessite un temps d’incubation avant de se déclarer. L’incubation est d’environ 10 jours après la contagion. L’invasion en tant que telle dure 4 jours avec une fièvre élevée, une conjonctivite, un œdème des paupières, des yeux bouffis, un écoulement nasal, une toux, une diarrhée, des douleurs abdominales, de l’anorexie, des vomissements etc. L’enfant est très grognon et semble pleurer pour un rien.

 

 

Un premier signe physique observable de la maladie est le signe de Köplik. Celui-ci permet le diagnostic dès ce stade. Il consiste en un semis de petites taches blanches, grosses comme une tête d’épingle, sur une muqueuse rouge à la face interne des joues en regard des prémolaires. Trois ou quatre jours plus tard, le signe de Köplik disparaît pour être remplacé par l’éruption.

 

 

L’éruption rougeoleuse est typique et connue de la majorité d’entre nous. Elle consiste en de petites plaques rouges plus ou moins en relief (maculo-papules) de quelques millimètres de diamètre qui confluent en larges plages mais laissant toujours entre elles des intervalles de peau saine. Certains éléments cutanés peuvent être couleur sang. L’éruption débute sur le visage derrière les oreilles et s’étend progressivement. Au 2 e jour, elle atteint tout le visage, le cou, la partie supérieure du thorax. Le 3 e jour, le tronc et les membres supérieurs sont atteints. Les membres inférieurs sont touchés le 4 e jour.

 

 

Au cours de cette phase éruptive, la fièvre reste élevée, la toux et le « catarrhe oculo-oto-naso-pharyngo-laryngo-intestinal » persiste. En clair : écoulement oculaire, otite, rhinite, angine, laryngite, diarrhée). L’enfant est donc très fatigué.

 

 

Lorsque l’éruption s’efface, elle fait place à une légère perte de peau visible quelques jours. La fièvre disparaît sauf en cas de complications. On considère que la convalescence s’étend sur une dizaine de jours, l’enfant restant fatigué.

 

 

Des complications possibles

 

 

Elles sont plus ou moins fréquentes. Parmi les plus connues et possibles, on compte des problèmes d’O.R.L. fréquentes : otites et laryngites ; aussi des bronchites et pneumopathies ; d’autres pathologies respiratoires plus rares et selon les terrains sont observées.

 

 

Le traitement

 

 

La rougeole est théoriquement une maladie à déclaration obligatoire mais bien souvent, le médecin omet de remplir les formulaires et de les envoyer à l’ARS (Agence régionale de santé).

 

 

L’hospitalisation doit être évitée sauf cas de complications graves (broncho-pneumonie majeure, laryngite asphyxiante, encéphalite) ou de facteur de risque (mucoviscidose, insuffisance respiratoire etc.) ou encore pour des raisons sociales.

 

 

Les antibiotiques sont souvent nécessaires en cas de surinfections bactériennes. Le traitement symptomatique comporte les mesures habituelles contre la fièvre, l’hydratation (boissons abondantes) et le repos. En outre la photophobie (peur de la lumière) nécessite de tamiser la lumière dans la chambre.

 

 

Pendant la convalescence, les enfants restent fragiles vis-à-vis des infections car leurs défenses immunitaires sont provisoirement amoindries. Il faut donc bien leur laisser le temps de se rétablir.

 

 

Épidémie de rougeole en France

 

C’est à partir d’un relevé de l’ARS (Agence Régionale de la Santé) que l’on peut observer l’évolution de la maladie en France.

 

 

Ainsi de 2008 à 2016, plus de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés en France (dont près de 15 000 cas notifiés pour la seule année 2011). Le nombre de cas a fortement diminué en 2012, puis est resté stable en 2013 et 2014 (respectivement 859, 259 et 267 cas déclarés).

 

 

En 2015, le nombre de cas augmentait de nouveau (364 cas), en lien avec un important foyer épidémique en Alsace (230 cas). En 2016, 79 cas ont été déclarés, témoignant d’une circulation moindre du virus de la rougeole. Toutefois, la circulation du virus, même atténuée, persistait encore dans plusieurs départements notamment en Dordogne et dans le Jura (incidence comprise entre 1 et 5 pour 100 000 habitants pour ces départements). Du 1er janvier au 31 juillet 2017, 387 cas ont été déclarés (pic épidémique au mois de mai avec 113 cas déclarés). Parmi eux, 154 cas (40 %) ont dû être hospitalisés et un cas est décédé.

 

 

Dans un point réalisé en septembre 2017, l’ARS déclare : « L’épidémiologie actuelle de la rougeole montre que la France est toujours endémique vis-à-vis de l’infection et n’est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie d’ampleur importante. L’existence de cas déclarés dans la quasi-totalité des régions ne met pas les départements indemnes de rougeole aujourd’hui à l’abri d’une extension de la circulation virale dans un avenir proche ».

Selon l’ARS, la protection des adultes reste le meilleur rempart contre des épidémies auprès des enfants en bas âge sur lesquels les conséquences de cette maladie peuvent être importantes.

 

 

Donc en cas de doute, de forte fièvre persistante et de présence d’un ou plusieurs symptômes cités plus haut, un seul geste, consultez votre médecin.

 

EM

 

 

 

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