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mardi 1 mai 2018 à 10:24

« Déserts médicaux : quelle politique adopter ? »

L'avis d'un lecteur et professionnel de santé






Un lecteur du Creusot, par ailleurs médecin, nous a envoyé ce texte :

 

 

 

« Diagnostic  & vérités »

 

« Ces dernières années, le nombre de médecins ne cesse de diminuer. Cette étude a pour objectif d’évoquer les réalités de demain

 

 

Pourquoi, une telle évolution ?

 

 

Il y a une vingtaine d’années, les responsables politiques de l’époque ont pensé qu’en diminuant le nombre de médecins, on allait d’autant réduire le déficit de la Sécurité Sociale.

 

 

Ce qui s’est avéré complètement faux, dans la mesure, où les praticiens actuels ont sensiblement « rétrécis » leur amplitude de travail, dans la mesure, où ces mêmes médecins ne font quasiment plus de visites à domicile, le patient « démuni » a souvent le réflexe SAMU ou consultation aux urgences hospitalières, ayant pour conséquence immédiate la mobilisation d’une équipe médicale de garde, avec examens biologiques, radiologiques, multiplication des actes, creusant le « trou » abyssal de la l’assurance-maladie.

 

 

Enfin, la féminisation de la profession n’a jamais été sérieusement prise en compte : les femmes travaillent moins que les hommes et sont près de 20 % à ne plus pratiquer au bout de 15 ans d’exercice préférant se consacrer à leur vie privée.

 

Aujourd’hui, si les villes, grandes ou moyennes manquent de médecins, il y a plus grave les médecins de campagne disparaissent les uns après les autres accélérant une désertification médicale du monde rural programmée de longue date.

 

II TRAITEMENT & PERSPECTIVES

 

 

Quelles sont les solutions susceptibles d’être efficaces ?

 

 

Les déserts médicaux se développent à grande vitesse et les mesures fortes pour enrayer cette descente aux enfers tardent. Des contraintes seraient contre-productives. Il faudrait donc être plus créatif & inventif

 

A DESSERER LE NUMERUS CLAUSUS,

 

 

Barrant à de nombreux jeunes l’accès aux études, comme nous avons pu le voir plus haut, ce n’est pas en réduisant le nombre de praticiens, que l’on réduira le déficit de l’assurance maladie, au contraire !

 

Il s’agit-là d’une urgence, non médicale, mais de responsabilité d’anticipation des pouvoirs publics.

 

 

Décision, à prendre le plis rapidement possible, quand on sait, qu’il faut une dizaine d’années d’étude, pour former un médecin.

 

 

B ETUDES MEDICALES

 

 

Insister pour qu’elles soient – avant tout – le « creuset » d’un apprentissage fouillé de la séméiologie, & de l’écoute, outils indispensables, à la pratique d’une médecine de qualité.

 

 

C VISITES A DOMICILE

 

 

Ici, est exprimé le souhait d’une « renaissance » des visites à domicile, ayant pour conséquences, d’être plus aisé pour les malades, aux « extrémités » de la vie :

 

 

– les anciens & handicapés, ayant souvent du mal à se déplacer,

 

 

– les jeunes enfants, ayant par exemple une forte fièvre, que les parents hésitent à sor- ce serait là une source supplémentaire d’économies pour la sécurité sociale & désencombrerait les services d’urgence hospitalière, devant être réservées en priorité aux « cas lourds »

 

D CREATION DE MAISONS MEDICALES

 

 

1ère, définition

 

 

Les maisons médicales, dispensent des soins de santé & accessibles à toute la population, en regroupant le quasi ensemble des professionnels de santé, tels que :

 

 

généralistes

 

 

spécialistes

 

 

infirmier(e)s

 

 

kinésithérapeutes

 

 

orthophonistes

 

 

2ème objectifs

 

 

Etre en mesure d’ accueillir, au sein d’une « unité de lieu », tous patients, dont la pathologie nécessite des soins pluri-disciplinaires.

 

Elles visent à une approche globale de la santé, considérée dans ses dimensions physiques, mais aussi psychiques et sociales et une approche intégrant le curatif & le préventif .

 

 

Des gardes en dehors des heures d’ouverture de la maison médicale sont organisées, souvent en réseau avec les autres médecins généralistes du quartier, afin de permettre une disponibilité des soins 24h/24.

 

Elles forment & accompagnent des stagiaires, en fin d’études, en vue d’une installation éventuelle & future, dans la maison médicale.

 

 

Enfin grâce à un secrétariat commun, ayant pour missions de :

 

 

– décharger les professionnels de santé , de la prise de R.V.

 

 

– libérer des charges administratives, les médecins, des tâches bureaucratiques les rebutant souvent

 

 

E TELE@MEDECINE

 

 

1er,

 

 

Le recours à la télémédecine et notamment à la consultation de médecins par Internet est encore un réalité rare en France, limité à quelques cas spécifiques et freiné par les difficultés ne permettent pas toujours aux professionnels de santé d’avoir un contact direct avec le malade & ainsi de « stériliser » la communication.

 

 

2ème

 

 

Il faut reconnaître que ce type de pratique n’engendre pas d’enthousiasme, chez les professionnels de santé !

 

3ème

 

 

Actuellement, le recours à la médecine à distance se fait donc presque exclusivement au sein des établissements hospitaliers, qui font appel à l’expertise de spécialistes extérieurs.

 

 

4ème

 

D’abord, apparue à l’hôpital, comme précisé plus haut, aujourd’hui, cette démarche novatrice se développe et ouvre de nouvelles perspectives dans l’organisation des soins.

 

 

Elle présente en effet plusieurs avantages

 

 

elle permet de limiter les déplacements (notamment pour les patients âgés ou handicapés)

 

 

elle facilite l’accès aux soins dans les zones d’accès difficile

 

 

-elle raccourcit les délais d’attente

 

 

elle facilite la concertation entre médecins généralistes et spécialistes.

 

 

Mais aussi, plusieurs inconvénients, pratique qui connaît ses limites

 

 

– Ce type d’exercice de la médecine ne peut se suffire à elle-même et doit être complétée par des soins réalisés directement en face à face.

 

 

– La raison en est simple, la médecine repose sur 4 principes majeurs : l’interrogatoire, l’observation, la palpation -et l’auscultation.

 

 

– Si l’interrogatoire peut être réalisé à distance à l’aide du téléphone, et l’observation (à la limite à l’aide de la visioconférence), la palpation et l’auscultation ne peuvent malheureusement pas être effectuées à distance.

 

 

Alors, pour ou contre la télémédecine, demandez à Hippocrate ?

 

 

F CONCLUSIONS

 

 

Installation des jeunes médecins dans les déserts médicaux : « La contrainte ne sera jamais la solution » , par contre, voici 3 possibles solutions fortes, dont l’impact ne peut être contesté, déjà évoquées pour la plupart

 

La DESERTFICATION MEDICALE TOUCHE QUELQUE PEUT LE MILIEU URBAIN, MAIS SURTOUT L’ESPACE RURAL , une telle réalité inquiétante pour l’avenir de la société Française, ne pourra s’améliorer, que si les pouvoirs publics, veulent bien prendre les 3 mesures essentielles suivantes :

 

 

I Augmenter le numerus clausus , en vue de faciliter l’accès aux études médicales , de jeunes étudiants & ainsi former plus de médecins pour l’avenir..

 

 

II Favoriser l’ouverture des maisons de santé

 

 

Les maisons de santé sont une bonne idée car les jeunes médecins ont aujourd’hui envie de travailler en équipe. Et ces maisons sont des espaces où l’on peut travailler en équipe. Mais les maisons de santé pluri-professionnelles et les centres de santé ne représentent que 10% de l’offre de médecine générale, ce qui est encore très faible

 

 

. III Solutions à court terme, obligatoires, étant donné l’urgence de la situation.

 

 

Dans les zones où les médecins sont trop nombreux, un nouvel arrivant ne pourrait être conventionné , qu’à la condition de remplacer un confrère déjà installé.

 

 

Un dispositif identique, prévoyant des aides à l’installation dans les zones sous-dotées, a déjà fait ses preuves pour les infirmières, par incitations financières, qui ont été mises en œuvre pour attirer les médecins dans les déserts médicaux. »

 

 

Dr. Ph. BOUTHIER
LE CREUSOT

 

 

 

savoir-0212162

 

 

 

 

 

 

 


 

 



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2 commentaires sur “« Déserts médicaux : quelle politique adopter ? »”

  1. Josall71 dit :

    Les « solutions » préconisées buttes sur un problème de fond chez les médecins, un libéralisme forcené qui bloque toutes réelles régulations humaines et géographiques de l’offre de soins. D’autres professions médicales, toutes aussi honorables, libérales et compétentes, s’y sont pliées sans pour autant déchoir.
    L’installation ou je veux comme je veux, et payée par les cotisations sociales de tous, n’est effectivement plus tenable.
    Sauf erreur, même si cela est avec retard, le numérus clausus a été augmenté. Sans parler de sélection, qui se fait de toutes façons sans le dire, faire en sorte que les bacheliers aillent dans les filières correspondant le mieux à leurs apprentissages et capacités est plutôt un gage de réussites ; et donc d’économies à tous points de vue.
    Les maisons médicales sont une bonne solutions encore faut-il qu’il n’y ait pas de concurrences entre clochers et/ou de surenchères aux cadeaux à l’installation.
    Avoir un meilleur travail d’équipe pluridisciplinaire est une évolution attendue surtout si les hôpitaux sont parties prenantes…et subsistent!
    Mais il serait temps de réintroduire l’obligation de participer à un service de garde ou d’astreint (les pharmaciens le font bien et beaucoup d’autres professions non médicales) et aussi aux visites à domicile en ayant des mesures d’évaluations pour éviter les abus et appels injustifiés ou « de confort ». Le développement voulu et souhaité du maintien à domicile ne peut être le seul fait des « autres » professionnels de santé.
    Enfin mieux évaluer les effets réels et à long terme des incitations à l’installation qui bien que nombreuses restent inefficaces (les médecins généralistes finissent par avoir plus de 30% de gains en sus prix des consultations et de la prise en charge d’une partie non négligeable de leurs cotisations retraites).
    Certes le métier est contraignant et parfois trop prenant mais il n’est pas sans compensations financières…qui ne règlent pas tout!

    • chimel dit :

      bjr ,

      merci aux deux contributeurs qui nous proposent 2 états des lieux honnetes et des solutions ou corrections réalistes .
      par contre l’emploi de la formule « libéralisme forcené  » me parait excessif et que vous oubliez » l’imposition forcenée » qui fait que certains médecins sont « de moitié » avec le percepteur a partir d’un certain nombre d’actes ce qui les incite a limiter les heures de présence au cabinet.

      bonne journée a vous .