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dimanche 19 juillet 2015 à 06:12

Il y a des mots ou des expressions qui m’énervent

Afin d’être capab’ d’lire et d’causer correc’ j’ai le dico dans la fouille



Je ne sais pas vous, moi pas plus d’ailleurs, mais il y a des mots, des façons d’écrire, qui me crispent l’agacement et me gâchent la lecture.
Sur le fond nous pouvons être d’accord, mais sur la forme nous nous épuisons à passer de l’article au dictionnaire ou à Wikipédia. Et un truc qui aurait nécessité cinq minutes, aucun recours au paracétamol, vous prend la tête et une demi-heure et vous laisse l’arrière goût de votre propre insignifiance associée à une inculture de pygmée hypermétrope.

 

 

Je relisais l’autre jour un article de l’OBS du 22/03/12 écrit par Pierre Jourde sur le « Goût de chiotte » Je revenais d’une expo ou d’une pièce de théâtre, ou les deux, et je voulais me replonger dans cet article lucide et essentiel. Et Bing, un gros bang dans le ciel bleu de ma tranquillité intellectuelle. J’avais oublié le titre. « Prolégomènes à une esthétique du goût de chiotte »

 

 

 

Du coup amnésie totale, le vide sidéral de la pensée. En temps normal, avec une activité normale de mes petites cellules grises je vous récite la définition de prolégomènes les doigts dans le nez, quoique ce soit une habitude peu ragoutante. Mais là je relis le titre et je dois filer sur internet pour affermir mes certitudes.

 

 

 

Je ne sais pas vous, mais pour être compris de tous j’aurais peut être choisi d’écrire « introduction à une esthétique du goût de chiotte ». En même temps je n’ai pas écrit cet article, je l’ai simplement lu. J’ai peut être mauvais goût ou alors est-ce le fait d’utiliser des mots élitistes qui est de mauvais goût lorsque l’on s’adresse à tout le monde. Peut être pas l’OBS.

 

 

« Prolégomènes : nom masculin pluriel ; du grec pro, devant, avant et de legein, dire. Il s’agit d’une longue introduction placée en tête d’un ouvrage ou bien de l’ensemble des notions préliminaires à une science. Il s’utilise toujours au pluriel. » Wikipédia

 

« Les prolègos mênent ? Ah oui ? 1 à combien ? » (Humour de fin de 3ème mi-temps, juste avant la brouette.)

 

 

C’est comme dans les articles de Marianne et de moult organes de presse ou de blogs où l’on trouve souvent les expressions tels que « Querelles ou officines Germanopratines ». C’est une manière de dénigrer le milieu intellectuel parisien, symbolisé par le quartier Saint-Germain-des-Prés. Faut faire le lien avec l’après guerre, les existentialistes, Juliette Gréco et compagnie. Les habitants du quartier de Saint-Germain-des-Prés ont pour nom, ou gentilé, Germanopratins ou germanopratines.

 

 

L’aspect intellectuel élitiste et le nom des habitants du quartier ont fini par créer ce concept stigmatisant l’élitisme d’un certain parisianisme proche de la pensée unique. Associé souvent à l’expression guerres ou querelles Picrocholines en parlant d’une querelle, d’un conflit dont les causes paraissent obscures, dérisoires ou ridicules. Vous conjuguez ça avec Germanopratin et vous avez le summum des 36ème dessous de la bile et de l’ire des commentateurs et autres chroniqueurs.

 

 

 

Le troisième mot qui me met les poils au garde-à-vous c’est celui qu’Onfray emploie à tirelarigot « Ontologique ». Honte au logis c’est quand la bonne femme n’a pas été capable de dire ce qu’il y avait dans la valise RTL ou quand le mari rentre et qu’un autre monsieur est couché au lit à côté de sa femme. Ça je connais.

 

 

 

Ontologique c’est encore autre chose. Nous sommes là en pleine transcendance. C’est définir l’être de l’être. A une époque ou seul l’avoir et le savoir être (donc le paraitre) comptent, vouloir travailler sur l’essence (vu le prix des carburants) et l’existence (Alors qu’autant de gens survivent seulement sans vraiment exister) revient à poser la question « To be or not to be ».

 

« Nombre de parleurs séduisent avec les mots comme le serpent qui veut avaler l’oiseau. La parole est survalorisée dans ce monde où l’angoisse contraint les humains à boucher les trous ontologiques par un flux continu de mots qui, la plupart du temps, ne veulent rien dire – flatus voci. »
Interview Marianne du 13 mars 2015 Michel Onfray

 

http://www.dicocitations.com/images/citationlienpermanent.png

 

 

« Enseigner le fait athée supposerait une archéologie du sentiment religieux : la peur, l’incapacité à regarder la mort en face, l’impossible conscience de l’incomplétude et de la finitude chez les hommes, le rôle majeur et moteur de l’angoisse existentielle. La religion, cette création de fiction, appellerait un démontage en bonne et due forme de ces placebos ontologiques – comme en philosophie on aborde la sorcellerie et la folie pour produire une définition de la raison. »

 

Traité d’athéologie Michel Onfray

 

http://www.dicocitations.com/citations-mot-ontologique.php#LlICASCP1 Qgh4z7R.99

 

 

Je ne vous raconte pas d’histoire, il l’a bien dit ou écrit.

 

 

Bon, ça c’est fait. Passons maintenant à France Inter, France culture et à leurs émissions culturelles. Il y a des mots qui reviennent comme des ponctuations. Par exemple « Tautologie ».

 

Toto au logis, j’ai plein d’histoires à son sujet. Mais ce n’est pas ça.

 

 

Il y a toujours un des intervenants qui vous place un « mais très cher (ou très chère) c’est encore une de ces tautologies auxquelles Amélie Nothomb nous a habitués : nostalgie heureuse, comme s’il existait des nostalgies malheureuses. ».

 

Bon chéri tu reprends une bière teutonne ?

 

 

Parfois nous passons au truisme, qui est la même chose que la tautologie, peut être en plus ridicule. Comme « la France Forte » ou « la France Unie ». Comme si quelqu’un pouvait vouloir une France faible ou désunie ?

 

J’en reste à mes Lapalissades.

 

 

Autre ponctuation meublant les interviews et autre débats ou chroniques, Irénisme. Le nombre de fois ou l’on qualifie la position d’un journaliste ou d’un politique d’Iréniste.

 

Mais c’est qui cette Irène ?

 

Le reproche fait par la droite à la gauche dans le cadre des réformes nécessaires porte sur sa vision irénique de la nature humaine, et des buts politiques visant le plus grand bien de tous. Voir la réforme pénitentiaire par exemple ou la conversion au social libéralisme. En politique, l’irénisme c’est vouloir concilier des idéologies qui le sont difficilement. Et du coup nous avons vu fleurir, depuis un paquet d’années, l’accusation d’irénisme dans moult articles, interviews, débats ou chroniques. Pour moi c’est soit nous faire prendre des vessies pour des lanternes, soit faire preuve d’angélisme.

 

 

« Derrière l’irénisme apparent de ce propos positif, le synode a donc contribué à une prise de conscience des enjeux réels de la question familiale. Elle paraît tellement ringarde aux yeux de beaucoup… elle est toutefois le centre même de l’équilibre des sociétés. » Le figaro 2014/10/21

Il ne faut pas hésiter à nous faire savoir les mots qui vous irritent ou vous donnent des boutons lorsqu’ils sont employés en ne vous calculant pas du tout. Un peu comme lorsque il peut m’arriver d’employer moi aussi certains termes sans précaution.

 

 

Il ne faut pas faire montre d’irénisme mais c’est ontologique de rédiger de tels prolégomènes germanopratins, sans querelles picrocholines bien sur. D’ailleurs n’est ce point là un truisme?

 

 

 

Gilles Desnoix

 

 

 

gilles 190752

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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